‹ Manuel de bibliographie historique (volume 2)Chapitre 140 sur 186 · Cf. .1. >'. Lanicd, o. c · texte numérisé non relu

Cf. .1. >'. Lanicd, o. c

2. Les Bibliothèques publiques des États-Unis s'occupent très activement de concentrer et de classer les matériaux historiques à l'intention des érudits; voir H. Putnam, Relation of the yational Library to historical research, dans Y Educational Hevieiv, mars 1902, p. 217.

5. Voir, sur la S. I.. qui ne s'occu|)e d'histoire qu'au point du vue anthropologiquL'. ethnologique et archéologique, G. Brown Goode, The Smithsonian Institution; the history of its first half Cenlury (Washington, 1897, gr. in-8). Cet ouvrage contient la bibliographie de toutes les publications de 11. S.

4. <' In December 1901, for the (irst time since 1S95. the American Historical Association assembled at Washington. Six years ago the meeting was not well attended and interest in the Association did not seem to be growing. Wilh intent of awakening new interest and altracting the attention of history students, it was

VAmerican Hislorical Association a publié depuis 1884 vingtcimi volumes de papers et de reports, qui contiennent surtout des essais sur la méthodologie des sciences historiques, sur la théorie de l'organisation des études historiques, sur l'histoire nationale et la manière de s'en occupera On y trouve aussi d'excellents répertoires bibliographiques, dont le principal est cette Bibliography of American historicat Societies (Washington, 1896), par A. P. C. Griffin, ([ui est pour les États-Unis et le Canada ce qu'est la Bibliographie générale des travaux histori((ues et archéologiques de M. de Lasteyrie pour la France-. Ces ouvrages, imprimés aux frais du Congrès, sont libéralement distribués aux quatre cents sociétés historico-philologiques de l'Union. C'est ainsi que l'A. H. A. joue exactement le rôle ([ue ses fondateurs avaient destiné d'abord au (( Comité des travaux historiques français ».

VAmerican Society of Chiirch History, fondée en 1888, est devenue le l'^' janvier 1897 la Church History Section of the American Historicat Association.

En 1895, VAmerican Historicat Association a mis sur pied une commission, désignée sous le nom d'(( Historicat Manuscripts Commission )) , dont les fonctions sont les mêmes que celles de son homonyme d'Angleterre (§ 457 bis). Les rapports annuels de cette

«IcLcrminod lo liold somc of the mcelings in othcr places tlian AYashington, especially Ululer llic auspices and gênerai direction of the Universities. Tlie migratory l)lan seems to hâve provcd successful. Doubtiess the new life and cncrgy Ihat are evcrywbere apparent in the work of the Association arc duc in large nicasure to ollier causes, but Ihey are aiso in part attributabhî lo the fact tliat by holdingsessions in difl'ereiil parts of the country new menibers bave been added, local intci'cst bas been awakened, a large numbcr of pcrsons bave been enablcd to attend its gatberings, and the Association bas been recognized as rcally national in ils purpose and scope. » {TIte Ainerican tiistorical review, VII (1902), )). 4'21).

1. Exemples: J. iichoulcv, H isloricol (/rouping {Papers, III, 1889, p. 48); ^V. P. Trent, Notes on tlic onllooli for historicat studies in the Soulli (IV, p. 55); ^V. II. Macc, The Organizalion of hislorical malcriai (V, p. 145) et Animal lieport for 1890, p. 103; J. F. Jameson, The Functions of State and local tiistorical Societies ivith respect to research and pubtication [Ib., 1897, p. 51): R. G. Thwaites, State supported tiistorical Societies and their functions [Ib., p. Gl); etc.

2. Voir \a Bibliography ofthe publications ofthe American Historicat Association, 1885 to 1900, dans ÏAnnuat Report pour 1899, p. 851.

ÉTATS-UNIS. r»07

Commission, qui contiennent, en appendice, des éditions et des inventaires, paraissent régulièrement de[)uis 1896 dans VAmiual Report de l'A. H. A. Le|)reniier de ces Rap})orts contient une liste des dépôts de manuscrits histori([iu's qui existent dans l'Amérique du Nord, avec des indications biblio^raphi(|ues; cf. celui de 1898, p. 575, et celui de 1900, p. 595.

