‹ Manuel de bibliographie historique (volume 2)Chapitre 96 sur 186 · T, MICHAEL'S · texte numérisé non relu

T, MICHAEL'S

COLLEGE y^J

7)08 LES ETUDES IllSTORïQrES JUSQU'A LA FIN DU XVIIP SIÈCLE.

— de Ciiinanio, de Paul le Silentiaire, de Zonaras, etc., — et son Histoire de l'état de la ville (l'A)niens et de ses comtes, pul)liée en 1841 par la Société des Antiquaires de Picardie'.

Entre le prudentissime auteur du Glossaire et son rival de gloire, Etienne Raliize, un méridional vif et gaillard, agressif, peu bienveillant, célibataire et qui eut des aventures judiciaires, le contraste est frap})ant ; encore que, dans la Correspondance de leurs amis bénédictins, ils soient tous les deux gratifiés des mêmes épithètes bénignes : « Ce bon M. Du Cange, ce bon M. Baluze. » — Etienne Baluze, limousin, se forma à l'école du savant archevêque de Toulouse, Pierre de Marca (-[ 1662), l'auteur de V Histoire du Be'arn (réimprimée en 1894) et de \di Marca hispanica, description géographico-historique de la Catalogne, que Baluze termina. Bibliothécaire de Colbert, grand connaisseur de manuscrits, il a rendu les plus signalés services aux études historiques en enrichissant, par tous les movens, la collection de son maître, sans oublier la sienne propre ; l'une et l'autre sont aujourd'hui à la Bibliothèque nationale'. Tous les recueils de documents qu'il a publiés portent la marque d'une sagacité exceptionnelle; ce sont, avec des Miscellanea à la manière des d'Acbery, des Mabillon et des Martène^, et le recueil inachevé de Conciles dont il a été question plus haut (§ 556) : 1*^ des éditions des Pères (Lactance, saint Cy[)rien, Innocent III) ; 2*^ un essai de Collection générale des Capitulaires, Capitnlaria regum Francoruniy qui n'a plus de valeur aujourd'hui*; 5*^ des travaux d'histoire locale ou généalogique : Histoire généalogique de la

1. \'o\v L.Vcu^cvc, Etude sur ta vie et sur les ouvrages (te Du Caufje (I»aris, 1852). .

2. L. DeUislc, Le Cabinet des manuscrits de la BIbliotlièque nationale, t. \" (Baluze, Colbert).

r». Voir sur les Miscellanea de Baluze (Paris, 1078-1715, 7 vol. !ii-8), A. Frankliu, o. r-., p. Cl et suiv. La réédition de Mansi (Lucques, 17C1-64, 4 vol. in-fol.) est aug-meiitée, sinon revue ; les pièces y sont classées suivant un ordre inétliodique. Cf. Dowling, }\otitia...,\y]^. ir)8-89.

4. Capilularia regum Francorum. Additfe sunt Marculfi monae/ii et alioruni formutae veleres et noise doetissimorum virorum (Paris, 1077, 2 vol. in-fol.). C'est, comme le titre l'indi(pie, un Iiecueil de capitulaires, de formules, et des commentaires de ces textes par les anciens érudits. — Voir, sur la réédition de Pierre de Clnniac (1780), A. Franklin, o.r., p. 511.

LE XVir ET LE XVIII» SIECLES. 500

nuiisoii d'Aiircrgnc (1708, '2 vol. in-fol.); Ilisforiœ Tiitelensis lihri //r.s (1717, iii-i). Son chef-d'œuvre est peut-être TUistoire des pai)cs à rWv^non [Vitœ pa paru m Avenionenmim . Paris, iGOô, 2 vol. in- 4), trésor de textes très précieux et très bien commentés ^

Du Gange et Baluze ne sont (jue les plus éminents d'un groupe d'érudits laïques et séculiers qu'il est impossible de dénombrer ici : il s'étend depuis les Valois (Henri et Adrien), dont la réputation fut européenne-, et les continuateurs des savants jurisconsultes de l'épocpie précédente, les Brussel et les La Tliaumassière^, jusqu'à de modestes collectionneurs, comme Roger de Gaignières et Vyon d'Hérouval, qui n'ont rien ou presque rien publié, mais dont le goût pour les paperasses, l'activité et l'obligeance ont sauvé ou fait connaître aux travailleurs des masses de documents ^. Les centres de ralliement de ces érudits qui n'appartenaient à aucun Ordre n'étaient pas en France, comme ailleurs, les Universités, mais des salons qui avaient gardé la tradition des « Cabinets » des Du Puy et de Peiresc, tels que r (( Académie Lamoignon » et le cercle du président Boubier^. Mais la nécessité se fit sentir bientôt d'organisations moins précaires. Il i'allait (ju'il se créât, pour le commun des laïcs et des séculiers, des

1. Bil)liogr;i|)liit' complète tIansR. Page, Élieinte lialuzcsa rie. ses ouvrages, son e.til. sa défense Tulle, 1891)).

2. Henri de Valois, liistoriographc du roi, mort en 167G, s'est occupe surtout des anciens historiens grecs de l'Eglise. Adrien [^ 1G92) a étudié les origines de l'histoire franque ;ivec lucidité; sa yolitia Galliavum (Paris, 1676) a a fondé », dit-on, la Géographie historique.

