‹ Manuel d'une mère chrétienne: ou, Nouvelles lectures chrétiennes en forme d'instructionsChapitre 6 sur 29 · LE VI' DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE · texte numérisé non relu

LE VI' DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE

Mk* fritMi ne htce-tou* pai que noua Iddi, qui atoni été baptiiés en lênu-Climt, nous itooi été baplûéi en » mort,

pèche, aGn que comme J^tut-Cfariit eit reumcilé d'eotre let morti parla gloire de foa père, nom miTtfiioW ihm! dtni nac nouvelle TietU>in»on*a*«uéU tattt en lui par la ksmm-

KT LES ÉVAffClLM* S5

blaocc d e sa mort » nous y serons anssl entée par la lrèto<îmblanee de sa résurrection , sachant que notre vieil homme a été cn|cifié avec lui > afin que le corps du péché soit détruit , et que dé« sormais nous ne soyons plus asservis au péché ; car celui qui est mort est délivré du péché. Que si nous sommes morts avec Jésus-Christ, nous croyons que noos vivrons aussi avec lésns- Ghrist ; sachant que Jésus-Christ, étant ressuscité d'entre les morts , ne mourra plna , et que la mort n'aura plus d'empire Bur4ui. Car, quanti ce qu'il est mort, il est mort seulement une fois pour le péché, mais, vivant maintenant, il vit pour Dieu. Considérez-vous de même comme étant moris au péché, et ne vivant plus qae pour Dieu en Jésus -Chr?st notre Seigneur.

Nous avons , dit TApôtre , été baptisés en la mort de Jésus-Christ, c*est-à-dire que c'est de la mort de Jésus- Christ que le baptême tire tou^esa vertu. Jésus-Christ, en mourant, s^est offert en expiation pour tous les hommes, et les a rachetés de la servitude du péché par le mérite infini de ses souffrances.

Les mérites de la passion du Sauveur nous étant appliquée par le baptême, nous modrons au péché en Jésus-Christ et par Jésus-Chtist , BEiort pour nous. Et comme Jésus-Christ, après avoir été dans le tombeau, est ressuscité d'entre* les morts pour fouir de la gloire de son père, de même, après avoir reçu le baptême , nous ressuscitons à la vie spirituelle ; c'est-à-dire que , de morts que nous étions par le péché ; nous revivons à celte mêaie grâce par le baptême , qui nous rétablit ûaufi Fétat d'innocence que 'nous avions perdu par' ^a désobéissance de notre premier père, le* vieil homme

SB iHST&vcnoiis nth x.u iptnis

qui existait en nous, ou Phomme coupable» a donc été crucifié avec Jésus-Chmt, afin que, par la grâce du baptême, il s'opère en nous une résurrection , ou , pour nous servir des termes de TApôtre^ il s\y forme, un homme nouveau.

Jésus-Christ, une fois ressuscité , ne peut plus mourir ; mais malheureusement il n'en est pas de même de nous. Le baptême , dans celui qui le reçoit, efface sans doute et détruit le péché; mais il ne détruit pas la concupiscence ou le penchant au péché. Dieu Ta voulu ainsi, afin qu'en surmontant ce penchant par un combat continuel, nous ayons des occasions de mérite. Tout n'est donc pas fait pour notre salut , quand nous sonimes morts au péché par le baptême. Il faut encore vivre ' d'une vie nouvelle, et entretenir cette vie par une foi vive , par l'observation des commandemens et ' par les bonnes œuvres. C'est alors que nous serons* véritablement morts au péché, et que nous ne vivrons plus que pour Dieu.

' Les conséquences à. tirer de cette épttre de saint Paul sont; i" que nous naissons tous dans l'état de péché à- cause de la désobéissance de notre premier père; 2** que c'est* par la mort de Jésus- Christ que le péché a été détruit ; S** que la grâce attachée au baptême prend sa source dans cette mcvt} 4* ^u'î^ B^ suffit» pas que nous ayons reçu ' cette grâce , mais qu'U faut que nous la conservîbnff^t ou , n nous avons eu le malheur de la per- - dre , que nous la recouvrions ; 5* enfin que nous ne pourrons la recouvrer qu'en vivant en Jésus-

.../^..Ajflii.™-!.™. J^ ^.

ST LES ÉVAlMlLBg. 3^

Christ et poiir Jésus-Christ, en croyant en lui, en fréquentant les sacremens , et en pratiquant les bonnes œunres.

ÉTIKGILE.

