CHAPITRK IV BELGIQUE ET PAYS-BAS
Belgique *.
410. — Comme dans la plupart des petits pays, il n'y a guère, en fait d'études historiques, que les e'tudes d'histoire locale qui aient donné lieu en Belgique, au xix*^^ siècle, à un grand mouvement de recherches et à des œuvres de premier ordre. Mais l'histoire locale des Pays-Bas méridionaux est d'une importance exceptionnelle pour l'histoire générale et pour l'histoire nationale de la France en particulier.
D'autre part, les recherches liistoricpies n'ont été ])oursuivies avec activité dans ces régions que depuis la création du royaume de Belgique (1850). Les Pays-Bas méridionaux avaient participé ou xvii^ et au xviii^ siècles à la décadence des Empires de la Maison d'Espagne et de la Maison d'Autriche^. Après une brève renaissance qui coïncida avec le règne de Marie-Thérèse, la liévolution française eu fit un champ de bataille. Puis la lutte pour se débarrasser du joug hollandais absorba l'énergie nationale. A partir de 1850, au contraire, le désir de restituer au nouvel Etat ses « titres de noblesse » fut un vif stimulant des études historiques. Et de nos jours la Belgique, éga-
1. Voir K. Hiihcii. Die nt'uere helgi-sc/ie Gcschichlswisseiischaft, dans la Deutsche Zeilsrhrift fur Geschichhwis.se7isclia/(, IV (1890), pp. 376-89; cl H. Pirenno, De l'orgauisalioii des études dldsloire provinciale et locale en Belgique, dans la ]Vesldcut.'ir/ie Zeitschrifl fur Geschic/ife uiid Kunst, 1885, p. il7>.
2. Histoire des étndos liislori(jues aux Pay.-Has méridionaux jusqu'en 1830 dans la p.'-éface de la liiblingraphie de V histoire de la Belgique (cf. p. 142).
lemont ouverte au\ innuences rrimeaises et aux influences germaniques, exécute [iroportionnellement autant de travaux utiles que la l'rance et l'Allemagne.
411. — Le Gouvernement belge ne s'est décidé (jue tout récemment à faire entreprendre une Collection d'inventaires (très sommaires) des dépé)ts d'archives qui existent en Belgique : Inventaires des Archives de la Belgique publiés par ordre du Gouvernement , en cours de publication dej)uis 1 899 *, et un Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique {[. I. Bruxelles, 190 J, in-8j. Mais il a institué depuis longtemps des Commissions spéciales pour préparer, sous ses auspices, des Collections de textes historiques. C'est dans ces conditions qu'ont paru, par les soins de la a Commission royale pour la publication des anciennes lois et ordonnances de la Belgi(|ue » (ISili), le Becueil des anciennes ordonnances de la Belgique^ et le Recueil des anciennes coutumes de la Belgique''.
La plus considérable de ces Commissions est assurément la a Commission royale d'histoire de Belgique ». Dès 1827, le Gouvernement néerlandais avait désigné un certain nombre d'érudits pour réunir les éléments d'un Corpus rerum belgicarum. Après la Bévolution, (Ml juillet 18r)4, une « Commission royale » fut définitivement créée pour rechercher et mettre au jour les clironi(|ues belges inédites; depuis 1845, les membres de celte Compagnie sont choisis c dans le si'in » de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Belgi(jue. — La Commission publie une célèbre Collection de chroniques belges inédites (in-4), oiî, du reste, ont pris place, en même temps que des chroniques, des cartulaires (Saint-Trond, Orval, Saint-Lambert de Liège, etc.), des recueils de lettres et de papiers d'État (Correspondance de Granvelle, Belations politiques des Pays-Bas et de l'Angleterre sous le règne de Philippe II), des « Documents pour servir à l'histoire des prix de[)uis 1581 », et même une Table chronologique des chartes et diplômes imprimés concernant l'histoire de le
\. État (It'taillé de cette Collection dans la Heviic his(ori//iu'. I.XXXI (1905;. p. l.jl).
2. \l. Pireiinc. liiblioyrapliic de l'Iiisloirc de Belgique [^^ éd., Dnixelles. 1902), n" 475.