‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructionsChapitre 4 sur 29 · I. ép, dg^êùtiPtaUnux CoriHik., th. Xr v · texte numérisé non relu

I. ép, dg^êùtiPtaUnux CoriHik., th. Xr v

9II18 ffëres, n*e8t-il pas vrai que le calice de bénédîctioo ^^ notu béimaoïn est la communion du sang de Jésus- Christ, et que le pain que nous rompons est la communion du corps du Seigneur t Gar^ éUnt plusieurs, nous ne somnes ton*

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qu'uo leul paio et un seul corps, noof qui participons tout à uo même pain. Considères les Israélites selon la chair. Ceux qui mangent parmi eux de la victime immolée ne prennentils pas ainsi part à l'autel î Est-ce donc que je ▼euille dire que ce qui m été immolé aa< idoles eo reçoive quelque impression » oa qve l'idole soit qndqae chose F If aliènent ; ma» qae ce que lea païens immolent , ils TimBolent aux démons, et non pas à Dieu- Or , je désire que vous n'ayez aucune part avec les démons. Vous ne pouves pas boire le calice du Seigneur et le calice des démons. Vous ne pouvez pas être faits particîpans de la table du Seigneur et de la table des démons.

C*S8T encore du sacrement de Tenehaiâstid <iu*il est question dans cette épitre. VAfàtre y répète que le calice est la commimion du sang de Jésus* €iirist , et que le pais est la communion de sou eorps, c*eat-à-dîfe que les fidèles je nourrissent eâ commun de ce corps et de ce sang 9 ¥oilés sous les espèces. Ce sont des vérités dont fl est extrè*menaent important de se pénétrer poosbien caur* ceroir toute la profondeur de ee|çraiMl rayatère et y confiormer notre croyance. Toutes les Mr qu'il est parlé de reucharislie dans les saintes JÉcrîtU'* tures^îl yest manifitstemcnt etcianement exprimé que ce pain deirient Téritaliicnient et Téellenicol le coifM de iésua^Ciirist , et que le vio devient son aog. Au témoignage des saintes ÉoritoMs se^^ohit celui d'une constante tradition 5 qui de sièi^ en siècle nous montre la même doctrine crue et en* leignée dans relise catholique fusqu'à notis. Eniki eette tradition est appuyée de la déeision ddr coo^ eiles. Le dogme de la transubstantfation , c'est-'àdue delà 'transformation du pain et du vin au corps

l4 INSTEOCftOlrS àCB tfes £pItbe9

et aa sang de notre Seigneur Jésus-Christ, est donc un article de foi dont il n^est pas permis de douter.

Mais de ce dogme l'Apôtre tire une vérité morale bien digne d'être remarquée. C'est que 9 comme tous les chrétiens participent à la même communion , ils ne font aussi tous qu'un seul corps entre eux par Jésus-Christ; d'où il suit que le propre du christianisme est de resserrer encore les liens de fraternité et^e charité qui unissent tous les honÂmes. Dieu ne distingue point dans ce festin mystique entre le riche et le pauvre , entre le grand et le petit 9 entre l'heureux selon le monde , et celui que le monde regarde comme malheure«x. Il préfère au contraire la vertu sous la livrée de rindigence au vice revêtu de riches habits, et entouré de tout l'éclat de t'opulence. Jésus-.Christ fait une part égale de son coips et de son sang .à tous ceux qui approchent de sa table , quelle que soit leur condition. Il n'y a de différence qu'entre, ceux qui en approchent avec un cœur contrit et rempli de l'amour de Dieu , et ceux qui , séduits par de trompeuses vanités, tiennent plus au néant de» choses humaines qu'à la substance solide des choses de Dieu. Et combien durent ces biens qu'on estime tant ? Quelques années, qui, réduites à leur juste valeur, forment dans la chaîne des siècles à peine quelques momens; et dans ces années mêmes de combien de peine et d'amertume la Jouissance D'est-^lle pas mêlée I Quelque prix qu'on attache à l'opulence, elle n'a pas le pouvoir de vendre toua

KT LES iviKGltBS. iS

les jouirt sereins, el d'écarter pendant la nuitl*affliction, du chevet des riches. Apprenez donc de bonne heure, enfans chrétiens, à apprécier les biens de 06 monde ce quMls valent, et à leur préférer ceux que la religion promet aux Bdèles observateurs de ses préceptes et aux amis de la vertu.

