FAMILLE IL
Bétulacées .
Fleurs à enveloppe simple, écailleuse. Floraison monoïque, en chaton pour les deux sexes.
Chatons mâles cylindriques, denses, pendants. Chatons femelles ovoïdes et denses, produisant un cône dont les écailles caduques ou persistantes supportent, à leur face interne, deux à trois fruits (samares) à une seule graine, secs, ne s'ou-
vrant pas, ailés sur les côtés. — Arbres à feuilles simples, alternes, caduques, à nervation pennée. Font partie de cette famille les genres bouleau et aune, que nous étudierons Tun et Tautre.
Cône à écailles caduques, avec les graines recouvrant trois petites samares Bouleau.
Cône à écailles persistantes après la chute des feuilles, recouvrant deux petites samares Aune.
Genre i. — Bouleau.
Chatons mâles cylindriques, pendants, formés dès Tautomne précédent, sortant de bourgeons terminaux, non feuilles à la base. Chaque fleur composée d'une enveloppe florale et de deux étamines. Chatons femelles cylindriques, grêles, dressés, paraissant avec les feuilles, solitaires et terminant de courtes pousses latérales, fouillées à la base ; chaque fleur, dépourvue d'enveloppe florale, se compose d'un ovaire surmonté de deux longs styles filiformes. Le cône est à écailles minces, caduques avec les fruits, qui sont de petites samares, au nombre de trois, à l'aisselle de chacune d'elles.
Le bois des bouleaux est homogène, blanc, demi-lourd.
BÉTULACÉES. 213
Le genre bouleau renferme plusieurs espèces, dont quatre sont indigènes en France. Nous nous bornerons à Tétude de la plus importante, le bouleau blanc. Tout ce que nous en dirons s'appliquera, du reste, à peu de chose près, à une autre espèce fort commune aussi, qui en est très-voisine, si même elle n'en est une simple race, le bouleau puhescent^ qui se reconnaît à ses feuilles et à ses jeunes pousses fortement velues et qui croît de préférence dans les endroits très -humides, tourbeux même.
Bouleau blanc, connu aussi sous le nom de bouleau verruqueux.
Les feuilles, de forme un peu variable, sont longuement acuminées au sommet, à contour plus ou moins anguleux, d'un vert un peu luisant, glabres. Jeunes pousses verruqeuses, rudes au toucher. Cône pendant, à écailles à trois divisions. Fruit bordé d'une aile deux à trois fois plus large que lui. — Arbre assez élevé, à écorce lisse blanche. Commun sur les sols sablonneux, en plaine ou en montagne, dans le nord. Test et l'ouest de la France, en montagne dans le midi.
Taille, port. — Le bouleau blanc est un arbre de deuxième grandeur, supportant mal l'état de massif complet; aussi s'éclaircit-il de bonne heure,
ce qui lui conserve un port très-uniforme et caractéristique. Sa tige circulaire, assez grêle, se dénude jusqu'à 10 mètres au plus, puis se continue sur toute la hauteur de Tarbre, qui atteint rarement plus de 18 mètres. La ramification se compose de branches longues et grêles, d'abord ascendantes, puis retombant habituellement sous leur propre poids, ainsi que les rameaux et ramules qu'elles portent. Aussi le bouleau a-t-il un port très-gracieux et est-il toujours plus ou moins pleureur.
Écoree. — L'écorce du bouleau reste, pendant toute la vie du végétal, composée des trois couches normales que nous avons déjà constatées chez le chêne-liége, le hêtre, le charme; mais la couche de liège subit ici des modifications spéciales dans sa structure et sa consistance, desquelles il résulte que Técorce, d'abord brune et lisse jusque vers 5 ou 8 ans, devient blanche et s'exfolie jusqu'à 15 ou 20 ans, époque à laquelle cet état de choses persistant pour la partie supérieure de la tige, il se développe au pied de l'arbre une écoree très-épaisse, très-gerçurée. Ces diverses modifications sont très-caractéristiques.
Enracinement. — L'enracinement est faible.
