POUR LE JOUR DE LA TOUSSAINT
( i*r. Dovemfarcl ) >
ÉPITRif:
Apocalypse, cb. "VII, v. a.
JcLir ce temps-là , {e vis un autre auge qui montait devers le soleil levant, ayant le sceau du Dieu vÎTant , et il cria à haute Yoîx aux quatre anges qui avaient reçu le pt>avoir de frappée de plaies la terve et la mer, en disant : HefipsppeiE point 1^ terre» ni la mer, ni les arbres, jusqu'à ce que nous Ayons marque au front les serviteurs de notre Dieu. Et j'entendis que le nombre de ceux qui avaient été marqués était de cent quarante-quatre mille de toutes les tribus des enfans d'Israël, tl y en avait douze mille de marqués dé la tribu' de Juda^ doute mille de la tribu de Risben ; douze mille dé la tribu àt Gad ; douze mille de la tribu d'Aser ; douze miUe dé U trtbv de Kephtalî ; douze mille de la tribu de Manassé; dp.uze naUle de la tribu de Siméon ; douze mille de la tribu de Lévi ; douze mille de la tribu d'Issachar; douze mille de la ttibu d^e ^abulon ; douze mille de la tribu de Joseph:; douze' mille de lâ tribu de Benjamin. Je vis ensuite ane nraltitude tfaépwiotaJé ne pouvait compter, de foute nation , de toute tribv^ de'taut peuple et de toute langue. Ils ëtaiept debout devant l'Ago^iÉl^ vêtue de robes blanches, et tenant des palmes dans leurj mains ; ils chantaient à haute voix : Grâces à notre Dieu ^ qui est asfeis sur le tfône , et à l'Âgàeau , qui i^ous' ont sauvés. Et tous les auges étaient debout autour du trône, et'des vieiUift'dd*, «t des quatre aainucn , et étant prosternés sur le visage de- Vaut le trôocy ils adorèrent Dîéu, en disante Amen, h^hdictioD » gloire, sogesse, actions de grâces , honneur, pif ifaanceet force à notre Dieu dans les siècles des siècles., AmiBiil.
lëe. Il e<t aussi appelé fe z^lé^ k Asie «vcd saint Tbadëe , f^'W^
cause du zèle qu'il meltait & rem- tous deux y reçurent la' couronné
plir les fonctions de l'apostolat. On du martyr , l'un de^ Knxaalf»-tlQU«c
oroit qu'ils prêchèrent ensemble en disciples.
%g% nrSTKVGTJOKS sve les ipÎTKBS
Une partie du culte catholique consiste à rendre aux saints qui sont dans le ciel des honneurs particuliers , en célébrant leur fétc et en récitant des offices qui leur sont propres. Les jours où Ton honore ces saints sont marqués dans les calendriers. Quelques-unes de ces fêles sont plus solennelles , tt se célèbrent par la cessation du travail, comme les jours de dimanche. Les autres ont moins de célébrité , et TÉglise se contente de réciter un office propre au saint qu'elle veut honorer.
Les honneurs rendus aux saints sont des honneurs rendus à Dieu lui-même , puisque c'est Dieu qui est la source et le principe de leur sainteté. À Dieu ne plaise que l'Église ait eu l'intention de transférer à des créatures ,~ quelque saintes qu'on puisse les supposer ^ un hommage d'adoration qui n'est dû qu*à Dieu seul! Mais elle regarde les vertus des saints comme des œuvres admirables, produites par l'effusion de la grâce divine , et elle honore en elles le divin auteur de ces œuvres, de aortt que l'on peut dire que les fêtes instituées en
• rhonneur des saints l'ont été pour honorer Dieu eï la passion du Sauveur, sans laquelle les hommes n^etissent été capable9 d'aucun bien méritoire de la vie éternelle.
Ces principes sur le culte des saints ont touîoors été ceux de l'Église catholique ; le saint concile de Trente (i) les a consacrés , et il recommande spéci^àtenient d'en instruire lés fidèles. Ils doivent eroire , y est-^il dît , que les saints sont près de Dieu
• (O-sëw. xxr, • •
ET LES ]£VANG1LE8. SgS
de puissans intercesseurs ; qu'il est bon eliitile de les invoquer et de recourir à eux pour obtenir de Dieu, par les mérites de Jéstis-Christ , qui seul est notre médiateur près de son père, les grâces dont nous avonsbesoin. Il condamne ceux qui regardent le culte des saints comme une idolâtrie, qui prétendent qu'il nuit au culte que l'on doit à Dieu, ou qui pensent (que les prières des saints ne peuvent être utiles aUx hommes. 11 s'explique au reste de la manière la plus claire sur la nature de ces cultes (i) , et déclare formellement que bien qu'on célèbre des messes en l'honneur des saints et de la sainte Vierge , ce n'est pas à eux, mais à Dieu seul que le sacrifice s'adresse. Seulement on implore leur protection , afin , comme il est dit c^ans le canon de la messe^ « que ceux-là daignent intercéder pour nous dans lé ciel , desquels nous faisons mémoire sur 'la terre. »
N'étant pas possible que dans le courant d'une année chaque saint ait sa fête ; plusieurs d'aillieiirs nous étant inconnus, et les, bienheureux que Dieu a couronnés sans que l'Église les ait canonisés n'étant pas moins saints que ceux qui ont reçu d'elle cet honneur , l'Église a jugé à propos d'établir une fête où l'on honorât tous les saints en générale Cette fête a été nommée 4a Tauêsmnt : son institution remonte à un temps fdrt ancien , et elle a été introduite en France par Grégoire iv vers l'an 837 sous le règne de Louis-le-Débonnaire.