ÉVAN6ILB.

Saint Luc » cb. XIV , v. l6.

£4 H ce temps-là, Jésus dit à l'un de ceux qm éta&nt i table STec lui, dans la maison d'un des principaux pharisiens , cette parabole : Un homme fit un jour un grand souper, auquel il invita plusieurs personnes; et, à l'heure du souper, il envoya son serviteur dire aux conviés de venir, parce que tout était prêt. Mais tous commencèrent, comme de oonoert, 4 s'ex* cttser. Le premier lui dit : J 'ai acheté une terre , et il faut nécessairement que j'aille la voir; je vous supplie de m'czcoser* Le second lui dit : J'ai acheté cinq couples de bœufs, je m'en vais les éprouver; je vous supplie de m'ezcuser. Et le troisième hii dit: J'ai éponsë one femme , et je ne puis 7 aller. Le servitcor, étant aevenu, rapporta toat ceci à son maître. Alors le père de famille se mit en colère, et ditàaon senriteor : Ailesvous en vitemeqt dans les places et dans les rues de la ville» et amenez ici les pauvres^ les estropiés « les aveugles et les boiteux. Le serviteur lut dit : Se^neur , ce que vous avez commandé est fait , et il y a encore aés places de reste. lie maître dit «n serviteur t Allez dane les chemins et le long des baies , et forcez-les d'entrer ^ afin qne ma maison ae remplisse; car je vous assure que nul de cenx que j'avais conviés ne goûtera de mon souper. .

La parabole contenue dans cet évangile est une image fidèle ^e ce qui se passe joumeUement à regard de novft tous dans Taffiitre de notre salut.

l6 IN8TEUGIIOHS SUA U9 KlflTREd

Nous tommes long mvités au aouper du Seigneur ^ c'est-à-dire &u bonheur éternel ^ull promet à ceux qui observent ses commandeaaens. 11 réitère sana cesse son invitatioa , tantôt par de boaa mou* vemens qu'il nous in^iref tantôt par les bons exemples qu'il permet que nous ayons devant les yeux , d^autres fois par les afflictions qu'il nous envoie^ qui sout comme autant d'avertissemens paternels , presque continuellement par les instructions de ses ministres et leurs prédications, si nous voulons y être attentifs. Cependant que faisons-nous 7 Semblables à ceux qui étaient invités au festin de l'évangile 9 nous alléguons de vaines excuses. Nous disons : J'ai «uiourd'bui une afiaii» qui m'ocoupe 9 un {daistr qui m'appelle , un devoir à rendre à une personne puissante; je penserai demain à mon salut. Cependant Dieu se lasse , il retire les grâces dont nous ne profitons pas; et tandis que nous continuons à vivre dans i'insou-^ ciance, le. temps se pasfic» et la moct nient sans qu'<6n soit préparé. Alors se vérifie la parole de l'évangile que nous venons de lire : c Aucun de ceux qui avaient été invités n'a part au festin. 1

l£aiSyf>ourront dire cébx qui ne fo|itei)Coreque commencer la •oArrière delà vie : sans «doute cette affaîie est importante, dépendant H nous reste de longues années à parcourir; ne pouvons-nous pas un peu différer ? et ne vaudrait-il pasmieùx, pour travailler avec plus de soin à ce grand ouvrage » attendra la jipi^turité de l'âge 9 ^

