CHAPITRE II LA UENAISSANCE ET LA RÉFORME
335. — Sur le sol italien, le mouvement d'études que Pétrarque avait inauguré s'est continué en s'élargissant, mais sans changer de direction, jusqu'au déclin du xvi^ siècle. Vers la un se manifestèrent des signes d'épuisement.
Les principaux centres de l'érudition italienne ont été, depuis le milieu du xv^ siècle, Venise, Florence et Rome. — Pendant l'âge précédent, Venise, très florissante par le commerce, n'avait eu qu'une médiocre importance littéraire; c'était là qu'avaient débarqué les premiers Grecs, émigrés de Constantinople, mais ils n'avaient fait qu'y passer. Gela changea rapidement, à partir de 1450 environ. La gloire artistique et scientifique consola désormais la ville de son amoindrissement politique. L'imprimerie d'Aide Manuce fut établie près du Riallo en 1495; l'Académie aldine fut fondée en 1500 : les ateliers et la maison des Aides devinrent le rendez-vous des hommes les plus instruits, non seulement de l'Italie et de l'Orient byzantin, mais de l'Europe entière. — A Florence, le rôle prépondérant des Aide fut tenu par les Giunta. Le plus bel esprit de son temps, le Pétrarque du xV-' siècle, Angelo Ambrogini, dit, de son lieu de naissance, Poliziano (Politien, j sept. 1494), enseigna l'éloquence latine et grecque au Studio de Florence. — Enfin, aucune cour princière n'offrit autant de ressources et ne proposa de plus riches récompenses aux érudits que la cour pontificale et celles des cardinaux lettrés. Rome fut alors, comme on l'a dit, « la capitale de la philologie » .
Les Italiens de la Renaissance proprement dite ont mené de front, comme leurs prédécesseurs immédiats, la recherche et la publication des textes grecs et latins ; des essais d'interprétation de ces textes, sous forme de traductions ou de commentaires ; et l'imitation systématique des anciens. Quoique leurs éditions soient, naturellement,