Action de l'iodure de potassiam sur l^économie
333 ACTION DE L lODURE DE POTASSIUM SUR L'ÉCONOMIE.
— Son emploi pour le traitement des affections saturnines et mercurielles. — Nous allons donner un résumé rapide du remarquable travail de M. Melsens sur l'iodure de po* tassium.
L'iodure de potassium ne présente par lui-même aucun danger, contrairement à l'opinion générale. Lorsqu'on fait usage de fortes doses de ce sel il arrive quelquefois un amaigrissement passager, un malaise général ; mais ces effets disparaissent après la cessation de l'emploi du sel. Un chien a supporté l'iodure de potassium à la dose de 4 gr. par jour pendant un mois sans qu'il en soit résulté d'inconvénient. Cette innocuité n'existe pas dans les deux circonstances suivantes :
1° Lorsque ce sel renferme de Tiodate dépotasse, celui-ci agit avec violence sur l'économie. A l'autopsie on ne trouve plus d'iodate, mais de l'iodure. L'urine d'un animal auquel on donne de l'iodate n'en renferme pas davantage, mais elle est fortement chargée d'iodure. Le pharmacien doit donc veiller avec le plus grand soin à ce que l'iodure de potassium ne renferme pas d'iodate , et il atteindra ce but en le fondant avec un peu de limaille de fer ou en le maintenant à l'état de fusion pendant quelque temps , et en conservant la solution avec une faible quantité de bicarbonate de soude de façon à le rendre légèrement alcalin et à éviter sa coloration en jaune.
2° L'iodure de potassium produit une action énergique et même toxique sur l'économie si la personne à qui on l'administre a été soumise à une médication mercurielle ou se trouve sous le coup d'une intoxication chronique par le plomb. Ce fait est la base de ses effets curatifs dans le traitement des affections mercurielles et saturnines et des accidents consécutifs de la syphilis.
11 est reconnu que les traitements mercuriels peuvent laisser du mercure dans le corps pendant plusieurs années ; or si l'on administre sans précaution de l'iodure de potassium à une personne dont le corps contient du mercure, Ce mercure devient soluble et tend à s'éliminer, mais alors il agit avec violence et peut produire un empoisonnement. Il en serait de même si la personne était sous l'influence d'une intoxication lente par le plomb. Si, au contraire, on l'administre d'abord à très petite dose en la forçant peu à peu, le mercure ou le plomb s'éliminent peu à peu par les urines, et laguérison est certaine.
M. Melsens a établi sur ces faits une théorie pour le traite-