Les autres entreprises ou Commissions scientifiques* de l'A. II. A. sont : « the Public Archives Commission )), instituée en 1899 pour l'exploration des archives d'État, tant fédérales qu'appartenant aux difl'érents États ^; — le a Committee on Bibliography », institué en vue de coopérer avec la puissante American JAbrary Association pour tout ce qui intéresse la bibliographie historique; — \ American Jiistorical review : cette revue dhistoire générale, qui va s'améliorant, a été créée en octobre 1895 sous les auspices de l'A. H. A.

447. — En dehors des Sociétés locales d'histoire, d'archéologie et de philologie dont quel({ues-unes sont anciennes (' Massachusetts Historical Society, 1794; New York Historicai Society, 1804; Historical Society of Pennsylvania, 18*24), mais dont le nombre a plus que doublé depuis 1875, les principales Sociétés historiques des États-Unis sont : ï American Antiqnarian Society (Worcester, 1812), \ American Academy of polit ical and social Science (Philadelphie, 1889), et le célèbre Wrchœoloyical Instilute of America (Boston, 1881), qui s'occupe surtout d'archéologie et de philologie classiques ;

LWmerican Oriental Society (1842);

hWmerican Philological Association (1869);

L' American Folklore Society (1888);

L American Nnmismatic and Arc/ueological Society (1866):

V American Catholic Historical Society (1884);

U American Jewish Historical Society (Baltimore, 1895);

1 . Nous n'avons rien à dire ici de ses entreprises pédagogiques, comme le Commiltee of Scven 1S9G « for promoting the study of history in secondary scliools ».

2. liC preiniLM- lîapport annuel de celle Commission forme le t. Il 1901) de YAnnual lieporl of the American Historical Association for the year 1900.

11 existe une American Dante Society et plusieurs Clubs ou Sociétés littéraires qui se consacrent à Tétude de Shakespeare.

Les Sociétés généalogiques, destinées à satisfaire le « pedigree spleen » de la démocratie américaine, sont extrêmement nombreuses : Maijfhwer Societij, Ilolland Society, Huguenot Societij, Colonial Wars Society, Colonial Dames Society, the Sons et tlie Daughters of the Révolution (27000 membres), the Sons et the Daughters of the American Révolution, etc.

Les publications de ces sociétés sont indiquées jus(ju'en 1895 dans le Répertoire précité d'A. P. C. Griffui'.

Il va de soi que, dans ce pays où, plus qu'en aucun autre, 1' « organisation du travail » est à l'ordre du jour, d'innombrables penseurs se plaisent à recommander l'union des Sociétés liistorico-pliilologiques en vue d'entreprises communes. Citons seulement les « plans » de Lucy M. Salmon (Vassar Collège) -et de J. Franklin Jameson^. La plupart de ces plans prévoient la coopération des Universités avec les Sociétés savantes. Mais, ici comme ailleurs, tout, jusqu'à présent, s'est passé a cet égard en conversations, à l'exception de ce qui a été réalisé par l'A. H. A.

443. — Les Universités des Etats-Unis sont presque toutes de date récente, mais magnifiquement dotées et peuplées d'hommes qui ont fréquenté les Universités de l'ancien continent, surtout celles d'Allemagne '\ 11 n'y a pas de raisons, semble-t-il, pour que l'activité scientifique n'y acquière pas peu à peu les mêmes caractères et la

1. Voir en oiilroJ.Mc. Kecn, Scient i/ir Socictics and Associations, dans les Monographs on Education in the United States (Puhl. pour l'Exposition universelle de 1000; ; très insuffisant. Cf. E. Channing et A. Bushnell llart. Guide lo the study of american histoy (Boston, 1896), p. 122, et surtout J. N. Larncd, The Literatnre of American flistory 'Boston, 1902), pp. 5, 14 et suiv.

2. A. Bushnell Hart, The historical opportunity in America, dans VAmerican historical review, 1899, p. 19.

3. Dans ÏAnnual Report de l'A. H. A. pour 1897, p. 55. Cf. le même, The history of historical wriling in America (Boston, 1891), p. 145.

