‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructionsChapitre 27 sur 29 · POUR LE JOUR DES MORTS · texte numérisé non relu

POUR LE JOUR DES MORTS

(2 novembre. )

ÉPITRB.

Saint Paul aux Çorinth,, cb. XV, ▼, 5i.

JKlts frères, voici un secret et un mystère que je xn'en va» HCKW dire* J^oua^ reitàBciteroD» touf , mais oom ne seront pas tfiuf changés. £n un moment, en un clîn-d'œU , au son de la dernière trompette , car la trompette sonnera , les morts ressusciteront en up état incorruptible; et alors nous serons changés. Car il iiut que ce corps corruptible soit revêtu de Tincori«ptlbilité , e» que ce corps mor|el soit revêtu de l*rm mortalité; et quand ce corps mortel aura été revêtu de l'immjQrtalîlé>

. ne un évAireitM. '!ig9

alors c^e parole ^? rBorilnre Mm aecotaplie : Ia oiofC a ëti

absorbée par la victoire. <0 mort l où est ta victaôre t O tnert} où est ton aiguillon 7 Or, le pécbé est raiguilloo de ta mort} et la loi est la force du péché. C'est pourquoi rendons j^âces à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus- Ctitist.

^ Le lendemain de la Toussaint 5 r^gftse célèbre la .Coounémorjiftion , ou la fête des morts , c'est-âdive que oonùne la veille elle à Cèté lé triomplie de* tous les saîtaU, elle offre à Dieu des sacrifices pour le repos des àones de ceux que Dîeu a déjà appelés à lui; cette fête des morts est fondée sur la doctrine du purgatoire et de* là communiotk dès saints. U est entre la béatitude céleste et tes tourmoas étemels dont sont pupis le& médians un état mitojen pour les ânates justes 5 il est vrai ^ maïs non eacoie purifiées entièrement des souillures ùxx pécbé; car^ ainsi que nous l'avons déjà dit, c'est une vérité reconnue et fondée 9ur les saintes Écritures que rien de souQlé ne peut entrer dans le royaume des cieux (1). Sans doute, ceux qui meurent en état depécbé mel'tel n^y entrent poiatet n'y titreront jamais. Jésus-Christ, la vérité même, a prononcé sur leur sort : «Allez, maudits, an feu de l'enfer (2). » Telle est la déplorable destinée qui les attend; mais lorsque, sans avoir en- M[^ount la damnation , Pâme n'a pas néanmoins le degré de pureté que Dieu exi^e pour l'admettre à êsk .présence et à l'éternité bienheureuse , elle va se puHâer dans un Keu que rËglIse appelle put-'

(i) Apec. , XXI. >7. (a) Mallh. XXV, ▼. 4i.

Soc iHST&vcviQiif siDii tes Mtbks

gataite^ et sur la siluation et la natore duquel Dieu n'a pas jugé à propos de nous donner des connaissances plus étendues.

Mais si la foi nous apprend que ces âmes, non encore purifiées souffrent dans le purgatoire des tourmens qui surpassent Tidée que nous pouTons nous en faire , elle nous apprend aussi qu'il est en notre pouToir'de contribuer à.leur isoulagément. La simple charité doit nous j. porter ; mais dès intérêts plus importans nous y exetteat aussi. > Là sont peut-être des amis j des parens, des personnes qui nous ont été chères; elles nous crient comme Job ( i) : Ayez pitié de moi y ayez pitié de moi, Toas au moins qui m'aimiez » ayez pitié de moi , car la main du Seigneur m'a frappé. Serons-nous sourds à leurs supplications, insensibles à leurs tourmens ? JNos prières y les saoriûces que nous offrirtms, ou que nous ferons o&irpoureux, nos bonnes œuvres peuvent leur être utiles. La foi nous apprend que les bonnes œuvres abrègent la durée de leurs peines, qu'elles )es diminuent; leur refuserons-nous ces secours qui dépendent de nous et qui nous coûtent si peu? Hélas I up jour peut-être aurons^nous besoin du même secourSir Faisons pour ceux qui sont morts ce que nous désirerions qu'on fit pour nous quand nous ne serons plus. Panni ces âmes il eii est peutêtre qui sont entièrement délaissées. Que celles-là deviennent l'objet de nos soins charitables. Songeons d'ailleurs au bien qui en peut résulter. Si nous contribuons à la délivrance de ces âmes souit- (i) M», xnc. u.

m LES iyA9Gii.ss. Soi

franteS} si par nos prières elles entrent dans la gloire, ce sont des saints qui nous devront la béatitude dont ils jouissent. Ce sont des protecteurs que nous nous serons ménagés auprès de Dieu , et qui n'oublieront pas ce que nous aurons fait pour eux.

