L. Liard, o. c", II, p
Imé il celle œuvre, M. L. Liartl, en a raconk' en délail la préparation et les progrès. Nous n'avons ici qu'à en siiinaler les premiers résultats.
D'abord, l'École des Hautes Kludes a été maintenue, et elle a juslifié les espérances (pielle av;iit lait naître : la Section histori(jue v\ philolof^ique publie une « bibliothèque » de monofirapbies — la Bibliothè(jiie de l'École des Hautes Ëtude>i — qui compte, en 11)05, î 4o fascicules ou volumes sur des sujets qui intéressent les parties les j)lus diverses de l'histoire universelle, depuis les antiquités orientales jus(ju"à riiistoire moderne'. — Une nouvelle Section, dite des « Sciences religieuses », a été annexée à cette Ecole en 1886, lors de la suppression des Tacultés de théologie ealholifjue-; la Seclion des Sciences religieuses publie umt Bibliothè(jue (li fascicules) et des i»ap[)orts annuels.
D'autre pari, les Facultés des lettres (jui, groupées avec les
autres Facultés, font aujourd'hui partie de ce que l'on a])[)elle désormais, en France comme à l'étranger, les Universités, — les Facultés des lettres ont renoncé à se confiner dans la haute vulgarisation". Elles ont maintenant des étudiants, et elles les invitent à l'apjirentissage prati([ue des méthodes d'investigation en en faisant expressément la condition de certains grades\ De là des a Thèses », des (( Mémoires » et des « Travaux de séminaire », (jui, avec les entreprises personnelles des professeurs, sont de nature à alimenter des jtublications scientifiques. — .ladis, les professeurs de Faculté n'avaient guère d'autre débouché, pour leurs produits et ceux de leurs élèves, que les publications des Sociétés savantes établies dans
1. \. Ainiuairr de l'Ecole pratique des Uciutea l'Audes. Section des Sciences historiques \el philologiques depuis 1893, fournit chaque année la liste à jour (les publications de la Section, parues et en j)rrparation.
2. On sait (pie les Facultés de théologie calhoii(puî ii'cjiil jamais eu, eu France, la vitalité qu'elles ont ailleiu-s, parce que les étudiants en théologie catholique sont instruits, chez nous, dans les séminaires diocésains.
"). Voir le discours-manifeste de E. Lavisse, dans A projios de nos écoles Paris. IS05;, p. 120.
4. Tels que le « Diplôme d'études supt-rieures d'histoire et de géographie » et le Doctorat es lettres. Des réformes dans le même sens sont en préparation jiour les Agrégations autres que celle d'histoire où la réforme a été accomplie d'abord) et la Licence.
les centres universitaires ^ La Faculté des lettres de Bordeaux a et»' la première en France à posséder une Revue (Annalea de la Faculté (les lettres de Bordeaux, 1879). Mais la plupart des Facultés des lettres de province ont aujourd'hui leur organe à elles ou qu'elles partagent avec d'autres Facultés de leur Université. Ces organes se présentent sous deux lormes : Revue périodique, ou Bibliothèque de monographies et de documents publiée par l'ascieules indépendants. Les principales Revues sont les Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux et des Universités du Midi, publication fédérale, commune aux Facultés de Bordeaux, de Toulouse, d'Aix et de Montpellier, qui continue les Annales de la Faculté des lettres de Bordeaux^ fondées en 1879-; les Annales de l'Est, revue consacrée à l'histoire, l'archéologie et la géographie de la Lorraine et de l'Alsace (Nancy, 1887); les Annales de Bretagne, consacrùes à l'histoire et à la philologie, non seulement de la province, mais d'autres pays celtiques (Rennes, 1887); les Annales du Midi, consacrées à l'histoire, à l:! philologie et à l'archéologie de la France méridionale (Toulouse, 1889)^. Les principales Bibliothèques par fascicules sont : les Publications de l'École des lettres d\ilger (1890), qui ont remplacé le Bulletin de correspondance africaine ; les Annales de V Université de Lyon (1891), qui ont remplacé V Annuaire périodique de ladite Université; la Bibliothèque méridionale de Toulouse; la Bibliothèque bretonne-armoricaine de Rennes ; les Travaux et Mémoires de iUniversité de Lille, dont la « Nouvelle série » (1902) n'est commune qu'aux Facultés de Droit et des Lettres \ — La Faculté
1. De là la snpc'iiorilé des publications faites par les Sociétés établies dans les (( villes de Faculté ». Voir à ce sujet F. Lot, Les publications périodiques des UniversiLéa franraineu de jyroviucc, dans la lieviic iiil. de t'Emeignaneut, XXXVI (1898), p. 114.
2. Les Universités fédérées du Mi<ii publient sous ce titre commun, depuis 1899, trois Revues distinctes : une [\evue des éludes oncienucs, un Bulletin hispanique et un Bulletin italien.
3. Un type inférieur, celui des Revues qui sont communes à toutes les Facultés d'une Université et où paraissent, |iar conséquent, des travaux de toutes sortes, est représenté par les Annales de l'Université de Grenoble (1889) et la Bcime bourguignonne de i enseignement supérieiir (Dijon, 18911.