Je répf^i^rai que , qnelfiie ieima 4u!on seift, il

ET US KYÂirCIlBS. 17

est nécessaire de ne pas différer à y songer. D*abord parce qu'une longue vie n*est assurée à qui que ce soit, et que la mort n'épargne ni personne ni âge; eosaite parce que la jeunestfe est le véritable temps de l'instruction. C'est au printemps de la vie qu'il faut semer pour recueillir dans son automne. Une âme encore neuve se plie plus aisément au bien. Il ne faiit que de légers efforts pour lui en faire prendre l'habitude. C'est comme un jeune arbre dont on dirige sans peine les branches pour leur faire produire plus de fruits. C'est dans l'âge tendre que les bons principes s'inculquent plus ais^aent et plus parfaitement ; c'est dans de jeunes ccBurs qu'ils jettent de plus profondes racines ; c'est pourquoi il est dit dans l'Ecriture (1) : Heureux celui qui porte le joug du Seigneur dès ses premiers ans I c*est pourquoi , les disciples empêchant qu'on ne présentât des enfans à Jésus , il dit : Laissez-les approcher (2) ; car le royaume des cîeux est pour ceux qui leur ressemblent i et c'est pour eux ^ plus que pour qui que ce soit 9 qu'a été dressé le souper du Seigneur, parce que leur innocence les en rend dignes, et qu'ils n'eu sont enooro détoornés ni par la distraction ^es affaires , ni parla fougue des passions, qui entraittent et mattrisent Thomme éMos un âge plus avancé*

CO Thréni. , III. 37. (a) Marc, X. \\.

20 lKSTA1}CTtONS SV& USS éPÎT&ES

motifs que fournit la religion sont bien plus puis'» sans, comme les consolations qu^ellc offre sont bien plus douces et plus efficaces. Si nous «ongioas que rien ne se fait que par la volonté de Dieu y que c'est lui qui distribue le bien et Ip mal 5 que nos cheveux , pour me servir de rexpressi<»o de TËcriture , sont comptés (1] , et qu^iln*en tomb« pas un seul sans qu'il le veuille , ni la résignation ni la con (lance ne nous coûteraient rien. Nous dirions y. comme Job (2) : c Dieu est le mattre; ce qu^il m'avait donné » il me l^ôte; que sa volonté soit faite«i » Nous penserions que sans doute il a cru cette épreuve ou cette punition nécessaiie. N#U0 la lui offririons en expiation de nos offenses ^ et nous tournerions à noire avantage spirituel un miil contre lequel nous nous roidirions inutilement f et que nous ne faisons ([n'aggraver et qu'aigrir par notre désespoir. Que faire donc 9 sinon ce que dit l'Apôtre dans Tépitro que nous venons de lire 9 c*est-à-dire c jeter dans le sein de Dieu toutes no» inquiétudes et toutes nos peines 9 parce qfu'il a soin de nous? » Tel en le pouvoir de la religion. Elle soutient, elle console j elle ehange le mal en bien, et nous fait retirer les plus grands avantages de ce qui 9 selon le monde, n'est que malhenr et désolation.

ÉVANGILE

Saint ImCj cb. XV, v. i.

Oàm ce temps'li » lei publicaîas et les gens de mMivawe vie se teoeie»! d'ordinaire auprèf ds Jétuf pgvr réoottter. Or,

CT LES ÉTINGIUBS. 31

un four k« phârisieaa el les docteurs de la lai «d mormuraîent, et disaient ; Quoi! cet homme reçoit les gens de mauvaise vie et n^nge avec eux i Jésus leur proposa cette parabole : Qui est celui d'entre vous qui , ajant cent brebis , et en ajant perdu une, ne laisse les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour s'en aller après celle qui s'est perdue^ jusqu'à ce qu'il la retiotave f £t lorsqu'il l'a retrouvée, il la met sur ses épaoies avec joie ; et, étant retourné en sa maison , H appdle ses amis et sos voisins , et leur dit : Réjouissea-vous avec moi, parce que j'ai retrouvé ma brebis qui était perdue. Je vous dis de même qu'il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécbeur qui fait pénitence que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de pénitence. Ou, qui est la femme qai, ayant six drachmes, et en ayant perdu une, n'allume sa lampe » et , balayant la O¥iison , ne la cherche avec grand uÀa jusqu'à ce qu'elle la trouve ? Et, après l'avoir retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines , et leur dit : Réjouîssez^vous avec moi, parce que j*ai trouvé la drachme que j'avais perdue. Je vous dis de même que c'est une joie pirmi les anges de IMeo lonqu'un pécheur fait pénitenee.