Saint Marc, oh. YIII, ▼. i.

Ëir ce tempi-li» le peuple, 7«i «nimMl Jituf'eli fortgraod noàibre, n'ayant-polot de quoi manger, lésas appela à soi ses disciples, et dît i J'ai grande compassion de ce peuple, parce qu'il, y a déjà trois jours qu'ils demeurent continuellement ■YCfl moi , et ils n'ont rien h. manger ; et si je les renvoie en lëOFS biabons sans avoir mangé, ils tomberont en défaillance sur tai ichemins, parce que quelques-uns d'eux sont venus de loin. Ses disciples lui répondirent : Gomment pourrait - on tiouver dans ce désert aases de pain pour les rassasier r Jésus leur demanda : Combien a?ez-Tous de pains F Sept , loi direntils. Alors il commanda au peuple de s'asseoir sur la terre. Il prît les sept pains, et, ayant rendu grâces, il les rompit, les donna i ses disciples pour les distribuer; et ils les distribuèrent m peuple. Ils avaient encore quelques petits poissons qu'il bénit ; et il commanda qu'on les leur distribuât aussi. Ils mangèrent donc, et furent rassasiés; et on remporta sept corbeilles pleines des morceaux qui étaient restés. Ceux qui mangèrent en ce lieu étaient environ quatre mille ; et Jésus les renvoya.

Qij*Âi>MUBBOirs-RoiJS davantage dans le sujet de cet évangile ^ ou la pniHsance de Jésus qui aveo un peu de nourriture parvient à rassasier quatre mille personnes » ou la bonté ineffable du Sauveur à regard de ceux qui le suivaient ? c J'ai, ditil , grande compassion de ce peuple , parce qu'il y a trois jours qu'ils sont avec moi et qu'ils n'ont rien à manger, t J^ai grande cotnpoêHon de ce peu-

38 iKSTRtcTioirs svB LES épItres

p(ô : quel exemple, divin Sauveur, voui nous donnez I et quelle leçon vous nous faîtes I Vous avez grande compassion de ceux qui ont faim ; tt nous , dont ceux qui ont faim sont les frères , nous que d'un moment à Tautre un revers de fortune peut réduire au même état , verrons-nous d'un œil sec et la main fermée la misère , le besoin , les souffrances dé nos semblables, qui , comme nous , sont vos enfans et vos créatures ? Non : ces mots touchans , ces paroles de bonté sorties de votre bouche, nous apprennent ce que vous exigez de nous , nous indiquent les devoirs que nous avons à remplir à l'égard de nos frères indigens. t Vous le voyez, disait saint Basile (i), en expliquant aux fidèles, dans un moment de disette, ces mêmes paroles du Sauveur, Dieu lui-même , daigne exprimer toute la pitié qu'excite en lui la vue d*une multitude tourmentée par le besoin. • £h bien ! chaque jour ce triste spectacle s'offre à nos regards. Si nous sommes sans entrailles pour les malheureux, si nous voyons leur misère sans nous attendrir , qu'aurons - nous à répondre à notre juge quand il nous demandera comment nous avons traité nos frères souffrans ? Quand il nous dira que ce que nous aurons fait à l'un d'eux, c'est à lui que nous l'aurions fait , oserons-nous lui ré[jondre : « Seigneur, il avait faim, et \e ne l'ai point nourri ; il avait soif, et je ne lui ai point donné de quoi se désaltérer ; il était nu , et quoique j'eusse des habits, non-seulement pour le besoin, mais même

il) Sermoa sur la famine.

fit LES ÉYiilGtUS. 3g

pour la magnificence y je ne Tai point vêtu. En un mot 9 il sollicitait ma pitié 9 et {e n'en ai point eu à son égard. * €œurs durs, vous n*avez point fait miséricorde , nous dira le Seigneur 9 vous n'obtiendrez point miséricorde I

Accoutumons- nous donc, et il faut s'y accoutumer de bonne heure 9 à prendre pitié des malheureux 5 à voir en eux des frères que nous devons soulager , à partager avec eux au moins notre superflu. C'était l'instruction que le vieux Tobie , se croyant près de mourir, donnait à son fils : a Ne détournez, disait- il, votre visage d'aucun pauvre (1) ; car il arrivera de là que Dieu ne détournera pas son visage de vous : soyex charitable autant que vous le pouvez. Si voiis avez beaucoup, donnez beaucoup; si vous n'avez que peu, donnez encore ; c'est un trésor que vous vous préparez pour le temps de nécessité ; car l'aumdne délivre du péché et de la mort. » Les ^ages conseils que Tobie donnait à son fils, je vous les adresse aur jourd'hui en parlant à vos cœurs.