4. De nombreux missionnaires ont été envoyés des Etats-Unis, depuis vingt ans, pour étudier le mécanisme des Universités européennes, surtout des Universités allemandes. Voir surtout Herbert B. Adams, Methods of historical study (Baltimore, 1884). Cf. liecent historical work in the Collèges and Universities of Europe and Aiyierica, dans VAnnual Report de l'A 11. A., IV (1890), p. 57.

même intensité qu'en Allemagne. Ce|)cndant, ceux (jui connaissent le mieux, pour les avoir personnellement compare'es, les Universités des Ktats-Unis et celles de l'Allemagne, constatent encore des différences importantes. « Le professeur allemand d'Université, dit M. M. E. Sadler, se dévoue à sa spécialité, :\ son Fach; le professeur de langue anglaise n'a le sentiment de faire son devoir que s'il se dévoue aux besoins personnels de ses élèves. Les Universités allemandes visent à l'accroissement du savoir; les Universités de langue anglaise cherchent premièrement à développer le caractère. Les Universités allemandes font leur capital de la recherche; elles négligent le coté pastoral (they fail in pastoral care). Pendant quelque temps, la plus jeune génération de professeurs américains a paru fascinée par l'idéal germanique ; mais maintenant la conviction se répand de plus en plus que les Iniversités ont mieux à faire qu'à former des spécialistes, et qu'il leur a])partient de former des hommes, des citoyens...*. » — Au fond, la vérité est qu'il existe, dans tous les pays, deux espèces d'individus : ceux qui se plaisent aux recherches scientifiques et s'y enfoncent volontiers; ceux que ces recherches rebutent lorsqu'elles ne sont pas de nature, comme c'est le cas général, à être couronnées de résultats rapides et éclatants. Ces deux types sont représentés partout : le second l'est en Allemagne et jusque dans les Universités allemandes; le premier l'est en Angleterre et en Amérique, et très notablement, et de plus en plus, quoiqu'on en dise, dans les Universités anglo-américaines. Seulement, ils ne le sont pas suivant les mêmes proportions relatives en Allemagne et ailleurs. Dans les Universités allemandes, le ton est donné par les savants, dont toute l'activité est tendue vers l'inconnu, et qui n'ont pas, en général, beaucoup d'estime pour la propagande, même pour celle des résultats de la science qu'ils professent; on leur reproche parfois de rompre, en s'isolant ainsi du monde et de la vie, « les liens spirituels qui unissaient autrefois les Universités à la nation n ; mais ils ne s'en soucient guère : ils refusent énergiquement de (juitter leurs besognes précises, leurs « séminaires » et leurs îabo-

1. M. E. Sadler, A conlrast hetween Germnn nnd American ideals in éducation, dans Spécial Reports on educational subjects, XI [I902y, p. 452. Cf. H. Mûnslerberg, American Traits (Boston, 1902), ch. m.

ratoires, pour la tâche mal définie qui consiste à « former des citoyens ». Ailleurs, où les tempéraments scientifiques sont en minorité', les hommes très cultivés — souvent éloquents, généreux, — qui [)euplent les l'nivcrsités se reconnaissent volontiers des devoirs d'un caractère |)astoral ou civiijue envers l'ensemble de la population ; ils ouvrent largement les portes au public profane, ou mondain, ou (( post-scolaire », que les savants redoutent, a priori, comme une invasion de barbares; ils vont jusqu'à distribuer au dehors, en missionnaires, sous forme de conférences, le pain de leur enseignement. Ici la science, là la vulgarisation de la science est le principal souci du personnel universitaire.

Quelques Universités des États-Unis publient déjà d'importantes (( Bibliothèques » de travaux originaux dus à leurs maîtres et à leurs étudiants. La première en date de ces Collections universitaires a été inaugurée par Herbert B. Adams en 1882 à la Johns Hopkins University de Baltimore : Johns Hopkins University Studies in historical and political Science^. Plusieurs départements de la Harvard University (Cambridge, Mass.) alimentent des publications considérables : Harvard Oriental Studies (Indo-Iranian Department), Harvard Stndies in Classical Philology (annuelle depuis 1890), Slndies and Notes in Philology and Literalure (annuelle depuis 1 892), Harvard Historical Studies (depuis 189G). Comparez les Cornell Studies in classical Philology (CorneW University, Ithaca) et les Studies in History, Economies and Public Law de l'Université Columbia (New York). Deux des meilleures revues hislorico-politiques de l'Amérique du Nord, le Political Science Quarterly (188G) et la Yale Revieiv (1892), sont respectivement éditées par l'Université Columbia et par l'Université de Yale-.

