‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutiqueChapitre 31 sur 527 · EAUX ARSENICALES · texte numérisé non relu

EAUX ARSENICALES

des proportions sensibles qui correspondent à 35 milligr. de chlorare de lithium dans les eaux de Royat.

Ten ai trouyé 35 à 40 milligrammes dans la source Perrière de la Bourboule.

Il est d'autres eaux alcalines qui doivent leur basicité non plus à du bicarbonate alcalin mais à du silicate de potasse. Ce sel proTient des roches feldspathiques. (Les feldspaths sont des silicates doubles d'alumine, et de potasse, de soude, de lithine, etc.) Les agents atmosphériques désagrègent ces composés et il en résulte du silicate alcalin. Ces eaux rencontrentelles du carbonate de chaux, il se forme du carbonate alcalin et du silicate de chaux.

Eau de Plombières (source Vauquelii)).

1000 grammes contiennent :

Acide carbonique libre 0,0068

— > silicique 0,0215

Silicate de soude 0,1286

Bicarbonate de soude 0,0228

— de potasse 0,0167

— de chaux 0,0277

Sulfate de soude 0,1356

Chlorare de sodium 0,0104

Fluorure de calcium traces.

Arséniate de soude traces.

Matières organiques traces.

(MM. Lefort et Jutier.)

Donc iOOO^' de cette eau ne renferment que 0'',370 de résidu fixe. On pense que la vertu curative de ces eaux est due à Tarseoic que tous les analystes y ont rencontré (i).

Eanz arsenicales. — J'ai eu l'occasion d'analyser plusieurs fois les eaux de la Bourboule. Voici la composition de la principale source.

Source Perrière.

Résidu salin par litre 5"',030

Ac. carbonique — 1"',710

Arsenic — 0»',00687

soit : acide arsénique — 0'',0105

(1) Nous ferons connaître, en traitant de l'arsenic, la manière de constater b présence de ce corps dans les eaux.

EJkr\ FEKBrCCEETSeS.

— Ces tams. sont 4le troi& sortes. De qneiqoie espeee qu'aies î^Mfut . cOes jjywsmt à l'air, et se trou- I4«t à U ktosne cb de^wisait ^ laroaillc dans les bassins ou daiH ks h^ :•.<*»: e'Jrrs f<>arai<«CBt arec le pnissiate ronge un préripfte ïÂtn Ueo de Pnisse . loisi|«'clk5 ont été concentrées, paî« Icçèremeiil acidulées. Elks ont me saveur d'encre .

Elles ?oot strncralemenl fre^ides, on ne connaît ^ère que l'eau de Lnxeoîl qui $«>ît tliermale: sa température est de 35<*. Cette dernière ean et bcaoconp d'autres eanx fem^muses contiennent du niaii^an*-se.

Les plus importantes contiennent le fer à l'état de carbmvUe FeO, CO^, dis.'^jus dans un excès d'aâde carbonique; cette eompo^tion les rattache aux |Hécédentes. Elles doiyent être |H^férées aux eaux des deux antres espèces parce que la saveur d'encre y est masquée par le goût aigrelet de Tadde carbonique, et que la digestion en est plus facile. Le dépôt qu'elles forment dans les bassins est arsenicaL

L'eau d Orezza -Corse . Tean de Schvalbach (Nassau', Feau de Spa (Belgique] appartiennent à cette catégorie. Le fer y est en petite proportion; l'eau de Spa ne contient que 4 à 7 centigrammes de ce sel. M. Poggiale en a trouré O^^^ISS dans l'eau d'Orezza, et M. Opperman OS^^GSO dans Teau de Soultzbacb.

Ces eaux sont d'une conserration difficile parce que le carbonate n'y est retenu que par l'acide carbonique , et que ce dernier s'échappe au simple contact de Tair. Leur altération sera moins rapide si elles contiennent^ outre le carbonate de fer, des bicarbonates alcalins parce que l'acide carbonique est retenu par l'alcali. L'eau de Soultzbacb (Haut-Rhin) et la nouvelle source des Célestins à Vichv sont dans ce cas.

La deuxième classe d'eaux ferrugineuses renferme le fer à l'élat de sulfate. Les eaux de Passy, d'Auteuil , de Cransac (Aveyroni sont les principales. Elles sont très ferrugineuses.

Eau d'Auleuil... 0c%220 sulfate de protoxyde de fer.

Eau de Cransar. j <^"'»''^ — "" ""

1 0^',507 — — de manganèse.

On connaît peu de sources de cette espèce.

