Vegele, o. c, p
4. L'Académie de Berlin fut sollicitée au xvni- siècle de s'intéresser à plusieurs grandes entreprises d'érudition, notamment par J. v. Mùller et Woltmann à une (lollection de sources de l'histoire d'Allemagne au moyen âge. Ce projet n'eut pas de suites. Voir A. Ilarnack, Geachiclile der k. preussischcn Akadcmie der Wissensc/taften zu Berlin, I, 1 Berlin, 1900).
o22 LES ÉTUDES HISTORIQUES JUSQU'A LA FIN DU XVIIP SIÈCLE.
Ibildc'o en 1751), et eommença aussitôt cette importante publication sur les sources de l'histoire du pays, les Moniimenta boicciK — L'Académie des Sciences de Goettingue lut fondée en 1752, organisée en 1770, et le très actif Gatterer, professeur à l'Université locale, songea ;i l'utiliser pour ses immenses entreprises (une « Germania sacra » , un (( Corpus )) complet des sources de l'histoire allemande au moyen âgeU (jui, du reste, sont restées en l'air. — En même temps les Universités allemandes (dont plusieurs nouvelles : Halle, 1G94; Breslau, 1702; Gœttingue, 1754; Erlangen, 1745) préludaient par des réformes intérieures a l'activité scientifique qui les a illustrées au xix*^ siècle'-.
Les travaux allemands du xvni*^ siècle sur l'histoire et la philologie nationales^ ont été, pour la plupart, annulés par ceux de l'âge suivant, si extraordinairement fécond. Il en est pourtant (|ui, vieillis, n'ont pas été remplacés, comme les « Bibliothèques » de J. A. Fabricius; et on n'a pas encore réalisé tous les projets qui hantèrent les continuateurs de Leibniz, sinon Leibniz lui-même*.
364. — Grande-Bretagne. — L'Angleterre est, avec la France, le pays où l'histoire ecclésiastique a été cultivée le plus brillamment au
1. S. L. von ^Vcs^cn^io(lor, Geschiclite der />. Akadcwie der Wisseiiscliaflen (Mdnclicn, 180i-1807); cf. le même, Belrachtiuiqoi v.her dm XVI Baiid dcr « Momunenla Boica » (Miinclicn, 1795).
2. Fr. Paulsen, Geschiclite des gclelirten Unienic/ifs auf den deutsclien Schulen iind Universitàten, I. II (1897) ; cL la Bibliographie der deutschen JJniversitalcn ... bis Ende 1899 de AV. Erman et E. Horn annoncée pour 1904. Sur l'activité de l'Université de Gœttingue au xvni" siècle dans le domaine liislorique, voir Wcgelc, o. c, p. 756 et suiv.
5. Il ne reste rien, naturellement, des essais du xv!!*" et du xviii*' siècles dans le domaine de la philologie germanirpie. Voir H. Paul, Grundriss der germanischen Philologie. 1. p. '2t)-5() (Allemagne, Pays-Bas, Pays Scandinaves).
4. Le noml)re des Collections de documents et des Regestes qui ont été annoncés et amorcés en Allemagne au xviir siècle est étonnant. Le Corpus 2^>'SP<^ipi(orum medii sévi scriploriim de J. C. Krause, qui ne s'est jamais composé que dun volume (Halle, 1797), et la « Germania sacra » avortée de Gatterer en sont des types, ^ul projet ne fut plus cher aux disciples de Leilniiz que celui d'un « Corps diplomatique de l'histoire d'Allemagne » ; voir le programme; de P. Leyser, De diplomnlico hislorix Germnnix Corpore concinnando (llelmsladt, 1727). C'est en vue d'un pareil recueil que P. Georgisch (-}- 1747) exécuta ses Begesla chrouologico-diploinalica in guibiis recenscnlur omnis gcneris monnmenla piiblica lilieris ronsignnta (Lipsiai, 1740-1744,4 vol. in-lol.), qui ont servi de modèle à la Table des Diplômes de Bréquigny (§ 560 B).
1,E Wll ET LE XVITI SIECLES. 525
xviif et au xviii*^ siècles'. Au reste, les meilleures productions dis théoloiiieus anglais ne sont pas du nirnie genre que celles de leurs rivaux français : moins de labeurs })hilologiques, })lus d'originalité et une critique plus libre. Les éditions anglaises des Pères (comme le Chrysostome de Sir H. Savile, les Dinsertationes Cyprianicœ de Dodwell) ne sont nullement comparables aux monuments patristiques de Saint-Maur. Mais William Cave, l'auteur de la Scri])ton(m ecclesiasticoruni hi.storia litteraria a C/iristo nato... (Londinii, 1088, [jusqu'au xiV^ siècle]), rééditée et continuée jus(|u'à 1517 par H. Wharton et R. Gery (Oxford, 1710-1745, 2 vol. in-fol.), vaut bien EUies du Pin: et les Origines a'ive antifjidtales ecclesiasticœ (1722; 2^ éd., Halle, 172i-1721>, 10 vol. in-4) de J. Bingham sont considérées comme l'ouvrage l'ondamentid pour Ibistoire de la Liturgie avec le De Eccleùœ r'itibm de Dom Martène.
