‹ Manuel de bibliographie historique (volume 2)Chapitre 69 sur 186 · CHAPITRE PRÉLIMINAIRE. '2ùi · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRÉLIMINAIRE. '2ùi

historiques en Allemagne » avant le xix^ siècle renferme donc, nécessairement, une « Histoire des études relatives à l'histoire de l'AUenia^nie ».

320. — Le plus connu des ouvrages de ce genre est la Geschichte der (leutschen Historiographie (Miinchen, 1885, in-8), de Fr. X. von AVegelc, qui fait partie de la Collection intitulée : Geschichte der Wissenschàften in Deutschland.

On remarque d'abord que cette « Histoire des études historiques en Allemagne )) consacre près de mille pages aux temps antérieurs à la un du xviii® siècle, et cent seulement au xix*^, qui a été, sans contredit, l'âge d'or de la science historique en Allemagne. — C'est que ce livre comporte, en même temps que des considérations générales sur l'évolution des méthodes historiques, une nomenclature quasi complète des érudits et des historiens. Or, jusqu'à la fin du xv!!!*^ siècle, les écrivains qui se sont occupés, en Allemagne, de questions historiques ont été relativement peu nombreux; leur historien a pu entretenir l'espoir de les mentionner et de les caractériser tous ; mais il i'allait évidemment renoncer à traiter de même ceux du xix^ siècle : on ne serait jamais venu à bout d'une tâche si énorme. Voilà pourquoi Fr. X. v. Wegele s'est arrêté au moment où commençait la partie la plus importante de son sujet*.

En second lieu, on remarque que, quelque désir qu'il ait eu d'éviter l'extrême aridité d'un Wachler (§ 517), Fr. X. v. Wegele a été obligé de n'accorder à chacun des écrivains qu'il nomme que quelques lignes : la mention de leur nom, quelques détails biographiques, une bibliographie sommaire des écrits publiés par eux ou sur leur compte, voilà ce qu'obtiennent les plus considérables ; l'analyse et la descrijition critique des grands Recueils sont sacrifiés. — C'est que toute histoire des études historiques dans un grand pays (ou même dans un pays de second ordre), qui est conçue comme, ou qui comporte, une nomenclature complète des historiens et des érudits du pays, tend nécessairement à prendre la forme d'un Diction-

i. Pour la suite de la nomenclature pure et simple des historiens et des éru- <lits allemands, depuis 1750 jusqu'en 1882. voir les Répertoires bibliographiques d'Enslin et de Fromm, ndiqués ci-dessu.'î, § 154.

iiaire bio-bibliographique très sommaire, à la façon des anciens Gelehrten-Lexica du xvii^ et du xviii*' siècle (§ 119). Parfois la nomenclature est assez industrieusement dissimulée dans le courant d'une exposition continue (c'est le cas de la. Geschichte der deutschen Historiographie) ; mais le Prodromus einer schweizerischen Historiographie (Bern, 1874, in-8), de E.-F. von Miilinen, n'est positivement qu'un Dictionnaire alphabétique. — Voyez aussi S. de AVind, Bibliothek der nederlandsche Gesc/ii'efZsc/iriyï'ers (Middelburg, 1835, in-8); c'est une « revue » des érudits et des historiens néerlandais jusqu'en 1648, continuée par une « liste )) jusqu'à l'année 1815^ 321. — Plusieurs de ceux qui ont traité de l'histoire des études historiques dans leur pays ont rejeté de parti pris, au second plan, la nomenclature, pour marquer plus fortement l'évolution des méthodes et des modes dans la manière d'écrire l'histoire. L'esprit philosophique qui les anime donne du prix à ces travaux. Mais il va sans dire qu'ils s'intéressent davantage aux œuvres littéraires qu'aux Recueils, instruments de l'érudition. Ils ne font guère que nommer les principaux de ces instruments, sans les décrire. — Tels sont : l'excellent essai de G. Monod, Du progrès des études historiques en France depuis le xvi® siècle (dans la Revue historique, I, 1876, p. 5-58)-; celui de Caveda, Desarrollo de los estudios histôricos en Espaha desde el reinado de Felipe V hasta el de Fernando VII (cf. R. Altamira, De historia y arte, p. 15 et suiv.); les livres de J. Steenstrup, Historieskrivningen i Danmark i det i^^^ Aarhundrede, 1801-1865 (Kjôbenhavn, 1889, in-8), de J. Franklin Jameson,

i. Du même genre, mais limités dans le temps, sont le Tableau historique de l'érudition française, j)résenté à Napoléon 1" en 1808, par M. Dacier, avec des notes complémentaires jusqu'en 1862 (Paris, s. d., in-8), et le Rapport sur les études historiques en France, de MM. GefTrov, Zeller et Thiênot (Paris, 1807, m-8).

2. Cf., sur l'histoire des études historiques en France au xix* siècle, C. JuUian, Extraits des historiens français du xix* siècle (Paris, 1897. Introduction) et surtout le t. VIII (1899) de l'Histoire de la langue et de la littérature françaises, publiée sous la direction de M. Petit de JuUeville.

Tous les traités modernes sur l'histoire d'une littérature nationale (§140, p. 104) contiennent, comme l'Histoire de la langue et de la littérature françaises,^es chapitres sur « les historiens d.

Page 1