Kaux ferrugineuses à acides crénique et apocrénique. — L'humus, ia tourbe, contiennent des acides bruns mal définis (ulmique, humique). Lorsque de l'eau rencontre du sesquioxyde de fep au milieu des terrains tourbeux^ le sesquioxyde de fer est «•du it à rélat de protoxyde de fer et il se forme, suivant Ber-

EAUX MAGNÉSIENNES. 79

zélius, denx produits acides , résultant de l'oxydation de Thumus. Ce savant a donné à ces corps les noms d'acides crénique et apocrénique; d'après lui^ ces eaux doivent leur efficacité au crénate et à l'apocrénate de protoxyde de fer.

Berzélius a extrait ces acides en traitant les dépôts de ces eaux par de la potasse. Le crénate et l'apocrénate de potasse sont décomposés par un acide étendu qui précipite l'acide org'anique. L'acide crénique est jaunâtre un peu soluble dans Teau et dans l'alcool. Il s'oxyde à l'air en donnant l'acide apocrénique qui est brun. Les eaux de Bussang (Vosges)^ de Forges (Seine-Inférieure) , sont des eaux de cette espèce.

Batix de Forges (source Cardinale),

1000 grammes contiennent :

Acide carbonique 0B^225

Crénate alcalin 0, 0020

— de protoxyde de fer 0, 0980

— — manganèse., traces

Bicarbonate de magnésie O^^^OTCi

Sulfate de chaux 0, 0400

— de soude 0, 0060

Chlorure de sodium 0, 0120

— * de magnésium 0, 0030

Alumine 0, 0330

Matière, organique non dosée .

La plupart des eaux ferrugineuses cont inent de l'arsenic à l'état d'arséniate de fer en proportions xtrêmement faibles.

Baux magnésiennes. -^ Elles con ennent le chlorure et surtout le sulfate de cette base.

Les eaux d'Epsom (Angleterre), de PuUna, et de Sedlitz (Bohême), doivent leurs propriétés purgatives au sulfate de magnésie.

Eau de Sedlilz.

1000 grammes contiennent : (Stelman).

Acide carbonique 0>'',450

Sulfate de magnésie 20, 810

— soude 5, 180

— potasse 0, 570

A reporter 27, Oio

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L'<â« ée Gwlicimlle. ce& et G^atotet coatîeiiiieiit de i**^ ^Vàt BÊlhÊt et chan par fitie.

Smhk dhlarvréea. — Le phs abîwdaiil des ddoitires est f« diUiTore de fodiasy 3 est accoiapagaé par les cUonires de ^Aimmm^ àtt naçnésimi et de cakiom. Ces sebsonl associés wnn^sai àdes proportîoiis notables de carbonates alealms : la %tntrrÂt àtt Boorbop-J'Arrhamhantt (Ailier) est dans ce cas.

îftiMUtê ÙA%, an y troore des quantités plos ou moins consiéUtfnhSm de Milfales alcalins on calcaires. Les eaox de Bour- \9*mHiAti%Sh\n% ^Haute-Marne), de Balamc '[Hérault), de Kissin- %m f\Siki\mif «ont dans ce cas. M. Grandeau a IrouTé du fH\M\mî% ¥X du e»^siuin dans la première de ces eaux. i>Vifi\m% d« ce» eaux, la dernière par exemple, sont foKeilii v\MiLT%iiti% d'ftdde carbonique.

£Al;X lODURBES ET BROMURÉES. 81

Les eaux de Niederbronn (Bas-Rhin) , de Hombourg^ de Naubeim (Hesse) renferment aussi :

la première 0^,8 de chlonire de calciiUD , la seconde plus de i pour 100 de ce sel, la troisième près de 3 poar 100.

Ces eaux sont fortement chargées de sels; on trouve 16 à 23 pour 1000 grammes dans les eaux de Hombourg, 10 à 11 dans les eaux de Kissingen^ 27^5 dans les eaux de Salins.

Le chlorure de sodium est aussi le principe le plus abondant des eaux de Bade; elles contiennent un peu de fer, leur température Tarie de 45^ à 66».

Ces diverses eaux contiennent de petites quantités de bromures et d'iodures alcalins ou magnésiens.

L'eau de Sierk (Moselle) renferme 6,2 de bromure , l'eau de Montdorf (Luxembourg) renferme également du brome.

L'eau de mer doit être rangée dans cette classe. Elle présente une grande complexité.

1000 grammes renferment :

Océan. Véditerrance.

Chlorare de sodium 25,10 27,22

— potassium.... 0,50 0,70

— magnésium... 3,50 6,14

lodures, bromures traces. traces.

