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caires ; d'autre part, les employés subalternes : copistes et appariteurs.
Le premier employé de la bibliothèque — appelé parfois simplement bibliothécaire, le plus souvent bibliothécaire en chef ! : en Allemagne, dans la plupart des cas directeur; en France, dans les grandes bibliothèques, conservateur, et à la Bibliothèque nationale, à Paris, administrateur général; en Italie, dans les bibliothèques nationales, préfet — occupe une situation extrèmement importante et qui offre, à trois points de vue au moins, de grandes responsabilités. Tout d'abord au point de vue de la bibliothèque elle-même; c'est lui, en effet, qui en est quelque sorte le représentant, le directeur, et c’est par conséquent sur lui que retombe la responsabilité de l'administration tout entière. 5n outre, la conservation des livres, aussi bien que celle des meubles, est confiée à sa surveillance et à ses soins. Enfin, c'est lui qui reçoit toute la correspondance, qui signe ct timbre toutes les lettres ou pièces émanant de la bibliothèque, qui s'occupe des achats, ordonnance les factures, règle les comptes, etc. Dans le cas où il vient à tomber malade ou à s'absenter, c'est à l'employé qui, hiérarchiquement, vient immédiatement après lui à le remplacer, mais dans aucun cas, il ne sera permis à ce dernier soit de s'écarter des ordres donnés par le bibliothécaire en chef, soit d'y apporter des modifications.
Le succès et la prospérité de la bibliothèque dépendent de la manière dont le bibliothécaire sait comprendre ses devoirs et les mettre en pratique : aussi est-ce à juste titre qu'on le rend res-: ponsable, lorsque l'établissement qu'il dirige ne marche pes. comme il le devrait. Lorsque le bibliothécaire, bien loin de s'intéresser à sa bibliothèque, se contente, comme cela est trop: souvent arrivé autrefois, de considérer le poste qui lui a é# confié comme une situation accessoire ou comme une sin lui offrant simplement l'occasion de donner satisfaction à ses. goûts littéraires; lorsqu'il se décharge de ses fonctions sur se subordonnés et abandonne à lui-même ce mécanisme compliqeé: qu'est une bibliothèque, sans s'en occuper personnellement «
1. RonenTsox, « Chief-Librarians », The Library, vol. IL, 1890, p. « Chicf-Librarians », ibid., vol. III. 1891, p. 34-36, 74-75, 206.
ctivement, sans songer à se lenir au courant des progrès qui accomplhissent afin de pouvoir les utiliser pour l'amélioration e l'établissement qu'il dirige, alors le mécanisme ne tarde pas à » rouiller, ïl devient impropre à tout service, et la décadence rrive. Dans beaucoup de nos grandes bibliothèques, 1l serait icile, aujourd'hui encore, de retrouver les traces malheureuseent ineffaçables de ces périodes de mauvaise administration. Tout marche d'une façon bien différente lorsque le bibliothéaire prend son métier à cœur, y consacre avec joie toute son nergie, s y dévoue en un mot tout entier. Alors, ainsi que le dit * poète allemand : « à mesure que les locaux se développent, 1 maison s'agrandit. » Les nouvelles acquisitions ne sont lus destinées uniquement à enrichir certaines parties aux épens des autres, mais toutes les collections en profitent au ème titre : on arrive peu à peu à combler les lacunes existantes, ‘avail ingrat sil en fût, et l'on veille à ce qu'il ne s'en prouise pas d'autres, les catalogues sont améliorés, leur maniement »ndu plus facile, une idée maîtresse enfin dirige l’ensemble es services et l'unique but poursuivi est de rendre la bibliohèque aussi accessible que possible au public, dans le présent, 4 de la transmettre aux générations futures aussi bien organisée 1 aussi complète que faire se peut. Il est bien certain que lorsque me bibliothèque est ainsi administrée, le directeur, s'il sait se montrer tant soit peu diplomate, pourra obtenir des pouvoirs publics des faveurs qui, dans toute autre circonstance, lui seraient œrtainement refusées. — D'autre part, l'énergie et l'ardeur que kbibliothécaire déploie dans l'exercice de ses fonctions exercent taturellement sur le personnel une grande influence. On a dit, et tvec raison, que le bibliothécaire était l'âme de la bibliothèque, cest de lui, en effet, que viennent l'impulsion et la vie. Il est hiorce « qui unit, pénètre, anime et domine lout ! :