L'abondance des documents du moven aire, relatifs à l'iiistoire nationale, dans les archives et les Collections de la Couronne et des particuliers, avait, dès lexvi« siècle, encouragé les érudits anglais à en composer des liecueils (§ 548). Le mouvement ne s'est pas ralenti pendant la période suivante. — Les travaux bibliographiques préparatoires des Leland, des liale, des Pits et des Cave sont fondus et augmentés dans la BUAiothecabritannico-hibernicadeVt^\è{\ue Thomas Tanner, publiée par Wilkins après la mort de l'auteur, en 17 i8, qui n'a pas encore été remplacée -. — On continua à publier des Collections de chroniijues (les Historiœ ancjlicanœ scriptorea decem de R. Twysden, 1652; les Renim aïKjlicarum so-iptoi-es de W. Fulman, 1()8 4; les HiHtoriœ anglicanœ scr'iptores quinque et les Historiœ britannicœ scriptores quindecim de Th. Gale; les Recueils de Hearne, de Hall et de Sparke). Du reste, toutes ces Collections sont médiocres, et c'est au xix^ siècle seulement que la plupart des « historiens », c'est-à-dire des chroni-
1. Le? Pays-Bas ont aussi produit ou accueilli à cotlo é|)oijuo quelques hommes dont les œuvres dans ce domaine ont lait date (comme Pli. van I.iinbordi : Hisloria Iiiqm'sifionis. Amsterdam, 1692 , ou n'(jnt pas encore cesse d'être boimes à consulter comme Casimir Oudin. ancien prémontré français, sous-hibliothécairr de riniversité de Leide, le savant et très îîpre auteur du Commcntarius <lc scviploribus Ecclesite antiguis. Leipzig, 17'2'2, 5 vol. in-fol.".
2. Th. Dulfus Hardy. Descriptive Catalof/ue of materials relating lo llic hislonj of Great Dritaiii and Ircl/nid. I [1862;, [». xi.ii.
7di LES ÉTUDES HISTORIQUES JUSQU'A LA FIN' DU XYIIP SIECLE.
ijueurs do rAiiglolorro au moyen âge ont L'iilin paru sous une l'orme correcte'. — Les documents de l'histoire ecclésiastique anglaise furent l'objet de recherches considérables, qui prirent corps surtout dans VAiujIia Sacra de AYharton- et dans les CoucUia Magnœ Britauuiœ et Uiherniic de Wilkins''.
Les magnifi({ues archives de la Couronne d'Angleterre, d'une importance capitale pour l'histoire nationale et européenne, n'avaient guère e'té utilisées encore lorsque William Prynne en tira les éléments de ses célèbres « Records », destinés à fournir les })reuves de la suprématie des rois d'Angleterre dans les affaires religieuses depuis les origines jusqu'à Edouard I^' inclusivement \ Mais c'est Thomas Rymer qui, le premier, en révéla la valeur aux savants du continent. — Rymer, criti(|ue dramatique et poète très médiocre, l'ut nommé historiographe royal en 1692, et officiellement chargé, l'aimée suivante, de publier « toutes les ligues, traités, alliances, capitulations, etc. » passés entre les rois d'Angleterre et les souverains étrangers. On a dit que l'idée d'un pareil recueil avait été suggérée au gouvernement de Guillaume III par l'apparition récente du Codex jurh gentium diplomaticus de Leibniz^. Quoiqu'il en soit, le tome P"" de la Collection, entièrement formée de documents dont les originaux reposaient dans les archives de la Chancellerie et de l'Echiquier, parut en 170i, sous ce titre : Fœdera, Conventiones, Litterse et cujuscumqiie generis Acta publica inter regea Angliœ et alios fjuosvis imperatores, reges, pontifices, principes, vel communitates
1. Tli. Duffus Hardy, o. c, p. xlv. Cf. une clé bililiograpliique de tous ces Recueils du xvii« et du xviir siècle, ibidem, à l'Appendice.
2. VAngfîa Sacra de Wharton n'est pas l'équivalent de notre Gallia Christiaiia. VAiiglia Sacra, sive colLeclio historiariim de archiepiscopis et episcopis Anglix ad annum 1540 (Londres, 1691, 2 vol.] est un recueil de clironiqucs; le contenu en est indi(|ué par DulFus Hardy, o. c, p. GDI et suiv.
7}. Dufîus Hardy, I, p. 754. Les Concilia de Wilkins (Londres, 1757, 4 vol.) vont de 4i6 à 1718; des origines à 870, ils ont été annulés par l'ouvrage de Haddan et Stubbs, Coancils and ecclesiastical documents relaling io Grcat Brilain and Ireland (Oxford, 1869-78).
4. Les « Records » de Prynne ont paru de 1606 à 1608. Voir les indications bibliographiques dans Cli. Gross, The soiaxes and literaturc of cnglish historij (1900), n» 620.