SEL MARIN
La syhme, chlorure de potassium; ]s,katnite, formée des sulfates de potasse et de magnésie mélangés aux chlorures correspondants; la tach'drite, CaCl + 2MgCl + 2H0; la boradte, 2MgO 4BoO'.
La régularité de ces couches^ leur superposition suivant Tordre de solubilité des sels^ leur groupement d'après leurs affinitésy tout prouve que ces sels étaient dissous^ que Teau s'est évaporée et desséchée lentement, et par suite que ces dépôts se sont formés au sein des eaux.
L'importance de ces gisements est considérable^ parce que la calture de la betterave, du trèfle, etc., enlève chaque année à la terre des quantités énormes de potasse^ et qu'une partie seulement de cet alcali revient au sol, car nous avons dit, en commençant cet article, que l'industrie va chercher le chlorure de potassium dans les résidus de la fabrication du sucre de betterave. Or, il est constaté d'une part que les betteraves pauvres en potasse sont pauvres en sucre, et d'autre part qile les sels de potasse augmentent le rendement du trèfle, des betteraves et des pommes de terre, et donnent des produits dans lesquels ne se développe pas de maladie.
Nous conclurons de là que non seulement il ne faut pas enlever de la potasse à l'agriculture, mais qu'il faut lui en fournir. I^a découverte des mines de Stassfurt est également un fait capital pour l'industrie, qui a besoin de potasse pour fabriquer Falun, le chlorate et l'azotate de potasse.
Le chlorure de sodium cristallise en cubes comme le sel précédent, et ces cristaux s'accolent de façon à donner des pyramides creuses que l'on appelle trémies.
Le chlorure de sodium décrépite , puis il fond quand on le chauffe; il est même susceptible de se volatiliser. 11 attaque la silice au rouge en présence de l'eau, et l'on tire parti de cette propriété pour faire un vernis sur certaines poteries en jetant du sel dans les fours où elles cuisent.
11 n'est pas déliquescent par lui-même ; le sel qui se mouille à l'air doit cette propriété aux sels magnésiens qu'il renferme souvent.
On l'extrait soit des bancs de sel gemme, soit de l'eau de la mer. I^s principaux gisements de sels sont à Wielicza, en Pologne, à Stassfurt, en Prusse, dans l'est de la France, et à Cardona, en Espagne. On l'exploite par puits et galeries quand il est pur, ou en faisant couler de l'eau dans la mine lorsqu'il est impur : l'eau chargée de sel remonte presque à la
3S0 lODURE PE POTASSIUM.
$;urface du sol, et une pompe suffit pour terminer l'ascension.
L'eau de TOcéan renferme environ 2,0 pour 100 de sel. Dans les pays chauds, et dans les pays tempérés comme le nôtre, on amène l'eau de mer, au moyen de vannes, dans un réservoir parfaitement glaise, où elle se débarrasse des principales impuretés ; puis elle est conduite par une pente faible dans des bassins successifs, imperméables aussi, où elle est en couches de plus en plus minces. L'évaporation y est très active sous l'influence du soleil et du vent ; dans les premiers se dépose du carbonate et du sulfate de chaux ; l'eau n'est amenée dans les derniers, appelés tables salantes, que lorsqu'elle pèse 25<* Baume. Le sel se dépose sur le sol glaise ; on l'enlève chaque jour, et on continue jusqu'à ce que l'eau marque 30». On rejette alors ces eaux à la mer, à moins qu'on ne se propose d'en tirer les sels potassiques et magnésiens.
Dans les pays très froids on amène l'eau dans des bassins, et on rejette à'ia mer les couches successives de glace qui se forment : l'expérience montre que la glace produite par une eau. saline est formée d'eau presque pure. On arrive donc à concentrer ainsi le sel dans l'eau par le froid, puis on termine l'évaporation en soumettant l'eau très réduite à l'action du feu.
BROMURE DE POTASSIUM. lODURE DE POTASSIUM.
KBp = 120,14. Kl = 106,14.
155. Ces deux sels cristallisent en cubes comme les précédents.
Le bromure de potassium et surtout l'iodure de potassium jouent un rôle important en médecine.
Pour préparer ce dernier on agite de l'iode avec une solution de potasse caustique à SO*», jusqu'à ce que la liqueur cesse de se décolorer, puis on ajoute alors un peu de potasse pour enlever l'iode en excès :
6 I + 6 KO = KOIOS + 5 KL
On évapore la liqueur à sec, et on la chauffe dans une bassine en fer jusqu'à fusion tranquille. On dissout la masse dans cinq fois son poids d'eau, on filtre la solution, et on l'évaporé au bain de sable jusqu'à la cristallisation. La calcination a pour but de décomposer l'iodate de potasse, de sorte que tout l'iode est transformé en iodure de potassium.
ACTIOfl DE LIODURE DE POTASSIUM SUR L*ÉCONOHIE. 331
Aatrefois on préparaît Tiodure de potassiam en agitant de l'iode avec du fer en présence de Feau^ puis on décomposait Tiodure de fer par du carbonate de potasse. Il se fait dans ce cas une dissolution d'iodure de potassium et un précipité de carbonate de fer, que Ton sépare par filt ration.
Ce sel est incolore et anhydre^ 100 p. d'eau en dissolvent i 43 parties; la solution est rapide. L'alcool en dissout près du cinquième de son propre poids. L'iodure de potassium est susceptible de dissoudre d'assez fortes proportions d'iode en se colorant en brun foncé.
On reconnaîtra la présence du cblorure dans ce sel en versant da nitrate d'ai^ent dans la solution, puis de l'ammoniaque : le chlorure d'argent se dissoudra. On filtrera et on ajoutera un excès d'acide nitrique dans la liqueur; s'il y avait un cblorure^ on aurait un précipité blanc.
L'iodure de potassium contiendra du carbonate de potasse si en l'agitant avec un excès d'alcool il se forme une liqueur épa»se au-dessous de la solution alcoolique : ce liquide est une solution de carbonate de potasse dans l'eau de l'alcool. L'iodure du commerce en renferme 4 à 5 pour 400.
Ponr reconnaître si l'iodure de potassium contient de l'iodate on ajoute à la solution quelques gouttes d'acide chlorhydrique. 11 se forme un précipité d'iode si les deux sels sont en présence, il ne s'en produit pas s'il n'existe qu'un des deux composés. L'iodure de potassium contenant de l'iodate fuse nir les charbons ardents; l'iodate ne se dissout pas dans TaU cool.
Les îodures et les bromures sont, comme Tiode et le brome, des agents altérants et caustiques.
Pour reconnaître de petites quantités de bromure et d'iodure, on fait tomber dans la liqueur une petite quantité de chloroforme ou de sulfure de carbone et quelques gouttes d'eau de chlore, ou d'eau deJavel mêlée à* une goutte d'acide chlorhydrique : l'iode colore en pourpre le chloroforme ou le sulfure. Si on augmente la dose de chlore, l'iode est oxydé et le brome donne au chloroforme une teinte jaune.
On emploie l'iodure de potassium sous une foule de formes.
On fait encore des solutions rubéfiantes avec de l'iodure de potassium mêlé d'iode , et même on traite certains ulcères de mauvaise nature par une -solution renfermant de l'iode dans l'iodure.