I. Chône pédoncule I connu aussi sous les
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noms de chêne blanc, chêne à grappes, chêne femelle, gravelin, châgne.
Feuilles à peine pétiolées, présentant deux petites oreillettes à la base, entièrement glabres, à contour sinueux, de consistance herbacée, d'un yert clair mat. Glands à maturation annuelle , au nombre de un à cinq sur un axe commun, allongé grêle, généralement pendant, placé sur les ramules feuilles de l'année. Cupule hémisphérique, à écailles planes, apprimées, triangulaires, émoussées, glabres ou très-faiblement poilues. — Arbre de très -grande taille, commun dans tout le nord. Test, l'ouest, le sud-ouest et le centre de la France.
Le chêne pédoncule ofire une variété caractérisée par ses rameaux grêles et redressés contre la tige, formant une longue cime étroite, analogue à celle du peuplier d'Italie. Elle est connue sous le nom de chêne pyramidal; très -rare à l'état spontané, elle est fréquemmei. t cultivée dans les parcs et les jardins.
Taille, port, concert. — Le chêne pédoncule atteint les dimensions les plus considérables. Sa tige, irrégulière jusque vers 40-50 ans, présente ensuite un fût droit et cylindrique pouvant atteindre, sans branches,une hauteur de 20 mètres. Cet arbre peut acquérir une élévation totale de
30 à 35 mètres, et une énorme circonférence : 8 à 9 mètres et même plus; sa longévité est considérable, elle peut s'élever à cinq et six siècles, quelquefois plus: mais il n'atteint pas des â^es Li'éle^é. »..' grand d.«M.ge ^ ». ^ù.
La ramification du chêne pédoncule est trèscaractéristique, elle est constituée par quelques grosses et longues branches principales irrégulièrement coudées et flexueuses, portant des rameaux et ramules peu allongés, sur lesquels le feuillage se trouve ramassé en touflfes serrées, entre lesquelles on aperçoit de larges et nombreuses trouées, de là résulte un couvert trèsincomplet, inférieur à celui du chêne rouvre.
Feuilles. — La feuille du chêne pédoncule est d'un vert clair, peu luisant ou tout à fait mat; elle est plus herbacée, moins lourde que celle du chêne rouvre ; elle se dessèche ordinairement à la fin de l'automne et tombe immédiatement, sauf celle des rejets et branches gourmandes qui persiste sèche jusqu'au printemps.
De ce que nous venons de dire sur les feuilles et le couvert du chêne pédoncule, il résulte qu'il est moins apte encore que le chêne rouvre à croître en massif pur, le couvert en étant plus léger, les détritus moins abondants; il en résulte aussi qu'il lui faut un sol plus riche et plus frais,
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condition offerte par ses stations natiirelles dont il importe de ne pas le sortir,
FroctificatioD , germination. — Le chêne pédoncule fructifie vers 60-100 ans; les rejets de souche peuvent donner des glands fertiles dès Tâge de 20 ans. Les glandées se répètent à des intervalles de temps très-variables, 2-10 ans, suivant le climat de la région où se trouve Tarbre; c'est dans le nord et Test de la France que cette période est la plus longue. Il est rare, d'ailleurs, qu'il y ait manque absolu de glands, comme cela a lieu pour les faînes; et dans les provinces très-tempérées de la France, il n y a jamais, à vrai dire, absence complète de glandée.
La floraison a lieu à la fin d'avril et au commencement de mai, ce qui la soumet fréquemment aux atteintes des gelées tardives. Le fruit mûrit de la fin de septembre à la mi-octobre de la même année.