La prière pour les morts était en usage dans rancîenne loi. J^das Macbabée enyqy^ à Jérusalem douzfB mille drachmes d^aigent^afin que Ton priât pour les Jui& qui avaient péri dans le combat. Sous la loi de FÉvangile, cet Visage de prier pour les morts remonte aux premiers siècles. Sainte Monique , mère de saint Augustin , demanda en mourant qu'on priât pour elle. Saint Ëphrem , dans son testament, recommande à ses amis de faire offrir pour lui le saint sacrifice des autels. Saint Athanase prie pour l'empereur Constant GonV stantin ordonne qu*apfès sa mort le peuple -prie pour lui. Saint Ambroise , en écrivant à Faustin la mort de sa sœur, dit que ce ne sont pas des l^nokcs qu'elle lui demande , mais des sacrifices. Le même saint, dans son oraison funèbre de Théo<dose , prie Dieu d'accorder à ce prince un parfaft repos , le repos qu'il a préparé' ji ses saints, ^n concilo de Cartilage de l'an 816 ordonne qu'un four soit consacré à la prière pour les morts. Saint Odi- Ion , abbé d^ Cluny , en institua là fête dans son ordre ; toute l'Église l'adopta , et elle fut fixée au a novembre^ lendemain de la fête de* tous les saints.

3oa vxsTïïvatwm «cr lvs Mtbbs

JL* oe tcBips^i 9 Jéstti dit aui Jaifir x En Térité , en vérité , ye vouê U/'dis, que Theure vi^nt» «t qu'elle e»t déjà Tenue» que les morts entendront la voix da fils de Dieu , et que ceux qui l'entcodront vivront. Car, comme le père a la vie en luimême , il a aussi donne au fils d'avoir la vie en lui-même , et il lui a donné le pouvoir de fiiger, parce qu'il est le fila de rbonavieb STe Vfus ëtoaneft p»fl de ceci, œr le temps tiendra ^}J^ toui Qéyx ^i sont daiw Ici «éi^ttlanBf entendront la toîx du filu d? I^^eu » «t ceux qui w^ont lait de bonjies «nvrei sortiront des ioméeawo pour ressusciter à la vie, comme ceux qui en auront fait de mauvaises en sortiront pour ressusciter à leur cendamnatiov.

Pas m paMioD y iésaê^Chrltt a remporté sur la mort une victoire complète. Non-seulement il a délivré les hommes de la mort étemelle, mais il a valu à DOS propres corps Tavantage de quitter un four la poussière du sépulcre pour revivre de nouveau et se réunir aux âmes qui autrefois les avaient animés. Ce point de doctrine est un article de foi que 4out chrétiett doit croire 9 dont il fait profession dans le syn^beie en disant > < Je crois à la résurrection des morts. » Alors 9 dit l'ApAtre, en na moment^ en un ella-d*œil, au son de la trompette dernière, car elle sonnera 9 les morts ressusciteront dans un état ineorruptible, c*est«à*dlre que, sujets dans le temps à la dissolution ou • séparation de leurs parties , les corps ne le seront plus après la réstirrection ; mais, suivant rejpression de 1* Apôtre, ce que nous avons de mortel se revêtira de ^immortalité^ et

ET I.BS iYAZfGacs* 5o3

nous demeurerong éternellement tels que qqus aurons été, eu ressuscitant. Tous néanmoins ne ressusciteront pas de même , et c*est ce que 1-Ap^e entend quand il dit que nous ne serons pas tous cl^vgés. Les corps des justes seront changés en des corps glorieux 9 éclatans de lumière et impassibles. Au contraire les corps des reprouvés ^ défig^és, difformes, porteront l'empreinte des vices dont ils auront ité mouillés dans la première vie* Doués peut-étrede plus de passibilité encore qu'ils n'en avaient naturellement^ elle ne servira qu^^ aggraver les tourmens des âmes coupable» coji^damnées au feu éternel.

J'ai déjà dit que cette résurrection des corps dont l'Apôtre parle eu termes si exprès était dans Tordre de la justice et de la bonté divine. La bonté de Dieu veut que la récompense des bons soit par-faite. Or, lorsque l'dme est séparée du corps, l'homme est pour ainsi dire dans une sorte d'état Incomplet qui ne comporte point un parfait bonheur; pour le rendre aussi complet qu'il peut l'être» i 1 faut donc que l'âme soit réunie au oorps; la justice exigeait aussi cette réunion. Puisque les bons et les mécbausont mérité et démérité avec leurs corps, la justice serait blessée si ce n'était pas aussi avec ces mêmes corps qu'ils fussent récompensés ou punis.