Cet évangile nous est un témoignage irrévocable de rextréme bonté de Jésus-Christ et de son indulgente condescendance. 11 est la justice et la pureté même. Cependant il ne dédaigne pas de se laisser entourer par des pécheurs et des gens de mauvaise vie. Il leur permet de se presser autour de lui pour récouter. Il lui suffît d*apercevoir en eux le simple désir de Fentendre , le moindre commencement de conversion , pour quMl lès accueille, qu*îl leur prodigue ses soins , qu*il les encourage dans leurs bons desseins, qu*il les aide de ses conseils, et qu^îl les prévienne de ses grâces.

Les docteurs et les pharisiens trouvent à redire

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à cette conduite de Jésus. lis le blàmeut de manger avec des pécheurs. Combien est touchante Tapolo^ie quMl fait de sa conduite ! C'est par des comparaisons qui respirent la charité qu'il confond ces sages orgueilleux , ces rigides observateurs de la loi, qui en oubliaient Tun des premiers préceptes » celui de Tamour du prochain, c Quand une brebis 9 dit Jésus y s'écarte du troupeau et s'égare , que doit faire le pasteur ? ne cesser sans doute de la chercher jusqu'à ce qu'il la trouve ; et , lorsqu'il l'a trouvée , si elle ne peut regagner le troupeau , il la charge sur ses épaules et la rapporte. Que fait, ajoute-t-il encore, la femme économe €iui a perdu une pièce de monnaie ? Elle allume sa lampe; elle nettoie sa maison; elle en parcourt les lieux les plus secrets , jusqu'à ce qu'elle ait re^ trouvé ce qu'elle avait perdu. 41ors die appelle ses voisins pour s'en réjouir avec eux. Et ce qu*on fait pourramener une brebis, pour retrouver une pièce de monnaie, ne doit-on pas le faire à plus forte raison pour ramener à Pieu une âme quT l'avait abandonné ? » Cette conduite de Jésus, et la peipe qu'il prend de la justifier, donnent lieu à une réflexion bien consolante ; c'est que , quand nous avons eu le njiaiheur d'offenser Dieu , il nous est bien facile de nous réconcilier avec lui, si nous le voulops sincèrement. Il suffît qu'à l'exemple des pécheurs doqt il est question dans l'évangile , nous DOU6 tenions auprès de lui pour l'écQuter; c'e^t-à* dire que nous le priions de parler à notre coeur ; que, quand sa voix s'yfait çutendre» nous lui soyons

ET US iviNGIUM. 35

dociles. Alors il ne nous refusera point ses grâces; Il aura pitié de la brebis égarée ; il ira la chercher jusque dans le désert, et la ramènera au bercail. Le même évangile nous prescrit la manière dont nous devons nous comporter à Tégard de ceux dont la conduite n*est pas aussi régulière qu'il serait à désirer. A Texemple d#lésus, nous ne devons pas sortir , en ce qui les concerne , des règles de la charité. Détestons le vice partout ou il est, parce que le vice mérite d'être détesté et d'inspirer de rhorreur ; mais plaignons ceux qui ont le malheur de 8*y abandonner. Songeons que Thomme est laible, que ceux qui ont succombé se sont peutêtre trouvés dans des circonstances si critiques, que nous-mêmes n'aurions -nous pas résisté au même danger. Cette pensée nous rendra indulgens, et nous tiendra dans une salutaire défiance de nousmêmes : car toute vertu est frêle y et celui qui croit la sîeuue le plus solidement établie est peut-être le plus près de sa chute ( i ).

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