MORPHINE
GS«HMAkO^,2HObsS(»8.
283. On épuise 10 kilogr. d'opium par plusieurs macérations à Tean^ et on évapore les liqueurs à consistance extractive. On reprend la masse par l'eau^ on filtre ^ on évapore à consistance sirupeuse, et on verse dansja liqueur tiède 1200 gr. de chlorure de ciidum anhydre dissous dans deux fois leur poids d'eau. II se forme un précipité complexe/ renfermant des résines, des matière colorantes 9 du sulfate et du méconate de chaux^ que Ton jette sur un filtre.
La liqueur filtrée est évaporée au bain-marie. Fondant la concentration on sépare par le filtre une nouvelle dose de méconate de chaux, et on évapore à consistance de sirop. On acidulé la liqueur par une petite quantité d'acide chlorhydrique, et <m abandonne la liqueur dans un endroit frais. Au bout de <Iiielques jours elle est remplie de cristaux bruns de chlorhydrate double de morphine et de codéine souillés par un liquide noirâtre; on les égoutte, on les exprime, et on les fait redissoudre dans une quantité d'eau bouillante aussi petite que possible. Le chlorhydrate se sépare par le refroidissement en cristaux qu'on redissout de nouveau dans l'eau chaude contenant du noir animal lavé. Après une digestion vers 90^ à 85<» on filtre, et On concentre la liqueur, qui dépose le chlorhydrate double tout à fait blanc.
Ce sel est redissous dans l'eau bouillante et la liqueur chaude est traitée par l'ammoniaque : la codéine (reste en dissolution, tandis que la morphine est précipitée. Ce dépôt est jeté sur un Qitre, lavé à l'eau froide, desséché et dissous dans l'alcool bouillant : la morphine se sépare en cristaux par le refroidissement. Elle contient souvent un peu de narcotine dont on la débarrasse par un ou deux lavages à l'éther ou au chloroforme, qui la dissolvent et ne touchent pas à la morphine.
La morphine pure forme des prismes droits à base rhombe , incolores, solubles dans 500 p. d'eau bouillante, à çcitie %oV\ble dans l'eau froide. Il faut 40 à 45 p. d'a\coo\ a^^ \to\^ V^xvc
510 MORPHU«iE.
en dissoudre 1 p. ; elle est insoluble dans Téther. La morphine en dissolution est trè»-amère.
La morphine est à peine soluble dans l'ammoniaque , tandis qu'elle est dissoute en grande quantité par les lessives alcalines et même par Teau de chaux.
Sous l'influence de la chaleur elle fond dans l'eau de cristallisation ; celle-ci s'échappe^ et l'alcaloïde se prend en cristaux.
La morphine est un agent réducteur énergique; ainsi elle sépare l'or et l'argent de leurs sels. Elle réduit l'iode des solutions d'acide iodique. Si l'on met dans un tube une solution d'amidon^ puis qu'on y ajoute une solution d'acida iodique et des traces de morphine , la coloration bleue de l'iodure d'amidon apparaît.
Si l'on fait tomber de la morphine dans quelques gouttes d'une solution concentrée et peu acide d'un sel de peroxyde de fer^ il se produit une belle coloration bleue qui passe au vert au bout d'un certain temps.
La morphine mouillée avec de l'acide azotique prend une coloration rouge orangée qui devient rapidement jaune (296).
Ces quatre réactions sont caractéristiques pour la morphine.
Lorsqu'on mélange de l'iode et de la morphine à parties égales, et qu'on fait bouillir ce mélange avec de l'eau, il se forme une liqueur brune qui laisse déposer une poudre rougeâtre nommée Viodomorphine,
La morphine réagit sur les alcalis fondus, et parmi les produits obtenus on trouve de la méthylamine;
Elle est attaquée par l'iodure d'éthyle à ICHV'. Un seul équivalent d'éthyle pénétrant dans la molécule, on doit ranger b morphine parmi les bases tertiaires.
La morphine en dissolution verdit le sirop de violettes. Elle forme des sels cristallisables qui sont précipités par les âlcaHs; le précipité floconneux d'abord , puis cristallin, est de la 1D0^ phine.
Chlorhydrate de morphine, C^ H^* Az 0* H Cl + 6 HO. — Pour le préparer on délaye dans un peu d'eau chaude 100 p. de morphine réduite en poudre, puis on y ajoute de l'acide chlo^ hydrique étendu de son volume d'eau en quantité suffisante pour dissoudre l'alcaloïde. On évapore ensuite la solution lO bain-marie jusqu'à cristallisation.
