‹ Manuel de bibliographie historique (volume 2)Chapitre 113 sur 186 · Voir plus IkuU, |). 57*2, note · texte numérisé non relu

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2. Ont paru en 1905 le t. l-"" des Documeitts fiiuniriers. le t. I"'"ilfs Obituaires, le t. l'^' des Pouillés: \. Bibliothèque de l'Ecole des rharfes, mai-août lOOô.

m. — L'Acad('mie des Sciences morales et politiques, qui date de l'Ordonnance royale du !26 octobre 1852, a une section d' « Histoire générale et philosophique ». Elle publie des Mémoires et des Comptes rendus de ses séances'. La section d'histoire s'est chargée, en outre, de continuer le Recueil des Ordonnances de rAcadémie des Inscriptions, qui s'arrête avec le moyen âge, à l'avènement de François 1*^'" (1514); elle a l'ait dresser, pour commencer, un Catalogue des Actes de François 7''' (Paris, 1887-96, 7 vol. in4). Le tome I'' delà nouvelle Collection des Ordonnances. Règne de François I^' (ir)i:)-16)a paru en 1902.

I\ . — Le Journal des Savants était naguère rédigé par un comité dont les membres étaient recrutés parmi ceux des cinq Acamies (mais surtout de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres), sous les auspices du Ministère de l'Instruction publique^. Ce célèbre Recueil mensuel de bibliographie savante, d'un type ancien qu'il est seul à représenter en France, a cessé en 1902 d'être subventionné par l'Etat; il est, depuis 1905, l'organe de l'Institut.

381. — On estime à près de trois cents en France le nombre des Sociétés savantes de tout ordre qui s'intéressent, exclusivement ou non, à l'histoire et à l'archéologie, et qui manifestent leur activité par des publications de Revues, de Documents ou de Monographies.

C'est une idée qui vient naturellement à l'esprit (ju'il y aurait avantage à grouper ou à « fédérer )) ces Sociétés pour des entreprises communes. Elle a été conçue et exposée bien des fois depuis le commencement du xix*^ siècle; et il se trouve encore des gens qui, ne sachant pas tout ce qui s'est dit et répété là-dessus, la repensent et la produisent comme si c'était une nouveauté. Mais l'expérience du passé juge les projets de ce genre et ne permet guère de s'associer aux espérances démesurées des novateurs qui les soutiennent.

I. — Personne ne travaillera jamais avec plus d'enthousiasme, de foi et d'habileté à I' « organisation » des Sociétés savantes que ne

1. Voir la liH)liofji'aphic des travaux Jnsloriqiies et archéotogiqueft, II"' 54887 et suiv.

2. Historique, par G. Paris, de l'ancien Journal des Savants, dans le premier n" de la nouvelle série (janv. 1903).

!«' lit, au xix"^ siècle, M. Arrissc de Caumoiit, Ce genlilhoinme normand, né en 1801, eut de bonne heur.) la passion d'organiser d^s Sociétés et des ledérations de Sociétés scientifi(|U('s et littéraires. Il (•ontriI)ua à Ibuder à (]aen, dès 1824, la Société des Antujuaires de Normandie pour •( arrêter les progrès du vandalisme et répandre dans le publie des notions vraies sur la valeur des constructions antiques ». 11 fonda en 1851 \ Association normande des cinqdé()arlements de l'ancienne province de Normandie. Il fonda en 1854 la Société française pour la description et la conservation des monuments historiques, des archives et des bibliothèqueSy qui devint bientôt la Société française d'archéologie. C'est grâce cà lui que se tint à Caen, en 1855, la première session des Congrès scientifiques qui se sont promenés depuis pendant quarante-quatre ans dans diverses villes de France'. En 1858 il annexai ces Congrès, (jui ne se réunissaient cpi'une fois par an, et qui ne se reliaient guère les uns au\ autres, à cause des éléments divers et changeants qui les composaient, « une Compagnie formée d'éléments moins variajjles et aussi plus choisis, (|ui pût leur donner la suite, la régularité, une direction plus sûre et ])lus utile » ; ce fut \ Institut des provinces, (jui siégea d'abord au Mans, i)uis à Caen (I8i5j. L'Institut des provinces devait être, non seulement « la pairie des hommes de lettres et des savants des départements )>, mais u le Conseil général des Académies du royaume •). — Non conleirt d'avoir établi, comme londateur de V Institut des provinces, des u Congres scientifiques w,

