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CHAPITRE III

Xlge.

Définition. — La tige est cette partie de Tarbre qui s'élève verticalement au-dessus du sol et qui, au delà d'une certaine hauteur, se ramifie en branches principales^ secondaires, etc,^ rameaux^ ramules et jeunes pousses. Ces dernières sont les ramifications de plus récente production; toutes les autres ont passé par cet état et prennent les différents noms que nous venons de citer, à mesure qu'elles jouent un rôle de plus en plus important dans l'ensemble de la ramification de l'arbre.

La tige proprement dite prend le nom de tronc ou fût.

Allongement. — La tige et ses ramifications ne s'allongent que par le développement de nouvelles pousses qui, chaque année, s'ajoutent à l'extrémité des pousses de l'année précédente. La

hauteur totale d'un arbre est dès lors égale à la somme de toutes ses pousses annuelles.

L'allongement de la portion du fût qui est nue tient à la mort et à la chute successive des branches qui le garnissaient inférieurement et que dominent les branches nouvellement développées des parties supérieures.

Il arrive un moment où l'accroissement en hauteur devient très-faible; dès lors les branches inférieures, qui ne sont plus privées de lumière par de nouvelles branches plus élevées, persistent, grossissent, s'étalent et àeviennent branches principales. A partir de ce moment, la portion dénudée du fût cesse de s'allonger.

L'état de massif favorise la dénudation et l'allongement du fût en entravant le développement des branches principales; l'état d'isolement, au contraire, tend à raccourcir celui-ci en permettant aux branches inférieures de s'allonger, de soustraire leurs extrémités feuillées au couvert des branches supérieures et de devenir promptement branches principales.

Forme. — Le tronc d'un arbre n'est jamais exactement conique. Indépendamment des déformations qui, à la partie supérieure, résultent du voisinage des grosses branches, et à la partie inférieure de celui des racines principales, il est

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plus OU moins renflé dans la régîon moyenne, et lorsqu'on le cube comme un cône géométrique, le volume ainsi trouvé est toujours inférieur au volume réel.

Ramification et couTert. — Le mode suivant lequel les arbres se ramifient est très-divers ; il est constant néanmoins chez les arbres de même essence, et il leur assure un port caractéristique. Les deux principaux types sont la ramification verticillée et la ramification diffuse. Dans le premier cas, les rameaux se développent seulement à Textrémité de chaque pousse annuelle, immédiatement audessous, par conséquent, de la pousse terminale de même âge qu'eux ; de plus, ils sont tellement rapprochés qu'ils semblent disposés dans un même plan; la ramification affecte une régularité géométrique. Dans le second, les rameaux se développent à Taisselle des feuilles en des points quelconques de la pousse ; la ramification est plus ou moins irrégulière.

La ramification diffuse s'observe chez tous les bois feuillus, les chênes, les hêtres, les bouleaux, par exemple.

La ramification verticillée est caractéristique de plusieurs genres de bois résineux : les pins, les sapins et les épicéas. Chez les pins, elle s'observe avec une régularité parfaite sur la tige et

se continue sur les rameaux ; chez les sapins, elle n'est pas moins remarquable sur la tige, mais les rameaux portent seulement deux pousses latérales opposées au-dessous de la terminale, et de plus, assez souvent, quelques autres en des points indéterminés, pourvu que ce soit à Taisselle des feuilles; enfin, chez les épicéas, ces rameaux accessoires s'observent en assez grand nombre et même sur la tige. De la grande régularité de la ramification verticillée, il résulte qu'on peut calculer très-sûrement l'âge d'un arbre qui la présente, lorsqu'il possède encore ses rameaux sur toute sa hauteur. Il sufiit de compter le nombre de verticilles ou plans formés par les rameaux; chacun d'eux correspondant à la végétation d'une année, leur somme donnera l'âge cherché.

En général, la ramification est d'autant plus serrée, conséquemment le couvert de l'arbre plus épais, que le tempérament est plus délicat et réciproquement. Exemple : les hêtres et les sapins à couvert épais et tempérament délicat, d'une part; les chênes et les pins à couvert léger et à tempérament robuste, d'autre part.

Port. — Le port, qui résulte en partie, ainsi que cela a été dit plus haut, de la ramification, est la forme spéciale que présente un arbre vu dans

son ensemble, et qui constitue ce que Ton pourrait appeler sa physionomie.