5. Visage des fiefs de Brussel (Paris, 17'27, 1750) est au nombre des ouvrages du xvu^ siècle qui ont été le pins souvent utilisés par les médiévistes du XIX'. Les éditions publiées par La Thaumassiére ^Assises de Jérusalem, Beaumanoir, Coutumes du Berry) ne sont pas, encore aujourd'hui, à dédaigner.

4. Cil. de Grandmaison, Gaignières, ses eorrespondants... (Niort, 1892). — Vyon d'Hérouval, dont les papiers ont malheureusement disparu, a été le bienfaiteur de tous les érudits de son temps, notamment de Du Cange et de Baluze, auxquels il communiquait des extraits de documents conservés dans les archives inaccessibles de la Chambre des Comptes de Paris. — Sur les collectionneurs du xvn' et du xvin' siècles dont les papiers ont échoué au Cabinet des Manuscrits •le la Bibliothèque nationale, voir le livre précité de M. L. Delislc.

5. Voir Des Guerrois, Le président Bouhier (Paris, 1855); collections et papiers du président Bouhier à la Bibliothèque de la Faculté de Médecine dt; 3iontpellier.

310 LES ETUDES HISTORIQUES JUSQU'A LA FIN Dl XVIII- SIÈCLE.

espèces de Collèges, où, comme dans les Congrégations monastiques, les eftbrts pourraient être dirigés et coordonnés en vue de grandes œuvres collectives, d'intérêt général. A partir de la seconde moitié du \\n^ siècle, des Collèges de ce genre apparaissent en effet, sous le nom d'Académies, d'abord en province S j)uis à Paris. Au xvni'^ siècle, l'institution académicpie eut déjà, à Paris, un rôle considérable.

360. — Les plus anciennes Académies n'avaient été ((ue des réunions de beaux esprits cà l'italienne, dont le travail scientifique en commun n'était pas la destination principale \ L'Académie des Inscri})tions et Belles- Lettres elle-même est sortie d'une Commission de l'Académie française, instituée par Colbert pour rédiger des inscriptions, des devises et des légendes de médailles ; un peu pins tard, elle fut chargée de « chercher dans la Fable » des sujets appropriés « pour les dessins des tapisseries du Roi », de collaborer à la mise en scène des fêtes et des cérémonies de Versailles et d'en faire le compte rendu. Elle ne devint indéj)endante que lorsqu'un de ses membres, l'abbé Bignon, eut obtenu du roi le Règlement spécial (16 juillet 1701), qui est considéré avec raison comme la première charte de la Compagnie.

D'après le Règlement de 1701, l'Académie des Inscriptions devait se composer de quarante membres, dont dix honoraires, dix pensionnaires, dix associés et dix « élèves ». Cha([ue membre pensionnaire (ou ordinaire) avait à son service, comme collaborateur ou famuhis, un élève : « Cette manière d'entrer à l'Académie permettait aux jeunes gens de mérite de choisir l'érudition comme une carrière"' ». Il était dit que l'Académie travaillerait à l'explication des « médailles et autres raretés antiques et modernes du Cabinet de Sa Majesté » et à la description des « antiquités et monuments de la France ».

1. Fr. Douillier. L'Iiistilul cl Les Académies de province (Paris, 1870), ch. i. Cf. A. J. Uance, L Académie d'Arles au XVII" siècle (Paris, 1886-90, 5 vol. in-8).

2. Voir E. Frémy, L'Académie des derniers Valois (Paris, 1887).

5. A. Maury. L'ancienne Académie des Inscriptions et Belles-Lellres [Vdivh, 18()i), p. 20. — Les « élèves » furent supprimés dès 1716 et remplacés par aillant d'associés.

LE WII" ET LE XVIH' SIÈCLES. 311

La nouvelle vVcafleniie lanuiiit juscjiie vers 1715^ Depuis Tavèneiiienl (le Louis XV Jus({u'à la Uevolution, au conlrairc, elle rivalisa avec Saint-Germain-des-Prés et son activité fut même plus variée que celle de la Société bénédictine ; il n'est pas de domaine de l'érudition historique où quelques-uns de ses membres n'aient dirigé des investii;alions utiles.

