VI. Chêne occidental, connu sous le nom de corsier
Feuilles persistantes jusqu'à Tentier développement de celles de Tannée suivante, elliptiques, ovales, dentées ou un peu épineuses, coriaces, luisantes en dessus, grisâtres, densément velues en dessous. Glands à maturation bisannuelle, de taille et de forme variables, portés par des pédoncules courts sur les rameaux défeuillés de Tannée précédente. Cupule hémisphérique, à écailles petites, apprimées. — Arbre de taille médiocre, à écorce produisant du liège; abondant dans le sud-ouest de la France.
Floraison et fmctlficatioii. — Il fleurit en juin; ses glands sont mûrs au milieu de septembre de Tannée suivante.
Station, sol. — Le chêne occidental, confondu longtemps avec le liège, à raison des produits identiques qu'il fournit, le remplace dans le sudouest, où il se plaît dans les sables qui avoisinent le littoral de TOcéan, mais il a le tempérament beaucoup moins méridional, on a pu le propager avec succès jusqu'au sud de la Bretagne.
Bois et écorce. — Le chêne occidental fournit du liège complètement semblable à celui du chêne
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liège. Son bois ressemble aussi beaucoup à celui de cette essence. Cependant il est en général un peu moins lourd.
GENRE II. — Hêtre.
Fleurs mâles en chatons globuleux, pendant à l'extrémité de longs pédoncules grêles, naissant à Faisselle des écailles ou des feuilles de la base des pousses de Tannée; chacune d'elles est composée d'une enveloppe Aprale à cinq divisions, et de 10 à 20 étamines. Les fleurs femelles sont contenues, au nombre de deux, dans une enveloppe divisée en quatre parties hérissées de pointes molles, portée sur un pédoncule dressé, court, solitaire, à l'aisselle de feuilles situées sur la pousse au-dessus des fleurs mâles. Chaque fleur femelle est composée d'un pistil et d'une enveloppe florale adhérente. L'ovaire est à trois loges, surmonté de trois stigmates. Les glands, trigones, sont enveloppés complètement, au nombre de deux, dans une cupule épineuse s'ouvrant en quatre parties. Chacun d'eux renferme une seule graine à cotylédons féculents, huileux, donnant, après la germination, deux expansions vertes assez élevées au-dessus du sol.
Le bois des hêtres est lourd, dur, d'une grande
que tous les 5 à 6 ans; sous des circonstances défavorables, cette période peut s'élever à 10 ans , quelquefois, dans les régions montagneuses, à 15 et 20 ans. Entre ces faînées complètes peuvent s'en produire de partielles, cependant cette essence oflfre cette particularité remarquable que certaines années sont marquées par une disette absolue de fruits par suite d'une absence de floraison.
Les bourgeons floraux se forment dès le mois d'août ; l'obtention d'une faînée résulte donc des conditions climatériques de deux années; ces bourgeons sont faciles à reconnaître : ils sont plus gros et plus courts que ceux qui sont simplement à feuilles. Les fleurs s'épanouissent à la fin d'avril ou au mois de mai; la maturité a lieu à la fin de septembre. La faîne est d'une conservation trèsdifficile, il vaut mieux, en général, la semer à l'automne. Le kilogramme en contient environ 3,500.
Germination et croissance. — Semée à l'automne^ elle germe vers la fin d'avril; l'allongement de la tigelle porte rapidement, à un décimètre de terre environ, les deux cotylédons qui se dévelop pent en deux larges feuilles charnues, vertes en dessus, blanches, soyeuses en dessous.
Ce grand développement de la tigelle et des
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Écorce. — L'écorce du hêtre reste constituée pendant toute la vie de Farbre par les trois couches normales qui persistent après la chute de Fépiderme ; elles se développent très-peu. Il en résulte que cette essence conserve une écorce très-mince, lisse, caractérisée par une couleur grise qui , du reste , ne lui est point propre, mais provient des nombreuses végétations inférieures qui se développent à sa surface.
Bourgeons, rejets, couTert. — Les bourgeons du hêtre sont très-caractéristiques : ils sont dépourvus de poils, luisants, remarquablement longs et effilés. Ils se développent presque tous immédiatement et les rameaux qui en résultent persistent assez longtemps sous le couvert de ceux qui leur sont supérieurs. Quant à ceux qui ne se développent pas immédiatement, ils conservent leur vitalité peu de temps, 20 ans au plus. La conséquence de ces deux faits est pour Fessence, d'une part un couvert épais, d'autre part une très-faible aptitude à rejeter de souche, et à donner des branches gourmandes pour les arbres réservés sur taillis.
Floraison et fructification. — Le hêtre ne fructifie pas avant 60 ou 80 ans en massif, 40 ou 50 à Fétat isolé. Il ne produit de faînées abondantes
régions légèrement accidentées ou même montagneuses. Dans le Midi, on ne le trouve même que dans ces dernières, le climat des plaines étant trop chaud pour lui. Dans les montagnes, il atteint et dépasse la limite supérieure du sapin.
Bois; son emploi. — Tout ce que nous avons dit plus haut du bois des hêtres en général, est entièrement applicable à celui du hêtre commun. La densité en est assez élevée, mais très-variable, 0,700 à 0,900, sans qu'on puisse déterminer exactement à quoi tiennent ces différences.
Le bois du hêtre commun présente l'avantage d'être dur et de se bien polir; mais il manque d'élasticité, est sujet à se tourmenter, à se gercer, à pourrir sous les alternatives d'humidité et de sécheresse, à être attaqué par les insectes. Aussi n'est-ce pas un bois de grande construction, mais il est bon pour la fente et le travail. On en débite une quantité considérable en menus objets. On en fait aussi maintenant beaucoup de plateaux pour la menuiserie et l'ébénisterie , et depuis qu'on a de bons procédés d'injection, des traverses de chemin de fer. Ce dernier emploi tend à prendre beaucoup d'importance.