Le port dépend non-seulement du nombre des rameaux et do leur disposition relative, ce qui constitue essentiellement la ramification, mais encore de la grosseur des pousses, qui varie beaucoup des pousses robustes du marronnier dinde ou du frêne à celles très-grêles du bouleau ; de leur allongement presque nul pour certains rameaux très-raccourcis comme cela s'observe chez le mélèze, plus ou moins fort chez le plus grand nombre des espèces, devenant considérable chez plusieurs saules, le pleureur, par exemple ; enfin de la direction des pousses et rameaux. Cette direction est habituellement telle que la pousse, au bout de la première année, se dirige vers le ciel en faisant un angle aigu avec la tige; cet angle s'ouvre de plus en plus à mesure que le rameau s'allongeant s'incline vers le sol, sollicité par son propre poids. Mais il peut arriver chez les arbres à pousses très-grêles, que celles-ci, dès la première ou la seconde année, retombent vers le sol, donnant ainsi, au sujet qui les porte, un aspect tout à fait caractéristique, et l'on donne aux arbres qui le présentent le nom àepleureurs. Il peut se faire que cette tendance des rameaux à se diriger immédiatement vers le sol soit due non à cette cause, mais à une perversion

dans leur direction, qui n'est point encore expliquée, car des rameaux robustes ou très-robustee peuvent présenter cette disposition; tels sont ceux du hêtre dit parasol^ du frêne pleureur.

Inversement, il peut se faire que les rameaux aient une tendance marquée à se rapprocher du tronc, à se serrer pour ainsi dire contre lui: dans ce cas, l'arbre est àîipyramidah Le peuplier noir et le chêne pédoncule, par exemple, sont susceptibles d'aflFecter cette forme et prennent alors souvent le nom de peuplier pyramidal, chêne pyramidal. Le port singulier des arbres pleureurs et pyramidaux les font rechercher comme arbres d'ornement, ce qui lui a fait donner trop d'importance; le plus souvent, il n'offre rien de caractéristique; c'est une anomalie individuelle, analogue à celles qu'on rencontre parfois dans l'organisation des animaux ou de l'homme, la déviation de la colonne vertébrale, par exemple. Elle ne se transmet pas régulièrement ou même nullement aux plants obtenus de graines recueillies sur les arbres qui en sont affectés. C'est ainsi que des semis de faînes de hêtre parasol et de glands de chêne pyramidal ont donné des sujets affectés de l'anomalie, mais le plus grand nombre a fait retour au type; qu'un semis de plusieurs litres de graines de frêne pleureur n'en a pas fourni un seul : tous

les jeunes arbres' avaient leurs pousses dirigées normalement.

Division des Tégétaoi ligneux d'après la taille et le port. — On divise les végétaux ligneux en arbrisseaux, arbustes et arbres.

Les premiers se distinguent en ce qu^ls sont ramifiés dès la base : tels sont les chèvrefeuilles, les rosiers, les viornes, etc.

Les arbustes et les arbres ont un fût, c'est-àdire une portion de tige plus ou moins longuement dénudée. Les premiers se distinguent des seconds à une moindre hauteur. Us ne dépassent pas cinq à six mètres, sur lesquels deux ou trois mètres à la base sont dépourvus de rameaux.

Ces* diverses dénominations sont loin, d'ailleurs, d'ofl&'ir quelque chose d'absolu; c'est ainsi que des espèces, qui habituellement se présentent sous forme d'arbrisseau, peuvent, lorsqu'on les laisse vieillir suffisamment et qu'elles se trouvent dans de bonnes conditions de végétation, afiFecter celle d'arbuste et même d'arbre : tels les aubépines, le sureau noir, le houx, le noisetier. Inversement, nos plus grands arbres, lorsqu'ils se trouvent dans des conditions difficiles, peuvent arriver à n'être plus que des arbustes ou même des arbrisseaux. Tels sont, par exemple, l'épicéa et le pin sylvestre dans les hautes régions monta-

gneuses peu abritées, et sous les latitudes élevées.

Les arbres, dans les contrées où les forêts sont exploitées de longue date par rhomme, atteignent rarement les dimensions dont ils sont susceptibles; néanmoins on trouve, quoique rarement, en France et en Allemagne, des sapins et des épicéas qui atteignent et dépassent même un peu cinquante mètres; quant aux diamètres, les plus forts s'observent chez les tilleuls, les chênes, où ils atteignent rarement plus de trois mètres.

Ces dimensions sont dépassées par celles des eucalyptus d'Australie, qui peuvent avoir plus de cent trente mètres de hauteur ; des séquoias de la Californie, qui atteignent cent mètres de hauteur sur dix à douze mètres de diamètre, mais ce sont des arbres d'un âge supérieur de beaucoup à celui des plus vieux qui existent en Europe.