Le gland ne se conserve que difficilement et pas au delà du printemps; l'hectolitre pèse en moyenne 50 kil., et en contient environ 2,200. Semé en automne, il germe à la fin de l'hiver, dès que la température est à 3 ou 4 degrés audessus de zéro; semé au printemps, il germe au bout de 4 ou 5 semaines. La radicule se dégage la première du gland, et elle a formé un long
pivot dans le sol, bien avant que la jeune tige paraisse à la surface; souvent elle sort et même est brisée en partie avant le semis du gland, ce qui est sans inconvénient, plutôt avantageux pour obtenir de bons plants. Les cotylédons restent en terre et finissent par pourrir.
Le jeune plant, à raison de la profondeur de son enracinement, qui lui permet de puiser l'eau nécessaire à son alimentation dans une portion du sol toujours humide, résiste parfaitement à l'action du soleil; mais il est sensible à l'action de la gelée, d'autant plus que sa sortie de terre est très-précoce; et dans les pépinières, surtout dans le nord et l'est de la France, il demande souvent un peu d'abri contre cet agent atmosphérique. Au bout d'un an le jeune plant a acquis un à deux décimètres de hauteur.
Enracinement. — La racine du chêne pédoncule est essentiellement pivotante dans sa jeunesse ; à un an , elle atteint souvent 30 centimètres, quelquefois plus, de longueur. Vers 6-8 ans seulement, elle produit quelques racines latérales importantes; à 60-70 ans, celles-ci prennent le dessus et, plus tard, le pivot n'est que la moindre partie de l'enracinement total qui dépasse rarement 1 mètre à 1™,50 de profondeur. Le bois de souches et de racines en
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coupant à 30 centimètres du sol, est 14-17 p. 100 du volume total.
Rejets et branches goarmandes. — Chez le chêne pédoncule un grand nombre de bourgeons ne se développent pas Tannée qui suit celle de leur formation, ils restent longtemps à Tétat dormant, susceptibles de se développer lorsque les circonstances leur deviennent favorables; de là une grande puissance de reproduction pour les souches, même à un âge avancé; de là aussi les nombreuses branches gourmandes qui garnissent le fût des réserves sur taillis, après chaque exploitation, branches si nuisibles aux arbres et qu'il importe de faire disparaître immédiatement.
Écorce. — L'écorce du chêne pédoncule est lisse et brillante, d'un gris argenté jusqu'à l'âge de 20 à 30 ans, composée des trois couches normales : liège, enveloppe herbacée et liber. Mais à 20 ou 30 ans, il se produit dans l'épaisseur du liber, des lames de liège qui font mourir et repoussent au dehors tout ce qui les recouvre. Il se forme alors à l'extérieur une portion morte, longitudinalement gerçurée, qui s'épaissit de plus en plus.
Station, sol. — Rare dans les régions acciden-
tées sèches, montagnes ou coteaux, le chêne pédoncule habite de préférence les grandes plaines, à sol profond et au moins frais; il y existe le plus souvent seul à Texclusion du chêne rouvre, il y croît parfaitement et atteint les plus belles dimensions dans les sols humides et même marécageux.
La nature minérale des terres lui est indifférente; cependant, comme il lui faut une somme d^humidité assez considérable, les sols argileux lui sont particulièrement favorables.
Bois, usages. — Le bois parfait est d'un brun fauve clair, uniforme, Taubier est blanc et nettement limité. Grâce à l'inégale répartition des éléments qui composent le bois, les couches annuelles sont bien distinctes, la portion interne de chacune d'elles est formée d'un tissu poreux et reste d'une largeur assez fixe; l'extérieure au contraire, plus solide, plus résistante, se développe d'autant plus que la croissance est plus rapide.
La pesanteur est très- variable : plus élevée pour les bois du midi que pour ceux du nord, elle s'élève pour une même région avec la largeur des accroissements. Elle a été trouvée de 0,900 (alluvion de l'Adour) et de 0,633 (environs de Strasbourg), termes à peu près extrêmes.
Le bois de chêne est le plus précieux que pro-
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duisent nos forêts, peut-être même n'y en a-t-il pas de supérieur au monde pour les grands emplois. Ce que nous allons en dire s'applique exclusivement au bois parfait; Taubier est au contraire de la plus mauvaise qualité, sans durée, à moins qu'il ne soit injecté; il doit être soigneusement rejeté pour tout emploi important et exigeant de la durée.