Lors(ju'on parcourt la liste des membres de l'Académie des Inscriptions au xviii^ siècle, on constate que Li jjlupart des noms qui ne sont pas complètement oubliés aujourd'hui sont des noms d'orientalistes (cf. § Ô68) et de médiévistes. Ln des })lus éminents de ces derniers est sans contredit l'abbé Lebeuf (-j-iTôO), encore un ({ bénédictin » séculier, qui fit de très fructueuses explorations littéraires et archéologiques en Bourgogne et dans l'Ile-de-France : Mémoires concernant lliistoire ecclémintique et civile (VAuxerre (Paris, 1745, 2 vol. \n-^). Histoire de la Ville et de tout le Diocèse de l^aris (Paris, 1754-55, 15 vol. in-l^); ce dernier ouvrage a été réimprimé de nos jours-. Il faut encore citer J.-B. de Lacurne de Sainte-Palaye (y 1781), qui, ({uoique très inférieur à l'auteur des « Glossaires )^ au point de vue de la vigueur intellectuelle, n'en a pas moins été, pour ainsi dire, le Du Gange de cet ensemble d'études, presque inconnues à l'époque précédente, qui est désignée maintenant par l'expression de « philologie romane » ^ ; ses Mémoires sur r ancienne chevalerie (Paris, 1759-81, o vol. in-12) ont contribué à |)réparer obscurément la mode des choses du moyen âge qui devait être plus tard un des éléments du romantisme. Parmi les textes du moyen âge il s'attacha surtout à ceux de la littérature profane en langue d'oil et en langue d'oc, que la plupart des érudits dédaignaient encore^; et si 1' « Histoire des troubadours » qu'il avait

1. « Quand on n'avait point de médailles à coiTi))oscr, ce qui entraînait de longues discussions, on en était souvent réduit, faute d(; mémoires, à faire lire à quelque membre des passages d'auteurs anciens qu'il était prié de traduire, et ces exercices s'entremêlaient de conversations particulières, d (A. Maury, o. c, p. 55).

2. 11. Cocheris eu commença la réimpression, avec des aHditions, en 1865. A. Augier a fait paraître une nouvelle édition de YHistoirr du Diocèse de Paris 1 18S")). Cf. les Hecllfica/ions cl additions de F. Bouruon. — La réimpression inachevée de Cocheris est précédée d'une bonne hio-hihliographie de l'abbé Lebeuf.

5. G. Grober, Gmndriss der romauiaclien Philologie, 1, p. 5i et suiv,

i. J. Colomb, un des collaborateurs de VHistoiic lillcraire^ écrivait alors :

r.l2 LES ÉTUDES IIISTOUIQUES JUSQU'A LA FLN DU XVIir SIÈCLE.

composée (mais non publiée) est hors d'usage, on a cru devoir imprimer récemment le Dictionnaire histo^'ique de ïancien langage français qu'il avait laissé manuscrit*.

Les travaux personnels des membres de l'ancienne Académie des Inscriptions et Belles-Lettres se trouvent, pour la plupart, dans la Collection des Ménwire:< que cette Académie a publiés depuis 1717 -. Mais nous n'avons à considérer ici, comme nous l'avons lait plus haut pour les Bénédictins de Saint-Maur, que les entreprises collectives. Elles sont très importantes. Barthélémy avait pleinement raison lorsqu'il écrivait à Pacciaudi (qui fut ultérieurement correspondant de l'Académie), en janvier 1764 : « On dit sans cesse que notre nation ne s'occupe que d'objets frivoles et que notre littérature est aussi légère que notre caractère. Je doute cependatit que chez aucun peuple on fasse à présent d'aussi grandes entreprises (jue chez nous... Vous riez sans doute lorsque vous entendez dire que la littérature française ne produit que de petites brochures^. »

A. — Les Ordonnances. — Les jurisconsultes du xvi*^ siècle n'avaient pas manqué de penser aux services que pourrait rendre une Collection chronologique des Ordonnances des rois de France, avec tables méthodiques. Plusieurs essais de ce genre, ])ubliés par les Estienne, par Rebuflé, par Fontanon (en 1580, avec l'aide de Pierre Pithou), et par d'autres, eurent un certain succès. Le Gouvernement de Louis XIV décida, durant le cancellariat de M. de Pontchartrain, de faire refondre tous ces Recueils, comme il avait déjà décidé de faire refaire les « Historiens de la France » de Du

(( M. de Saintc-Palayc a suivi son goût, et il croit trouver [dans les auteurs en langue vulgaire] des traits intéressants; mais c'est chercher, comme je pense, des perles dans un fumier avec beaucoup de dégoût et de travail. »

1. Le Dictionnaire a été édité, par les soins de L. Favre. à >'iort, de 1877 à 1882, en 10 vol. in-4. — Celte publication est précédée d'une notice sur Lacurnc, ses ouvrages et ses papiers. Cf. Le Livre, VI (1885), pp. 115-125.

2. Presque tout ce qui a été imprimé, par exemple, des travaux de Nicolas Fréret se trouve dans les Mchnnire.s (du t. IV au t. XLVIl). — Voir l'ouvrage cité de M. A. .MaurVj dont le dépouillement de la Collection des Mémoires a fourni la substance. CI. P». de Lasteyrie, hibliographie des travaux liistoriqiies et archéolofjiques, III i'1899;, p. 256.