Le pivot cesse rapidement de s'enfoncer et de
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s'accroître. Les racines latérales deviennent nombreuses et généralement traçantes, sauf une ou deux. Le volume du bois de racine est de 13-20 p. 7o d^ volume total.
Bourgeons et rejets. — Les bourgeons sont courts, ovoïdes, recouverts d'un petit nombre d'écaillés et enduits d'une excrétion cireuse. Lorsqu'ils ne se développent pas immédiatement, ils périssent de bonne heure. Aussi cette essence est-elle médiocrement apte à repousser de souche. Les rejets proviennent . principalement de bourgeons qui se forment sur la partie souterraine de la souche.
Feuillage et conYort. — Le feuillage du bouleau est abondant; mais les feuilles sont disposées de telle sorte sur l'arbre, qu'au lieu de présenter leur surface à la lumière, elles lui offrent la tranche et la laissent ainsi très-facilement passer. Aussi le couvert du bouleau est-il remarquablement léger. Ses feuilles, lorsqu'elles sont tombées sur le sol, s'y décomposent très-facilement.
Floraison et fructification. — Le bouleau isolé fructifie dès l'âge de 10 ans; en massif, vers 20 ans ; plus tôt, s'il provient d'un rejet de souche. Les fruits se montrent presque chaque année. La flo-
raison a lieu au mois d'avril ou de mai, la maturité et la dissémination de la fin de juin au mois de novembre, suivant le climat et Tannée. Les semences de bouleau ne peuvent être dégagées des écailles qui se détachent avec elles du chaton. C'est un fait qu'il est important de se rappeler lorsqu'on en sème. Le kilogramme renferme 1,987,000 samares. Ces fruits, qui sont très -légers, se disséminent avec une extrême facilité.
Germination. — Un tiers ou un quart de cette semence est susceptible de germer. Elle se conserve très-difficilement jusqu'au printemps ; aussi est-il préférable de la semer immédiatement après la récolte. Le jeune plant sort de terre avec deux feuilles cotylédonaires ; il est d'abord très-grêle, mais il prend déjà beaucoup de force à la fin de la première année, et la seconde ou la troisième, au plus tard, sa végétation devient très-active.
Station et sol. — Le bouleau blanc recherche le sols légers, sablonneux et frais. Aussi croît-il dans les plaines et les montagnes du nord de la France, tandis que, dans le midi, il fuit les plaines trop sèches pour lui. Il est remplacé dans les montagnes élevées et dans les régions marécageuses par le bouleau pubescent.
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Bois ; ses usages. — Le bois du bouleau blanc présente les caractères que nous avons énumérés plus haut pour le genre; il devient quelquefois rougeâtre. Il est d'une pesanteur moyenne, ne descendant guère au-dessous de 0,520, pouvant s'élever à 0,770, et en moyenne de 0,620. Ce bois, exposé à Tair, se pourrit rapidement 5 il sert à la menuiserie, au tour, quelquefois à l'ébénisterie, lorsqu'il présente des accidents de croissance. On l'emploie beaucoup pour faire des échelles, des sabots, des cercles, des harts. Ses jeunes rameaux servent à faire des balais.
C'est un assez bon combustible, qui brûle rapidement, avec une flamme claire et vive, ce qui le fait rechercher pour certaines industries : boulangeries,verreries, etc. Son charbon est de bonne qualité.
Prodails aeeessoires. — L'écorce de bouleau est recherchée, à cause de sa flexibilité et de son imperméabilité, pour certains menus ouvrages, tels que des tabatières, des semelles.
On extrait des feuilles une matière colorante, connue sous le nom de styl de grain.
GENRE II. — Aune.
Chatons mâles cylindriques, denses, pendants ou dressés. Chaque fleur composée d'une enve-
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tiers sur le tiers inférieur, irrégulièrement dentées sur le reste du pourtour ; le dessus est d'un vert foncé luisant; le dessous est plus clair et garni aux aisselles des nervures de faisceaux de poils roux. Les bourgeons sont gros, ovoïdes, recouverts de deux à trois écailles, visqueux et reposent sur le rameau au moyen d'un petit support. Le cône est brun noirâtre. La samare a une aile plus étroite que la graine. — Arbre de taille généralement moyenne, commun dans toute la France, au bord des eaux et dans les forêts humides.