Jeunes chrétiens qui m'entendez , je vous dis : « Soyez b0;ns ^ devenez charitables , que dès vos leunes années vos âmes s'ouYrent à la pitié : le bien qu'on fait n'est jamais perdu ; c'est un trésor que les voleurs n'enlèveront point , qui se grossira de toutes vos actions charitables , et qui vous sera représenté au jour des. récompenses.

(1) Tobie, ÏV.";.

4o nxsT&vctioirs sv& les iptxBBs

porR LE VII' DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE.

Saint Paul aux Rom, , ch. VI , v, 19.

jyi ti ffères, je foui parle hamaînement i cause de la faiblesse de votre chair. Gomme vous avez fait sertir les membres de TOtre corps à Timpureté et à l'injustice pour comipettre rintquitë f faites-les servir mainteuant à la justice pour la sanctification de votre vie ; car, lorsque vous étiez esclaves du péché ,

^ vous étiez libres de la servitude de la justice. Quel fruit donc a^es-vous tiré de œs désordres , dont vous rougissez mainte-

.pant) puisqu'ils n'ont pour fin que la mort f liais à présent, ^tant affranchis du péché », et, devenus esclaves de Di^ , le fruit que vous en tirerez est la sanctification, et la fin sera la vie éternelle ; car la mort est la solde et le paiement du péché , mais la vie éternelle est une grâce et un don de Dieu en MsiM^Ghrbt notre SeSgoear.

Sai5t Paul, dans cette épttre, réunît tous ses ' efforts potn* inspirer Thorreur du péché aux fidè- - les qu*il cherche à instruire» et la nécessité de travailler à sa sanctification. Il compare la servitude du péché avec ce qu'il appelle la servitude de ' là justice. La première nous nuit et nous dégrade autant que l'autre nous profite et nous honore. £n quoi consiste en effet la servitude du péché ? à se laisser dominer par Torgueil , à tomber dans les excès de l'avarice , à donner dans les désordres du libertinage , à ne pouvoir être maître de soi ,

XT LES ÉT1NC1LB8. 4l

à n'être point capable dé retenir son caractère emporté , à se laisser ronger par I^nvie ; vice si hideux et si tourmentant 9 que les poètes n'ont cm pouToir mieux le représenter que sous la Bguie d'une femme coiffée de couleuvres , et ayant un serpent qui lui ronge le sein ; à faire un dieu de son estomac » se rabaissant ainsi par une honteuse gourmandise à IV^tat des plus vils animauit , ou enfin à croupir dans une abjecte et méprisable paresse : voilà quelle est la servitude du péché. Combien de maîtres ^ et quels maîtres on se donne quand» oubliant ce qu'on doit à Dieu et à soi 9 on laisse prendre à ses passions un pojivoir qu'elles exercent d'une manière si tyrannique !

Qu'entend, au contraire, l'Apôtre par la servt^ tude de la justice , sinon la fidèle observance des commandemens , l'amour des devoirs et le goût de la vertu ? Ainsi celui-là est asservi à la justice, qui aime Dieu , qui le sert , qui ne profane point sa bouche par des juremens , par des médisances , par des discours malhonnêtes , qui rend à ses pa« rens, à ses supérieurs l'honneur et le respect, le tribut d'obéissance auxquels ils ont droit , qui mène une vie sage et honorable , une vie chrétienne , qui ne fait tort à. personne , qui aime la vérité, qui hait le mensonge, qui est compatissant envers ses semblables et juste dans toutes les occasions : voilà les deux servitudes , celle du péché et celle de la justice. Maintenant )e demanderai à toute personne douée de bon sens , laquelle lui semble préférable ; et s'il vaut mietix servir des

4^ xïisTBrcTioiis svB tBs kpItres

matires durs et capricieux comme le sont no& passions quand nous leur laissons prendre trop d'ascendant, que -de former son cœur aux choses saintes, sages et honnêtes. Je demanderai lequel Tautmieux ou de nous assujettir au démon qui cherche notre perte , ou de servir Dieu qui ne nous a créés que pour nous rendre heureux ; et si j'ajoute, arec TApôtre, que la mort ( i ) , et la mort éternelle est' la solde du péché , c'esl-à^dîre la punition qui lui est réservée , qui ne sera pénétré d'effroi à la seule pensée de ce terrible châtiment qui attend le pécheur ? Mais en même temps qui ne sera enceuragé et consolé, si j'ajoute aussi avec l'Apôtre que l'asservissement à la justice nous obtient la grâce de Dieu , et que cette grâce , c'est la vie éternelle (a) en Jésus- Christ, sans compter les consolations temporelles, dont une bonne Conduite est toujours accompagnée ?

