‹ Manuel de bibliographie historique (volume 2)Chapitre 95 sur 186 · Clù dans Dowliug'. ouvrage ci lé · texte numérisé non relu

Clù dans Dowliug'. ouvrage ci lé

2. On se sert de l'édition de 1724 (-2 vol. iii-4]. — \.'llcr (jvinianicnm de Mabillon a été joint à la 2"= éd. de ses Vrfcra Anatccla.

3. Il n'existe pas de IJihliographie spéciale des « Voyages littéraires » du wn" cl du xvni" siècle, dont quei(|nes-uns ont été publiés seulement au xix" (Dom Iluinail en Alsace, Dom Guitton en Champagne, etc.). Ce serait im instrument fort utile.

4. Voir r « Inventaire des matériaux rassemblés par les Bénédictins an xvni" siècle pour la publication d(!S Historiens des Croisades w dans les Archives de t'Orient lalln. II (ISSi), pp. 105-1Ô0.

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rien dit des (euvres tout à fait personnelles des membres de la Congre'gation)*. Mais elle sullit à rendre compte de l'exceptionnelle renommée des Bénédictins. Quoiqu'il n'y ait eu parmi eux que quel- (jues hommes extraordinairement doués au point de vue de la critique (Mabillon, Uuinart, (ioustant), le nombre, le zMe et la discipline leur ont permis d'accomplir plus de tâches méritoires qu'aucune autre Compagnie.

358. — Plusieurs Ordres monastiques ont compté, au xm!*^ et au xvni'' siècle, des érudits comparables aux meilleurs Bénédictins; mais ces érudits ont été, pour la plupart, des individualités isolées.

Nous avons déjà vu que de très savants hommes portèrent alors l'habit des Oratoriens, quoique l'Oratoire fût plutôt une Congrégation d'humanistes : les HP. Morin, Thomassin. Le Cointe (qui publia une grande histoire ecclésiastique de la France jusqu'au milieu du ix^' siècle, Annales ecclesiastiri Francorum j Paris. 16()5-i68o, 8 vol. infol.]), lUchard Simon. — Le P. Lelong, qui dota notre pays d'une grande Bibliogra})hie d'histoire nationale (§ 186) dont on lait encore usage, fut enné, non sans raison, par Saint-Maur à l'Oratoire.

Les Augustins Déchaussés de la place des Victoires s'honorèrent de posséder un très laborieux généalogiste, le P. Anselme de Sainte- Marie (I 1694). Son principal ouvrage, entrepris sur les conseils et avec l'aide de deux magistrats de la Chambre des Comptes, Vyon d'Hérouval et Du Fourny, fut une « Histoire généalogique de la Maison de France » en 2 volumes in-4, ([ui parut à Paris en 1674. Une seconde édition, fort augmentée par Du Fourny, est de i7i!2 ("2 vol. in-fol.). On se sert de la troisième, que deux confrères du P. Anselme, les PP. Ange de Sainte-Bosalie et Simplicien, se consacrèrent à préparer : Histoire généalogi(jue et clironohgique de la maison rojjale de Fiance, des pairs, des grands officiers de la Couronne et de la Maison du liog et des anciens barons du rogaunie avec les qualités, l'originCy les progrès et les armes de leurs familles

I. Dom Bétciicourt, un des (Icrnicrs iiénédictiiis. qui, comme Dom Brial, fil partie de l'Académie des Inscriptions après la Révolution, avait déjà commencé sous l'ancien rcg^ime de vastes dépouillements dans les archives de France en vue de ses .Vom.v féodaux ou noms de ceux qui ont tenu fiefs en France depuis le xn" siècle... ('2 éd., Paris, 1867, 4 vol. in-8 .

(l*aris, 1726-55, 9 vol. in-lbl.)'. Le Recueil du P. Anselme n'a pas été remplacé.

Les Dominicains ont produit plusieurs collaborateurs éminents de la Byzantine (§ 556) : le P. Combefis (y 1679), qui s'occupa très utilement des Pères grecs; le P. Michel Le Quien (-|-1755), dont ïOriena christianus (Paris, 1740, 5 vol. in-fol.) est encore, dit-on, « le meilleur guide pour l'histoire des patriarcats catholiques orientaux )). Mais la plus belle œuvre dominicaine, d'une importance capitale pour l'histoire de la httérature latine du bas moyen âge (à laquelle les écrivains de l'Ordre de Saint-Dominique ont si largement contribué), est sans doute l'Histoire littéraire de l'Ordre, entreprise par le P. Quétif (| 1698), mais réalisée surtout par le très habile P. Echard (11724) : Scriptores 0 rd luis Prœdicator uni recenùti (Paris, 1719-21 , 2 vol. in-fol.) 2.