Ce sel se présente en aiguilles soyeuses, solubles dans SO P* d'eau froide, très-solubles dans l'alcool. C'est le sel de morpbi*^ le plus usité, il conlienl 1^ v*^\« KW^Afe morphine.
CODÉINE, . 511
9 sulfà,te de morphine, C»* H*» Az 0«, HO SOS se précomme le sel précédent. Il en aTaspect etJ^s propriétés. 1 a renoncé presque généralement à remploi de Tacétate de 3hine, parce que la simple évaporation de sa dissolution le mpose. Il faut ^ lorsqu'on veut le dissoudre, ajouter de de acétique.
morphine et ses sels sont employés, à très-petites doses, me calmants; ce sont à dose plus fprte des poisons encres.
CODÉINE, C36IP'Azp«2UO = 517.
L Cette base existe en dissolution dansFammoniaque lorsque,
la préparation de la morphine , on a versé cet alcali dans lorhydrate. On évapore cette solution, qui dépose quelqueme petite quantité de morphine, puis, quand l'excès d'ammole a été chassé, on précipite la codéine par la potasse. La ine se précipite d'abord sous forme.d'une masse visqueuse, levient peu après pulvérulente. On la lave, on la dissout l'acide chlorhydrique , on fait bouillir la liqueur avec du lavé, et on précipite la codéine par la potasse. On lave de eau cette base avec un peu d'eau , puis on la dissout dans îr bouillant, enfin on ajoute un peu d'eau à ce liquide : la ine cristallise par l'évaporation spontanée du liquide.
codéine se sépare en cristaux volumineux du système ibique , ces cristaux contiennent deux équivalents d'eau, ►nt très-solubles dans l'alcool et dansTéther; ils sedissol-
dans 80 p. d'eau froide et dans 20 p. d'e^^u bouillante.
codéine se sépare de ses solutions dans l'étftêr anhydre en îdfes du système rhombique.
L codéine est très-soluble dans l'ammoniaque, et à peu
insoluble dans la potasse. Elle donne avec le chlore, le ne, et l'acide nitrique des produits de substitution. Elle nit avec l'iode des cristaux rouge-rubis, dont la formule est »H«AzOM«).
est une base énergique qui bleuit le tournesol et qui forme sels bien cristallisés aussi. Le chlorhydrate a pour formule FA20«HC1 + 4H0.
i codéine est employée comme calmant.
Be te dislingue facilement de la morphine, car : * La codéine est aoloble dans Téther et dans V amiivoTv\^i(\vy^,
512 alcaloïdes DE L'OPILH.
2' Elle est insoluble dans les solutions de potasse^
S^* Elle ne réduit pas l'acide iodique et les persels de fer,
4^ Elle ne se colore pas avec l'acide nitrique.
NAROOTINE, C««H»AzO»< = M5.
285. La narcotine est cristallisée en prismes du système rhon bique. Elle est à peu près insoluble dans l'eau froide^ un peu s( lubie dans l'alcool^ assez soluble dans l'éther. Elle fond à i70<> et $ décompose au-dessus de 200®. L'acide nitrique étendu la tram forme en divers produits d'oxydation ^ dont les plus importan sont la méconine^ la cotamine^ et l'acide opianique.
La narcotine s'unit aux acides^ mais les solutions se détrt sent par l'évaporation.
La narcotine se distingue de la morphine en ce qu'elle ne r duit pas l'acide iodique et les persels de fer ; de la codéine en qu elle donne avec l'acide nitrique une coloration rouge sang. En outre ce corps n'est soluble ni dans la potasse ni da l'ammoniaque.
Il n'est pas toxique.
THÉBAINE, . G»H"Az(y».
280. Cet alcaloïde, nommé quelquefois paramorpWne, est plus toxique des bases de l'opium.
Il est cristallisable, insoluble dans l'eau, soluble dans Talc et dans l'éther. L'acide azotique fumant l'attaque à froid donne un liquide jaune, qui brunit au contact des alcalis et dégage une vapeur alcaline. L'acide sulfurique monohydi lui donne une teinte rouge.
PAPAVÉRINE, C«»IP«AzO«.
287. Ce corps est cristallisable, insoluble dans l'eau, af^sez lubie dans l'alcool et dans l'éther bouillants. II forme des cristallisés.
Il se colore en bleu foncé sous l'influence de l'acide sulfori concentré.