Saint Paul, en parlant de la résurrection des corps , l'appelle un mystère ; et c'est bien un mystère en effet ; car il est au-dessus de la raison humaine de comprendre comment il sera possible

3o4 IHSTBVCTIOl^S SUB IBS épiTBBS

que ce corps réduit en poussière , et dont toutes les parties ont été dispersées, recouvre sa première organisation et redevienne vivant. Mais il n'est pas nécessaire que nous le comprenions. Il suffit que cette vérité soit une de celles que l'Église nous ordonne de croire ; dès - lors c'est à notre raison à se taire et à se soumettre. Nous ne com« prenons pas davantage que le monde ait été créé de rien ; et si Dieu par sa toute-puissance a pu le tirer du néant, s'il a pu donner des corps à chacun de nous, il ne lui sera pas plus difficile sans doute de rendre le mouvement et la vie à une poussière inanimée et d'en reproduire de nouveau nos corps. Rien n'est plus propre au reste à nous soulager dans les tourmens et lès angoisses de la vie, rien ii'est plus capable de nous les faire supporter aisec patience que cette vérité de la résurrection , puiscfue nous pouvons en conclure que ce que nous éprouvons de maiix ne durera qu'un espace de temps fort court, et sera remplacé, si nous le voulons, par • une jouissance éternelle. Rien aussi ne doit davantage nous détourner du péché ,' et nous porter à mener une vie chrétienne, puisque , si nous mou- - rions souillés du péché , nous serions condamnés à des supplices épouvantables » sans que iamais nous pussions obtenir soulagement ou répit. Qui pourrait être assez ennemi de soi-même pour ne point réfléchir snr un objet si important ?

BT les ÉVAHGttiS. 3o5

POUR LE JOUR DE SAINT: MARCEL, BVÂQtV Dt PAAIS. ( 3 DOYCknbre. )

ÉPITRP.

. . . Saint Paul (Utv Hébreux, clu XIII t v> 7« .

Axxs frères, soaTenez-Touft de vos condoctears qui Yoas ont pvèohé la parole de Dieu^ tt^ conaidérant quelle a été la fin de leiir/9ftlnte fie, imitez lear foi.. Jéaoa-GbrÎBt était kier, il est aujottrd'hiû , et 11 sera le même dans tous les siècles. lïc vous laissez point emporter à une diversité d'opinions et à des doctrines étrangères; car il est bon d'affermir son cœur par là grâce , an liea dû »*apfuyer gur des discm-nemenê de viandeê , qui n'ont paa servi à ceux qi4 les ont observés.. Sfouii. avons un atttel dont ceux qui rendent encore un culte au tabernacle jydaïqu» n'ont pas pouvoir de manger ; car les corps des animaux , dont le sang est por^é par le souverain pontife dans le sanctuaire, pour l'expiation du pécbé, sont b'rûlés hors te canip. Et c'est pour ce^tè raison qtie lé sus, devant sancti« fier le^Ë^fldple pacson propce sang, a l*çnffert bon la porte «de la vfUfl^ : Sprioné donc aussi hçrs le camp, et allons à lui en poclaf^t rignominie de saicroix ; «car npus n'avonf^ point ici, de ville permanente , mais nous cHerchons celle où nous devons oabiler un jour. Offrons donc par lui saris cesse à Dieu une bostië 'de^lt^uaVige , . c'e^t-à^ire le fVuif ^des* tèvres qui rendent glèiïé ft-'sotk ntfm. SouveqeB-voua .4fttéscer U'qharité et d^ faire part de; vos biens aux autres ; c'çst p^ r de semblables hosties qu'on se^rend Dieu favorable. Obéissez à vos pas* teurs , et demeurez soumis à leur ordre, parce qu'ils veillent pour le éien de vos âfnes , ' comme devant en rendre compte. ' "' ' ' f ' ';n