ÉVANGILE

Skint Matthieu-, th. VII. v. i5.

£iR ce temps-là , Jésus dit à ses dbciples : Gardex-vous des Ikui prophètes qui ▼iennent à vous couverts de peaui de brebis , et qui au-dedant sont des loups ravissans. Vous les recoBoattret par lenrs fhiîts. Peut-oa cueillir des raisins sur des épines on des figues sur des ronces f Ainsi tout arbre qui est bon, produit de bons fruits ; et tout arbre qui est mauTais prodoit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut produire de mauTais fruits y et un mauvais arbre n'en peut produire de bons. Tout arbre qui ne produit point de bons fruits sera coupé et jeté au feu* Vous les seconnaîtrea donc par leun fruits. Tous ceui

(i) Rom. , VI. a3. (a) Ibid.

ST US ivANGlLBS. 4^

qui me disent : Seigneur» Seigneur» n'entreront pas pour cela dans le royaume du cîelj mais celui-là seulement y entrera qui fait la ▼olonté de mon père qui est dans le ciel.

Il ne croit point, dit Jésus, des raisins sur des épines, ni des ligues sur des ronces. De même les vertus, les bonnes œuvres, les saintes -pensées ne croissent pas dans un coeur corrompu. Rien n'est si important pour les jeunes personnes qui parviennent à Tàge de discrétion , c'est-à-dire à celui où on peut distinguer le bien d'avec le mal , que d'être fermement persuadées qu'on devient . bon avec les bons , et qu'il n'est que trop à craindre qu'on ne devienne méchant avec les méchans, irréligieux avec ceux qui n'ont point de religion' (i). C'est ainsi, et par de pareilles fréquentations, que lu plupart du temps, des mœurs douces et ri^gulières, d'heureuses babitudc^s, des dispositions plus heureuses encore, même des vertus acquises, tout le fruit d'une bonne éducation, et de toutes les peines prises pour former le eœur et l'esprit, se perdent sans retour. Ce p'est pas précisément dans ce sens-là ni contre ce genre de danger que Jésus- Christ prémunissait ses disciples ; c'était des faux prophètes, et des. corrupteurs de doctrine qu'il les avertissait de se garder. « Ils viennent, leur disait'il , à vous sous rhabit de brebis ; mais au-dedans ce sont des loups ravissans , et vous les reconnaîtrez à leurs fruits» , c'est-à-dire à la conduite qu'ils tiendront. Je me servirai des mêmes paroles pour

(i) II. épw des Rois, XXU, 16, 37.

46 IS8T&1IGT10B8 8UB LES SPÎTBES

tians chameites. Quoique parmi ces affections il en soit quelques - uses qui soit permises et même louables , comme les sentimens naturels qui proviennent des liaisons de parenté et d^amilié 9 il en est beaucoup d'autres que rÉvangpile ordonne de réprimer. Telles sont toutes nos passions, quand elles ne sont pas contenues dans de justes bornes ; tels sont aussi ces désirs inquiets , tous ces mouvemens déréglés qui proviennent de notre nature, corrompue parle péché originel , et quelquefois plus corrompue encore par l'habitude du péché. L'Ap6tre appelle toutes ces choses les ceuvreê de la chair ; et si nous voulions faire un sérieux examen de nous-mêmes y nous ne pourrions pas' nous empêcher de reconnaître en nous cette tendance au mal et ce désordre de nos sens. En nous disant que nous ne sommes pas redevables à la chair , TÂpôtre nous avertît que , loin qu'il faille céder à ce penchant, à ces désirs 9 à ces mouvemens secrets > il faut au contraire que nous les combattions de toutes nos forces y et que nous leur opposions une courageuse résistance; car nous no pouvons y céder sans mourir à la grâce 9 sans nous rendre entachés du péchés sans encourir la laort éternelle qui en est la punition ; telle esl la doo^ trine de l'Évangile. . = . .