Taille, port. — L'aune commun étant habituellement cultivé en taillis, il est rare de le trouver à l'état d'arbre arrivé à toute sa croissance. Ceux que l'on rencontre sont de taille moyenne ; il peut cependant atteinare exceptionnellement 30 à 33 mètres sur 1"50 à 3 mètres de circonférence. Sa ramification est variable, mais assez abondante. En taillis, ses rejets sont vigoureux, droits et très- élevés.
Écorce. — L'écorce, d'abord d'un vert olive, mince et lisse jusqu'à 15 ou 20 ans, devient ensuite plus épaisse, se gerçure et se divise en plaques larges, aplaties, d'un brun noirâtre.
Enracinement. — L'enracinement de l'aune est
très- variable, d'autant plus traçant que le sol est plus humide. Le volume total du bois de racines s'élève à peine à 12-15 p. % ^^ volume total.
Boargeons, rejets. — Les bourgeons de Faune sont très -caractéristiques. Ils sont portés sur un petit rameau raccourci. Il repousse bien de souche de bourgeons qui se trouvent près de la surface du sol ou un peu en dessous.
Feuillage et couyert. — L'aune commun produit très-peu de feuilles; cependant, comme elles sont larges, bien réparties et bien disposées, le couvert est, quoique léger, plus fort que celui du bouleau.
Floraison et Jfrnetification. — A l'état isolé, l'aune commun fructifie vers 15 à 20 ans, plus tard en massif; il donne des fruits presque chaque année, en plus ou moins grande abondance.
Il fleurit de très-bonne heure, au mois de février ou de mars ; la maturité a lieu de la fin de septembre à la mi -octobre ; elle est quelquefois suivie de la dissémination qui , plus habituellement, se fait au premier printemps. Le kilogramme contient 1,270,000 semences, sur lesquelles 60 à 70 p. % sont bonnes lorsqu'on n'a pas employé la chaleur artificielle pour les faire sortir du cône ;
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dans ce dernier cas, on ne peut guère compter sur plus de 30 à 40 p. 7o« La graine peut conserver sa vitalité trois années et plus ; cependant il est préférable de semer les fruits au printemps qui suit la maturité.
Station, sol. — L'aune commun se rencontre abondamment en plaine ou dans les montagnes peu élevées, au bord des cours d'eau, sur les sols humides ; il prospère médiocrement, toutefois, sur les sols complètement marécageux, où Teau séjourne une grande partie de Tannée.
Boîs ; SCS usages. — Le bois de Taune commun présente les caractères que nous avons indiqués plus haut pour le genre. Son poids est moyen : il tombe peu au-dessous de 0,450, mais ne s'élève guère au-dessus de 0,650, et cela seulement dans les régions chaudes. Employé à Fair, il pourrit très-rapidement; à couvert, il peut donner de la menue charpente; sous Teau, il se conserve à peu près indéfiniment; aussi est-il recherché pour les pilotis et tous les travaux hydrauliques. On s'en sert aussi pour fabriquer divers menus objets, tels que des sabots. Indépendamment de son peu de dureté, il a pour défauts d'être cassant, de se gercer et de se tourmenter beaucoup.
Le bois d'aune, comme celui de bouleau, brûle
vite et avec un grand dégagement de cbaleur; aussi, comme combustible, est-il recherché pour les mêmes usages. Il ne le vaut pas cependant, non plus que comme bois à charbon.
Produits accessoires. — On utilise Técorce d'aune, dans certaines industries, pour en obtenir, en la mélangeant avec un sel de fer, une teinture noire.
