MANNITE
M. Linnemann Ta préparée aussi en faisant agir Tamalgaine de sodium en présence de l'eau sur la lévulose,
La mannite cristallise en prismes du système rhombique, sa saveur est douce. Elle est très-soluble dansTeau, très-peu soluble dans l'alcool et elle ne se dissout pas dans l'éther. Les solutions sont optiquement inactives.
La mannite fond vers 165®. Vers 200® elle fournit une cerUdoe quantité d'une matière nommée la rrMmdtaine, Elle s'oxyde ei présence du noir de platine, et elle donne alors un acide incris^ tallisable nommé l'acide marniitique. L'acide azotique bouillant la change en acide saccharique et en acide oxalique.
La mannite forme des combinaisons diverses avec la cham et d'autres oxydes. Elle s'unit aussi avec des sels, car si Ton verse un alcali dans du sulfate de cuivre mélangé de mannite, U liqueur bleuit et l'oxyde de cuivre n'est pas précipité.
La mannite ne fermente pas dans les conditions ordinaires. Elle fournit de la glucose à la longue dans certaines circonstances, et par suite elle est susceptible d'éprouver la fermentation alcoolique.
La mannite triturée avec un peu d'acide azotique se change en un corps insoluble dans l'eau, appelé la nii^rcmaamite.
(AzO*)6 !" '
que l'on peut considérer comme un éther de la mannite. Avec les acides organiques on obtient des éthers qui ne sont pas, à proprement parler, des éthers de la mannite. Cette substance perd deux équivalents d'eau pour donner la mannitane, et c'est la mannitane qui réagit sur les acides,
Mannitane ^^^^^'^'^(o*®.
Elle se comporte comme un alcool pentatomique :
Mannitane dibutyrique h^ (C» H^ O^^)^ j ^**'
Mannitane tétrabatyrique. . . y^^ , ^^.^ 1 O*®.
La mannitane se retire de ces éthers par la saponification as moyen d'une solution bouillante de baryte.
GLUCOSES. 571
GLUCOSES.
326. Ces composés peuvent être considérés comme des hy- Intes de carbone.
La glucose ordinaire est une matière cristallisée qui se trouve Lans le miel^ dans les figues et dans les fruits sucrés^ mêlée à me autre glucose incristallisable. On Ta trouvée dans le foie^ lans la plupart des liquides de l'économie; elle constitue le îrincipe sucré de Turine des diabétiques.
On l'obtient par le dédoublement de la salicine^ du tannin et le diverses substances qu'on a nommées pour cette raison des
La cellulose des végétaux ^ l'enveloppe des animaux inférieurs [ehUme et tumdne) , le principe glycogène du foie en fournis- Bent par l'action de l'eau acidulée.
On la fabrique exclusivement par l'action de l'amidon ou de It fécule sur l'acide sulfurique étendu. On introduit dans des caves en bois de l'eau ordinaire contenant 4 à 8 pour 100 d'acide sulfurique^ et on porte ce liquide àl'ébuUition au moyen 4'tm courant de vapeur d'eau surchauffée qui arrive dans le fond du vase par de petites ouvertures percées dans un tube en plomb. Avant que cette eau arrive à l'ébuUition on y verse deTamidon ou de la fécule délayée dans l'eau, et l'on continue i'ébuUition tant qu'une petite quantité de ce liquide refroidi se .^ore en bleu ou en violet au contact de la solution d'iode.
L'acide sulfurique ne subit aucune altération pendant cette ^sformation. On le sature alors par la craie, on laisse éclaircir ^ liquide, on le décolore par un passage sur des filtres de noir ^mal, et on l'évàpore jusqu'à 41® B. : la glucose cristallise en ûasses compactes. Souvent on se contente de l'évaporer à 30», t on a un sirop connu sous le nom de sirop de fécule.
Le miel, traité par l'alcool concentré froid qui dissout le sucre (Icristallisable, fournit aussi de la glucose.
Les cristaux de glucose sont petits, opaques, mal définis. Ils ont représentés par la formule
nais on peut les obtenir avec la formule C"H"0" par leur précipitation dans l'alcool concentré bouillant. Cette eau s'éhappe aussi lorsqu'on chaufTe la glucose vers lOO**.
572 GLUCOSE ORDINAIRE.
Elle est soluble à froid dans un poids d'eau un peu plus fort que le sien. L'alcool faible la dissout assez bien; elle est trèspeu soluble dans Talcooi concentré froid^ elle se dissout assez bien dans Talcool bouillant. Sa solution dévie à droite le plan de polarisation de la lumière ; ce pouvoir rotatoire diminue lentement à froid^ et rapidement à la température d'ébullition.