A la chair f prise dans ce sens, l'Apôtre oppose Vesprit de Dieu , c'est-à-dire d'amour et de charité qui nous porte vers les choses du ciel et vers notre Créateur, eu nous détournant des objets ter'res,U*es capables de nous séduire. Cet esprit, dit-jl^ çst

' BT LVS BVlireiLES. 4?

resprît d'adoption qui nous fait avoir recours à

Dieu en lui criant du fond de notre cœur : Mon •

père 3 mon père ; c^est ce recours qui est le véritable salut d^ine âme chrétienne. Sommes-nous dans le danger de la tentation et prêts à malfaire , sentons-nous notre fol, notre vertu chanceler, tournons-nous vers Dieu , et disons-lui du fond du cœur : Mon père , mon père. En implorant son aide , il n'abandonnera point ses enfans , et soyons sûrs qu'il nous délivrera. Quelque chagrin pèse-t-il sur notre âme 5 disons-nous : Dieu est là. Il voit nos souffrances : c'est un père tendre qui y apportera du soulagement, si nous nous adressons à lui avec confiance. Jamais l'espoir qu'on a en lui n'est frustré. De manière ou d'autre , la consolation survient. £n un mot, dans nos joies, dans nos peines , dans nos dangers , que notre recours soit toujours à Dieu ; qu'il soit sans cesse présent à notre pensée , comme un père dont l'œil veille sur nous, comme un protecteur dont le bras est toujours étendu pour nous défendre , comme un bienfaiteur ijui , mieux que nous , connaît pos besoins, et qui voudra et saura y pourvoir selon les vues de sa sagesse. C'est ce que l'Apôtre nous fait entendre en nous rappelant notre qualité d'en- £ains, d'héritiers de Dieu et de cohéritiers de Jésos^Christ ; héritage qui ne peut nous manquer, pourvu toutefois , dit saint Paul , que nous souffrions avec Jésus - Christ , afin d'être glorifiés avec lui.

48 IH8TEVCTIOK8 81JB LES éptTRBS

ÉVANGILE

Saint Luc, ch. XVI, ▼. i.

JuM ce temps-là y Jésus dit & tes disciples cette parabole : Un homme riche avait un économe qui fut accuné devant lui de dissiper son bien ; et l'ayant fait venir, il lui dit : Qu'estce que j'entends dire de vous f Rendez-moi compte de votre administration; car je ne ^eux plus désormais que voua gouverniez mon bien. Alors cet économe dit en lui-même : Que ferai-je , puisque mon maître m'ôte l'administration de son bien f Je ne saurais travailler à la terre, et j'aurais honte de mendier. Je sais bien ce que je fers^i , afin que , lorsqu'oo m'aura ôté la chairge que j'ai, je trouve des personnes qui me reçoivent chez elles. Ayant donc fait venir l'un après l'autre tous ceux qui devaient à son maître , il dit au premier : Combien devez - vous à mon maStre F II répondit : Cent barils d'huile. L'économe lui dît : Reprenez votre obligation, asseyez-vous là, et faites- en vitement une autre do cinquante. Il dit encore à un autre : Et vous , combien devez-vous? Il répondit : Cent mesures de froment. Reprenez , dit- il , votre obligation , et faites-en une autre de quatre-vingts. Et ]e maître loua cet économe infidèle de ce qu'il avait agi prudemment : car les enfans du siècle sont plus sages dans la conduite de leurs affaires que ne sont les enfans de lumière. C'est pourquoi je vous dis de même : Employez les richesses injustes à vous faire des amis, afin que, lorsque vous viendrez à manquer, ils vous leçoiveat dans les tabernaples éterneb.

"Novs avons déjà dit que la parabole était un récit allégorique fondé sur la supposition d'une chose vraisemblable y et duquel dérivait une vérité morale. Dans la parabole de Tévangiie d'aufourd'hui, Jésus suppose un économe ou peu soigneux ou peu fidèle ^ que Ton dénonce à son

maître ^ et à qui celui-ci aie radministration de ses biens. Supposons d'abprd que Dieu soit représenté sous le personnage de Thomme ridie, nous pourrons nous regarder comme des économes quUi a chargés du bon emploi de certains biens qui viennent de lui, et de Tadministration desquels il a droit de nous demander compte. Il nous a donné des talens, de bonnes inclinations, de la santé, peut-être même de la fortune ; il nous a prévenu de ses grâces en nous faisant naître dans une religion sainte , où il nous est plus aisé de parvenir à la connaissance de nos véritables devoirs et d*opérer notre salut ; il nous a fait naître {de parens pleins de bonté et soigneux de notre éducation ; il a permis que les personnes qu'ils en ont chargées eussent les qualités nécessaires et la capacité convenable pour y réussir. Dieu ne peut-il pas nous demander, ne nous demandera-t-il pas un jour compte de tous ces biens quUi a mis à notre disposition pour sa gloire et notre utilité^ personnelle ? Si nous n'avons pas mis à profit les talens dont il nous a doués ; si les bonnes inclinations qu'il nous a données, nous les avons corrompues ; si nous n'avons point répondu à ses grâces ; si , nés et instruits dans une religion sainte , nous n'en avons pas observé les préceptes; si, pourvus des biens de la fortune , nous n'en avons point fait un bon usage ; si notre insouciance , notre légèreté , notre mauvaise volonté ont contrarié les soins que nos pareQS ou nos maîtres prennent pour notre instruction , ne devon^nous pas nous