1. Cliacuii de ces Congrès iluraiL (li\ jours. « Ces dix jours iiuraicut pu sans doule suflire à plus d'une discussion sérieuse si le Cong-rès n'avait été ouvert à tout venant et s'il u'avait fallu retrancher de cette décade le temps ilonné aux lètes, aux Te Deiun ou messes du Saint-Esprit, aux feux d'arlidce, aux promenades, aux excursions plus ou moins scientifiques, aux réceptions ih; I;» [jréiecture ou de l'hôtel de ville. (jucUe place ne tiennent pas, dans les comptes rendus des Conférés, les compliments réciproques, les haranj^ues emphatiques échaufïces avec les principaux personnages de l'endroit!... Que dire aussi de cet a|)pareil extérieur, de ces entrées triomphales, de ces drapeaux, de; ces mats vénitiens, de ces lampions, de ces décharges d'artillerie? Cette mise en scène théâtrale soulevait l)i(m quelques critiques dans l'entourage même de M de Caumont; mais le maître n'en tenait pas compte, persuadé que ces manifestations extérieures étaient un aîtrait au proîit de la science et pour le succès de son œuvre » (Kr. Bouillier, l.'lnfttilul et les Acadéinies de province, j). 178).

r.80 LES ÉTUDES HISTORIQUES AU XIX-' SIÈCLE.

et, comme président de la Sociélé française (V archéologie, des (( Congrès archéoloiiiqiies )),M. de Caumontprovo(iua encore, chaque année, jusqu'à la fin de sa vie, une foule de réunions analogues, sous le nom d'i4ssises scientifiques. Enfin on lui doit encore la première pensée d'un Congrès annuel des Sociétés savantes (1850). Pendant près de cinquante ans, cet infatigable organisateur, « sans budget et sans attnclies officielles », travailla ainsi à « relever la province de son marasme intellectuel en rapprochant les énergies individuelles par de fécondes et stimulantes associations ».

M. de Caumont (7 1873) vécut assez pour avoir le sentiment (pi'après lui la plupart des Associations qu'il avait « animées de son soufile » et tonifiées de ses subsides périraient; il les avait vues péricliter à mesure que ses forces diminuaient. La Société française (l archéologie a continué de tenir ses « Congrès archéologiques » et de publier une excellente Revue, le Bulletin monumental^ ', mais il n'y a plus de « Congrès scientifiques », et V Institut des -provinces, contrefaçon un peu ridicule de l'Institut proprement dit, est mort avant son fondateur : son Annuaire cessa de paraître en 1870; on a vainement essayé de le reconstituer en 1877, d'abord sous son nom [)rimilif, puis sous celui d'Union des Sociétés savantes^.

II. — Uien n'aflligea davantage M. de Caumont. au cours de sa longue carrière, que de voir le Ministère de l'Instruction publique lui faire concurrence en lui empruntant successivement quelques-unes de ses idées les plus chères. M. Guizot ne lui avait-il pas emprunté ses projets de fédération des Sociétés savantes sous la direction .du Comité

1. R. de Lasteyi'ie. liihliographie des fravaîix hisfon'qiies et arcliéologiqncs, I, p. 225 et suiv. — Par son lestament de 1872 A. de Caumont a fait une dernière fondation, celle des Assises scientifiques, littéraires et ariistiqucs de Caumont, qui doivent se tenir tous les cinq ans alternalivcment à Caen et à Rouen pour entendre des rapports sur le mouvement scientifique, artistique et littéraire dans la région formée par les départements de la Normandie, du Maine et de l'Anjou.

2. Ib., I, p. 189. — Cf. la brochure intitulée : Institut des Provinces. Annuaire des Sociétés savantes de France et des Congrès scientifiques (Paris, 1880, in-8). — La bibliographie des œuvres personnelles de M. de Caumont, par E. de Uobillard de Reaurepaire, se trouve dans le compte rendu de la 40'' session des Congres scientifiques Rodez, 187i, in-8), I, p. 5.