L Wixrer Joxes, qui fait autorité en ces matières, attache une très nde importance à ce que le bibliothécaire en chef exerce sa surveillance ue dans les plus minutieux détails. Voici ce qu'il dit à ce sujet dans son urs d'ouverture du congrès des bibliothécaires à Londres : « Libransought to be good administrators. to be prepared Lo exercise a strict personal superintendence over the library stalf, and to give their ntion to details, however ordinary or minute. This attention to details ll ampls repay all librarians who exercise it. »
160 MANUEL DE BIBLIOTHÉCONONIE
Nous nous trouvons ainsi tout naturellement amenés à des relations du directeur de la bibliothèque avec les en qui sont placés sous ses ordres. C'est à lui, cela va sar que reviendra tout d'abord le soin de leur distribuer Île et 1] devra veiller à ce qu'ils v consacrent la totalité deleurs de service. Dans ses rapports avec eux il s'appliquera à s trer Juste, impartial et soucieux de leurs intérêts, c'est-à faire preuve de qualités que l'on est en droit d'exiger administrateur quel qu'il soit; 1l faudra, en outre, qu tous ses efforts pour donner à chacun la place qui lui convi telle sarte qu'aucune capacité ne soit perdue, aucune forc: lisée. [] serait à souhaiter enfin que le bibliothécaire voul prêter quelque attention aux travaux des stagiaires, dans la où ceux-ci le méritent, en cherchant à faire d'eux des en sérieux et utiles, et qu'il s'efforçät également d'inspirer à t fonctionnaires placés sous ses ordres le goût de leur prof en essayant de les intéresser à la bibliothèque. Le meilleur pour lui d'atteindre ce but sera de discuter les questions | difficiles avec ses subordonnés, et de leur fournir de |: l'occasion de faire preuve de leurs connaissances théori pratiques, lout en se réservant naturellement de statuer nier ressort. Ainsi traités, les employés seront satisfaits et de bonne volonté, et le bibliothécaire rendra à la profe: laquelle il appartient un véritable service en faisant, de l'« sement qu'il dirige, une véritable pépinière de biblioth habiles !.
En troisième lieu, ct par le fait même de la situatio: occupe, le directeur de la bibliothèque se trouve très fri ment en rapport avec le public. C'est dans ces relations : qu'il doit, tout en se montrant plein de prévenance et
1. Ce n'est pas à un semblable directeur de bibliothèque que ! s'appliquer le hideux portrait tracé par Hoffmann von FarzL&nsirr son article intitulé : « Universitäts-Bibliotheken und ïühre Verwal Serapeum, an. |. p. 3-X, pas plus que celui que nous trouvons re dans « A ibrarian by his assistant », The Library, vol. IV, 192, 247: Library Journal, vol. XIX, 1N94, p. 1N-19. — Cf. J. Cr « Duties,of a library to its staff », Library Journal, vol. XVI, 1891. 10%.
ailité, prouver que la bienveillance n'exclut pas chez lui la ‘ermeté et l'indépendance du caractère. Si d'un côté il doit être ibsolument impartial et ne pas refuser à l'un ce qu'il accorde à autre, s'il doit témoigner indistinctement à tous les mèmes égards, il doit, d'autre part, opposer une fin de non recevoir à la fois ferme et digne aux réclamations ou aux demandes mal fondées, toujours si nombreuses ‘, qui lui sont adressées, même lorsque ces réclamations ou ces demandes proviennent de personnages influents ou haut placés ?. Le bibliothécaire ne doit jamais publier, en effet, que les seules considérations dont il a às'inspirer sont celles qui ont pour but l'intérêt et la prospérité de l'établissement qu'il dirige. Lors même qu'en agissant ainsi il risquerait de s'attirer quelques haines et quelques persécutions, il en scrait amplement dédommagé par la conscience d'avoir fait son devoir.