L'APd9^a9(!P<yi^« iO"^^ à poqs scMiyçoir, Ae,ce^

3«6 iNsmnonoiia sob U3 irlTRi»

foi dans les pays que nous habitons , et y ont prêché la parole de Dieu. Ce n'est pas seulement pour nous exciter à la reconnaissance envers eux, c'est eseore afin que nous, nous, remettions sous tes yeux et leurs vertus pour les imiter, et leur foi pour affermir 1h nôtre , et leurs pi*emières prédications pour ne point nous écarter de la doctrine qu'ils ont prèchée. Jésus-Christ, dK TApôtre , était hier , il est aujourd'hui, et il sera le même -dans lea siècles des siècles, é'est-à-direque nolk-e foi aura toujours le même objet, et que Hèn ne' changera dans Ten- Sfigneipent.de TËglise; que les vérités que Jésus- Christ nous a annoncées seront toujours les piêmes, qu'il ne faut point par coi^équent'se laissRMr emporter à des opinions étrangères à ces vérités, que I^S nouveautés sçnt dangereikses, et'qiie ceiix qui en proposent en matière dé religion ue peiivëpt élrçque de fau^ docteurs,; ii>ie,%& ^*est.poiat k la le!tti:a.que ndus deitOBS. nous* attacher ^ ^nià «les obsexvyanees minutieuses, comme le faisaient les Juifs, -mais à l'esprit , maïs à raccombfissënient dès" préceptes , jçt.que c*e8t en cela. que. la religion consiste; énfio qu'eu tout c'est; TJ^lise qu'Ufautprepdr^ipour règle, polir guide el piikir unique naaitittitse^ de TenseigtiénieiH et dès pratiques. — »" i* t.

, Noui» apprenons encore dans cclfe^pltré que le ^acrîOce de la loi noiivelle, c^est -à-dire l'offrande du corps et du sang de noire seigneur Jésus-Çhrist sur nos autels , est le sacriiice par excellence, et que les victhnès' offerts dànsr 'l-anciéline loi u'en étaiënt^ù'cibe %Urè: iâiparfaHe ; qfée «e

est la seule oiTrande expiatoire des péchés àes hommes ; que l>ppUo£ition des mérites de ce 9acrjp fice ne pçut nous être faite ^ ou, en d'autres termes 9 qu'il ne peut être méritoire pour nous qu'au*tant que pous porterons avec Jésus -^ Christ Tignor minie de la croix ; que ce n'est pas seulement des lèvres que nous devons offrir le sacrifice de lou^o* ges, mais du fond du cœur; qu'il ne faut pas regarder cette vie, comme notre fin, mais au contraire comme un passage à une vie beaucoup meilleure; qu'au lieu de nous attaclier k la terr/et, sur laquelte nous ne faisons que paraître un moment, îl vaudrait bien mieux que nous songeasri^ns h notre céleste patrie » et que nous prissions les moyens d'y habiter un jour au sein de la gloire de Dieu ; qu'un des principaux moyens pour y parvenir est d'exercer la charité envers nos frères et de faire part de nos biens aux nécessiteux ; que c'est par de sem*biables hosties qu'on se rend Dieu favorable.

Enfin l'Apôtre nous recommande l'obéissance à nos pasteurs. Ce sont eux qui sont chargés de nous instruire et de nous diriger dans la voie du salut. Dieu leur a donné le.pouvoir et la chai'ge de l'enseignement. Puisqu'ils ont ce pouvoir , et qu'ils le tiennent de Dieu , nous sommes donc obligés de leur être soumis et de les écouter ; et puisqu'ils ont la charge de l'enseignement, puisqu'ils sont posés dans les camps du Seigneur comme des sentinelles vigilant^ qui doivent pourvoir à la sû*reté et aux besoins du troupeau » qui doivent en écarter le# dangers, il n'est pas doutw^ que Dief

SoS ivsnirGTioirs sv& les épîtres

De leur demande un jour compte des âmes qui leur ont été confiées, terrible responsabilité sans cloute. Mais , de leur côté , que ne risquent point ceux qui se refusent à renseignement, ou qui négligent ûe s'instruire de la doctrine de l'Evangile et de leurs devoirs de chirétiens ? Puisque j'en suis sur cet article, je dirai qu'ils pèchent en même temps contre Dieu eteontre eux-mêmes; qu^ils violent non-seulement le premier commandement, qui est d'aimer Dieu, non-seulement le quatrième qui est d^obéir à se» parenS) quand en est sous leur puissance, mais encore- le cinquième , qui défend l'homicide. Ils violent le premier commandement qui est d'aimer Dieu , car est-ce aimer Dieu que de négliger de s'instruire de sa loi et de ses devoirs envers lui? cohnaissance qu'on ne peut acquérir que par l'instruction. Ils violent le quatrième commande* ment, car ils désobéissent à leurs parensqul vea« lent qu'ils ^instruisent, et qui ont pris' les moyens nécessaires pour cela. Ils violent le cinquième commandement qui défend l'homicide , car ils sont homicides de la partie la plus noble d'euxmêmes, de leur âme. Homicide plus criminel peut-être que celui qui aurait pour objet la mort d'un homme ; ear de celui-ci on peut faire pénitence , au lieu que, la mort de l'âmè une fois consommée par rimpénitence finale , il ne reste plus de ressource. On ne doit donc pas regarder comme une simple légèreté la négligence du devoir de l'instruction en matière religieuse, mais comme un grand péché qui peut avoir les suites les plus fâcheuses.