4. Bibliograpliie sommaire, jusqu'en 1898, dans l'opuscule cité de F. Lot. lue liibliograpliic détaillée est en préparation.
des lettres dcParis n'a rien publie' pendant longtemps, car la magnifique Collection de ses thèses de doctorat, qui lui fait tant d'honneur, est constilue'e par des ouvrages soumis à son approbation, dont la grande majorité ont élé conçus et exécutés en dehors d'elle. Elle alimente, depuis 1896, une Bibliothèque par lascicules, la Bibliothèque (le la Faculté des lettres de Paris (t. XVII, 1905)*. — Raj»pelons enfin, jtour mémoire, que plusieurs Universités françaises, d'origine ancienne, ont récemment fait publier leur a Cartulaire » : H. Denifle et E. Cbatelain, Charlularium Luiversitatis Parisieiisis jusqu'en 1452; (Parisiis, 1889-97, 4 vol. in-4).
En troisième lieu, les Ecoles spéciales de la période précédente. Ecole des cliartes-, École des langues orientales vivantes'' et École d'Athènes, ont continué à rendre, -mais plus abondamment, les mêmes services que par le passé ; et des Écoles nouvelles ont été fondées sur le modèle des anciennes : École du Louvre S École française de Rome (1874), Institut français d'archéologie orientale au Caire (1880), École française d'Extrême-Orient (1901).
Sous la direction d'Albert Dumont (1875-70), l'École d'Athènes, cessa d'être ce qu'elle avait été jusque-là en principe : « une école de perfectionnement ou d'application pour l'éducation intellectuelle
1. Celte Bibliothèque ne publie pas de ihèses de doctorat, pas même celles qui ont été préfiarées par les anciens élèves de la Faculté. Dans les « Bibliothèques » de l'École des Hautes Etudes, des Écoles de liome et d'Athènes et des Facultés de province, ont pris place, au contraire, quantité de livres rédigés pour l'obtention du doctorat en Sorbonnc.
La Faculté des lettres publie aussi, chaque année, depuis 1896, les Positions fies nicniuires prcscDlrs pour l'obtention du Diplôme d'études supérieures, à limitation des Positions des thèses de l'École des chartes [Revue critique, oct. 180(), p. 277). LÉcole normale supérieure a suivi, sur ce point, l'exemple de la Faculté des lettres de Paris, mais le recueil de ses « Positions » ne parait que tous Us trois ans.
2. 1/Êcolc des chartes ne public rien ; mais les élèves de chaque promotion font imprimer, en 5® année, les Positions de leurs thèses ; et la Société des anciens élèves de l'Ecole des chartes (p. 585) déploie une grande activité scientifique.
5. Voir la liste des « Publications de, l'Ecole des langues orientales vivantes », divisées en cinq séries, dans le (Catalogue de la Librairie F. Leroux, p. 8.
4. L'Ecole du Louvre a été fondée pour préparer des spécialistes compétents dans l'histoire des arts. Voir la liste de ses publications dans le Catalogue de la Librairie E. Leroux, p. 50.
:m LES ÉTIDKS IIISTORIOIIES AU Xl\ SIÈCLE.
de ses membres ». A. Dumont, stimulé par la l'ondation de rinslitiil allemand d'Athènes (1873), « pensa cjn'il fallait travailler d'abord au progrès de la scienee, le reste, c'est-à-dire la eulture des intelligences, en devant résulter par la force des choses ' » , De même, l'Ecole française de Rome, qui ne fut considérée dans les premiers temps que comme une annexe ou « section )) italienne de l'Ecole d'Athènes, eut, dès l'origine, ])our objet « la préparation technique de jeunes érudits, l'exploration de la bibliothèque et des archives du Vatican, et plus généralement de tous les documents et monuments de l'Italie relatifs à l'antiquité classi([ue et au moyen âge ». Chacune des deux Ecoles françaises d'Athènes et de Rome a son Recueil périodique : Bulletin de correspondance hellénique (1877), École française de Rome. Mélanges d\irchéolo(jie et dliistoire (1881). En outre, elles publient en commun une « Bibliothèque » de monographies tout à fait comparable à celle de l'École des Hautes Études : Bibliothèque des Ecoles françaises d'Athènes et de Rome, qjii comptait au 1*"'" janvier lOOo plus de quatre-vingts fascicules. Enfin, des Missions permanentes comme celles-là sont nalurellement désignées pour exécuter de grandes œuvres collectives. L'Ecole d'Athènes a, en effet, à son actif des explorations systématiques (Delphes, Délos, Myrina, etc.); de plus, « des négociations ont été engagées avec l'Institut russe de Constantinople et l'Académie de Saint- Pétersbourg en vue d'entreprendre à Irais communs une ex{)loration générale des couvents de l'Athos; un recueil des monuments de l'art byzantin est commencé; il en est de même du Corpus inscriptionum grœcarum christianarum^ ». Quant à l'Ecole de Rome, on lui doit les Registres de la chancellerie des papes, de Grégoire IX à Benoit XI, ])ubliés ou analysés d'après les registres du Vatican, et les Lettres des papes d'Avignon se rapportant à la France : ces deux Collections, dont la première est presque achevée, sont encours de ))ublication"; il a été question d'entreprendre ensuite l'inventdire