II. Aune blanc. — Feuilles ovales aiguës, dentées en scie; dessus de la feuille d'abord pubescent, puis^glabre, d'un vert foncé peu ou point brillant ; dessous densément velu, gris blanchâtre, ainsi que les jeunes pousses. Cône brun, fruit à aile presque aussi large que la graine. Arbre à écorce lisse, d'un gris argenté jusqu'à un âge avancé. Commun en France dans certaines régions montagneuses et le long des cours d'eau qui en descendent.
Taille, port, mode de yégétatiou. — L'aune blanc rappelle par son port l'aune commun, mais il n'atteint pas d'aussi fortes dimensions que lui; il drageonne abondamment sans même être exploité, il se marcotte et se bouture très-aisément; toutes ces propriétés en font un arbre précieux pour consolider les terres dans les lieux où il croît spontanément.
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Floraison et froctificatiou. — La floraison est précoce et continue ; elle a lieu en février ou mars, la maturité en septembre ou octobre, la semence se dissémine immédiatement ou au printemps.
Station et sol. — L'aune blanc est un arbre des régions montagneuses élevées, des Alpes spécialement 5 il en est descendu le long des cours d'eaux qui en proviennent, du Rhin notamment, mais sans s'écarter beaucoup de leurs bords. Comme son congénère et plus que lui, il redoute les terrains marécageux tout en aimant les sols frais.
Bois. — Son bois ressemble beaucoup à celui de Faune commun; cependant il est moins cassant, plus dur, plus tenace, et il lui est préféré comme bois de feu et comme bois d'œuvre.
FAMILLE IIL
Floraison dioïque, en chatons pour les deux sexes; chatons cylindriques ou ovoïdes, solitaires, composés d'écaillés à l'aisselle desquelles se trouvent les fleurs, à enveloppe florale très-réduite, renfermant deux à trente étamines, ou un ovaire uniloculaire. Le fruit est une capsule petite se
divisant en deux ou quatre valves, et renfermant un très-grand nombre de très-petites graines munies de longs poils soyeux. — Arbres ou arbrisseaux à feuilles caduques, simples, alternes, à végétation rapide, produisant des bois mous et légers. Font partie de cette famille, les genres peuplier et saule que nous étudierons Tun et l'autre .
Chatons pendants, à écailles dentées; bourgeons revêtus d'un grand nombre d'écaillés Peuplier.
Chatons dressés, à écailles entières, bourgeons paraissant revêtus d'une seule écaille Saule.
GENRE I. — Peuplier.
Chatons solitaires provenant de bourgeons latéraux ou terminaux, paraissant avant les feuilles, finalement pendants; écailles profondément dentées; enveloppe florale très-réduite, en forme de cornet; 8 à 30 étamines, ou un ovaire à 2 ou 4 stigmates; capsules à 2 ou 4 valves renfermant de nombreuses graines. — Arbres ordinairement de grande taille, à feuilles peu allongées, à bourgeons revêtus d'un grand nombre d'écaillés.
Bois homogène, tendre, blanc où rougeâtre.
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Le genre peuplier renferme plusieurs espèces indigènes en France; en outre, on en a introduit un assez grand nombre de TAmérique du Nord.
Parmi elles, quelques-unes sont fort communes dans nos cultures. Nous nous bornerons à Tétude des trois espèces indigènes les plus remarquables par leurs dimensions ou leur abondance.
Feuilles vertes sur les deux faces ; bourgeons glabres et visqueux Peuplier noir.
Feuilles vertes sur les deux faces; bourgeons visqueux et poilus Peuplier tremble*
Feuilles blanches en dessous; bourgeons secs et poilus. Peuplier blanc.
I. Peuplier noir, connu aussi sous les noms de peuplier franc, léard, liardier, bouillard.
Feuilles un peu plus longues que larges, triangulaires, à base variable, régulièrement dentées, entièrement glabres, vertes et luisantes. Chatons cylindriques; deux stigmates divisés. — Grand arbre à écorce gerçurée. En France on le trouve sur les terrains légers et humides, au bord des grands cours d'eau, croissant spontanément; il est en outre fréquemment planté.