Le bois de hêtre est un combustible de premier ordre, il dégage beaucoup de chaleur, brûle faci-
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lement, avec flamme; son charbon reste incandescent jusqu'à complète combustion.
Il donne un charbon fort estimé.
Emploi des fatnes. — Dans les pays où le hêtre est commun on extrait de la faîne une huile comestible ou d'éclairage qui devient un objet de consommation de quelque importance. L'amande, débarrassée de ses enveloppes en contient 15 à 17 p. 7o d® ^^^ poids.
GENRE III. — Charme.
Fleurs mâles en chatons^ solitaires, cylindriques, sessiles, pendants, naissant des bourgeons axillaires, rarement du bourgeon terminal de la pousse de Tannée précédente; chacune d'elles est composée d'une écaille et de 10 à 16 étamines. Fleurs femelles en chatons lâches, formant le prolongement et la terminaison des pousses latérales ou terminales ; elles sont disposées sur le chaton par deux, à l'aisselle d'une écaille. Chacune d'elles est formée d'une bractée, d'une enveloppe florale adhérente à l'ovaire et d'un pistil. Celui-ci, constitué par un ovaire à deux loges, est surmonté par deux styles allongés et rouges. Les glands sont disposés en chatons lâches; chacun
d'eux est contenu dans une grande cupule foliacée , offre une surface relevée de côtes et renferme une seule graine. Celle-ci a des cotylédons féculents, huileux, qui, après la 'germination , sortent de terre et se développent en expansions foliacées.
Le bois est dur, lourd, compacte, très-homogène, entièrement blanc, sans distinction nette d'aubier ; les accroissements, qui sont flexueux, sont souvent difficiles à compter.
Le genre charme renferme, en France, une seule espèce, c'est le :
Charme commun, connu aussi sous le nom de charmille.
Il offre les caractères du genre. Les feuilles sont pétiolées, ovales, oblongues, dentées, peu luisantes , glabres et vertes; — Arbre de taille moyenne, très-abondant dans le Nord et TEst de la France.
Taille, port, concert. — Le charme atteint et dépasse rarement 20 mètres d'élévation sur 1™,30 de diamètre; sa tige, qui est droite, est toujours plus ou moins relevée de côtes très-caractéristiques; le fût a peu de hauteur; les branches sont nombreuses, longues et grêles, assez redressées, aussi l'arbre a-t-il une cîme ovoïde pointue. Le
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couvert en est assez épais quoique inférieur à celui du hêtre.
Bcorce. — Son écorce présente [une constitution fort analogue à celle du hêtre, aussi reste-t-elle mince, vive et lisse.
Bourgeons et rejets. — Les bourgeons sont petits, oblongs et pointus, plus petits et un peu moins effilés que ceux du hêtre. Très-souvent il s'en présente deux* superposés à Taisselle d'une même feuille; celui qui est situé entre le bourgeon normal et la feuille ne se développe pas habituellement en même temps que celui-ci, il reste à Tétat dormant.
Les bourgeons normaux et anormaux qui, chez cette essence, ne se développent pas, gardent leur vitalité très-longtemps, jusqu'à 80 ans environ, et restent susceptibles d'un vigoureux développement, les circonstances leur devenant favorables. C'est à cela que tient la grande facilité avec laquelle le charme repousse de souche.
Enracinement. — L'enracinement de cette essence est variable, il dépasse rarement 0™,50 deprofondeur et devient rapidement plutôt traçant que pivotant. Le bois de souche et de racines équivaut à 20-24 p. 7o ^^ volume de la tige et des rameaux.
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Station et sol. — Le charme croît sur tous les sols, quelle que soit leur composition. Il évite les terrains marécageux, mais se contente de sols beaucoup plus humides que le hêtre et il y croît vigoureusement; il habite la plaine, surtout les pays de coteaux et s'élève peu dans la montagne, où il est loin d'atteindre Taltitude du hêtre.
Floraison, fructiDcation. — Le charme commence à produire des fruits fertiles à 20 ans et même au-dessous; les années de semence sont trèsrépétées, et les fruits se montrent en quantités énormes, mais, dans Tintervalle de deux années fécondes, il y en a absence complète ou à peu près. Il fleurit au mois d'avril et la maturité a lieu au mois d'octobre.
Germination, croissance. — Un kilogramme de glands de charme dépourvus de leur involucre, en renferme 25,000 à 30,000. Ils ne germent habituellement que la seconde année après la dissémination, qu'ils aient été semés à l'automne ou au printemps. Le jeune charme présente deux feuilles ootylédonaires, ovales, entières ; il croît lentement pendant les premières années et, pendant toute sa vie, il reste fort en dessous de l'accroissement des essences supérieures, le hêtre notamment; il n'en
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joue pas moins un rôle important dans certaines forêts comme essence auxiliaire.
Bois; ses usages. — Le bois du charme commun présente les caractères que nous avons donnés plus haut pour celui du genre. Sa pesanteur est considérable, elle ne descend guère audessous de p,750 et peut dépasser 0,900. On ne l'emploie pas dans les constructions à cause de ses faibles dimensions et de son peu de durée, mais il est précieux pour les emplois qui demandent de rhomogénéité et de la dureté : fabrication d'outils, de pièces de machines par exemple.
C'est un combustible de premier ordre, à raison du calorique qu'il dégage et de sa combustion facile et agréable.