BT LES ivARGUB». SOQ

ÉVANGILE

Saint Luc, ch. XII, v. 35.

MIàh ce temps - là , Jésu» dit à ses disciples : Que tos reios soient ceints , et ayez toujours daiis tos malus des lampes ardentes , et soyez semblables à ceux qui attendent que leur maître retourne des noces , afin que lorsqu'il sera venu , et qu'il aura frappé à la porte , ils ouvrent aussitôt. Heureux cet serviteurs que le maître à son arrivée trouvera TeSUansI Je vous dis, en vérité ^ que, s'étant ceint, il les fera mettre k table , et viendra les servir. Que s*il arrive à la seconde ou à la troisième veille, et qu'il les trouve en cet état, bienheureux seront ces serviteurs ! Or, sachez que, si le père de famille était averti de l'heure que le voleur doit venir, il veillerait sans doute , et ne laisserait pas percer sa maison. Tenez-vous donc aussi toujours prêts, parce que le fils de, l'homme vieindra è l'heure que vous ne pensez pas.

Que signiGent ces paroles de Jésuvà ses disciples ; Que vos reins soient ceints > et ayez dans tos mains des lampes ardentes? Par les reins». les saintes Ecritures entendent quelquefois la concupiscence et les mauvais désirs, suivant ce )^ot du Psalmite : Mes reins ont été remplis d*iUusions ( i ). Et comme le propre d'une ceinture est de contenir et de réprimer, Jésus avertissait ses disciples^ et en eux tous les fidèles de mettre un frein aux passions désordonnées , dont malheureusement on porte toujours le germe dans le cœur. C'est donc la chasteté que Jésus recommande par ces paroles. Les saints livres ne cessent de nous faire entendre (jue la pureté est agréable à Dieu. Aussi le même

(i) Psaume XXXVII. 8.

SlO IirSTAUGTIOKS BVt LVS ÉpItRES

psalmiste prie Dieu.de lui accorder la pureté du cœur et la droiture de Tesprit (i). Par la pureté du cœur nous ressemblons aux anges qui ont été créés purs 9 et qui sont demeurés tels. Par la droiture de l'esprit, nous discernons le bien d'avec le mal. Nons concevons , et bientôt nous aimons tout ce que l'un a de beau et de louable ^ nous aperoevoDs tout ce que Tautre a d'odieux et de difforme. Nous It détectons et nous en avons horreur.

Ayez , ajoute Jésus-Christ , des lampes ardentes dans vos mains; ces lampes sont la parole de Dieu , selon cet autre passage du Psalmiste : votre parole est uite lampe qui éclaire mes pieds , et une luiHière qui me fait voir les sentiers où je dois marcher (a). C'est en effet la parole de Dieu qui nous éclaire, qui répand dans nos âmes cette lumière divine qui seule peut nout^ guider dans la voie du tfalut. Mais ce n'est pas asses de prétet roreille à cette parole divine , il faut qu'elle germe en nous et qu'elle porte un fruit sahitaire. On écoute , dit saint Ambroise/ une instruction; on l'écoute, mais elle ne laisse dans le coeur aucune trace, son souvenir s'efface; 'on a entendu ce qu'il fallait faire, cependant on ne le fait pioint ; on n'en est que plus coupable , j[)uisque, averti de son devoir, on Ta négligé. •

Dans l6 même évangile Jésus recommande à ses disciples la vigilance ; Il nous propose pour modèles de fidèles serviteurs qui attebdent leur mattre et qui lui ouvrent aussitôt qu*il frappe.

(i) Pnnme, L. ■>. (a) Pwanie CVUI. iiS.

' ÉT.-'US.-réniAKCaftVS. ; 5 M

Notre mattre c'est Dieu. Il est en même temps celui de toute la nature ; souvent il frappe à la porte de DOS coeurs par de- bonnes et sapotes iospiralioas; répondons-y aussitôt. D'autres fois il y frappe par les tribulations qu'il nous envoie ; c'est alors comme une voix qui nous crie qae nous sommes pécheurs, et qui nous exhorte à une prpnpipte et sincère pénitence. Entendons ce langage » suivons ce conseil salutaire , et ne remettons point notre repentir à un avenii; incertain qui n'est pas en notre pouvoir. Enfin Dieu frappera un jour d'une manièrOx plus sensible encore , à la porte de notre cœur en nous appelant à lai, et le moment de cet appela ter^ rible pour ceux qui ne s'y sont pas préparés d*avance ,, consolant pour l^s autres, ne qous est pas CQBQBU : le fils de, l'homme viendra à l'heure que nous n'y pensons pas. Tâchons donc de n'être point pris aiv dépourvu (*).