Taille, port. — Le peuplier noir est un grand
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arbre atteignant au moins 20 ou 25 mètres de hauteur totale. Ila2'",10 et plus de circonférence, il possède une cime très-ample, formée de nombreuses branches; son couvert est assez complet; il drageonne abondamment, se bouture facilement. Il se garnit de nombreuses branches gourmandes. Aussi le cultive-t-on en têtards ou arbre d'émonde.
Floraison et frnctificatlon. — Il commence à fleurir à un âge peu avancé et donne régulièrement des semences; il fleurit au mois de mars ou d*avril, et fructifie en mai.
Bois ; ses usages. — Le bois du peuplier noir est mou, blanc, d'un gris brun au cœui:. Il est peu estimé pour le travail, on en fait cependant des planches et de la charpente, mais on lui préfère le peuplier blanc et quelques espèces américaines; les émondages auxquels on le soumet lui enlèvent souvent de sa qualité. C'est un combustible très-médiocre.
Près du peuplier noir on peut ranger le peuplier pyramidal ou d^ Italie qui s'en distingue surtout par la direction redressée des rameaux. Il est très-fréquemment cultivé, et son bois est encore plus médiocre que celui du peuplier noir.
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II. Peuplier tremble. —Feuilles à pétiole long, grêle, aplati perpendiculairement au limbe , ce qui entraîne le mouvement presque continuel et caractérisque de cet organe 5 elles sont presque circulaires, fortement sinuées, dentées, mollement velues dans la jeunesse, glabres, vertes, non luisantes, et à peu près de la même couleur sur les deux faces, plus tard; celles des jeunes rejets, souvent beaucoup plus grandes, à pétiole court, cordiformes, allongées, fortement velues, surtout dessous. Chatons cylindriques, à écailles profondément découpées, longuement velues; fleurs mâles à 8 étamines. — Arbre de taille moyenne^ très- commun dans presque toute la France.
Taille, port. — Le tremble ne dépasse guère 23 à 27 mètres de hauteur et 1™,50 de circonférence. Sa tige reste longtemps couverte d'une écorce lisse et vive, de couleur grise, verdâtre^ qui finit cependant par présenter des portions rudes et noirâtres. Sa cime est peu étendue et peu fournie.
GooTert. — Cette faible ramification, jointe à la disposition de son feuillage, fait qu'il n'a qu'un couvert léger. Il n'en est pas moins fort redoutable, pendant sa jeunesse, pour les bois durs qui croissent en mélange avec lui. Mais cela tient à
son extrême abondance et à la grande rapidité de sa croissance.
Floraison, fraetification. — Le tremble commence à fructifier lorsqu'il est encore très-jeune, et il donne ensuite des fruits presque chaque année. Il fleurit au mois de mars ou d'avril; la maturité a lieu au mois de mai. Ses graines sont en nombre immense, mais elles sont de qualité médiocre, et de plus il faut, pour qu'elles germent, quelles trouvent des conditions favorables immédiatement après leur dissémination.
Drageons. — Aussi ne paraissent-elles pas jouer le principal rôle dans la propagation de l'espèce. Ce rôle semble dévolu aux racines qui sont traçantes et drageonnent abondamment. Les bourgeons qui se produisent sur les racines sont souvent agglomérés sur certains points, et lorsqu'ils ne se développent pas immédiatement, ces portions de racines et par suite les bourgeons qu'elles portent, peuvent garder longtemps leur vitalité, même après l'exploitation de l'arbre. Si les circonstances deviennent favorables à leur développement, c'est-à-dire si la chaleur et la lumière solaires arrivent au sol, ils donnent de nombreux drageons, très- vigoureux d'abord, mais dont la vitalité s'épuise vite.
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Station, sol. — Le tremble vient sur tous les sols, à toutes les altitudes; toutefois, il est surtout abondant et atteint les plus belles dimensions aux faibles altitudes et sur les meilleurs sols, k tel point que, dans certaines forêts, son abondance et sa vigueur dans un canton, sont un indice presque sûr de la qualité du terrain.