1. Voir la BUiliofjraphy of Ihe Department of History, Politics and Economies of the Johns Iloj>/iiiis Universiti/, 1876-1901, dans l'Extra INumbcr de la '20'^ série (Ballimore, avril 1902) des J. tf. University Studies in historical and political Science. — Les Beitràye zur Assyriologie und semitischen Sprachivissenschaft, qui paraissent à Leipzig depuis 1890 par les soins de Fr. Delitzscli et de P. Ilaupl, sont publiés « mit Untersliitzung der Johns Hopkins Univers tilt. »

2. L'état des études historique!? dans les établissements d'enseignement supérieur aux Élafs-Unis a été décrit par Herbert lî. Adams [the Stndy of history in American Collèges and Univcrsities. Washington, 1887). Mais les choses ont bien changé depuis quinze ans.

Au meeting annuel de l'American Ilistorical Association h Washington en décembre 1901, miss Lucy M. Salmon a traité des changements survenus, en ces derniers temps, dans les Universités américaines, et de ceux (jui restent à accomplir. Elle conclut à la nécessité de réagir contre la tendance à senlérmer dans le champ de l'histoire nationale. Mais, dès i882, une American School of classical studies a été établie à Athènes sous les ^auspices de VArcliœolo- (jical fnstitute of America ; une autre American School ofclassical stuflies est installée à l»ome, dans les luénies conditions, depuis 189o. VAn-ierican Journal of ArcluTology est l'organe de ces deux établissements.

4^9. — La Librairie américaine ne produit guère que des ouvrages (jui « paient », et, pendant longtemps, il n'y a guère eu en Amérique d'autres ouvrages historiques (pii payassent que des compilations et des exposes u littéraires ». a The gênerai pubhc, écrivait J. Franklin Jameson en 1891, bave not yet begun to care much l'or good historical work »'. Les Revues « générales » qui font une place à des articles de vulgarisation hislorique sont innombrables-, mais ce n'est (jue depuis 189^ qu'il existe une o Revue historique » à la manière européenne [TJie American historical review).

On j)eut dire que, jusqu'au commencement du xx*^ siècle, les États- Lnis ont apporté fort peu de contributions de premier ordre à l'histoire de l'antiquité classique et à celle de la chrétienté du moyen âge Le cas de M. H. C. Lea, auteur et éditeur de Xllidorij of tJte Inquisition, de VEisLorij of auricular Confession and Indulgences in tlie Latin CJiurch et de tant d'autres écrits originaux relatifs à l'iiistoire ecclésiastique du moyen âge, est tout à fait isolé. C'est aussi une exception que la Jewish Encgclopœdia (New Vork,Funk etW'agnalls, dcpui> 1901j, qui s'annonce comme un monument scientifique de première importance. La littérature historique américaine de la fin du XIX'" siècle n'est riche qu'en travaux sur l'histoire nationale, principalement traitée au point de vue religieux, économique ou

\. .1. Franklin .jamoson, The histonj of lùstoricat irriliuq in Atncrica 'Boston, ISOI;, p. 14S.

2. E. Cliaiuiing et A. Bn^hncll Hart. o. c, p. lUl List of poriodicals conlainin^^ historical matcrial .

sociologique : la Narrative and Critical History of America, publiée sous la direction de M. Justin Winsor par des spécialistes associés, en est le chef-d'œuvre et le type*. Mais tout annonce que cet état de choses aura été transitoire : comme en Europe, dès que l'érudition historique aura conquis droit de cité, elle s'étendra à tous les sujets et se créera des organes appropriés.

450. — La littérature historique des Etats-Unis est dans l'enfance; mais les progrès en ont été si rapides en ces derniers temps que le moment n'est peut-être pas éloigné où elle rivalisera avec celle des vieux pays germaniques et romans. Quoi qu'il en soit, elle a été caractérisée jusqu'ici par des traits « très américains » : « Une nation singulièrement adonnée aux affaires a transporté dans ce champ d'activité [scientifico-littéraire] les habitudes des affiùres industrielles. Nous nous appliquons à faciliter les travaux scientifiques et littéraires par d'ingénieux dispositifs pratiques : nous faisons des fiches, nous indexons. Pas de race au monde qui ait, autant que la nôtre, le goût de la bibliographie...- ». C'est-à-dire que les Américains sont passés maîtres plus tôt, comme il est naturel, dans l'art de classer et de répertorier les documents que dans celui d'en tirer parti, de même qu'ils ont fourni d'abord plus de mécaniciens que d'artistes ^.

1. V American historical review d'oct. 4902 annonce (p. 196) la publication prochaine (chez Harper and C°) d'une grande « Histoire coopérative des Etats- Unis », éditée par M. A. Bushnell llart : The American dation. A History from original material by associated scholars, en 26 vol. in-8.

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