Structure et aeeroissement en diamètre. — La tige des arbres se compose de deux parties essentielles, le hois et Vécorce, qui seront décrites un peu plus loin.

Entre les deux se trouve une couche mince de tissu jeune et très-délicat, qui porte le nom de cambium. C'est par les organes élémentaires auxquels elle donne naissance que se fait annuellement l'accroissement en diamètre. Cet accrois-

sèment persiste tant que vit Tarbre; seulement à un âge avancé il devient très -faible. Il n'est jamais nul.

Bois, — Le bois est composé de la moelle au centre et de couches annuelles qui Tenveloppent successivement; la plus profonde de ces couches est la plus ancienne, la plus superficielle la plus récente.

La moelle est constituée essentiellement par des cellules qui restent fort peu de temps vivantes; dès la seconde année, elles sont mortes en grande partie. Il peut arriver que, par suite * de rallongement de la tige, le tissu de la moelle subisse des tiraillements qui le déchirent et produisent, en divers points, des lacunes. C'est ce qu'on observe, par exemple, chez le noyer.

La région du bois qui entoure immédiatement la moelle porte le nom à!étui médullaire. Elle est caractérisée par la présence des trachées. Le canal médullaire est habituellement cylindrique. Cependant il peut oiflFrir d'autres formes. C'est ainsi qu'il est triangulaire chez les aunes, pentagonal chez les chênes. Il peut être aussi de dimensions variables : très -gros chez le marronnier d'Inde, par exemple, il est très-fin chez le bouleau. Mais une fois constitué, il ne change pas de diamètre; c'est à tort qu'on a prétendu

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qu'il était susceptible de se rétrécir. S'il semble parfois en être ainsi à un examen superficiel, cela vient de ce qu'à mesure que la tige grossit, il occupe une place de moins en moins importante sur la section horizontale ou longitudinale.

Chaque couche de bois est constituée essentiellement par du tissu jihreux et des rayons médullaires.

Le tissu fibreux est formé de fibres solidement enchevêtrées. Ces fibres, généralement à parois épaisses, à cavités étroites, sont cependant sus- ' ceptibles de présenter quelques variations soit dans la même couche, soit d'une essence à une autre. Par suite de la faiblesse de diamètre de leur cavité et de leur union intime, le tissu fibreux paraît toujours, lorsqu'on examine du bois à l'œil nu, absolument plein.

Les rayons médullaires sont des lames de tissu cellulaire de hauteur, largeur et longueur variables, suivant les essences, qui apparaissent sur la tranche du bois sous forme de lignes rayonnantes, et sur le fil lorsque le bois est débité suivant le rayon de l'arbre, sous celles de taches nacrées plus foncées ou plus claires que le reste du bois et qui portent le nom de maillures.

Ces lames de tissu cellulaire se nomment rayons médullaires parce qu'originairement elles

relient la moelle à la couche cellulaire verte de Fécorce. Mais il s'en faut que, plus tard, tous traversent ainsi toutes les couches annuelles de la première à la dernière; il en naît de nouveaux qui n*ont aucun rapport avec la moelle, et plusieurs cessent, au bout d'un temps plus ou moins long, d'être en relation avec l'écorce; de là des longueurs vaiûables. La hauteur et l'épaisseur ne varient pas moins, et souvent dans le même arbre. L'épaisseur peut devenir si faible que les rayons cessent d'être visibles à l'œil nu; c'est ce qui se présente chez les pommiers , les poiriers , les saules, etc., parmi les bois feuillus et chez tous les résineux, tandis que chez d'autres espèces certains d'entre eux peuvent être épais, hêtres, chênes pédoncule et rouvre; ou très-épais, chênes liège et yeuse. Dans ce dernier cas, ils sont fort inégaux sur le même arbre. On trouve parmi les essences forestières tous les intermédiaires entre ces deux termes extrêmes.

Les bois bien maillés, ceux de chêne spécialement, sont souvent recherchés pour la menuiserie de luxe ou l'ébénisterie.

On appelle débit sur maille celui qui, se faisant autant que possible suivant la direction des rayons, permet d'obtenir des maillures nombreuses. On nomme débit contre maille celui qui se fait perpendiculairement à cette direction. Les rayons se

montrent alors sous forme de lignes analogues à celles qui les caractérisent sur la tranche.