3. A propos de la publication, alors considérée comme prochaine, du Dictionnaire de Lacurne. Cité par S. llocheblavc. Essai sur te comte de Caytus, p. 242.

LE WII" ET LE XVIIL SIECLES. 515

Chcsne (§ 557 F). Pontchartrain chargea de ce soin trois avocats au Parlement de Paris, dont Eusèl)e de Laurière.

Eiisèbe de Laurière publia, en IT'io, le tome I'^'" (Paris, in-fol.) d'une collection des Ordonnances des rois de France de la troisième race recueillies par ordre chronologique; ce volume contient les « Ordonnances » dllugues Capet à Philippe de Valois.

C'est ta un membre de l'Académie des Inscriptions, Secousse, que l'ut confiée, i)ar le chancelier d'Aguesseau, la continuation de l'entreprise. Lors(pie Secousse mourut (1754), le t. IX (publié en 1755) était presque terminé. — Une table générale des neuf premiers volumes (depuis l'avènement d'Hugues Capet jusqu'en 1411) fut publiée en 1757 par M. de Vilevault, conseiller à la Cour des Aides.

M. de Vilevault, directeur en titre de la publication après Secousse, s'adjoignit un de ses amis, M. de Bréquigny, membre de l'Académie depuis 1759. Bréciuigny a publié les tomes X à XIV (1790) qui mènent le Uecueil jusqu'à la fin du règne de Charles VIP. On verra plus loin (J/ 580) comment les Ordonnances ont été achevées, au \i.\'" siècle, par l'Institut-.

B. — Table cJironolo(ji(/ue des diplômes. — Trois membres de l'Académie des Inscriptions, Secousse, de Foncemagne et Lacurne de Sainte-Palaye proposèrent, en 1746, de dresser une table des documents d'archives, relatifs à l'histoire de France, qui se trouvaient dispersés dans les livres publiés depuis l'invention de l'imprimerie. De même que le travail de Laurière et de Secousse pour le Recueil des Ordonnances avait été singulièrement facilité par la « Table chronologicjue des ordonnances royales de la troisième race » déjà imprimées ([ui avait été com[)ilée, dès la fin du xvn*^ siècle, par l'avocat Guillaume Blanchard, on espérait qu'une Table chronologique des diplômes, chartes, titres et actes imprimés concernant l'histoire de France faciliterait la publication ultérieure d'une Collection où ces diplômes, ces chartes, ces titres et ces actes seraient méthodiquement publiés ou republiés in extenso.

{. Les l. XI et suivants conticiuieut des Additions eonsidérablcs aux premiers volumes dt; la Collection.

1. Historique de la Collection, par A. l"rauklin, o. c , p. 52G: cf. A. Maury, o. c, p. 173.

Le plan fut agréé : il ne s'agissait de rien moins que de dépouiller (( tous les ouvrages qui pouvaient renfermer des chartes », et de rédiger pour cha(pie document une analyse détaillée (noms de personne et de lieu, dates, etc.).

Non seulement ce plan si étendu fut agréé, mais il fut tant bien que mal exécuté, sous la direction de Secousse, de Sainte-Palaye et enfin de Bréquigny, en une vingtaine d'années. La Table chvonoloçji(ji(e était achevée lors(|ue Bréquigny en })ublia le tome l*^'" (Paris, 17G9, in-fol.). Le tome III, jusqu'en 1179, parut en 1785. Puis, la Révolution arrêta l'impression. Mais le manuscrit ne fut pas perdu : la nouvelle Académie des Inscriptions et lîelles-Lettres confia, en 1856, à M. Pardessus, un de ses membres, le soin d'en faire imprimer la suite. MM. Pardessus et Laboulaye ont publié, de 1856 à 187C, les tomes IV à Vlll [jusqu'en 1514]. La fin, c'est-àdire la liste chronologique des pièces relatives à l'histoire de France jusqu'à l'année 1645, qui oflrent ce caractère commun de n'avoir pas été inédites en 1769, est conservée aujourd'hui au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale (Collection Moreau, n''^ 1105 à 1125)^ Il est plus que probable qu'elle restera toujours manuscrite, pour des raisons évidentes; mais il n'est pas inutile d'en connaître l'existence.

G. — « InMnimenta ad res gallo-franclcas speclanlia. » Le (( Rymer » français. — La Table chronologique des diplômes n'était qu'un travail préparatoire en vue d'un projet beaucoup plus vaste : la publication systématique des Documents d'archives relatifs à l'histoire de France. L'érudit anglais Rymer (cf. g 564) venait de donner le modèle d'un Recueil national de Documents d'archives (limité, à la vérité, aux documents d'ordre diplomatique), dont les savants français regrettaient de n'avoir pas le pendant.

II ne pouvait être question, pour l'Académie des Inscriptions, d'entreprendre, en son propre nom, un Recueil aussi gigantesque. Elle se contenta de fournir à une autre organisation, qui paraissait plus en mesure de réaliser l'œuvre, des collaborateurs et des chefs.