Bois ; ses usages. — Le bois du tremble est homogène, tendre et blanc, se tachant quelque fois dans ses dernières années de noir bleuâtre. Il est rare qu'on lui laisse atteindre des dimensions suffisantes pour en obtenir du bois d'œuvre. Dans ce cas, on en fait de la menue charpente et de la planche. Comme bois de chauffage, c'est le meilleur que Ton connaisse parmi les peupliers, mais comparé à celui d'autres essences, il est de qualité inférieure. Il est employé dans les boulangeries, où on lui préfère cependant d'autres bois, tels que celui de bouleau.
Son charbon est très-médiocre.
III. Peuplier blanc, connu aussi sous les noms de blanc de Hollande, ypréau.
Feuilles ovales, presque rondes, anguleuses, d'un vert foncé en dessus, très-blanches, tomenteuses en dessous. Chatons mâles cylindriques, à écailles divisées peu profondément, velues, 8
étamines; chatons femelles grêles, à écailles dentées, velues; capsule ovoïde, glabre, à stigmates allongés, linéaires, présentant chacun deux divisions. — Grand arbre à écorce lisse, unie, grise ou gris verdâtre, finissant par se crevasser comme celle du tremble. Dans quelques forêts de la France, surtout dans le nord et au bord du Rhin, très-souvent planté.
Taille, port. — Le peuplier blanc est un grand arbre, à végétation rapide, qui peut atteindre, à 40.ans, 26 à 33 mètres de hauteur, et 50 à 60 centimètres de diamètre. Lorsqu'on le laisse vieillir, il peut atteindre 1°^,50 à 2 mètres de diamètre. Sa tige est droite, cylindrique et supporte une cime ample et assez fournie.
Fealllage, conyert. — La feuille remarquable par sa blancheur et le duvet auquel elle est due, les perd quelquefois lorsque Tarbre vieillit; elles peuvent être divisées comme celle des érables sur les pousses très-vigoureuses. Elles sont nombreuses, aussi le couvert de cette essence est-il assez complet.
Floraison, fmetifieation , reprodoetion. — Le peuplier blanc fleurit au mois de mars ou d'avril; la graine mûrit dans le courant de mai. Sa fécondité
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est précoce, régulière et annuelle. Ses graines, qui sont produites en nombre immense, sont, comme celles du tremble, de qualité médiocre et trouvent difficilement les conditions nécessaires pour leur germination. Le jeune plant, d'abord très -petit, s'accroît rapidement dès la seconde moitié de la première année. Au reste, on recourt rarement au semis pour le propager ; il se multiplie, avec la plus grande facilité, de boutures et de plançons. De plus, ses longues racines traçantes sont drageonnantes.
Bois ; ses usages. — Le bois du peuplier blanc est léger, tendre, très-homogène, blanc, légèrement brunâtre au cœur. Grâce à ses dimensions remarquables et au peu de défauts qu'il présente c'est le plus recherché parmi ceux des peupliers. On l'emploie en charpente, en planches pour la menuiserie, l'ébénisterie (intérieurs de meubles), la confection des voitures, le tour, etc. Il est trop rare dans les forêts pour que ce soit un combustible usuel. La consommation le tire des arbres plantés en lignes dans les avenues, les prés, etc., beaucoup plus que des forêts.
GENRE II. — Saule.
Chatons cylindriques ou ovoïdes, redressés, paraissant avant ou avec les feuilles ; écailles à
bords entiers; à leur aîsselle une petite glande et, suivant le sexe du sujet, 2, 3, 5 étamines ou un ovaire surmonté d'un style et de deux stigmates. — Arbrisseaux ou arbres à feuilles généralement allongées, à bourgeons revêtus de deux écailles soudées entre elles, ce qui leur donne Fapparence d'une seule.
Bois mou, poreux, léger, homogène, blanc ou rougeâtre.