(") SainV Marcel ëtAÏt né à Paria. Marceltëlaëvéquedeparisyconduisi^ Sa naïasaince n'eut rien cTillustre se- son (roQpéïrn Àv^ sagesse et KëtIHIft tom. la monde; maàs'û sut sIlluBArer par VédUt de ses- vertus. Ui|e éfjfiia^ par sa piété et par •• vertu. Hum- fui bâtie dans Paris sous son in vocable, <Aait« et cWitàble; if fitisèit tioç, ^t U Êmboiirg o«i «Ale.tëlrâl de Ja prière , dç ieûiae:, des bonnes située porte encore son nom. Ses oeuvres sa principale, son unique relîc|uei y avaient él^ dépcaées , ai oiaoupatiott. 0ne vi« si f«enplaire furent ^sutte , et peut-être dH le le rendit cher à V^véque Prudence^ dixième siècle, transportées à Notreassis alors ftor-l* èiégeëpiscopal de- I^tane. L'ëgliae de Paris l'kDttore jpSiKW. Après X'avoir fait f^ser par d'une manière particulière. Lorsque tous les degrés de la cléricaturtf, il pour quelque nécessité «n porfiiii l*0»4û0nv prftve» et TsMiDcia Ai f es ' ei( ph>ce8sioB la châsse de sainte travaux apostoliques. Les actes de Geneviève , celle de saint Marcel la viff de saint Marcel no*is appren* l'aeecmpègnait; at lortqtw la pto- (lent qu« Dieu da^a opérer par lut cession se séparait, on inclinait cet plusieurs miracles, et le rapport de deitt châsses l'ttne' toMré Taâtre, «flS «tM est ooBtrM pw le tiknoi- fa figue dVlieus. } gnaga de Grégoire de Tours. Saint

5i3 iKSTftvoTioirs 8im 1.18 Mtbes

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POOR LE JOUR DE SAINT MARTIN, ivÊQUE.

(il novembre. )

ÉPITRfi.

Saint Paul auJe PAiiippiens , ch. I , ▼. a«. '

iVl|is l^p?» parlant arec toute sorte de liberté, Jëaus-Christ sera encore maintenant comme toujours glorifié dans mon

corps 9 soit pair ma vie, soit par ma mort; car J^ésus-Chiist est ma vie 9 et la mort m'est «ib gain. Que si je demeure plot long-temps dans ce corps mortel 9 Je tirerai du fruit de moo Iravail 9 f t ainsi je ne sus que choisir. Je me trouve pressé des deux côtés; car 9 d'une part, je désire d'être dégagé des liens du corps 9 et d'être avec Jésus-Christ , ce qui est sans comparaison le meillenr pour moi; et de Vautre, ii est plus utile pour votre bien que je'deniéurè 'encore en cette vie.

Faieb ce que Dieu veut , être eptîérenieiit résigné à sa sainte volonté , c^est la situation dans laquelle tout chrétien doit se mettre. Lorsqu'on est véritablement dans ces dispositions , on peut dire avec TApôtre que Jésus- Christ est maintenant glorifié en toute liberté ; car sa gloire Consiste en ce 'qu'on fasse la volonté de son père. C'est luimême qui le déclare dans les .saintes Écritures. Ce ne sera pas , dit-il , celui qui dit Seigneur , Seigneur > qui entrera dans le ciel ^ mais celui qui fait la volonté de Dieu (1). Ailleurs Jésus-Christ avoue et reconnaît pour son frère celui qui fait la volonté du P^e. (a) Il dit dans saint Jean que sa

(0 Uatlh. , VU. >f . (a) Marc , HI. 35.

feT LIS ÉVAK&ILB9. 3lS

nourriture est de faire la volonté de son père (i) ^ et qi|e c'est pour faire cette volonté que Dieu Ta envoyé. Dans Tagonie de sa passion , après avoir demandé à son père que le calice des soufirances passât loin de lui., il [ajouta : t Mais cependant que votre volonté soit faite i : enfin , dans la prière qu^il nous a laissée comme le modèle de toutes les prières, il a fait de la résignation à la volonté de Dieu un article important (a).