Rien n'est mieux connu aujourd'hui que l'histoire du Cabinet des

1. Le n" 1120 (le la Collection Moreau est une « Table des abréviations qui indiquent les auteurs cités dans la Table; clironologiciue des titres imi)rimés. »

LE XVl^ ET LE XVIIl'- SIÈCLES. 515

rhdi'tcfiK J.-Ci. Morcaii, avocat des finances, qui avait organisé, dès J751), une bibliothèque de documenis administratifs à l'usage du Contrôle général des finances, fit agréer quelque temps après au contrôleur Bertin la création d'un « Dépôt où seraient recueillis les titres et les documents de notre histoire ». Ce dépôt prit le nom de Cabinet des chartes. 11 fut administré par un Comité (Comité des chartes) où siégèrent, avec Moreau, les académiciens Sainte-Palaye, Foncemagne, Bréiiuigny, Laporte du Theil, et des Bénédictins (Dom Brial, Dom Grenier, etc.). — Aux termes d'une décision royale de I76'2, le Comité était chargé de rassembler au Cabinet des chartes, pour en préparer la publication, la copie de tous les documents relatifs à l'histoire de France qui, n'étant ni des chroniques ni des ordonnances, n'avaient ou n'auraient pas leur place dans les recueils commencés par Dom Bouquet et Laurière. — On commença aussitôt à dépouiller les archives, civiles et ecclésiastiques, de la France et de l'étranger, pour y copier les pièces « intéressantes )) (car il était manifestement impossible de copier tout). En France (Paris excepté), les Bénédictins et une foule d'autres collaborateurs ecclésiastiques et laïques du Cabinet des chartes transcrivirent, de 1 7^ 4 à 1789, 40 000 documents environ qui, classés par ordre chronologique, forment aujourd'hui les volumes J à 284 de la (Collection Moreau à la Bibliothèque nationale. A l'étranger, Bré(|uigny explora les archives royales de Londres^ et Laporte du Theil les archives pontificales de Rome^. — Le Cabinet des chartes, qui s'était enrichi en outre de quehjues collections de documents originaux ou de copies formées par des particuliers (Courchetet d'Esnans, La Curne de Sainte-Palaye, etc.), fut supprimé par le décret du 14 août 1790 et transféré à la Bibliotlièque du roi.

Dès J779, on avait cru que les recherches préparatoires étaient assez avancées pour que l'on pût songer à commencer une publication. 11 fut décidé, en 1782, après de longues discussions, que le futur Recueil serait divisé en deux séries chronologiques : la pre-

1. L. Dclisle, Le Cahlnel des inanuscn'fs (1868), I. I"', p. hhl. Cf. X. Clianiics, Le Comité des travaux historiques, t. I*""" (1886).

2. Sept mille pièces, qui foi'ineiit les vol. 085 à 735 de la Coll. Moreau.

5. Huil mille pièces, qui forment les vol. 1105 à 125U de la Coll. Moreau.

niière réservée aux (( Chartes et Diplômes », la seconde aux a Lettres », publiques ou privées, des souverains et d'autres personnages. La direction de la première série fut attribuée à Bréquigny; celle de la seconde à Laporte du Theil.

Le 14 août 1790, lorsque parut le décret de l'Assemblée nationale qui suspendait tous les grands ouvrages historiques en cours d'exécution sous les auspices du Gouvernement, le tome F'' des « Chartes et Diplômes », contenant les Diplômes mérovingiens de 475 à 751, était prêt (presque toute l'édition en fut accidentellement détruite) ; Laporte du Theil avait préparé deux volumes, contenant des lettres d'Innocent 111, conservées aux archives du Vatican, et que Baluze, éditeur de la Correspondance d'Innocent III, n'avait pas connues.

Ce n'est pas empiéter indûment sur le Livre suivant que d'indi(juer ici quelles ont été, au xix'- siècle, les destinées de la Collection immense et mal définie dont Bréquigny et Laporte du Tlieil n'avaient eu le temps de poser (|ue les premières assises. La nouvelle Académie des Inscriptions décida en 1852 de reprendre de fond en comble l'œuvre interrompue par la Révolution : il n'y aurait plus, désormais, qu'une seule série chronologique, où figureraient, avec les chartes et les diplômes, les lettres, et même les lois, les capitulaires, jusqu'aux canons des Conciles, depuis 417. J.-M. Pardessus a publié, en effet : Diploniata, chartœ, epistolœ, leges, (iliaque instrumenta ad res gallo-francicas spectantia, prius collecta a VV. ce (le Bre^/uigny et Laporte du Theil, nunc nova ralione ordinata, plurimumque aucta... (Paris, 1845-1849, 2 vol. in-foL). Mais après le tome II (jui va jusqu'en 751, on fut amené à s'arrêter. Le 20 avril 1847, l'Académie décida que la Collection des Diplomata, chartœ... ne serait continuée que jusqu'à la fin du règne de Louis VII (en 50 volumes environ) et que « l'impression ne commencerait pas avant l'achèvement complet du travail de recherches et de copie ». Il n'en a plus été question depuis.