En Allemagne, les employés supérieurs % portent, en général,
1. Dans un article « A word to, starters of libraries », Library. Journal, vol. 1, 1877, p. 1-3, Justin Wixsor, parlant de la façon dont le public importune sans aucune utilité les directeurs de bibliothèques, dit : « The lihra- “an is one of those people who find the more expected of them the more they do. »
2. Très souvent aussi le bibliothécaire se trouve, en dépit de toute sa onne volonté, impuissant à satisfaire aux demandes qui lui sont adressées, arce que les ressources dont il dispose sont insuffisantes. E. FÜnsTENANx, : Bedarf und Mittel der Bibliotheken » {Centralblatt f. B., LV, 1847, p. 93-106:. trace un tableau très juste de la situation dans laquelle se trouve lors le bibliothécaire. La disproportion qui existe entre les ressources dont À dispose ct les besoins qui existent, lui attire mille ennuis. On répand surson bompte mille amabilités dans le genre de celles-ci : « il manque d'énergie a ou d'iaitiative; il a desjidées étroites; par crainte il n'oppose aucune « résistance aux prétentions et aux injonctions gouvernementales: il favo- « rise telle ou telle science aux dépens de telle autre ; l'esprit scientifique « luifait défaut ; il a des idées arriérées ; il est affaibli par l'âge, etc., etc.», ei, lorsque le malheureux bibliothécaire est sûr que ces on-dit ne roposent Sur ricn. il ne lui reste pour s'en consoler qu'à répéter avec le proverbe Allemand : « Sollen Dich die Dohlen nicht umschrein, musst Du nicht Knopf &uf dem Kirchturm sein! ». — Cf. J. D. Muuuixs, « On some of the less Blessant duties of a librarian » (Transactions and Proceedings of the :. R@ngal meeling of the Library Association U. K. London, 1890, p. 61-65).
3. Pour la Prusse, voir deux ordonnances promulguées par le ministère de l'instruction publique et des cultes (Centralblatt f. B., XI, 189, P- 145. Pour l'Italic. cf. « Regolamento per le biblioleche », S 75-76.
CGinau»ez. — Jfanuel de Bibliothéconomie, It
162 MANUEL DE BIBLIOTIHÉCONOMIE
le titre de « Ribliothekar »; on donne aussi aux plus âgés ou aux plus habiles d'entre eux celui de « Oberbibliothekar ». Les grandes bibliothèques possèdent également des « Hülfsbibliothekare », auxquels viennent s'adjoindre, lorsque le besoin s'en fait sentir, des assistants ou aides, enfin, il y a dans presque chaque bibliothèque un certain nombre de surnuméraires, | appelés en allemand « volontaires » ; le nombre des jeunes gens qui sc destinent à la profession de bibliothécaire est en effet considérable dans ce pays.
Tous ces employés sont soumis à l'autorité immédiate du bibliothécaire en chef, ainsi que nous l'avons dit plus haut, et se partagent d'après ses indications les différents services de la bibliothèque : services des catalogues, des registres d'entrée, de la reliure, des acquisitions (si le bibliothécaire ne peut s'en occuper lui-même), de la salle de lecture, du prêt, ete., etc. On a demandé, à ce propos, et à juste titre selon nous, que le même service ne soit pas toujours et exclusivement confié au même employé. Il serait bon, en effet, d'établir entre tous les employés une sorte de roulement qui leur permit de s'exercer à tour de rôle dans chacun des services. [ls y gagneraient de n'être plus en quelque sorte cantonnés dans une partie unique, et l'on ne risquerail plus, d'autre part, de voir tout un service désorganisé parce que l'employé qui en est chargé se trouve momentanément, soit pour cause de santé, soit pour tout autre motif, dans l'impossibilité de remplir son office.