A ces deux éléments essentiels du bois, tissu fibreux et rayons médullaires, s'ajoutent constamment, chez les bois feuillus, des vaisseaux qui manquent chez les conifères; mais on observe fréquemment chez ceux-ci des canaux résinifères.

Les vaisseaux étant généralement d'un plus gros diamètre que les fibres et à parois plus minces, sont le plus souvent visibles à Tœil nu sur la tranche du bois où ils apparaissent, sous forme de trous, au milieu du tissu fibreux, et sur le fil où ils se montrent comme de petites raies verticales creuses. Ils sont tantôt également répartis dans toute l'épaisseur de la couche, tantôt, au contraire, leur nombre va en décroissant du bord interne au bord externe de l'accroissement annuel. Les vaisseaux peuvent être :

1° Très-gros. Chênes, châtaigniers;

2^ Gros. Frênes, noyers, robiniers, ormes;

3° Assez gros. Bouleaux, peupliers;

4*^ Petits. Erables, aunes, charmes, hêtres, cerisiers, tilleuls, saules;

5° Très-petits. Pommiers, poiriers, sorbiers, alisiers.

Dans les deux premières sections, les vaisseaux sont fort inégaux, sauf chez le noyer. A côté des

gros quî sont signalés plus haut, on en trouve de petits et même très-petits.

Les vaisseaux peuvent être isolés au milieu du tissu fibreux, mais , et surtout lorsqu'ils sont gros et inégaux, ils peuvent affecter des groupements * spéciaux en arcs, lignes rayonnantes, etc., caractéristiques pour chaque espèce.

Les canaux résinifères sont des cavités cylindriques, étroites, longitudinales, parfois aussi transversales, entourées de cellules spéciales qui sécrètent la térébenthine. Ils offrent, sur la tranche et le fil du bois, un aspect fort semblable à celui des vaisseaux; mais ils s'en distinguent toujours aisément à leur nombre beaucoup moindre, à leur répartition inverse de celle des vaisseaux, la région externe de la couche annuelle en renfermant plus que Tinterne. Ils sont nombreux et très -apparents chez les pins et le mélèze; ils sont rares et peu visibles chez Tépicéa; ils manquent presque complètement chez le sapin.

Les divers éléments qui constituent le bois sont quelquefois uniformément répartis dans toute Tépaisseur de la couche annuelle qui, dans ce cas, offre à Tœil Taspect d'une homogénéité parfaite; mais le plus souvent il n'en est pas ainsi : chez les feuillus les vaisseaux sont plus gros ou plus nombreux vers le bord interne que vers le

bord externe; chez les résineux les fibres sont plus larges, à parois plus minces dans cette même région. Il en résulte que, dans une même couche, la zone interne est formée par du bois plus mou , moins résistant, souvent aussi moins coloré que celui de la zone externe. On lui donne le nom de bois de printemps, et à cette dernière celui de bois d/ automne j en se fondant sur le moment de Tannée où chacune d*elles s*est plus spécialement formée sans qu'il y ait eu toutefois discontinuité entre la production de ces deux régions.

Chaque année il se forme une nouvelle couche de bois à Textérieur de celle de Tannée précédente. Elle est constituée exactement de la même manière que celle-ci. Il suit de là que Vsige d'une portion quelconque d'un arbre correspond au nombre des couches de la section; que Y âge de Tarbre lui-même est égal au nombre des couches que Ton compte sur sa souche, à la condition toutefois que l'exploitation soit faite rez-terre, à la hauteur du plant de première année.

Si cette condition n'est pas réalisée, ce qui est le cas le plus habituel, on ajoute au nombre trouvé autant d'unités qu'il a probablement fallu d'années au jeune plant pour atteindre la hauteur à laquelle s'est fait Tabatage. Ce nombre varie évidemment avec Tessence, indépendamment de la hauteur de la section; ainsi il faudra ajouter

un nombre d'années plus grand pour un sapin, dont la croissance est fort lente pendant les premières années, que pour un pin sylvestre, qui de bonne heure croît rapidement.

Le comptage des accroissements annuels est facile ou difficile, suivant que la diflférence entre le bois de printemps et le bois d'automne est prononcée ou qu'elle Test peu. Ainsi, les chênes pédoncule et rouvre, les ormes, les pins, les sapins ont un bois de printemps fort distinct du bois d'automne; par saite, la limite entre chaque couche annuelle est nettement tracée. Pour le motif inverse, elle est souvent difficile à voir chez les charmes, les érables, par exemple. Il peut même arriver que la difficulté du comptage des accroissements soit telle qu'il y ait incertitude sur l'âge exact de l'arbre.