FIIANCE. "SI

(g 576 ter)'! La Commission officielle des Monuments historiques n'eut-elle pas le même proirramme initial que la Société française d'archéologie'] N'est-ce pas à l'imitation des « Congrès de Caumont )) qu'un autre ministre de l'Instruction puhlicpie, M. Rouland, institua les réunions annuelles des Sociétés savantes à la Sorboniu;? La liibliographie générale, rélrospective et courante, des travaux liistori((ues et archéologiques des Sociétés savantes, dont le fondateur de r « Institut des provinces » aurait voulu faire le magnum opus de cette Association, a été ou sera finalement réalisée par le Comité.

Un a beaucoup médit de l'action que le Comité a exercée et exerce sur les Sociétés savantes avec lesquelles il est en relations, en la déclarant tour à tour op})ressive et nulle*. C'est une question de savoir, cependant, si les services modestes, mais réels, que le Comité a rendus aux Sociétés, comme nous l'avons montré, ne sont pas les seuls qu'il soit légitime d'attendre de n'importe quel organe « ayant pour but de resserrer les liens entre les Compagnies d'érudits,de mettre en lumière leurs travaux et d'augmenter leur infiuence et leur efficacité* ».

III. — Parmi les personnes qui pensent (|ue le Comité des travaux historiques et scientifiques n'a pas réussi, mieux que M. de Caumonl, à réaliser la fédération rêvée des Sociétés savantes, quehjues-unes pensent que c'est à l'Institut de France qu'il appartiendrait d'y parvenir, M. Fr. Bouillier a écrit un livre sur ce sujet; mais il a négligé

1. Fr. Bouillier, o. r., ch. ix ; M. l)umoulin. Du groupctnenL des Sociélrs 'ivaiites en vue de travau.r coiudiuu.s Taris, 1890) : « Les (lilférenti Comités

siégeant au Ministère ne sont plus que des succursales d'Académies, enregistrant <les communications, mais qui, bridés par des budgets de plus en plus inexorablement restreints, ne communiquent plus aucune impulsion et ne peuvent apporter qu'un faible appui à ceux qui implorent leur assistance », etc.

2. P. Caron et Pli. Sagnac [L'élal actuel des études d'histoire moderne ni France. Paris, 1002, p. lô^ proposent, après bien dautres, d' « établir un contact plus étroit entre les érudils qui liabitent la province et les travailleurs parisiens ». A cet effet : 1° « mettre à la disposition des Parisiens les publications liistoriqutîs de la province dans une « I]ibliotbo((ue <lu travail provincial », |)lus complète et mieux tenue que celle qui existe actuellement à la Bibliotbéque nationale] sous le nom de iiibliolhèque des Sociétés savantes ; 2° rendre plus facile le travail des provinciaux, par exemple par le prêt des doubles de la Bibliotbéque nationale ». Cette dernière mesure serait évidemment sans portée.

ÔS2 m:s études historiques ai: xiv siècle.

(rindiijuer les voies et moyens; et ni l'Institut ni les Sociétés n'ont pris au sérieux son plan qui est resté lettre morte*.

IV. — D'autres personnes n'aperçoivent de salut (jue dans le rattachement des Sociétés savantes à l'Enseij^^nement supérieur, c'està-dire aux Universités. Cette vieille chimère, qui n'eut jamais de suites, des ministres du Second Empire, Fortoul, llouland etDuruy-, trouve encore des champions"'.

V. — Enfin il ne se passe guère d'année que quelqu'un, « en ])résence de la faillite des institutions d'État », n'exhorte les Sociétés savantes à « se grouper ])our accomplir les travaux communs qui ne peuvent s'entreprendre, se continuer et se terminer sans elles et qui manquent à la France »*; mais l'histoire de 1' « Institut des provinces » sera toujours là pour éclairer et pour amortir bienlôt le zèle des émules de Caumont.

382. — Il reste à considérer l'œuvre de nos trois cents Sociétés histori(|ues et archéologiques de Paris et de province, anciennes et récentes, plus ou moins riches et actives, qui ont pour la plupart un but ou des spécialités définis'".