Il n'est pas jusqu'à la Société de Port-Royal où n'ait trouvé asile un érudit de pure race bénédictine. M. Le Nain de Tillemont(j- 1698), ami d'Arnauld, mais qui ne lui ressemblait guère, aussi consciencieux pour exécuter des mosaïques de textes que dépourvu de talent littéraire, a publié trois grands ouvrages dont les qualités et les défauts rappellent tout à fait ceux des Dom Yaissete et des Doni Calmet. Gibbon a porté aux nues son « inimitable accuracy », et, de nos jours, on a médit de sa méthode, plus patiente que fine : Histoire (les Empereurs et des autres princes qui ont régné durant les six premiers siècles de V Église (Paris, 1691-1758, 6 vol. in-4); Mémoires pour servir à Hiistoire ecclésiastique des six premiers siècles (Paris, 1695-1712, 16 vol. in-4); Vie de saint Louis (éd. par J. de Gaulle. Paris, 1847-51, 6 vol. in-8). « Les Histoires de

1. Voici les principales divisions tic cet ouvrage : t. I, Rois. II à V, Pairies. VI à VII, Sénéchaux, Connétables, Chanceliers, Maréchaux, Amiraux. VIII, Ofdciers divers (civils, militaires et religieux). IX, Ordre du Saint-Esprit. — Les tables gpnérales sont insuffisantes.

Une nouvelle édition, par M. Potier de Courcy, est en cours de publication depuis 1875, chez Didot. Trois vol. parus, t. IV et IX, 1 et2; le dernier (IX, 1) est de 1890.

2. Les Scriptores Ordinis Prsedicalorum sont la plus importante et la meilleure des nombreuses Histoires littéraires d'Ordres monastiques qui furent composées à cette époque par les soins des Congrégations intéressées. Voir plus haut, p. 105.

Tillemont, a dit Renan, sont des chefs-d'œuvre de conscience; mais la conscience n'est pas la critique ).

Citons enfin, parmi les Sorbonnistes, l'helléniste Cotelier (7 1686), connu par son édition des Pères apostoliques, et Ellies du Pin (7 17 19), dont la Bibliothèque universelle de tous les auteurs ecclésiastiques, continuée par l'abbé Goujet (7 1767), suscita, en son temps, plus de controverses théologiques ((u'elle n'a rendu de services durables à l'érudition.

359. — Il y eut aussi au xvir et au xviii'^ siècles des a Bénédictins laujucs ». Ils ont été presque tous, du reste, en relations, par correspondance ou directement, avec les Mauristes de Saint-Germain. C'est ce qui a permis aux historiens modernes de la a Société de Saint-Germain-des-Prés » de faire entrer dans leur cadre, avec Mabillon, Montfaucon et leurs confrères. Du Cange, Baluze, les Valois, et bien d'autres.

Charles du Fresne, sieur du Cange, araiénois, a fait voir, mieux que personne, ce qu'un homme laborieux et robuste peut abattre de besognes d'érudition au cours d'une longue vie bien réglée (1610- SS'), malgré les soucis professionnels (il exerça longtemps les fonctions de trésorier de France à Amiens) et les obligations de famille (il avait beaucoup d'enfants, et Dom Michel Germain a dit d'eux : (( Les (ils de M. du Cange sont propres à tout ce qui n'est pas d'études »), sans aucune aide matérielle (il n'eut jamais de secrétaires; tous ses papiers sont de sa main). Calme, réservé, silencieux, modeste — viv prudentissinius, comme on *rappelait, — il eut de bonne heure la passion du (f passe-temps agréable et honnête )) qui consiste à lire, la plume à la main, des textes du moyen âge. A quarante-cinq ans, il n'avait encore rien publié, mais il avait des coflres pleins de registres dont les pages, consacrées chacune à une rubrique alphabétique, étaient couvertes d'extraits textuels ou de références sur les sujets les jdus divers. 11 s'était constitué ainsi une sorte de Dictionnaire encyclopédique du moven âge oîi des questions de tout ordre étaient traitées d'après les textes originaux ou, pour mieux dire, au moyen de la juxtaposition de ces textes : .« histoire, jurisprudence, littérature, antiquités, inscriptions, médailles, monnaies, etc. ». Il projetait de publier, à l'aide de

:m M'S ÉTUDES HISTORIQUES JUSQU'A LA FIN DU XYIIP SIÈCLE.

ces matériaux, une sorte d' « Histoire de France » en dissertations détachées : « H y aurait embrassé l'Histoire de France dans toute son étendue, ou plutôt considérée sous toutes ses faces, en s'attachanl spécialement à en éclaircir les parties obscures. » Membre de la Commission instituée par Colbert en 1670 pour élaborer le plan d'une réfection de l'œuvre interrompue par la mort de Du Chesne, il rédigi>a, dans le sens de ses idées, un projet qui fut rejeté. Il en fut très mortifié. C'est alors qu'il résolut de publier, sous sa res[)onsabilité, les matériaux qu'il avait réunis en forme de « Glossaire » : Glossnr'uim ad scriptores inediœ et infîmœ latinifatis (Paris, 1678, 5 vol. in-fol.). Cet ouvrage n'est donc pas, en dépit de son titre, un travail lexicographique sur le latin du moyen âge : au commencement du xx^ siècle, il n'existe encore aucun grand travail lexicographique de ce genre ^; c'est une Encyclopédie des choses du moyen âge, suivant l'ordre alphabétique des mots latins qui servaient à les désigner. Chaque article est un recueil de textes enchâssés, en certains cas, dans une dissertation : ainsi s'explique l'extraordinaire étendue des articles Annus et Monela, par exemple, véritables traités de Chronologie et de Numismatique, qui, dans un simple Dictionnaire du bas-latin, n'auraient même pas figuré-. — Quelle que fût la valeur de ce plan singulier, l'exécution était de nature à justifier l'admiration presque universelle"* que le « Glossaire )) inspira : non seulement l'auteur avait fait preuve d'immenses lectures, mais d'une aptitude exquise à interpréter les textes difficiles. Les Bénédictins du xviii^ siècle, qui faisaient de ce Recueil le plus grand cas, en ont donné une nouvelle édition, augmentée, de 1733 à 1736 (Paris, 6 vol. in-fol.). L'un d'eux, Dom Carpentier, y ajouta plus tard, seul, 4 volumes de Supplément (Paris, 1706). On