Le bois de chêne pédoncule partage, avec celui de chêne rouvre, les qualités qui résultent de grandes dimensions, d'une résistance énergique aux agents de destruction, enfin d'une grande élasticité. Aussi tiennent-ils le premier rang pour les grandes constructions civiles et navales, pour les pièces principales des machines, pour le charronnage, la menuiserie, l'ébénigterie , le merrain, la fabrication des échalas, des lattes. On les emploie l'un et l'autre à ces divers usages; cependant, grâce- aux conditions de végétation plus favorables dans lesquelles se trouve habituellement le chêne pédoncule, il atteint des dimensions en diamètre plus considérables que le rouvre, son bois est plus nerveux ; aussi est-il recherché de préférence pour les grandes constructions, les machines, tandis que pour la menuiserie, l'ébénisterie, on lui préfère le rouvre. Les bois si estimés dans les arsenaux maritimes sous les noms de chêne de fossé ou de Norman-
die, de Bayonne, etc., proviennent de chênes pédoncules.
Employé comme combustible, le chêne est peu recherché en général, non pas que sa puissance calorifique ne soit très- élevée, comme celle de tous les bois durs, mais il brûle mal et exige un tirage très-actif, qui le rend gênant dans les foyers domestiques. Cependant il est à cette règle d'importantes exceptions. Quant au charbon, le chêne en donne d'excellent, à peu près égal à celui du hêtre.
Tan, et usages accessoires. — Toutes les parties du chêne contiennent le principe nécessaire pour le tannage des peaux, le tannin ; mais il est surtout concentré dans Técorce, et pour celle-ci dans le liber, qui en contient de 15 à 16 p. 7oï tandis que la portion morte en renferme seulement
Il en résulte que la meilleure écorce est celle
des jeunes taillis ; elle est d'autant meilleure que la végétation est plus active, à égalité d'insolation toutefois; aussi, le chêne rouvre, qui supporte mieux les expositions chaudes, est-il généralement supérieur au chêne pédoncule pour ce produit.
A vingt ans, le volume de Técorce équivaut au 1/8 ou 1/15 de celui du bois exploité.
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Après avoir servi au tannage des peaux, récorce, sous le nom de tannée, est employée comme combustible. Les glands, lorsqu'ils se produisent en abondance surtout, sont fort recherchés pour la nourriture des porcs.
II. Chêne rouvre, connu aussi sous les noms de chêne mâle, chêne noir, durelin, rouvre.
Feuilles à pétiole égalant le 5® -8® de la longueur du limbe, très souvent dépourvues d'oreillettes à contour sinueux, fermes et presque coriaces, d'un vert foncé et luisantes en dessus, glauques et toujours plus ou moins pubescentes en dessous, au moins aux aisselles des nervures ; glands à maturation annuelle, solitaires ou agglomérés, insérés contre les rameaux ou portés sur un axe velu, dressé, très-court. Cupule hémisphérique, à écailles triangulaires allongées, obtuses, planes ou tuberculeuses à la base, apprimées, plus ou moins velues. — Arbre de taille variable, commun dans toute la France.
Le chêne rouvre, comme presque tous les végétaux à stations très-variées, présente un grand nombre de variétés caractérisées par la taille de l'arbre, la taille, la forme, le revêtement des feuil • les, la distribution des glands. Quelques-unes sont de véritables races se reproduisant avec une certaine fixité par semis ; il importe donc d'en tenir
compte dans la pratique et de choisir les glands destinés aux repeuplements artificiels, sur les arbres les plus beaux, notamment sur ceux appartenant à la variété dite à larges feuilles, caractérisée par la grande taille de Tarbre, la largeur des feuilles, le peu d'abondance du duvet sur ces organes et sur la cupule. C'est à elle que s'appliquera à peu près tout ce que nous allons dire.