Outre l'intention de rendre à tous les saints l'honneur qui leur est également dû 5 le motif de
(i)Sest. XXII,ch.3.
^94 msTEVcnom svn lb» épItres
l'Église^ 4aii9 TinsUtatioa de cette fête , a été de nous proposer les saints pour modèles» et de oou3 fxcit€;r par Texemple de leurs vertiis à les imiter et i mériter d'être uo iour participaas de leur bonbear. Elle a voulu aussi , en nous n^ettaot sous lea jnm cette multitude d'àmes fidèles , qui se sont sanctifiées dans tous les états de la vie , nous apprendre qu'il n'est aucune condition dans laquelle on ne puisse opérer spn salut » pourvu qu'on en remplisse iidèlemei^t les devoirs , et qu'on vive chrétiennement. C'est sgins doute ce que signifie y dans la vision de saint Jean , ce grand nombre de serviteurs de Dieu marqués au front du sceau d# la justice f et pris dans toutes les tribus d'Israël^ et ce que. marque plus particulièrement encore cette grande multitcide que personne ne pouvait compter de toute nation , de toute tribu ^ de tout peuple , de toute langue» debout devant le trAne et devant l'Agneau» vêtus de robes blanches » signes de pureté , et tenant dans leurs mains des palmes» symboles de victoire et de triomphe. Ce que nous de* vous en conclure» c'est que» si nous ne faisons pas notre salut» c'est notre faute» puisque Dieu a donné à tous les moyens suffîsans pour l'opérer , et qu'il ne refuse à personne les grâces dont il a besoin, qU£^Q4 eUes sont demandées convenablement.
éVAIlGILE.
Saint Matth, ^ ch. V , v. I.
Vàh «• tettps-là, Jësus, voyant la tfoape du peuple, mont» sur une montagne» et s*étant assis , ses disciples s'approchèrent
^ Ifû , «t ouTninf M bon;:hef il* \e» eoMÎgf ait «q 4iijmt : Bienheureux les pauvres d'esprit , parce que le royaume du ciel est à eux. fiienheureux ceux qui sont doux » parce qu'ils posséderont la 'terre. Bienheureux ceux qui pleurent, parce ^^Is seront ««DSôlés. Bienheureux cenx qui sont afiPamés et illërés de* la |u96ce « paroe qu'ils seioaC rassasiés. Biesbeurèns ceux qui sont miséricordieux, parce qu'ils seront traités av^ nqiséricorde. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu'ils verront Dieu. Bienheureux sont les pacifiques, parce qu'ils seront appelés énfans de Dieu. Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume d« cid est à ewi. Voos. sfeues bienheureux lorsque les hommes 11^8 4hvgeront.4'iuj^r^f jCt de «eproohcB, qu'ils vous persé^ cuteroot , et qu'à cause de moi ils diront faussement toute sorte de mal. coatre vous. Réjouissez-vous alors , et soyei ravis de joie, parce qu'une grande récompense vous est réservée dans le ciel.
'. Xpvfil^ hommes 9Qnl; appelés au boobeur élernd^et Dteq» lçf^djr#jat ïqv^s crées pour Jle 4;<Hi<iatii» et l'aifnei;, les «ivMÎt aussi Ums crées pour les jreQdro il^rDeUeme^t heur^eux. Le pécbé de nos premierv parens a apporté dans cette destination générale ^n malheureux chaudement. A un bonheur qui ne devait, point finir (mt succédé les misères de la yîe qu'aulmt infailliblement suivies une mort éter-* neUe^ sans le bienfait inefiable de la rédemption. Nous avons donc été tous rachetés; mais c'est à nous> avec la grâi^e de JOieu^ à nous appliquer te prix de ce rachat. Aimons-le, observons ses eommah* démens t nous i^ntrerons dans nos premiers droits. S'il en est qui' n'y rentrent point » qu'ils s'en pren« aisnt à eux*-mémes; c'est parce qu'il ne veulent pbini y nanlrer^ et que» )^s attachés à leurs goûts
Sg6 INSTftO<STIOK8 SVK UI8 épilEBS
viciei» qu'à ràmour de la Tertu, ils croupissent dans le péché et y meurent.