Naturellement, chaque employé est Lenu, ainsi qu'un certain nombre de règlements de bibliothèques le prescrivent {, 1, d'averti le directeur de la bibliothèque dès qu'il s'aperçoit qu'un ou a été détourné ou égaré, ou dès qu'il reconnaît que soit les cor. leclions, soit les catalogues, soit l'inventaire sont en désorde} ou détériorés. Un employé exercé peut rendre de services en signalant des défectuosités qui échapperæient à
**1, En Italie, le Regolamento per le biblioteche, $ 10, dit : « obbligo di agni impiegato di dar subito avviso al capo della bibliotece &D— qualunque sottrazione, dispersione, disordine o danno nella su | o nel materiale della biblioteca stessa, di cui abbia direttamente o rettamente notizia. » LL
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© œil que le sien, et auxquelles on peut ainsi porter remède le début. Lorsqu'un livre est égaré ou a disparu, il faut iédiatement en prévenir l'employé chargé d'inscrire sur un stre spécial les ouvrages manquants.
ous n'insisterons pas ici sur les qualités que doit avoir un employé de bibliothèque, nous ne pourrions que répéter, en +, tout ce que nous avons dit à ce sujet dans le $ Ie e chapitre, mais nous présenterons encore quelques obserons relatives aux employés subalternes.
ans certaines bibliothèques importantes, on emploie princiment pour le service du prêt, des commis aux écritures : ont les mêmes obligations à remplir que dans un bureau lconque. Quant aux garçons! c'est à eux qu'incombe Île . d'aller prendre sur les rayons pour les porter soit dans alle de lecture, soit au bureau du prêt, les livres qui leur . demandés au moyen de bulletins sur lesquels un bibliothée inscrit, pour chaque ouvrage, la cote du catalogue; ils ettent ensuite les livres à leur place lorsqu'on ne s'en sert :. C'est eux, en outre, quisontchargés d'empaqueter les volumes l'on veut expédier et de recevoir les paquets qui arrivent, ils . les courses, s'occupent du chauffage et veillent à la propreté locaux, aussi est-il bon, dans l'intérêt même du service, que d'eux au moins habite dans la bibliothèque à titre de conze. —Un bon garçon est pour une bibliothèque d'un prix inesable; non seulement, ainsi que l'a dit avec juste raison un inthécaire de grande expérience, il peut alléger considéranent! le travail des autres employés, mais encore il est à même ‘endre aux travailleurs des services infiniment plus précieux les hauts fonctionnaires de la bibliothèque, ceux-ci n'ayant lupart du temps aucune relation immédiate avec le public. e directeur de la bibliothèque doit constamment veiller à ce les garçons soient toujours polis, empressés et serviables
Sur les garçons, cf. Perzhoinr, « Aus den Erfahrungen eines 25 jähri- Bibliotheklebens » (Anszseiger, 1863, n° 356: ; Du vRwr, « Aus der iothekpraxis zur Aufwärterfrage » fibid., 1873, n° 697;; — E. Fônsrey, « Dic Bibliothcksdicner » ‘Centralhlatl f. B., II, 1886, p. 190-
envers les emplovés et le public,et cherchent à se rendre utiles de toute façon; inutile d'ajouter, par conséquent, qu'il aura à faire tout son possible pour empêcher que les défauts opposés à ces qualités ne viennent à prévaloir, au grand détriment des bibliothécaires et des travailleurs. Un chef intelligent ne négligera rien, du reste, pour entretenir parmi les garçons l'amour du travail et le désir de bien faire, et il atteindra facilement ce but en les trar- | tant avec bienveillance et justice et en s'intéressant à leur situs- . tion pécuniaire, à leur position d'autant plus modeste que, dans la plupart des cas, ils ont peu de perspective d'avancement. Quant aux autres bibliothécaires, leur devoir est de traiter les garçons, comme n'importe quel autre employé subalterne, avec amabilité, en évitant de les