‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutique (volume 2)Chapitre 447 sur 508 · C68 CHALEUR ANIMALE · texte numérisé non relu

C68 CHALEUR ANIMALE

Il se forme, outre l'acide carbonique et Teau, différentes substances très-oxydées, l'urée, l'acide urique qui sont excrétées par l'urine, comme l'acide carbonique et l'eau sont excrétés par le poumon, et divers composés acides qui sont excrétés parla sueur.

Que devient cette chaleur? Elle remplit deux offices, comme la chaleur d'une machine ordinaire. Une partie de cette chaleur échauffe la machine animale, l'autre se change en mouvement musculaire qui produit, soit un travail extérieur (marche, travail des bras, de la tête, etc.), soit un travail intérieur (digestion, assimilation, etc.). De sorte que la chaleur observée est égale àla différence entre la chaleur produite et la chaleur qui s'est transformée en travail. Or, comme] on connaît l'équivalent mécanique de la chaleur, c'est-à-dire la quantité de travail que peut accomplir une dose de chaleur, la chaleur produite est mesurable.

Si le muscle se contracte sans produire d'effet mécanique, la chaleur développée sera plus forte , puisqu'il n'y a que la chaleur, non utilisée sous forme de travail, qui ne disparaisse pas. Mais alors même que le pouvoir musculaire produit un effet mécanique extérieur, il y a production de chaleur à l'intérieur du corps. L'expérience a montré qu'un muscle travaillant, se contractant, consomme plus d'oxygène que s'il est en repos: ainsi 100 volumes de sang, sortant d'un muscle en travail, au lieu de donner 6 volumes d'oxygène, n'en ont fourni que 2 volumes.

Tout le monde est d'accord pour admettre que le pouvoir musculaire est dû à la réaction de l'oxygène sur les aliments, mais il y a scission sur la manière dont la force musculaire est produite par cette réaction. Les uns admettent que le travail musculaire est produit par l'oxydation des aliments tels qu'ils sont dans le sang ; les autres admettent que le phénomène n'a pas lieu dans le sang, que les aliments doivent être transformés en matière musculaire, et que c'est l'oxydation directe des muscles par l'oxygène qui produit la force.

La seconde manière de voir est la plus généralement admise; néanmoins, il nous semble qu'elle ne peut pas résister aux recherches récentes, et nous engageons nos lecteurs à étudier une conférence de M. Frankland sur ce sujet (1); nous ne pouvons qu'en donner les conclusions.

(1) Beuue des cours scientifiques , n" 6 , 1867.

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