Et que pouvons nous faire de mieux que de nous exciter à cette résignation ? Quelle que soit la volonté de Dieu dans ce qui nous regarde, il faudra bien qu^elle s'exécute. £n vain noua nous y opposerons ; ni notre opposition , ni nos murmures , n'y changeraient rien. Faisons nous donc un mérite de nous y soumettre. Ce que cette volonté pourrait nous imposer de pénible en deviendra plus léger; que dis-fe? nous le supporterons alorr avec amour. Les souffrances pour un objet aimé n'ont plus rien d'amer; elles se changent en jouissances. Saint Bernard les appelle une amertume pleine de douceur^ amaritiuto dulcimma (3).

Mais cette volonté de Dieu, il ne faut point la faire en esclave et guidé par la crainte. Ce n'est pas cela que Dieu veut ; il ne suffît pas de s'abstenir du mal parce qu'on n'ose le faire, il faut s'en abstenir parce que le mal déplaît à Dieu, et qu'en le faisant on l'offense. Il ne suffît pas de se soumettre à Dieu parce qu'on ne peut faire aiitrement ; il faut s'y

(i) Jeak, IV. 34. (3) I. lermon sur la dédicace.

(a) tfattb., VIio.

Si 4 IHOTBOCTIOirS SOB LES iftlBIS

«oumettre avec amour 9 adorer seg décrets 5 et y obéir aveuglément et de cœur. Ce n^est point à nous à jnger ce qui nous convient , Dieu sait mieux ce qu^il nous faut que nous-mêmes.

Tel est l'effet des principes religieux sur l'âme affligée 9 qu'ils lui font trouver des consolations où ii*autres ne trouveraient que des motifs de désespoir.

C'est dans ces saintes dispositions qu'était l'apôtre saint Paul en écrivant aux Philippiens. U savait et leur apprenait que la vie de ce monde n'est point une vie^ qn^n'y a de vie véritable qu'en Jésus- Christ 5 et que 9 qtiand on a glorieusement rempli sa carrière selon les vues de Dieu, mourir est un avantage et un profit (1) Usé par les travaux de l'apostolat, il aspirait à la récompense promise. ■Je su's, avait îl lit, àla fin du glorieux combat (2). J'ai achevé ma course, V^i gardé la foi, il ne me reste plus qu*à recevoir la couronne du martyre qui m'est réservée. Cependant tel est son zèle , telle est sa soumission à la volonté de Dieu 9 qu'il hésite ménae entre le bonheur du ciel et les maux de ce monde. (c Je ne sais, dît-il, que choisir. Je me trouve pressé 'dés deux côtés. Je désbre cTétre dégagé des liens du corps et d'être avec Jésus^Christ, ce qui sans comparaison est le meilleur. 1 Mais l'Apôtre sait qae le besoin de l'Ëglise exige qu'M travaille encore; et, puisqu'il peut résulter tjuelque avantange de la prolongation de sa vie , non-seulement 11 A*y soumet , mais même ji la préfère , tant est forte la

u. Kp. aux Pbilipp., I. aï. (») IL tfp. i Tiraotb. IV. 7.

%t UBs iviamvuup 5i5

charité 9 tant tes Baorifiçes «c^ùtopt peu à ceiw qa'ette aniiBe.

ÉVAK6ILC.

.£» ce temps-là, Jéitn dit à aeà'dîsdiplfli.:!! n'y.'» yenosaiB gui, iiyaiil all^mé une lampe, la mette en uu lieu caché ou 80U8 un boUteau ; ntiU on l« m«< lur un •chandelier , afin q.u9 ceux qui entrent voient *a lumière. Votre œil est la lampe de TOtre corps : si votre œil est simple et pur , tout votre corps nera éclaire; que s*il est mauvais, votre coi^s sera aus^i téné« -bffeox. Poenes dose garde que la lumière qui est es vous n» •oit elle-mène tmn que ténèbres. Si donc votre corps est tout éclairé, n'ayant aucune partie ténébreuse, tout sera éclairé ^ et il vous éclaixera xomme une iampe brillante.

MsTTBE la lampe sous le boisseau dans le sens de Vitriivtrey ifeàt enfouir les talens dont Dieti nous a doués. C^est ne les mettre à profit ni pour soi ni pour autrui ; c^est èlre coupable envers Dieu qui nous les a tionnés pour un meilleur usage; envers soi-même , en neles faisant point servir à son profit spirituel; envers le prochain , en le frustrant des avantages qnH pourrait en retirer.

