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LA RENAISSANCi: KT I.A REFORME. '255
analogue fut exercée en Hongrie par Galcotlo Marzio, en Pologne p;ir Filippo Buonaccorsi, etc.
Quant aux pèlerins, ils ont été innombrables. On peut dire (]ue toute rEuro])e pensante se mit alors à l'école de l'Italie : les Allemands Peter Luder de Kislau, qui avait pris pour devise « Die Barbarei der Deutschen auszurotten », et Jobann de Dalberg, chancelier de l'Université, un des principaux fondateurs du cercle illustre d'Heidelberg ; les Anglais Thomas Linacre et John Colet; l'KspagnoI Antonio de Lebrija ; le Néerlandais Hoelef Huisman (le P»odolphe Agricola du cercle d'Heidelberg). Erasme de Piotterdam est allé aussi* en Italie*, mais déjà célèbre, et en maître plutôt qu'en disciple : <( Dignitatem et eruditionem in Italiam imporlavit, dit Beatus Bhenanus, quam ceteri inde reportare consueverunt. ))
L'humanisme, ainsi transplanté dans des régions où l'atmosphère intellectuelle et morale n'était pAs celle de son pays d'origine, dut s'y acclimater. En s'acclimatant, il se transforma. Sous des cieux plus âpres, sa sève fut plus forte. Comparez les facéties épicuriennes du Pogge, le paganisme léger de Pomponius Lœtus, la littérature majestueuse et creuse de Politien, aux polémiques étincelantes d'Érasme et aux travaux de Casaubon.
337. — Ce n'est pas calomnier les choryphées de la Pienaissance italienne de dire que, sauf exception, ils s'étaient intéressés autant ou davantage à la forme qu'au contenu de la littérature anticjue. Leur virtuosité littéraire éblouit d'abord les étrangers, dont quel- (|ues-uns s'essayèrent à l'égaler : parmi les premiers ])èlerins allemands de la Renaissance en Italie, il y en eut qui, comme Mutianus Rufus, le chanoine de Gotha, s'italianisèrent tout à fait; et, plus tard, les tours de force de l'humanisme à l'italienne n'ont jamais manqué d'admirateurs de ce côté-ci des Alpes. Scaliger lui-même ne les dédaignait pas : il a traduit en grec des œuvres de ranti(|uité romaine et les soi-disant « hymnes orphiques » en vers latins archaïques. Mais, hors d'Italie, on ne s'en tint pas longtemps au dilettantisme pur. Les germes apportés de la péninsule déterminèrent une vaste fermentation scientifique et pédagogique, religieuse et morale.