D. — Notices et Extraits des manuscrits de la Bibliothèque du Roi et d'autres bibliothèques. — En janvier 1785, M. de Breteuil annonça à l'Académie que le roi avait décidé de charger huit académiciens (( de faire connaître par des notices exactes et des extraits raisonnes les manuscrits de sa bibliothèque ». Trois volumes des

LE XYIP ET LE XYIl^ SIÈCLES. 317

Notirc.-i et Ertraits, qui forment le commencement d'un très précieux recueil d'anecdota, ont été publiés de 1787 à 1790. Cf. § 580. IF, Académie des Inscriptions.

361. — II va de soi (jue bien des érudits laïques et séculiers du xvin^' siècle français n'ont pas appartenu à l'Académie des Inscriptions et que plus d'un grand recueil a été conçu et exécuté en dehors d'elle comme indépendamment de Saint-Maur '. On se demande alors comment il se fait que ce siècle ait été si souvent ({ualifié de stérile au point de vue des études historiques. C'est un lieu commun de

parler de a la légèreté de Voltaire (jui découragea les Bénédictins »

et de dire : « Le xvni° siècle a été làge des constructions a j/riori, faites sans aucun souci des précédents historiques ou plutôt dans un esprit de dénigrement du passé et d'insurrection de la raison spéculative contre toute maxime qui ne trouve pas dans la pure théorie son explication et sa justification suffisantes ». — Mais, d'abord, observons (jue Voltaire n'a pas, en fait, découragé les Bénédictins ni leurs émules. Dès le siècle })récédent, le monde des érudits, qui s'occupaient d'aménager les sources historiques, et celui des historiens, (|ui cultivaient l'histoire conçue comme un genre littéraire, étaient tout à fait distincts. Les érudits se livraient à leurs travaux techniques sans rien considérer au delà, comme si ces travaux avaient eu, en eux-mêmes, une raison d'être suffisante. De leur côté, les historiens, dont le P. Le Moyne a défini V a art » d'une manière si singulière, ne daignaient guère s'informer des résultats obtenus })ar ces manœuvres. Ce fâcheux état de choses s'est plutôt atténué qu'aggravé au xvni^ siècle; mais il a persisté assez pour que

1. Ciloiis stmlemcal McnartI, l'excellent hi^lol•iell de Niiiies, el un aulre languedocien, le marquis d'Aubais, dont le Recueil d'anecdota sert encore : Pièces faqilive< pour servir n ihisloire de France 'Paris, 1759, 5 vol. in-4). — En outic, plusieurs t.n'ands Recueils de documiMits ont été publiés au xvni* siècle moins comme des instruments de travail liisl(»ri({ue ((u'à lusaffe des praticiens. Telh; est la Collection des piorès-verbaux des assemblées générales du clergé de France depuis l'année [o^O Jicsqn'à présent, rédigés jtar ordre de matières.... (l'aris, 1707-1780, 9 vol. in-lbl.i; Xayouveaii Coulumier général du C\\.-k. Bourdot de Ricbebourg (Paris, '172i, 4 vol. in-lbl.); et même le Traité de la Police [par Delamare et Le Clerc du Ibilletj Paris. 170.')-! 758, i vol. iii-fol.;. Tous ces ouvrages sont décrits par A. Franklin, ouvrage cité.

r.lS LES ETUDES HISTORIQUES JUSQU'A LA FIN DU XVIIP SIÈCLE.

le pliilosopliisme des lettrés n"ait pas eu le moindre contre-coup sur l'activité des amateurs d'antiquités. L'affirmation courante est le résultat d'une confusion entre les progrès de l'histoire et ceux des études historiques. — Il n'est pas vrai, du reste, que l'histoire proprement dite soit toml)ée, au temps de Voltaire, en décadence. Voltaire lui-même, comme historien, soutient parfaitement la comparaison avec Bossuet, et VEssai sur les mœurs avec le Discours sur rhisfoire universelle. Les historiens-philosophes du wni*^ siècle, de Montes(piieu à Mably, qui ont essayé plus ou moins heureusement d'interpréter les faits du passé pour en tirer une théorie de la civilisation, ont posé, sinon résolu, la plupart des grandes questions qui font l'intérêt véritable de l'histoire et que les historiens-littérateurs du XVII'' avaient côtoyées sans les voir^

362. — Il est légitime de parler de l'histoire des études historiques hors de France au xvii^ et au xviii'' siècles plus brièvement que de l'histoire des études historiques en France. Car c'est la France, en vérité, qui fut alors le principal centre de ces études, et l'étranger n'a rien à comparer, en fait de grands travaux d'intérêt international, et qui aient duré, «à la Byzantine du Louvre, à l'œuvre bénédictine ni aux répertoires d'un Du Gange. Si cependant nous avons donné à l'érudition française plus que sa part, c'est qu'il n'existe point pour l'étudier de livres comparables à celui de V. Wegele sur l'érudition allemande, et que les ouvrages des anciens érudits étrangers sur l'histoire nationale et locale de leur pays n'intéressent qu'indirectement les travailleurs de chez nous.