'Votre œil , dit l^Apiâtre , est la lampe de votre corps ; si votre œtl est simple tout votre corps sera ^dlairé.'Tar IVeil, dans la langue hébraïque , on «ntend souvent Tesprit. Le sens de l'Apôtre est donc que 9 si Pesprit est sain, si rintelligence n'est point offusquée par les passions , cette lumière intérieure désignée sous le nom de lampe, aidée de la grâce ^ éclairera toute notre conduite et la rendra conforme à ce que Dieu exige de' nous ; mais si 9 au contraire, nous nous laissons aveugler par

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les passions, nous maroherons' dans une faneste obscurité 9 et chaque pas que nous ferons ne tendra qu'à nous égarer.

L'Église applique aux saints qu'elle honore <ce passage de l'Évangile. Ils sont en effet des lampes ardentes, mises sur le chandelier, et répandant au loin une lumière salutaire , soit par l'enseigne- ]|ient , s'ils appartiennent à la classe chargée d'instruire, conome les saints évéques et les saints docteurs , soit par leurs vertus et par leurs exemples , comme les autres saints personnages. C'est l'expression dont se sert saint Bernard dans son discours sur saint Martin(i) : il était, dit-il, une lampe ardente qui luisait de toute part , et ce saint abbé nous invite à l'imiter dans tout ce qui peut être l'objet de. notre imitation , c'est-à-dire dans son humilité, dans son ardente charité , dans son amour pour la pauvreté évangélique. Ce flanobeau luminçux éclaira au quatrième siècle toute l'Église d'Occideiit, et répandit parmi les Gaules de glorieux rayons. Il était né dans la Pannonie ( la Hongrie d'aujoiurd'hui ) d'un père qui s'était distingué dans le service militaire. Quoique ses parens fussent païens, il eut dès son enfance un attrait particulier pour la religion chrétienne , et il n'avait pas«ncore dix ans lorsqu'il se fit inscrire au rang des catéchumènes.

Obligé déporter les armes par un décret de l'empereur, qui ordonnait que tous les Gis de militaires entrassent au service ^ il. sut ^ préservei* des dés-

ondres qui trop -souvent d^ihonorent cette noble, profession. Sa charité n'en fut que pltts>a€tive; il distribuait aux pauvres tout ce qu'il avait. Un jour^ SKjaéi é^uii|é 'sai botoése 9 il trouva aux portes d'A^^ miens «n pauvte qui vint lui demander l'aumônt ; n'àyailt poinlk d'aBl^ént à lui offrir,, il .coupe son manteau dn deux et lui en donne la moitié. Il eut^ dit; on 9 quelques jours après une vision «où. Jésni^ Christ lui apparut couvert de, cette étoffe • et lui dit : Martin m'a revêtu de ce manteau.

La profession des armes ne permettait pas à saint Martin de se livrer aux exercices de sa religion autant qu'il le souhaitait. Il obtint son congés et se mit sous la discipline de saint Hilaîre, depuis éyéque de Poitiers. Devenu, lui-même évèque de Taurs malgré lui. 5 il ne changea rien à sa joqianii^e de vivre : pauvre^ simple , dur à lui-même > il sa contentait d\ine petite cellule, et on montrait encore dans ces derniers temps dans l'église de Marmoutiers un creux de rocher qui lui servait de lit. Dieu daigna faire un grand nombres de mira* èles par l'intercession de ce saint évèque. Il étaitàgé déplus de quatre^ngts ans^ lorsque appelé àCaude» paroisse de son diocèse » pour y apaiser quelques divisions, il y tom)>a mcd^ade. Ses djsciplef l'entouraient, et s'écriaient tout d'une voix : Mon pèrel pourquoi abandonnçz^vous vos ouailles ? Et quoique le saint n'^spir^t qu'après sa céleste patrie 5 touché de tant de larnies^ il s'écriait, comme saint Paul : Seigneur , si je suis nécessaire à votre troupeau, je ne refuse point le travail, que votre vo-

9i8r. iHSTRuciKm sim ias Mt&bs

lOfité^BOft faîte* C« fini dans ce» seatimoqs iitcor c|u« -mèwriKl ce gisaod saint.. Sa mémoifs est en b<»iiiitear'Déi»«8euleaiafll à lonta^man caGoi)a.daat tontb la Ffaac». Son corps? fit! tmoaporlÀ éam. celtsidtte^eC une éçBselùiMfie-MNiS'fKm ûivoe»-' tiois (*). La démfion à ce Muni évéfite s'étendit 4aio» lioate FfiwrGfre. Soa tomiiean. fat soavent Tiiiifépar noaTOîs* ' -

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