C. Dejol), Marc-Antoine Muret (Paris, 1881), p
2. Cependant quelques-uns d'entre eux (Panvini, Panciroli, Pcirus Viclorius Sifionius et leurs émules, ont contribué à jeter les fondements de pres((ue tous les systèmes de connaissances qui devaient se constituer plus tard en disciplines distinctes, auxiliaires de l'Histoire ancienne : Histoire littéraire, Science des « Antiquités », Epigraphic, Numismatique, etc.
XV*' siècle, \c précurseur de ce trop Aimeux Pirro Ligorio (f 1595), liomo in pevniciem rei epigraphicœ totiusque ayitiqiiitatis natus, suivant l'expression d'Orelli, qui j)roduisit des milliers d'inscriptions fausses, reliuieusenient accueillies par les compilateurs postérieurs, justpi'à ce que les règles de l'ancienne épigraphie latine (que Ligorio ignorait, comme tous ses contemporains) eussent e'té retrouvées. Le goût des pastiches avait engendré, semble-t-il, celui des mystifications littéraires. — Bref, une certaine absence de sérieux fit avorter la Renaissance dans le pays qui en avait été le berceau.
336. — L'humanisme s'est répandu en Europe de deux manières : par des missionnaires italiens, qui portèrent à l'étranger les modes de leur patrie ; par des pèlerins étrangers, qui vinrent s'y initier en Italie.
On peut citer, comme types intéressants d'apôtres, ceux qui évangélisèrent la France : Fausto Andrelini, qui, en 1489, était a poète du roi )) et secrétaire d'Anne de Bretagne ; Paul-Emile de Vérone, assez habile rhéteur à la Tite-Live, qui fut historiogra{>he de Charles VIII et de Louis XII; et ces hordes de Grecs faméliques : Georges Uernionyme de Sparte, Janus Lascaris, etc. Ces hommes, qui trouvèrent le terrain })réparé par les amis de Pétrarque, Jean de Mon treuil et son école, ne réussirent pas cependant à entamer la tradition « scolastique » des écoles parisiennes. En 1509, Beatus Uhenanus constatait que « l'Académie de Paris » était encore plongée dans des ténèbres « plus que cimmériennes ». Alors parurent Jérôme Aleandro, ancien membre de l'Académie aldine, qui professa brillamment pendant plusieurs années sur la Montagne Sainte- Geneviève, l'hébraïsant Agostino Giustiniani, et plusieurs autres, qui contribuèrent à créer le courant d'où notre Renaissance est sortie ^ Ce que Paul-Emile et Aleandro firent en France, .^neas Silvius Piccolomini le fit avec une maîtrise supérieure en Allemagne; cet Italien, qui alliait un grand talent d'exposition à beaucoup de sens criti(jue et à une curiosité très générale, est, à juste titre, considéré 'comme le père des études historiques en Allemagne aussi bien que des éludes relatives à l'histoire germanique-. — Une inlluence
1. J. Parpiicr, Jérôme Aleandro (Paris, 1900), 1. II. cli. i. Cf. A. Viigili, dans VArcliivio storico italiano, h" série, XXXI (1005), p. 597.