‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutique (volume 2)Chapitre 407 sur 508 · SAUVE · texte numérisé non relu

SAUVE

La salive exposée à Tair se recouvre d'une pellicule de carbonate de chaux^ et Ton trouve quelquefois des concrétions de ce sel dans les conduits excréteurs des glandes salivaires.

Un homme adulte secrète environ 1,200 à 1,500 grammes de salive par 24 heures. On excite cette sécrétion en déprimant la màchjoire inférieure et en chatouillant la membrane do palais.

La salive possède des fonctions mécaniques évidentes dans la digestion : elle facilite la mastication en imprégnant les aliments, elle lubréfie le bol alimentaire et rend la déglutition possible; enfin, en raison de sa consistance visqueuse et mousseuse, elle emprisonne de Tair qui est entraîné dans le canal œsophagien avec la substance alimentaire.

La déglutition est favorisée beaucoup plus par du mucus ({ue par la salive proprement dite; ce mucus est sécrété par des glandes situées à la base de la langue, dans le voile du palais, aux amygdales et surtout dans le pharynx.

Il n'est pas encore démontré que la salive a pour fonction chimique de saccharifier Tamidon, parce que le bol alimentaire ne reste qu'un instant très-court en contact avec la salive, et que la dose de salive sécrétée est indépendante de la fécule qui entre dans les aliments. La proportion de salive s'accroît lorsque l'aliment est sec ou dur, elle diminue quand l'aliment est mou, même lorsqu'il est formé de bouillie de fécule; en un mot, elle semble varier en sens inverse de l'humidité de la nourriture.

En outre, l'on remarque que les glandes salivaires existent à l'état rudimentaire dans les animaux qui ne mâchent pas leur nourriture. En conséquence, le rôle de cette sécrétion est su^ tout mécanique.

Cependant M. Mialhe indique l'expérience suivante : mâchez du pain azyme pendant quelque temps et passez le produit sur un papier Berzélius. Broyez avec de l'eau du même pain, et filtrez le liquide. Le premier ne se colore pas par l'iode, il brunit quand on le chauffe avec de la potasse. Le second bleuit en présence de l'iode.

M. Mialhe annonce avoir extrait de la salive une substance amorphe insoluble dans l'alcool, qui y entre pour i à 2 millièmes , et qui, mise avec la fécule, la saccharifie. Suivant cet auteur, ce corps aurait les propriétés de la diastase, et il saccharifierait 2000 p. de fécule : il a nommé ce principe, dont l'existence est encore controversée, la diastase salioaire. Ce corps aurait les propriétés de\a àiasUs^ \é.^étale. Il paraît démontré

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|ue ce ne sont pas les glandes salivaires qui fournissent ce }rincipe^ mais qu'il provient des muqueuses de la bouche.

Pourtant il est vraisemblable que la salive agit aussi pour iaccharifier Tamidon^ car il a été constaté directement sur le me gastrique par MM. Mialhe , Longet^ Schiff que si le suc gastrique pur n*a pas la propriété de saccharifier Tamidon^ cette iaccharification par la salive n'est pas arrêtée par Tacidité du me gastrique^ et par conséquent la salive qui est entraînée Aans Testomac peut continuer à saccharifier les aliments féculents dans cet organe.

La salive émulsionne les matières grasses. Elle parait sans action sur le sucre, la gomme , la cellulose et les matières albuminoïdes.

Dans le diabète on ne trouve pas de sucre dans la salive , à moins qu'il ne s'y mêle du mucus nasal ou bronchique. Dans les maladies inflammatoires des voies supérieures la salive devient acide et on ordonne des boissons alcalines diluées. On y trouve de l'urée dans la maladie de Bright. Le mercure y est manifeste dans les cas de salivation mercurielle. Après remploi des préparations iodées, on y rencontre de l'iodore de potassium.

suc GASTWQDE.

3o2. Le suc gastrique est sécrété dans la muqueuse de l'estomac par un nombre immense de glandes. Celles-ci se montrent sous le microscope comme des tubes sensiblement cylindriques, communiquant avec des tubes secondaires remplis de cellules arrondies. La membrane de l'estomac sécrète aussi un mucus par des glandes cylindriques qui se distinguent des précédentes en ce que les tubes secondaires ne présentent pas de cellules arrondies, mais qu'ils contiennent des granulations très-fines.

Ces glandes se terminent dans le tissu celluleux au milieu des derniers rameaux des artères stomacales et des premières veinules de l'estomac. Dans la muqueuse naissent une foule de vaisseaux lymphatiques.

Dès que les aliments pénètrent dans l'estomac, la muqueuse se gonfle et prend une teinte sanguine , puis le suc est sécrété. On peut en déterminer la production en irritant cette membrane ou en la frottant avec des corps rugueux. La glace et l'eau froide) le vin, les amers, le café, le sous-nitrate de bismuth, le bicarbonate de soude et en général les corps a\ca\\xv^ V\^ ^^v^^i^

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est de ce nombre) activent cette sécrétion. On se procure facilement le suc gastrique, ou plutôt le liquide mixte formé.par ce suc, le mucus stomacal et la salive, en pratiquant une fistule à Testomac d'un animal et en ouvrant la fistule dix minutes après. Ce liquide peut être obtenu débarrassé de salive en faisant une ligature à l'œsophage; le chien et le mouton supportent bien ce genre d'opération.

Le suc gastrique peut être séparé du mucus par la filtration.

Il forme alors un liquide à peine coloré, d'une odeur légère, d'une acidité franche , un peu plus dense que Teau. Il se conserve sans altération pendant un temps très-long, il perd sa faculté digestive par l'ébullition, il n'est pas altéré par la congélation.

Son analyse a fourni à M. Schmidt :

Matière organique 17,12

Acide chlorhydrique libre 3,05

Chlorure de potassium 1,12

» sodium 2,50

» calcium 0,62

» ammonium 0,47

Phosphate de chaux 1 ,73

» magnésie 0,23

» fer 0,08

Eau 973,08

Cette analyse est la moyenne d'un grand nombre ; il est bien évident d'ailleurs que la composition de ce liquide, comme celle des autres liquides de l'organisme , doit varier non-seulement dans les quantités, mais même quelquefois dans la nature des éléments.

Toutes les analyses du suc gastrique montrent que c'est un corps acide. La nature de cet acide a fait l'objet de longues discussions entre divers expérimentateurs et surtout entre lOf . Blondlot et Schmidt. Suivant le premier, l'acidité serait due au phosphate acide de chaux; d'après le second, elle proviendrait de l'acide chlorhydrique.

On trouve, il est vrai, du phosphate de chaux dans le suc gastrique; mais d'après MM. Lehmann et Schiff ce sel proviendrait de l'action du suc gastrique sur la matière des os, et ce sel n'existerait pas dans le suc gastrique d'animaux souaûs à une nourriture privée de cette matière. En conséquence ce sel acide n'est pas un produ\li\OTmalet constant du suc gastrique.

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