Quand Jésus parle de bonheur , U ^'en faut que ce soit dans les biens de ce monde qu'il le fasse consister. Voyons donc et apprenons de lui qui sont ceux qu'il appelle heureux.
Bienheureux, dit-il , les pauvres d'esprit, c'està-dire ceux qui sont détachés des richesses et de tout ce qui flatte l!orgueil et l'ambition ; à ceux-là ^ pour avoir méprisé tous ces prétendus biens, le Sauveur promet les biens véritables et réels de l'éternité.
Bienheureux, ceux qui sont doux, c'est-à-dire 9 ceux que ne mattriseot ni la colère^ ni des passions violentes. A ceux là le Sauveur promet qu'ils posséderont la terre. Non, sans doute , cette terre semée d'épines et de tribulations, où nous sommes en exil , dit saint Jérôme ; mais la terre que le Psalmiste appelle la terre des vivans, celle qui est habitée par ceux qui ne meurent plus. -
Bienheureux ceux' qui pleurent, c'est-à-dire ceux qui versent des larmes sur lés misères dé ce mondes sur les erreurs des hommes, sur les crimes despé* cheurs, sur les pécheurs eux-mêmes , comme autrefois Samuel pleura sur Saûl , après que le Seigneur l'eut rejeté ; des consolations sont pronoJses à ceux-là, et Dieu lient ce qu'il promet.
Bienheureux encore ceux qui ont faim et soif de la justice ; car il ne sufEit point de vouloir la justice, il faut même en être comme affamé , comme altéré ; il faut l'aimer au' point de n'en être iamais
KT IBS ÉVAKGIIBS. ^97
rassasié dans ce monde ^ pour rétrepleinêraent dans l'autre, à la vue du soléÛ de justice q^î^y brillera de tout son éclat , et refiédîiira ses rayons divins sur les justes. . . , ..
Bienheureux ceux qui sontmSséricorâiettx, c'eét-' à-dire compatîssans aux misères tié' leurs frère»)prêts à soulager leurs besoins , à sri!ippforter leurs défauts 9 à pardonner leurs écarté. Anges de cha-* rilé 9 ceux-là obtiendront misérieù^nle; ils auroiit pardonné ; il leur sera accordé pardon.
Bienheureux ceux qui ont le cteur pur; ceux-là verront Dieu , car Dieu aime la pureté. Elle nous est particulièrement recdn^mandée dans tes Écritures. Saint Jean est nommé le disciple que chéris^ sait Jésus; parce qu'il «était vierge^ et rien de souillé ne doit entrer dans le royàunle du ciel (i).
Bienheureux aussi les pacifiques, c>st-à-dire ceux qui sont en paix avec Dieu , avec eux-mêmes et avec le prochain. Avec Dieu, parce qu'ils sont >ustes ; avec eux-mêmes, parce qu'ils n'ont rien à se reprocher ; avec lé prochain , parce qu'ils ne font rien qui blesse qui qjue ce soit, et qu'ils font, a utant qu'il dépend d'eux , tout ce qui peut être utile aux autres; ceux-là, Dieu les avoue pour ses enfans.
Bienheureux enfin ceux qui souffirent persécution pour la justice. C^est la cause de Dieu que ceux-là soutiennent; il est juste que Dieu soit leur récompense. V Telles sont les béatitudes que rJÉgiise nous propose. Si on les pèse au poids de \a raison ,. on m
<i) Apoc. , XXI. Tj. . . . . ^
2g8 IllS¥AV0IOHd 0OA I.^ BPÎTBES
contaiopia quQ méi|cie dans c« monde c^px-lji seraiepl hfiprenx qui posséderaient tes qualités auxquelles rÉvangîieattache le bonheur. Supposons, en effet , un homme que ni Tamour des richesses 5 ni r^mbition ne domine 9 dont une inattérahle douceur fasse^le fopd du caractère 9 qui s^che compatir aux m^lhfsiira à^s autres , qui soit bon et juste, et à qui sa conscience ne fasse aucun reproche, qui aime la pWf qui la cherche; «et homme, fût «il persécuté pour le bien qu'il veut et qu'il fait, ne verra point sa paix troublé^. Chez les paieps il eût été le juste et le sage par exeeUence» Eclairé des lumières de r^vangile, animé de la foi, et fdrtifié par l'espétance, il serait le chrétien dans sa perfection » et vivrait dans une paix parfaite en attendant avec confiance une vie uieilleure*