Dans l'ensemble du bois d'un arbre on distingue ordinairement deux régions : Vaubier et le hoia parfait.

U aubier est le bois jeune que recouvre immédiatement l'écorce. Il est blanc, gorgé de sève, sujet à la pourriture et à la vermoulure quand il est mis en œuvre.

Le hois parfait est le bois plus âgé que recouvre l'aubier; il va jusqu'à la moelle. Il a le plus souvent une coloration propre, quoiqu'il puisse aussi rester blanc, chez le charme, par

exemple. Il résiste, aussi bien que le comporte Tespèce, aux causes de destruction.

Chez certaines essences, Taubier est de trèsmauvaise qualité et doit être rejeté; chez les autres, il est moins mauvais et il s'emploie concurremment avec le bois parfait dont il diflfere peu.

En général, les bois parfaits, les meilleurs au point de vue de la dureté et de la résistance à la décomposition, sont accompagnés du plus mauvais aubier (chênes et pins), tandis que ceux de qualité inférieure oflfrent un aubier passable (peupliers, sapin, épicéa).

Certaines essences ont beaucoup d'aubier (pins) ; d'autres passablement (chênes); il en est qui en présentent fort peu (châtaignier, mélèze). C'est pour cette raison que le châtaignier est fort recherché pour certains emplois qui n'exigent que des bois de très-faibles dimensions, pour faire des échalas, par exemple.

La quantité d'aubier est susceptible de varier dans d'assez larges limites pour des arbres de même essence, et au point de vue du nombre des couches qui le composent, et au point de vue de son épaisseur totale. Une des causes qui a l'influence la plus marquée est l'âge de Farbre. En général, plus un arbre est âgé, plus il présente de couches d'aubier. En effet, chaque année, à la production d'une nouvelle couche de bois ne

correspond pas la transformation en bois parfait de la couche d'aubier plus anciennement constituée, mais seulement d'une portion de celle-ci à peu près égale en épaisseur à la couche de bois formée. Or, comme à un certain âge les arbres forment chaque année des accroissements de plus en plus faibles, il en résulte que le passage d'une couche entière d'aubier à l'état de bois parfait exige plusieurs années, et que le nombre des couches d'aubier va toujours s'accroissant. Mais, en réalité, chaque année l'épaisseur du nouveau bois parfait est un peu supérieure à celle de l'aubier produit, et par suite l'épaisseur totale de l'aubier diminue. La vérification de ces faits est particulièrement facile chez les pins. Ainsi, sur un pin laricio, âgé de 76 ans, provenant de la forêt d'Aïtone (Corse), on a compté 66 couches d'aubier occupant 4/5 du rayon, tandis que sur un arbre de même essence, provenant de la forêt de Rospa (Corse), 237 couches d'aubier occupaient les 12/26 du rayon. Il est bon de remarquer que le pin laricio est de tous les pins indigènes celui dont l'aubier est de beaucoup le plus épais et à couches les plus nombreuses. Dès que le bois est parvenu à l'état parfait, il a acquis toutes ses qualités; l'âge n'y peut plus rien ajouter. Il est possible, par contre, qu'il se détériore, et naturellement c'est par les couches les plus âgées, les plus profondes, que

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cette altération commence. Elle se manifeste d'abord par des colorations pins foncées et arri- Tant paidlbis presque jnsqa au noir, à contours irréguliers, qu'on observ^e fréquemment chez plusieurs arbres : chez les poiriers, les alisiers, les chênes yeuses, par exemple. Dans ce cas, elle est encore très-faible et le bois conserve à peu près toutes ses qualités. Mais cette altération peut augmenter, arriver à la décomposition, le bois peut même finir par se détruire, le tronc se creuse, ce que l'on observe très-fréquemment chez les vieux arbres.

Qualité des bois. — La qualité des bois dépend de propriétés nombreuses, au premier rang desquelles il convient de placer la pesanteur spécifique ou densité qui en règle la dureté et la valeur comme combustible.

On les partage habituellement sous ce point de vue en bois feuillus (des vaisseaux et point de résine) et bois résineux (de la résine et point de vaisseaux). Les premiers se distinguent en bois durs ou lourds dont la densité est égale ou supérieure à 0,70, et et en bois mous, légers. On désigne dans le langage habituel ces derniers par le nom de bois blancs qui est assez impropre, certains bois lourds, le charme par exemple, étant parfaitement blancs, tandis que des bois légers

peuvent oflFrîr des colorations assez vives : plusieurs saules, l'aune commun, par exemple. Dans la première catégorie se rangent les chênes, les hêtres, les charmes, les frênes, les ormes, les érables, les cerisiers et tous les fruitiers; dans la seconde : les aunes, les bouleaux, les peupliers, les saules, les tilleuls.

