LA RENAISSANCE ET LA UEFOIOIE
travaux du même temps sur l'histoire ecclésiastique : très amples, difficiles, et volontairement sans grâces.
344. — Dans les histoires de la Philologie classique, on distingue d'ordinaire, après (( la période itahenne », une seconde période, (( franco-belge », qui correspond à peu près au xvi»^ siècle. Et l'on s'accorde à reconnaître que cette période fut la plus féconde de toutes en grandes œuvres scientifiques, le xix'' siècle excepté. On ajoute enfin que l'érudition française du xvi^' siècle fut comme une première esquisse de l'érudition allemande du xix'' : « La France a tenu le sceptre des études philologiques; et, plus qu'aucune nation avant l'Allemagne, elle en a fait une science plutôt qu'un art. EHe a senti (pi'une littérature fait partie intégrante d'une civihsation, sans laquelle elle ne peut être ni comprise ni jugée sainement, et qu'une civilisation dilïerente de la nôtre, dont les monuments sont presque tous dans un état plus ou moins fragmentaire, ne saurait être ellemême connue que grâce à des investigations patientes, conduites avec la méthode la plus sévère. *»
La France, un des principaux champs de bataille entre la Réforme et la Contre-Réforme, a produit en effet deux des trois « triumvirs » de l'érudition classique au xvi<^ siècle, J. J. Scaliger et Casaubon, Cujas (qu'il serait très légitime d'adjoindre au triumvirat), et une foule d'érudits animés du même esprit : Budé, Turnèbe, Lambin, les Estienne, les Pithou, etc. Toutefois i)lusieurs de ces hommes ont été contraints, étant protestants, de se réfugier à l'étranger lorsque le catholicisme eut pris nettement l'avantage dans leur j)ays. Le troisième « triumvir », Juste-Lipse, était des Pays-Ras espagnols. — II ne faut pas oublier, du reste, qu'un contingent très considérable fut alors fourni par l'Allemagne (Glareanus, Camerarius, etc.) et })ar l'Espagne (Pintianus, Ciacnius, Antonius Augustinus et Francisco Sanchez)-.