FLEURS
tance divergent en éventail à partir du sommet du pétiole. Celles-ci donnent naissance à des nervures moins fortes. Elle est plus rare que la précédente chez les végétaux forestiers. On Tobserve chez les érables.
La feuille est souvent représentée par une sorte de lanière grêle et linéaire, formée d'une nervure et de parenchyme. Telle est celle des pins et des sapins. Dans ce cas, elle prend le nom S! aiguille.
Dorée. — La durée de la feuille varie.
Il se peut que les feuilles tombent avant d'être remplacées, et que Tarbre en reste dépouillé pendant un temps plus ou moins prolongé, généralement de Tarrière-saison au premier printemps. Elles sont dites caduques. C'est le cas le plus habituel pour les ajrbres indigènes.
Mais il arrive aussi que les feuilles persistent et restent vertes assez longtemps pour que Tarbre n'en soit jamais dépourvu. Dans ce cas, on les appelle 2?em«<awf 68, bien qu*en réalité elles finissent par tomber au bout d'une ou de quelques années.
Les arbres à feuilles persistantes sont souvent
désignés sous le nom à! arbres verts^ dénomination
que l'on considère souvent comme synonyme de
celle de conifères, à tort; car, même en France,
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on trouve des arbres à feuilles persistantes en dehors de cette famille, les chênes yeuse, liège, occidental, par exemple, et un conifère, le mélèze, a les feuilles caduques.
La durée des feuilles persistantes est extrêmement variable, elle peut varier pour les espèces indigènes en France, de deux à douze ans. Cette durée est réglée par Tessence, Tâge et le tempérament de Tarbre. L'âge a pour résultat de rendre la persistance moins considérable.
Cette durée a une grande importance au point de vue du couvert. C'est en partie à ses feuilles, pouvant persister jusqu'à dix et douze ans, que le sapin doit son épais couvert ; le pin sylvestre, dont le couvert est léger, l'a cependant un peu plus fort pendant la jeunesse ; les feuilles persistent Jroisetquatre^ ans, tandis que plus tard elles restent deux et trois ans au plu§ sur les rameaux.
On peut constater que des feuilles sont persistantes à la consistance toujours plus coriace de leurs tissus; ainsi les feuilles des pins, des sapins, des épicéas, qui peuvent même devenir piquantes, tandis que celles du mélèze restent herbacées. On peut arriver même à connaître la durée de la persistance pour un arbre, en déterminant l'âge du rameau qui porte encore des feuilles vertes, la feuille étant toujours de l'âge de la pousse qui la porte.
Il peut se faire que les feuilles, tout en se desséchant, restent adhérentes à Tarbre pendant Thiver, comme cela s'observe si fréquemment chez les chênes rouvre et pédoncule; dans ce cas, elles sont dites marcescentes.
Forme. — La forme des feuilles est très- variable et sert à caractériser les espèces. Indépendamment de la forme générale, on a aussi égard, dai>s la description de la feuille, à celle de ses bords, qui peuvent ne présenter aucune échancrure :
dans ce cas, elle est dite entière; ou bien être découpés de diverses manières, d'où la feuille est dite dentée^ lobée^ etc.
On les distingue en feuilles simples et feuilles composées.
Les premières sont celles qui n'ofirent qu'un limbe unique, tandis que chez les secondes, deux ou plusieurs limbes bien distincts s'attachent sur un pétiole commun. Ces limbes partiels portent le nom àe folioles^ et ils présentent, dans leur distribution sur le pétiole commun, les mêmes dispositions que les nervures d'une feuille simple, c'est-à-dire que les feuilles composées peuvent être pennées ou palmées.
Les feuilles de la plupart des végétaux forestiers sont simples; parmi les arbres indigènes, elles ne sont composées que chez les frênes, les
robiniers et les sorbiers. Elles sont pennées dans ces trois genres.
Indépendamment des différences de formes qui caractérisent les feuilles des végétaux d'espèces différentes, on en observe souvent de considérables qui portent également sur la consistance, la couleur, etc., chez la même espèce, suivant la région du végétal que Ton considère. Les plus fréquentes et les plus considérables parmi ces variations portent sur les premières feuilles que développe le végétal après la germination, et sur celles qui précèdent immédiatement la fleur.
Les deux premières feuilles dont est pourvu le végétal, ne sont bien souvent que les cotylédons dont nous parlerons plus loin, développés et renfermant de la matière verte ; ils prennent alors le nom de feuilles séminales.
Les feuilles qui suivent celles-ci ou même les premières, lorsque les cotylédons restent souterrains, sont habituellement moins développées que les feuilles normales, plus simples dans leurs contours. Il peut arriver même qu'elles soient, comme cela se voit chez le frêne, simples, alors que la feuille adulte est composée ; à mesure que de nouvelles feuilles se développent, elles se rapprochent de la forme type, à laquelle elles arrivent plus ou moins vite.
Les feuilles qui précédent la fleur, et parfois
en nombre assez considérable, offrent souvent des modifications plus importantes encore ; elles sont moins développées en surface que la feuille normale, de consistance différente, habituellement plus molle, de coloration verte moins franche; souvent celle-ci disparaît plus ou moins complètement. Ces feuilles, ainsi modifiées, portent le nom de bractées.
Insertion. — L'insertion, c'est-à-dire le mode suivant lequel les feuilles sont distribuées sur les pousses, est un excellent caractère distinctif des espèces, d'une facile appréciation en toutes saisons; les bourgeons sont en effet placés sur les pousses, celles-ci sur les rameaux d'après les mêmes lois.
Il y a deux types principaux d'insertions : le type alteime et le type opposé. Dans le premier, les feuilles sont disposées sur la pousse à des hauteurs différentes, suivant une spire assujettie à des lois déterminées. Dans la plus simple de ces spires, les feuilles forment une rangée de chaque côté de la pousse ; l'insertion, dans ce cas, est dite distique. L'orme champêtre la présente d'une façon très-caractéristique.
Dans le second, les feuilles se trouvent deux par deux à la même hauteur aux extrémités d'un même diamètre, les deux feuilles immédiatement
supérieures ne se trouvant pas au-dessus des deux premières que Ton considère, mais dans leur intervalle, et ainsi de suite.
Les feuilles opposées sont beaucoup plus rares que les feuilles alternes. Elles distinguent les érables et les frênes.
* Rôle. — Le rôle des feuilles est extrêmement important. Elles sont le siège de l'élaboration de la sève nutritive.
Par Tévaporation incessante qui se produit à leur surface, elles sollicitent l'absorption de Teau du sol, et, avec elle, celle des matières solubles qui s'y rencontrent; par leur matière verte et sous l'influence de la lumière, elles absorbent directement dans l'air du carbone, sous forme d'acide carbonique.
C'est de la combinaison, dans leurs tissus, des matériaux puisés dans le sol et dans l'athmosphère, que résulte la sève nutritive des végétaux.
Cette sève est naturellement d'autant plus abondante, que les feuilles sont plus développées et d'un vert plus intense. Aussi dit-on souvent avec raison que l'accroissement du bois d'un arbre est proportionnel à son développement foliacé.