363. — Allemagne. — La Guerre de Trente ans et les désolations qui s'ensuivirent suffisent à expliquer la stérilité relative de l'Allemagne au milieu du xvii'^ siècle. Une renaissance ne se produisit, dans ce pays, ({u'avec la génération dont Leibniz (1646-1716) est le plus illustre représentant.

Leibniz, cet homme extraordinaire, dont les historiens de la pensée et des sciences les plus diverses s'appliquent aujourd'hui à relever

1. Voira ce sujet les réflexions judicieuses de G. Moiiod dans la Revue hislorifjifc, I (187G), p. 'li-'io: cf. W. Dillliey, dans la Dculsche Hundschau, août et sept. 1901 (Siu' la conception de Tliistoire au xvni" siècle, non seulement en France, mais en Europe).

les traces dans toutes les directions', a exercé sur le mouvement des sciences liistori(|ues en Allemagne une influence qui, comme on l'a remanjué, aurait été plus grande encore si son œuvre d'érudit n'était pas restée, en partie, inconnue-. Philosojdic et écrivain, il vit clairement la nécessité de réagir contre Thistoire générale, littéraire et pseudo-})liilosoplii([ue' la nécessité de s'en tenir provisoirement aux sources, à la collection et à l'élaboration des sources. Il conçut le plan de plusieurs grands liecueils de documents disposés suivant l'ordre systémati(jue (« ut prœsens œtas thesaurum quemdam relinquat »), t't il en exécuta'de sa main (quoique, comme il l'écrivait à Basnage vn \^^^7), il n'eût jamais été « d'humeur à faire le transcripteur »). Juriste, il a publié deux Recueils célèbres (6Wej:*j?n*/.s" fye)î//?//?i(^//)j/omaticus, IGDo; Mantissa documeutoruni, 1700). Historiographe de la maison de Brunswick-Lunebourg, il consacra plusieurs années de son temps si précieux à des enquêtes dans les archives et les bibliothèques en vue de ses Scriptores rerum briinsvicensiinn (Hanovre, 1707-1711, 5 vol. in-fol.), recueil qui, vu le grand rôle des princes de la dynastie guelfe au moyen âge, offre autant d'intérêt pour l'histoire de lEmpire en général que pour l'histoire locale de la Saxe inférieure. Il fut, du reste, conduit par ses travaux sur les Welf à en entreprendre sur l'Empire. Son chef-d'œuvre historique, ce sont sans contredit ses « Annales de l'Empire d'Occident », de 768 à 1005, (|u'il laissa inédites et inachevées, que G. H. Pertz a jugé utile de publier en 184,")^, et qui sont encore (( très utiles aujourd'hui » [1895], au dire de Wattenbach'. Les Origines giielficce de ses disci^des (Eckhart, S. Fr. v. Ilahn, etc.), dont la réputation est restée considérable, sont aussi fondées en grande partie sur les recherches de Leibniz.

1. L'Associalioii inlcrnationale dos Académies, fondée en 1900 (§ 498), doit inaugurer ses travaux par une édition complète des Œuvres de Leibniz. Cf. É. Bou- Iroux, Projet d'une édition internationale des œuvres de Leibniz-^ dans le Journal des Savants, 190"). p. 175-179.

2. \V. Waltenbach, Deutsclitands Geschichtsquellen ini Mittrlalter, I, p. 13. — Sur Leibniz comme érudit, voir Fr. X. von Wegele, Gcschichte der deutschen Historiographie, p. 619 et suiv. ; cf. L. Keller, G. W. Leibniz und die deutschen Sozietâten des XV II'" Jahrhunderts (Berlin, 190.", in-8).

ô. G. IV. Leibnitii Annales iniperii Occidrntis lirunsvicenses, cd. G. H. Pertz (Hanovre, 18ivl8i6, 5 vol.). Avec une imporlaidc Introduction. 4. ^V. ^^'aUonbacll, o. r., p. 16.