Le chêne rouvre ojSfre beaucoup d'analogie avec le chêne pédoncule; il s'en distingue nettement, toutefois, par des caractères et des exigences que nous allons indiquer et dont il importe de tenir grand compte dans la pratique.
Port et eooTert La tigp du chêne rouvre est
moins sujette à se garnir de branches gourmandes que celle du pédoncule. La feuille, plus coriace, est d'un vert foncé et luisant ; elle est mieux répartie sur l'arbre que chez le pédoncule, la transition étant mieux ménagée des branches principales aux derniers ramules. Ce* caractère permet de le reconnaître facilement, même à une assez grande distance. Il en résulte aussi que le couvert est plus épais que celui du pédoncule.
StatioD, sol. — Le chêne rouvre ne réussit pas, comme le pédoncule, dans les sols très-argileux, souvent marécageux des grandes plaines ; il pré-
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fère les régions de coteaux fraîches, mais non humides, à sol médiocrement tenace ou même sablonneux ; il s'élève aussi dans les montagnes à des altitudes variables, suivant la latitude, mais sans pénétrer bien avant dans la région des sapins, où il cesse généralement de donner des produits utiles.
Bois. — Comme nous Tavons dit plus haut, le bois de cette espèce est en général moins résistant que celui de la précédente; il est généralement de la qualité dite bois gras. Comme, de plus, il est généralement de dimensions un peu moindres que celui du chêne pédoncule, on Temploie moins que lui dans les grandes constructions ; mais il fournît des merrains et des bois de menuiserie ou d'ébénisterie de premier ordre.
Cette essence, croissant dans des conditions de climat plus variées encore que celles sous lesquelles végète le chêne pédoncule, présente aussi des pesanteurs plus différentes, sans sortir beaucoup cependant des limites que nous avons indiquées pour cette dernière espèce.
III. Chêne tauzin, connu aussi sous les noms de chêne Angoumois, chêne noir, chêne brosse , chêne doux, chêne des Pyrénées.
Feuilles pétiolées, à contour sinueux, le plus
souvent dépourvues d^oreillettes, mollement et densément velues dans la jeunesse ; à Fétat adulte fermes, d'un vert sombre, légèrement velues en dessus, densément en dessous. Glands à maturation annuelle, 2-4 sur un pédoncule robuste, dressé, de un à cinq centimètres. Cupule hémisphérique enveloppant au moins la moitié du gland , à écailles allongées , apprimées, mais lâches au sommet. — Arbre peu élevé, à tige revêtue d'une écorce épaisse, noire, profondément et largement crevassée, à longues racines traçantes abondamment drageonnantes. Commun dans les sols sablonneux de Fouest, depuis Le Mans et Angers jusqu'aux Pyrénées.
Taille et port. — La tige du chêne tauzin est rarement droite ; elle se ramifie peu au-dessus du sol ; son port est irrégulier ; il atteint au plus 20 mètres de hauteur. Son caractère le plus important, tant au point de vue de la distinction de Tessence que de sa culture, est la faculté qu'il a de drageonner abondamment dès sa jeunesse et avant toute exploitation.
Cette disposition, jointe à la facilité avec laquelle il croît dans les sols sablonneux, le rend précieux pour le boisement des landes et des dunes.
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Bois et écorce. — Le bois, fort analogue à celui du chêne rouvre lorsqu'il croît lentement aux expositions chaudes, est dense, très-raide, trèssujet à se gercer. Ces qualités et ces défauts, joints aux faibles dimensions qu'il possède en général, font qu'il est peu employé dans les constructions 5 mais il est recherché pour certains usages spéciaux, le charronnage par exemple, et c'est un bon combustible, fournissant un excellent charbon. Son écorce est de première qualité pour le tannage.
Section n. — Chênes à/euille» peraistanUs.