Le genre saule renferme en France un trèsgrand nombre d'espèces ; mais la plupart sont de petite taille, ne viennent spontanément qu'au bord des eaux ou sont cultivées comme osiers, têtards ; ce ne sont donc pas de véritables essences forestières. Nous nous bornerons à l'histoire des deux espèces qui ont, en forêt, le plus d'importance, à raison de leurs grandes dimensions ou de leur extrême abondance. Ce sont le saule blanc et le saule marceau.
Feuilles moitié aussi larges que longues, vertes en dessus, vert blanchâtre en dessous Saule marceau.
Feuilles beaucoup plus longues que larges, à reflets blancs, soyeux, surtout en-dessous Saule blanc.
Saule marceau, connu aussi sous les noms de marsault, marsaule.
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Feuilles de forme assez yariable^ généralement ovales, deux fois aussi longues que larges, à pointe oblique, plus ou moins velues, soyeuses à l'origine, finalement vertes, glabres et luisantes en dessus, toujours glauques et grises et plus ou moins velues en dessous, avec veines et veinules très-saillantes; jeunes rameaux nullement ou, au plus, très-faiblement velus ; bourgeons non velus ; chatons gros, à écailles longuement barbues. — Arbrisseau et arbre très- commun dans toute la France.
Taille, port. — Le saule marceau a une aible longévité ; il atteint au plus 10 à 12 mètres de hauteur sur un mètre de circonférence. Son écorce est grise, verdâtre, gerçurée à la fin de sa vie.
Floraison, fractification. -— Il fleurit en mars ou avril; les fruits sont mûrs et les graines, trèsnombreuses, se disséminent au mois de mai. La fécondité en est très-précoce et annuelle.
Station et sol. — Le saule marceau croît dans toute la France, à toutes les altitudes, sur tous les sols, des plus frais aux plus secs. Dans les endroits marécageux, il est, toutefois, remplacé en général par une espèce très-voisine, le saule cendré.
Son extrême abondance et la rapidité de sa croissance en font en même temps que Tespèce la plus importante du genre au point de vue forestier, une essence des plus gênantes , à cause du dommage qu'elle porte aux jeunes peuplements d'espèces plus précieuses. Elle constitue, avec le tremble , la presque totalité des bois blancs que les nettoiements doivent faire disparaître.
Bois ; ses usages. — Le bois du saule marceau est rougeâtre ; c'est le plus lourd et l'un des meilleurs de ceux du genre. Mais ses petites dimensions l'excluent de tous les grands emplois. On en fait des échalas, des perches pour la culture du houblon ; il convient pour ces emplois, car il résiste assez bien à l'action des agents atmosphériques.
C'est un combustible médiocre, qui convient cependant pour la boulangerie.
II. Saule blanc. — Feuilles très-allongées, très-pointues, plus ou moins blanches, soyeuses sur les deux faces, maïs surtout sur l'inférieure, 5 à 6 fois aussi longues que larges, peu coriaces. — Chatons pédoncules et bien feuilles à la base, cylindriques, à écailles velues. Les mâles présentent deux étamines à l'aisselle de l'écaillé. — Ovaires surmontés d'un style court et de stigmates épais.
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Taille, port. — Le saule blanc est Tespèce la plus remarquable du genre, à raison de ses grandes dimensions : 25 mètres de hauteur sur un mètre de diamètre. Son fût dénudé est recouvert d'une écorce qui rappelle celle des vieux chênes ; sa ramification se compose de branches, rameaux et ramules, ces derniers grêles et di'oits.
Station et sol. — On ne le rencontre, à Tétat spontané, que disséminé dans les forêts à sol fertile et humide; mais c'est une des espèces les plus fréquemment cultivées, soit comme têtards, soit comme osiers, et ajuste titre, car il donne des produits abondants et de qualité supérieure.
Bois. — Le bois du saule blanc est d'un joli rouge, tendre, uniforme, peu pesant (0,400 à 0,500, rarement un peu plus). Son grain, assez fin, homogène, le fait rechercher pour plusieurs emplois : sculpture, où on lui préfère cependant le tilleul; volige. C'est un combustible médiocre, dégageant rapidement sa chaleur, comme tous les bois de structure et de poids analogues.