La postérité de Leibniz, comme ériidit, dans les i)ays germaniques du Continent a été très nombreuse au xviii^ siècle ^ — On doit citer, parmi les Recueils de documents pour l'histoire du droit public qui dérivent, pour ainsi dire, du Codex juris gentium de 1095, le Corps universel (liploma tique du droit des gens... depuis Charlemagne jusqu'à présent de Jean Dumont (Amsterdam, 1726-1751,8 vol. in-fol.)-, et le Teutsches Reichsarchiv de J. C. Liinig (1700-1724, 24 vol. in-fol.)^. — Les Scriptores rerum brunsvicensium remirent à la mode les Recueils d' « Historiens )) régionaux et nationaux dans le genre de ceux^de Pistorius et de Freher (§ 546), que B. (]. Struve réédita en 1717 et 1726 : de là le Corpus liistoricoruni medii œvi de J. G. Eckhart (1725), les Scriptores rerum austriacarum veteres ac genuini de J. Pez (1721-1745), les Scriptores rerum germanicarum, prœcipue saxonicaruni de J. B. Mencke (1728-1850), les Scriptores rerum boicarum de A. F. von Œf'ele (1765), les Scriptores rerum danicarum medii œvi de J. Langebek (1772), etc.''\ — Enfin Leibniz, comme tous les grands investigateurs, avait publié une Collection de documents divers, qui, recueillis par lui au cours de ses fouilles, n'étaient pas de nature à figurer dans ses Recueils méthodiques : Accessiones historien (1698). On doit à l'érudition allemande du xviii^ siècle plusieurs gerbes de la même espèce qui sont encore très utiles : le Thésaurus anecdotorum novissimus, seu veteruni monumentorum, prœcipue ecclesiasticoruni, ex germanicis potissimuni hihliolliecis... collectio recentissima (Aug. Yind., 1721-1729. 7 vol. in-l'ol.) de R. Pez; les Relliquiœ manuscriptorum omnis œvi diplomatum ac monumentorum (2*^ éd.. Halle, 1755-1741, 12 vol. in-16j deJ. P. von Ludewig; les Vindemiœ litterariœ, hoc est veterum monumentorum ad Gomaniam sacram prœcipue spectantium collectio (1725-1724) de J. F.

1. Nomcnclalure, pour l'Allomaprne, dans l'ouvrage cilé de AVcg-elc (p. iOr)-974); poui- la Suisse, G. v. \Vyss, Gesr/iic/ile der Hisloriograpine in der Schivciz-, p. '252 512.

2. Continué par J. Roussel juscpi'en 17r>9 (La Haye, 1759, 5 voL in-fol.). 5. Avec ses conlinualions (We^^ele, p. 584].

4. Liste et bibliog-rapliie complètes dans l'Introduction de la BildioUieca medii xvi de Potthast. — Clé l)iblio<(rapliique desRccueils antérieurs à 1757 ar J. P. Eincke, Index in collecliones Scrijflonini lleruui Germanicarum (Leipzig-, 1757).

Schannal ; la Collectio monumentonim veterum et vecentium (i72i- 17!2()) do S. F. von Halin, etc.».

Leibniz, persuadé que les travaux d'érudition à exécuter dans les domaines de riiisloirc du Droit et de Thistoire d'Allemagne dépassaient les forces de n'importe quels individus isolés, et vivant en pays protestant où il n'y avait point de monastères*, aurait voulu que de grandes Académies fussent créées pour coordonner les efforts. Son ami J. C. von Boineburg avait jeté sur le papier dès 1070 le plan d'un Collcçjiiini univermle erud'itoruin in bttpei'io Romano qui se serait surtout occupé d'entreprises historiques. Un certain Paullini, d'Eisenach, lit distribuer en i()87 une Delineatio Collegil imperialis historici (jlorios:e et féliciter fnndandi; ce projet aboutit l'année suivante à la formation d'un « Historisches Reichskollegium », le([uel, faute d'encouragements et de fonds, ne fit rien et ne dura pas^. Mais Leibniz obtint enfin, en 1700, du roi de Prusse Frédéric I*^', l'érection à Berlin d'une « Société des Sciences », qui, réorganisée sous Frédéric II, est devenue l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Prusse (1744)'\ — L'(( Académie des Sciences » de Bavière fut

1. Wcgclc [o. c, p. 889) en émimèrc plusieurs autres, de la fin du xvin" siècle.

2. Les circonstances ne permirent pas aux Bénédictins d'AlIcmaf^iie d'égaler leurs confrères de France; il est cependant sorti des u'uvres très estimables des monastères autrichiens de Melk (où vécurent les frères Pez) et de Gottweili. Yoir Kro))f, liibiioUieca Mcllicensis [jusqu'en 1746J (Vienne, 1747, in-4), et les Scriptovcs 0. S. B. qui ab aniio 1750 ad aunum 1880 fuenint in Imperio Auslro-llungarico (Viemie, 1881). — L'introduction à Lllistoire diplomatique de

l'abbaye de Gottweih [Chronicon Gotlivirense Tomiis prodromun de codicibus

(inliquis manusciiplis, de Impp. oc Requin Gertnani:e diplomalibus, de eorumdem palatiis, vitlis et curlibus rcgiis a/que de (iermaniœ medii sévi pagis pïH'tniKilur, etc. (Tcgernsee, 1752) est célèbre dans riiistoirc des études relatives à la Diplomatique. Voir, sur cet ouvrage, P. Albert, dans le Fieiburg. diœces. Arc/iiv, XXVII (1899). — >'omenclature des travaux exécutés dans les monastères bénédictins de la Suisse, par G. v. Wyss, o. c., i)p. 204, 297. — V. aussi B. Duhr, Die deulsclien Jesuiten als Hintorikev, dans la Zeitschrifl fïir katliolischr Theotoqie, 1889, p. 57.

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