PHÉNOMÈNES PHYSIQUES ET CHIMIQUES
Un barreau de fer que l'on approche d'un aimant devient lui-même un aimant, mais il n'éprouve que ce changement dans ses propriétés. Son poids et tous les autres caractères restent les mêmes; et, en outre, dès que l'on écarte l'aimant, le fer perd sa propriété magnétique, et il se retrouve, après cette expérience, identique à ce qu'il était auparavant.
D'autres actions, au contraire, produisent des changements profonds et durables dans les corps : on les appelle phénomènes ou profpriétés chimiques parce qu'elles aftectent leur nature, leur constitution, et que la chimie a précisément pour but la connaissance de la nature et de la constitution des corps.
Chauffons un fil de magnésium sur une lampe à esprit-devin, aussitôt il prend feu et brûle en jetant un vif éclat. Il était brillant, tenace, malléable; il est devenu terne, pulvérulent et friable. Son poids a viirié, il s'est accru considérablement. Abandonnez ce corps à lui-même; jamais il ne reprendra son éclat, sa ténacité, sa malléabilité et son poids primitifs. Que s'cst-il donc passé? Le magnésium a soustrait à l'air un de ses principes, l'oxygène, et il s'y est uni d'une manière profonde et durable.
On exprime ce fait, qui est la base de la chimie, en disant que le magnésium et l'oxygène se sont combinés, ou bien qu'il s'est formé une combinaison chimiqtie du magnésium et de l'oxygène, et l'on dit que deux corps se combinent, lorsqu'en réagissant l'un sur l'autre ils donnent naissance à une matière essentiellement différente de ses producteurs.
Des milliers de combinaisons chimiques se réalisent autour de nous. Le bois, la bougie, brûlent parce que leur substance se combine avec l'oxygène de l'air. Il en est de même pour le fer qui se rouille, pour le cuivre qui se patine à l'air. Lorsque le raisin fermente , que le vin s'aigrit, quand nous respirons, quand nos aliments se digèrent, il se produit et il se détruit des combinaisons chimiques.
Les réactions chimiques ont pour caractère essentiel d'amener des variations dans le poids des substances réagissantes. Il faudrait se garder de conclure de ce fait qu'il y a perte ou gain de poids dans les actions chiniiijues; il ne se produit que des transformations. Ajoutez au magnésium le poids d'oxygène qui s'est fixé sur lui pendant sa combustion et vous aurez matkématiquement le poids de la magnésie. La rouille de fer représente pondéralement la somme des poids de l'oxygène et du fer. Lavoisiera établi que rien ne se perd ni ne se crée dans la nature.