froisser par leur manière d'être: ainsi, en effet, que le dit très bien Fônsremanx : « nous sommes « tous venus au monde pour servir, et l'homme ne peut rien « faire de plus grand que servir. Nous tous, employés de biblio- « thèques, nous ne sommes, ne l'oublions pas, que les serviteurs « de l'État, et le titre même des plus hauts personnages « de l'État, traduit en latin, ne signifie que serviteur. Phil- « logiquement, le nom de garçon de bibliothèque n'a aucus « sens spécial, l'usage seul lui en a donné un : gardons-noss « donc de le prononcer d'un ton trop raide. Par leur position « sociale, leur instruction, la nature même de leurs travaux, les « garçons se trouvent déjà séparés des bibliothécaires d'une « façon suffisamment tranchée. »
Ce que nous venons de dire sur les attributions respectives des différentes classes du personnel peut, croyons-nous,. sufbre; quelques mots maintenant sur la durée des heures de travai d sur les appointements — questions qui ont entre elles les rapports les plus étroits. Il est difficile de fixer d'une façon précise à nombre d heures de travail que les bibliothécaires doivent consscrer à leur service, il varie naturellement suivant l'importascs mème de la bibliothèque ; dans tous les cas il devra être proporlionné à l'étendue des travaux à effectuer. Quant au choix des jours et des heures d'ouverture de l'établissement, on devra por le déterminer, s'inspirer avant tout des besoins du public lequel, en réalité, l'établissement a été créé. Nous aurons° ; de traiter cette question plus en détails dans le tre que n088
consacrerons à l'usage de la bibliothèque. Dans les bibliothèques universitaires prussiennes ainsi qu'à la Bibliothèque royale de Berlin, le nombre des heures de travail a été fixé à 34 par semaine : « Toutefois, dit l'ordonnance ministérielle allemande !, si les besoins du service l'exigent, le directeur dela bibliothèquea le droit d'augmenter la durée des heures de présence ; par contre, il pourra, pendant les vacances officielles de l'Université, l'abaisser jusqu'à 24 heures par semaine, à condition bien entendu que le service n'ait pas à en souffrir. La répartition des heures de service entre les différents jours de la semaine est laissée à l'appréciation du directeur: » Celui-ci, toutefois, n'a pas pour lui-même d'horaire fixe, mais on lui demande « de consacrer au moins autant de temps à la bibliothèque que les simples bibliothécaires. Quant aux employés subalternes ils ont 48 heures de service par semaine ». Ainsi qu onle voit, en Allemagne pendant les vacances de l’Université les bibliothèques ne sont pas fermées, on se contente de réduire les heures d'ouverture. Et, de fait, la fermeture complète, surtout quand les vacances sont de quelque durée, présenterait de graves inconvénients pour une bibliothèque publique; il ne faut pas oublier, en effet, qu'en général les hommes d'étude ne connaissent ni vacances, ni périodes d'arrêt dans leurs travaux.
Comment concilier cette nécessité avec la nécessité non moins grande d'accorder aux bibliothécaires, dont le travail monotone épuise les forces, un congé annuel leur permettant de se reposer ? Il suffit de les autoriser à prendre leurs vacances à tour de rôle en laissant à chacun d'eux la faculté de se faire remplacer pendant son absence par un de ses collègues.* La plupart des bibliothèques françaises malheureusement, et particulièrement les bibliothèques universitaires, possèdent un personnel beaucoup trop restreint pour que l'on puisse songer à organiser sérieusement le service dans ces conditions”.
1. Cette ordonnance, promulguée par le ministre de l'Instruction publique et des cultes von Gosszer, se trouve reproduite dans le Centralblall f. B., IV, 1487. p. 31-32 et 191.