La densité peut varier dans des limites trèsétendues; dans une série de recherches sur les bois de France et d'Algérie on Ta trouvée atteignant près de 1,200 pour un chêne yeuse d'Algérie et tombant au-dessous de 0,350 pour un épicéa du Jura.

Elle varie d'essence à essence, et pour une même essence d'arbre à arbre, suivant les conditions de végétation. En général, plus le feuillage est abondant, plus la situation est méridionale, plus la pesanteur des bois de même espèce est élevée.

On constate habituellement que, chez les résineux, la pesanteur est en raison inverse de l'épaisseur des accroissements. C'est pour cela que le bois des branches y est bien plus lourd et meilleur combustible que celui de la tige. C'est pour cette raison aussi que, pour les emplois qui n'exigent que de faibles dimensions, on préfère les sapins qui sont dominés à ceux qui ont végété à découvert.

Chez les bois feuillus à vaisseaux inégaux, où

par suite la différence entre le bois de printemps et le bois d'automne est très-prononcée, tels que les chênes, la pesanteur est d'autant plus élevée que les couches annuelles sont plus larges, et le bois des branches est dès lors moins lourd que celui de la tige. Mais pour que cette loi soit exacte, on ne doit comparer que le bois d'arbres soumis aux mêmes conditions de climat, autrement on arriverait à des conclusions erronées. Ainsi le chêne rouvre des bords de la Méditerranée à accroissements minces est habituellement plus lourd, et dans une assez forte proportion, que celui qui a végété sur les coteaux du nord de la France.

Pour les bois dont la couche annuelle est trèshomogène, où la distinction entre bois de printemps et bois d'automne est nulle ou à peu près, tels que les hêtres. Il est impossible d'établir aucune loi, l'influence du climat paraît êti'e prépondérante.

Bcorce. — L'écorce des arbres varie beaucoup avec l'âge et avec l'espèce, et les différences qu'on y observe permettent au praticien de les reconnaître très-aisément, même en hiver.

Les principales zones de l'écorce sont, du dedans au dehors : le liber^ Yenveloppe cellulaire veHe^ et Yenveloppe subéreuse.

Le liber des essences forestières est constitué essentiellement par des fibres allongées caractéristiques, et des vaisseaux ou tubes spéciaux. On y trouve aussi du tissu cellulaire. De Tabondance des fibres dans le liber, de leur longueur et de leur ténacité, il résulte que cette portion de Técorce fournit de précieuses matières textiles, soit chez les plantes herbacées, soit même chez les arbres.

L'enveloppe verte est une membrane formée de cellules renfermant de la matière verte.

L'enveloppe subéreuse est aussi un tissu cellulaire, mais dont les cellules cessent rapidement de vivre et sont alors remplies par des gaz. Leurs parois sont brunes et parfaitement imperméables.

Ces diverses régions 'peuvent s'accroître indépendamment les unes des autres, par leur face interne 5 mais habituellement la vie se porte de préférence sur l'une ou l'autre d'entre elles, qui prend souvent dans ce cas un grand développement.

Ainsi, le liber du tilleul s'accroît beaucoup et fournit une matière textile employée à des usages divers ; celui du chêne, gorgé de matières astringentes, sert à ia préparation des cuirs; broyé pour cet usage, il devient ce que l'on appelle le tan. C'est l'enveloppe subéreuse de quelques chênes méridionaux qui fournit le liège du com-

merce; cette enveloppe se régénère après avoir été enlevée, contrairement à ce qui s'observe pour le liber, dont la perte cause la mort des arbres qui Font subie.

Indépendamment de ces trois couches normales, on remarque chez beaucoup d'arbres, soit dans Tenveloppe verte, soit dans le liber, la production, en lames de formes et de dimensions variables, d'un tissu cellulaire de propriétés identiques à celles de la couche subéreuse. Par suite de son imperméabilité, toutes les portions de Técorce qui sont au-dessus de lui cessent de vivre, mais restent habituellement plus ou moins longtemps adhérentes à celles qui se trouvent audessous d'elles. Aussi ce tissu est un des agents les plus importants de la diversification des écorces.

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