So IKSTEVCTIONS SUE LE9 ÉpÎTBES

attendre au sort du mauvais économe ? et ne serace pas avec justice que Dieu nous dira conime à lui ? c Qu*est*ce que j*entends dire de vous ? Ren* dez-moi compte de votre administration , c'est-àdire de l'usage que vous avez fait de mes don«. » Qu'aurons-nous à répondre ? Ainsi la première mo« ralifé àtirerde cette parabole , c^est qu'il faut faire un bon usage des biens que le ciel nous a accordés ; c'est qu'il nous en sera demandé un compte exact et sévère , et que le mauvais emploi que nous en aurons fait sera puni rigoureusement.

Le Sauveur parait s'être proposé encore un antre objet dans cette parabole « en louant le parti que prend le serviteur infidèle pour avoir au moins , lorsqu'il aura été renvoyé , des amis qui le reçoivent. Ce serviteur appelle tous les débiteurs de son maître, et il fsdt à chacun des remises considérables. Ce n'est assurément pas cette action en elle-même qui est l'objet de l'éloge i mais ce qui est louable , c'est la prévoyance de l'économe qui ne néglige pas le soin de l'avenir. £h bien ! ce qu'il a fait pour se ménager des ressources dans cette vie , n'est-il pas bien plus important de le faire pour nous assurer un bonheur éternel dans l'autre P Faites comme ce serviteur, dit Jésus ; employez vos richesses à vous faire des amis qui vous reçoivent dans les tabernacles éternels, c'est-à-dire faites l'aumône. Partagez vos biens avec les panvres'pendaut que vous vivez ; répandez vos richesses en bonnes œuvres; thésaurisez pour un autre monde. C'est dans ce sens que tous les pères

ET LES ÉYÀ1Ï6ILE8. 5l

^t entendu ce passage de révangile de ce jour., qui uous présente ainu pour seconde moralité la nécessité de faire Taumône , et de uous munir de bonnes œuvres pour le jour où le Compte de notre administration nous sera demandé.

pora LE IX« DIMANCHE APRÈS LA PENTECOTE,

ÉPITRE

Saint Paul, I, ép, anx Corinth,^ cb. X., v. i.

AJks frères, vous devez savoir qito nos pères ont toas ëlésDUi la naèe ; qu'ils ont tous passé la mer Rouge ; qu'ils ont lous été baptisés , sous la conduite de Moïse , dans la nutîc et dans la mer; qu'ils ont tous mange d'une même viande spirituelle « tous bu du même breuvage spirituel. Car iU buvaient de l'eau de la pierre spirituelle qui les suivait; et.JésuS'Christ était celle pierre; mais il y en a eu peu, d'un si grand nombre, qui fussent agréables à Dieu, étant presque tous périt dans le désert.* Or, toutes ces choses ont è\é des figures de ce qui nous regarde , afin que nous ne nous abandonnions pas «ux mauvais désirs comme iU s'y abandonnèrent. Ne devenez point aussi idolâtres comme quelques-uns d'eux, dont il est écrit : Le peuple â'assît pour manger et pour boire, et ils se levèrent pour jouer. Ne commettons point de fornication , comme quelques-uns d'eux commirent ce crime , pour lequel il y ca eut viog*trois mille qui forent frappés de mort en un seul jour. Ne tenions point Jésus-Cbrist comme le tentèrent quelques-uns d'eux qui furent tués par les serpcns. Ne morrourez point comme murmurèrent quelques-uns d'eux qui furent frappés de mort par l'ange exterminateur. Or, toutes ces choses qui leur arrivaient étaient des figures, et elles ont é\k écrites pour nous servir d'instruction à nous autres, qui Boos sommes rencontrés dans la fin des temps. Que celui donc

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