BENZINE
Synonymes : benzène, benzol.
C«H« = 78. Cet équiv. représente ft vol.
Densité de vapeur rapportée à Tair, 2,70.
Double densité rapportée à Thydrogène, ou poids de la molécule, 78.
Formule moléculaire ^* H".
SoUdifiable vers 0», bout à 82».
241. La benzine s'obtient^ en même temps que Tacétylène et l'éthylène, dans la décomposition des substances organiques par la chaleur, et on observe surtout sa production lorsque latemp^ature est très-haute et très-longtemps soutenue. ' ieformène et Téthylène prennent naissance à une température peu élevée ; l'acétylène, qui est plus carburé, se produit à une température plus haute ; la benzine et surtout la naphtaline , plus carbonées encore, se forment à un degré de chaleur extrêmement âevé. En un mot, la chaleur chasse Thydrogène et condense te carbone.
Jf. Berthelot a préparé la benzine synthétiquement en faisant passer du formène tribromé C*HBr' en vapeur sur du cuivre chauffé au rouge :
eCC^HBr») + 36Cu = C^^H» + 18 (Cu^Br).
On peut considérer la benzine comme de l'acétylène condense ?« H« = (C* H«)«.
Dans l'origine, on préparait la benzine, par un procédé anaogueii celui qui fournit Ieformène, en distillant l'acide benolque avec la chaux :
CMhSo^HO + 2 CaO = 2(CaO,C02) + C'^H».
Anjourd'hui, on la retire, en quantités immenses, des huiles le goudron de houille qui se forment dans la fabrication du ;az de Féclairage.
434 NITROBENZINË.
Elle est produite par la haute température à laquelle on distille la houille ; mais cette chaleur donne naissance en même temps à beaucoup d'autres produits. Ce sont d'abord des homologues de la benzine,
le toluène C**H*,
lexylène C»»H*«,
le cumène C**H'*,
lecymène C^^^H**;
d* autres carbures, la naphtaline, C*® H*, Tanthracène ; divers produits sulfurés et notamment le sulfure de carbone ; plusieurs composés oxygénés, le phénol C"H' 0*, le crésylol C** H'O'; des corps azotés, basiques, l'aniline C" H''Az, et ses homologues, la toluidine C** H* Az, et la xylidine C" H" Az.
La benzine se retire, par des distillations fractionnées, des huiles qui sont les plus volatiles (huiles légères). On a eu l'idée de chauffer au rouge les huiles restant {lourdes), et on produit aujourd'hui par ce moyen de fortes proportions de benzine.
La benzine est un liquide incolore, neutre. Sa densité est 0,89. Elle est à peu près insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et dans l'éther.
Elle dissout le soufre, le phosphore blanc, l'iode, les résines, les corps gras ; cette dernière propriété la fait employer pour détacher. Il faut avoir soin de frotter avec une étoffe poreuse, comme la laine, afin d'enlever la benzine, sans quoi la tache reparaîtrait après l'évaporation du dissolvant»
C'est un corps extrêmement stable. Il brûle avec une flamme fuligineuse.
Si l'on met le feu à un mélange de benzine et de chlore, on obtient du gaz chlorhydrique et un dépôt de charbon.
Le chlore, le brome et l'iode donnent, par adjonction ou par substitution, une foule de dérivés cristallisés, très-intéressants.
L'acide azotique attaque la benzine et fournit des produits de substitution dans lesquels le groupement (AzO*) remplace l'hydrogène, équivalent à équivalent.
Nitrobenzine G^H'^AzO^ — Ce corps s'obtient en traitant la benzine par l'acide nitrique fumant; si la benzine est pwre, la liqueur s'échauffe sansnoircir. Lcsélémentsde l'eau seséparent:
C'2h6 + AzO^HO =r C*2h5(AzO*) + H»02.
On étend d'eau; la nitrobenzine se précipite sous formf d'une huile pesante, exhalant l'odeur d'amandes amèresielle sertj sous le nom d'essence de mirbane, pour remplacer l'essence