166 NANUEL DE BIBLIOTHÉCONONMIE
Au sujet des appointements! des bibliothécaires, il y a bien longtemps que, à peu près partout, l'on fait entendre des plaintes. Il est juste cependant de reconnaître qu'en ces dernières années il y a eu, à ce point de vue, de grandes améliorations; néanmoins il y aurait encore bien à faire. Les pouvoirs publics devraient bien se pénétrer de cette idée que la profession de bibliothécaire
1. Pour avoir des renseignements précis à ce sujet, il faut consulter les budgets des différents États. — Cf., on outre, pour la France le Rapport adressé à M. le président de la République par M. le ministre de l'Instruction publique, relatif à la Bibliothèque Nationale, et décret y annexé: Bulletin des Bibliothèques, 1835, p. 2-8, et l’e Arrèté du 13 mai 1893 déterminant les classes ct les traitements des bibliothécaires et soûs-bibliothécaires universitaires,» ibid., 1893, p. 190-192. — La Statistique de l'enseigne ment supérieur, Paris, Imprimerie nationale, fournit d'une façon régulière des renseignements oftlicicls sur la situation des fonclionnaires des biblivthèques universitaires. Cf. aussi à ce sujet Centralblatt [. B., 1884, p. 67 72. — Pour la Prusse, cf. « Uehersicht der Leistungen des preussischen Staates für ôllentliche Bibliotheken nach dem Slaatshaushalts-Etat für d. J. 1883-84 und Mittheilungen der competenten Bebhürden », Central blatt f. B.. 1, 1884, p. 27-31;; — « Zur Besoldungsfrage der preussschen Bibliotheksbeamten » (Centralblatt, II, 1885, p. 81-86) ; — « Berichte über die, Verhandlungen im preussischen Abhgeordnetenhaus » (ibid. II, 1886, p. 240-211; VI, 1889, p. 176-179); — Notiz über den Etat der k. preussischen Unterrichtsverwaltung v. J. 1884-59 » fibid., V, 1885, p. 155-145: et v. J. 1890-91 ‘ibid., VII, 1890, p. 107}. — Pour la Bavière, consulter le Centralblatt, I, 1884, p. 278-280. — Pour l'Autriche, cd. « Eine Petition der k. k. üsterreichischen Bibliotheksbeamten (Cenatrak : blatt f. B., HI, 1886, p. 136-146: et « Staatsvoranschlag für den Aufwand des Bibliothekswesens Cisleithaniens pro 1886 » (ibid., IT, 1885, p. 512-515}, ainsi que la loi du 30 avril 1889 relative aux classes et à la situation des employés des bibliothèques universitaires ct scolaires (ibid., VI, 189, p. 315-316); enfin R. KuuxvLa, « Einige W'orte über die oesterreichisches Staatsbibliotheken » (Centralblatt [. B., X, 1893, p. 335-340). — En [lalk, un décret en date du 19 juin 1890 a fixé les traitements des fonctionnairs des bibliothèques. Cf. Bollettino delle pubblicasioni italiane, 135 dec. 188. — Quant aux appointements des bibliothécaires anglais, il suffit, pour Îss connaître, de parcourir les budgcts des bibliothèques publiques du British Muscum et de la Bibliothèque Nationale de Dublin. Cf. Centrsk: blatt f.B., 11, 1845, p. 192-195, ainsi que la note ibid., I, p. 100, et Robert Hannissox, « The salaries of librarians » (Transaclions and Proceodi of the 1. annual meeting of the Library Association U, K, Lopdos, ! p. 90-95),
‘à Late Si
exige, ainsi que nous l'avons dit plus haut, un grand esprit de sacrifice, une infatigable ardeur au travail, une complaisance toujours en éveil, et que celui qui l'exerce consciencieusement doit être payé de son dévouement. Dixrzer a eu bien raison de dire que rien n'était plus nuisible à la bonne administration d'une bibliothèque que la lassitude et le découragement qui semparent des emplovés lorsqu'ils sont mécontents de leur sort.