1. Fr. Bouillier, o. c, ch. xi et suiv. M. Dumoulin (/. c] reproche aussi à l'Inslilut de n'avoir pas su se faire « le soutien et le guide des travailleurs provinciaux ».

2. X. Charmes, Le Comité des travaux hisloriqucs, I, p. clxvi.

.". A. Leroux, Du rattachement des Sociétés savantes à l'Enseignement supérienr, dans la Hevnc internationale de l Enseignement, 1890, II, p. CTi.

4. lunomhrahles mémoires sur ce sujet dans les publications des Sociétés de province. Voir aussi 7it'y<<<:u/« synthèse historique, \ll (1001), p. 'iOC) ; cf î^..II. p. 115, et P. Caron, L'organisation des éludes locales d'histoire moderne, dans La Révolution française, juin '1902. — Il s'agit toujours, au fond, d'organiser un Comité qui rédigerait, comme le fait le Comité des travaux historiques, des Instructions et des Questionnaires.

5. L'Institut des provinces [Uibliographie Lasleyrie, n" 5781) et le Comité du Ministère [ib., n""* 41090 et suiv.) ont entrepris entre 1840 et 18G0 la publicatiim de monographies sur les Sociétés savantes des diverses régions de France. CI. V Annuaire des Sociétés- suvanles de la France publié sous les auspices du Ministère de l Instruction publique (l'aris, 1846;, et les t. XXVII et XXIX «h- V Annuaire de l'Institut des provinces [^oIiva's historiques sur les Sociétés et le» Institutions scientifiques de France). — E. Mareuse a fait paraître en 1899 km Annuaire des Sociétés savantes... de Paris. Cf. un autre essai d'annuaire : II. Delaunay, Les Sociétés savantes de France (Paris, 1902, in-8). — Liste complète, à la (laie de 1885, dans X. Charmes, o. c, II, pp. 475-580; cf. la Bibliographie Lasteyric et ses futures continuations. Ce dernier répertoire contient ou contiendra le relevé des publications de toutes les Sociétés.

FIIA>CE. 38r,

Distinguons d'abord ies Sociétés (|ui s'occupent de rensemblo, d'une section chronologique ou d'une branche particuHère de l'histoire générale, et les Sociétés d'histoire locale. En règle générale, les premières ont leur siège à Paris; les Sociétés d'histoire générale qui ont leur siège en province n'ont guère d'importance que comme Sociétés d'histoire locale.

Le titre de chaque Société, qui suffit d'ordinaire à indiquer son objet avec assez de précision, est suivi de la date de la fondation, qui est presque toujours celle des premières publications. — Prescpie toutes les Sociétés ont un organe })ériodique, MéntoireSy Revue, Hulleli?! ou Annuaire; quelques-unes publient, en outre, une Bibliothè(jue ou Collection de documents ou de monographies en fascicules indépendants; le nom de celles qui sont duns ce cas est précédé d'un astérisijue dans notre nomenclature. — La chronique au jour le jour des Sociétés se trouve dans leurs organes périodiques; mais il en est dont l'histoire a été l'objet de monographies; on a indiqué celles de ces monographies qui ont paru présenter un intérêt exceptionnel.

A. — Les Sociétés dont la curiosité n'est pas limitée à une section chronologique de l'histoire générale sont au nombre de^ deux : la Société (les Antiquaires de France (ancienne (( Académie celtique )), 1805), qui est une sorte d'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres au petit pied*; et la * Société des études historiques {ancien « Institut histori(jue », i8oo), qui a été pendant longtemps comme une Académie de province à Paris-.

Les Sociétés qui s'intéressent exclusivement ou surtout à riiistoire de l'Antiquité sont : la Société d'Anthropologie (I8r)9)'', la * Société asiatique (\H22)'*, * V Association pour T encouragement des études grecques (18G7), la Société des humanistes français (1899-1902).

Les Sociétés qui s'intéressent surtout à Ihistoire du moyen âge sont : la * Société de l'École des chartes {iHTA))'; la "Société de

1. liiùliogyajjhic des travail j: liislorujuc.s cl arclu'olfHjiqKc.s, 111, pj). ()"2()-89. "1. Ib., IV, pp. 108-156. La Société des éludes historiques ne public de « BibliolhcMjue » que depuis 1897.

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