La glucose chauffée vers 170° se comporte comme la mannite^ car M. Gélis a reconnu qu'elle perd deux équivalents d'eau; le corps formé C"H*^0*°, appelé la gluœsane, reproduit la glucose par ébuUition avec l'eau acide. La glucose chauffée plus fortement fournit des substances brunes. L'acide nitrique étendu bouilli avec de la glucose fournit de l'adde saccharique et de l'acide oxalique. L'acide nitrique fumant produit un corps très-explosible. L'acide chlorhydrique la brunit. L'acide sulfurique étendu donne un acide double [sulfih glucique). L'acide sulfurique concentré la charbonne.
La glucose chauffée à 100° avec de l'acide butyrique et d'autres acides perd de l'eau ^ et la glucosane formée réagit sur l'acide pour donner un éther,
Saccharide ou glucosane dibutyrique. .. . ^^g „, À2\2tm ! ^***
Ce corps et les autres saccharides se dédoublent, sous l'influence de 1 ebullition avec de l'eau acide, en acide et en glucose.
La glucose s'unit au sel marin et donne trois composés cristallisés.
La glucose forme des combinaisons peu stables avçc les bases alcalino terreuses et métalliques :
C*2H*»Ca20«2, C*2H«*BaO«2,etc.
M. Peligot a montré que les solutions de ces glucosates se changent peu à peu en sels d'un acide spécial , l'acide ghuiipie, dont la formule serait C**H** 0*®*.
L'altération de la glucose est beaucoup plus rapide si on chauffe ces solutions et surtout si l'on remplace ces bases par les alcalis. Lorsqu'on chauffe une solution de glucose avec une solution concentrée de potasse, la liqueur passe au jaune pois elle brunit fortement; suivant M. Peligot il se formerait de l'acide glucique et de l'acide mélassique. On tire parti de cette réaction pour reconnaître la glucose.
GLUCOSE. LÉVULOSE. 573
On utilise surtout à cet effet son pouvoir réducteur sur les sels de cuivre.
L'acétate de cuivre dissous est réduit à Tétat de sous-oxyde jaune ou rouge par TébuUition avec ce sucre.
Cette action 9 fort lente avec les sels de cuivre à acides minéraux^ devient rapide et complète en présence des alcalis. Lorsqu'on ajoute de la glucose à une solution de sulfate de cuivre, ce sel n'est plus précipité par la potasse. Si Ton chauffe cette liqueur elle dépose du sous-oxyde de cuivre [Trimimer),
La réaction est plus sensible avec les sels de cuivre à acides organiques, et l'on se sert, soit d'un mélange de sulfate de cuivre, de sel de Seignette et de soude (M, Fehling), soit d'une solution de tartrate de cuivre dans la potasse ( M. Barrestdi). La réduction commence à froid.
On peut encore reconnaître la glucose en versant dans le liquide sucré de l'azotate de bismuth puis un excès de potasse ; à l'on chauffe on obtient un précipité noir de bismuth. La glucose réduit aussi les sels de mercure, d'argent et d'or.
Nous verrons à l'article où nous traiterons de l'analyse des urines diabétiques comment on opère le dosage de la glucose.
327. Liévulosoy G" H" 0**. — On donne ce nom à une variété de glucose incristallisable qui existe dans plusieurs fruits. On l'obtient par l'ébuUition de l'inuline avec l'eau, ou mieux on la retire du sucre de canne, par l'action des acides étendus.
Lorsqu'on traite une solution de sucre ordinaire par de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique et qu'on porte le mélange à l'ébullition on constate que la liqueur, dé dextrogyre qu'elle était, est devenue lévogyre : on dit que le sucre est interverti. L'explication de cet interverti ssement est simple : cette solution lévogyre n'est pas un produit simple, c'est un mélange à poids égaux de glucose dextrogyre et de glucose lévogyre ( /évuiose)y dont le pouvoir rotatoire est plus considérable que celui de la glucose dextrogyre (M. Buignet),
Pour démontrer ce fait, et pour extraire la lévulose du sucre Mterverti, on mélange la dissolution avec un excès de chaux iteinte : il se forme du lévulosate de chaux insoluble et du glu- «sate soluble. On sépare ce dernier par le filtre et on lave le ^vulosate, puis on le décompose par l'acide oxalique. On séare l'oxalate de chaux insoluble et on obtient une solution de ivulose. Ce corps est amorphe et fermentescible. Lorsqu'on le liauffe vers i 80° il perd H* 0*, et se change en une substance morphe, nommée lévulosane.
574 INOSITE.
328. Galactose^G^'H^' 0".— Ce corps se produit lorsqu'on fah bouillir pendant deux à trois heures du sucre de lait avec de Teae acidulée par Tacide sulfurique. La galactose est soluble dans l'eau^ insoluble dans l'alcool; l'acide nitrique la transforme en acide mucique.
INOSITE.