1. On commence seulement à préparer de nos jours les voies à un travail de ce genre en exécutant des glossaires régionaux du latin usité au moyen âge, tels que le Glossarium mediie et infimse latinilalis regni Hungariœ de A. Bartal (Leipzig, 1901, in-4).

2. Voir riiistoriquc du Glossaire de Du Gange, par H. Géraud, dans la DIblio-" thcque de L'École des chartes, I (1859-40), p. -498.

3. « Mon père, dit Gharles de Valois, à l'ouverture du livre, en examina plusieurs endroits, et y remarqua une infinité de fautes.... Le trop grand nombre des choses à corriger qui se présentaient le rebuta de poursuivre ce qu'il avait commencé et de parcourir même le reste de l'ouvrage. » [Valesiana de lG05)y

LF xvii i;r M-: xviii sipxles. ,-07

se sorl aujoiirdliui de l'édition Ileiiscliel-Didot (Paris, i8i0-r)0, 7 vol. in-i), où le Glossaire primitif, les additions des Bénédictins, le Supplément de Dom Carpentier et d'autres corrections postérieures sont Tondus en une seule série ali)hal)éti({ue'. — Mais Du Gange avait a|)[)li({ué sa méthode préférée de dé{)0uillement sous des rubricpies rangées par ordre alphabétique dans d'autres séries de registres que dans celle (ju'il publia sous le titre de Glossnrium ad scriptorea medice et infimœ latinltatis. Il dirigea lui-même l'impression d'un grand Uecueil symétrique : Glossarium mediœ et infimœ grœcilatis (Lyon, 1G88, in-fol.)-; il avait préparé un vaste recueil de Géogra- [)hie historique (« Description de la Gaule et de la France ») et un (( Nobiliaire » dont on a très bien dit qu'il était une sorte de Glossaire de la Noblesse du royaume^. Ses papiers, qui n'ont pas tous été conservés et dont ce qui reste eçt dispersé maintenant entre la Bibliothèque nationale, la Bibliothèque de l'Arsenal et la Bibliothèque municipale d'Amiens, montrent que, si générale que fût la curiosité de cet incomparable extracteur, il s'intéressait surtout à l'histoire de France, a l'histoire de l'Orient latin, à l'histoire de Byzance (dont il passe pour le « créateur »), et à l'histoire de sa province natale, la Picardie. Ses collections d'extraits lui ont ])ermis d'enrichir de dissertations excellentes ses éditions de Villehardouin et de Joinville,

1. On a pris soin de joindi'O, à chaque morceau, une indication de provenance. — L'édition Honscliel-Didot. épuisée, a été récemment réimprimée par L. Favre (Niort, 1885-87, 7 tomes en 10 vol. in4).

Le t. YII des éditions du xix« siècle contient : 1° un « Glossaire français » ; 2" la liste alphabétique des auteurs dont les ouvrages ont été dépouillés pour la fabrication du Glossaire (Nnmenclalor scriptorum], des ouvrages anonymes (registres, cartulaires, etc.), imprimés ou mnnuscrits; 5" Indices ad Glossarium, sorte d'index méthodique, où Ton a réuni sous quarante-cinq rubriques — telles que (W) ]'ena(ica, sexi qiisp ad venationem cl aucujmun spccLanl, (45) Vesles ccclcsiasticiv, laicx] res vestiaria, (45) Vocabula forensia, seu fori et jurispnidcnlix medix setalis, — les mots, dispersés dans le Glossaire à leur place alphabétique, qui ont trait au même ordre de questions; 4° Indc.v reriim qusa non sitnt ordine alphahctiro dispositse vol quas in Glossario delilescerc non autumarrf lector, par Dom Carpentier; 5" diverses Dissertations de Du Gange.

'i. Voir H. Omont, Lettres d'Anisson du Perron à Du Cange, relatives à l'ini- ]}rcssion du Glossaire grec, dans la Revue des études grecques, V (1892), p. 212.

3. On a cru devoir publier, en 1869. une partie des travaux généalogiques de Du Gange, Les Familles d'Outre-mer, dans UuG^cction de i)ocuments inédits.

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