Sul&te de magnésie 5,78 7,02

— chaux 0,15 0,15

Carbonate de magnésie. ... 0,18 0,19

— chaux 0,02 0,01

— polasse 0,23 0,21

Baux iodnrées etbromnrées. — Dans les eaux précédentes les iodures et les bromures sont en petite quantité, mais ces doses ne sont probablement pas insignifiantes. Le brome et l'iode jouent un rôle très important dans d'autres eaux en raison de la forte proportion de ces corps qui s'y rencontre.

L'eau de Kreuznach renferme sur 1000 grammes :

2, G de bromuro de ma<i;nésium , 8,7 de bromure de sodium.

L'eau de Naubeim contient 7^' de bromure de magnésium.

L'eau de la mer Morte en renferme 3«',30. Celte eau laisse par 1000 grammes 220 à 230 grammes de résidu solide dont 100 sont du chlorure de magnésium^ le reste est surtout du chlorure de sodium.

L'eau de Saxon contient une forte quantité d'iodure de potassium. Il s'y trouve même de l'iode libre.

Eaux sulfureuses. — Elles doivent leur efficacité aux sulfures alcalins ou à l'acide sulfhydrique. Elles sont caractérisées par la teinte noire qu'elles communiquent à une solution d'un sel de plomb^ ou à du papier imbibé d'un de ces sels, et ordinairement par Todeur d'œufs pourris.

Les principales, celles des Pyrénées s'échappent des terrains primitifs. Elles sont chaudes sauf cependant celles de Labassère qui nesourdent pas directement du terrain primitif. Citons : Barèges, Luchon, Cauterets, le Vernet, Amélie-les-Bains, les Eaux- Bonnes^ etc. L'eau arrive sulfureuse de l'intérieur du sol. Les eaux recueillies au griffon sont incolores et transparentes^ ou à peine verdâtres; il en est comme celles de Luchon qui louchissent à l'air et se troublent légèrement par suite d'une formation de soufre très divisé qui reste en suspension. Ce dépôt est dû à l'acide carbonique de l'air et surtout à la silice contenue dans l'eau, car ce corps ne se forme pas à l'air dans les sources qui, comme celles de Cauterets et de Barèges^ ne renferment pas de silice. Celles-ci donnent à l'air du carbonate^ de l'hyposulfite, du sulfate, et du polysulfure alcalin. Quelquefois cette action de la silice s'opère dans l'intérieur du sol. II s'échappe de ces eaux du gaz azote pur ou ne contenant que des traces d'hydrogène sulfuré et de la vapeur d'eau qui est en proportion notable, quand la source est très chaude, comme au Vernet, et l'on respire ce mélange gazeux.

On a beaucoup discuté sur le principe actif des eaux des Pyrénées. Les travaux de M. Filhol ont démontré que c'était généralement le monosulfure de sodium, aussi ont-elles une réaction alcaline. Les eaux d'Ax (Ariège) et celles de Bagnères de Luchon contiennent surtout du sulfure de calcium. On s'explique alors l'extrême altérabilité de ces eaux, car le sulfure de calcium paraît être plus facilement décomposable que le sulfure de sodium.

L'acide sulfhydrique ne se trouve pas dans ces eaux à l'état de sulfhydrate de sulfure, car elles ne dégagent par l'ébullition que des traces d'hydrogène sulfuré dû à une certaine quantité de silice qui décompose le monosulfure. De plus elles

ne dégagent pas d'acide sulfhydrique en présence d'un sel neutre de manganèse, comme le ferait un sulfîiydrate de sulfure.

L'acide sulfhydrique ne se trouve pas à l'état de liberté, car ces eaux se colorent en violet ou en bleu lorsqu'on y verse une solution de nitroprussiate de potasse; or, tandis qu'un liquide contenant un sulfure alcalin se colore de ces nuances lorsqu'on y verse du nitroprussiate^ celui qui tient en dissolution de Tacide sulfhydrique libre reste sans altération apparente.

C'est là un bon caractère pour distinguer les eaux sulfureuses où le soufre existe à l'état de sulfures, de celles qui renferment de l'acide sulfhydrique.

Quantité de sulfure alcalin renfermée dans 1 litre de Veau de

Gr.

Lachon 0,078

Labassère 0,045

Vernet 0.040

Barèges. 0,040

Cauteretft .'. . 0,029

Améiie-les-Bains 0,021

Eaux-Bonnes 0,021

Eaux-Chaudes 0,006

Ces eaux ne contiennent en dissolution que 20 à 40 centigrammes de matières solides; ce sont du carbonate, du silicate, du chlorure de sodium, de la silice et une matière organique azotée appelée harégine.

Les rigoles où coulent ces eaux se recouvrent rapidement d'un dépôt d'une matière gélatineuse grisâtre, onctueuse et colorée par du fer, qu'on appelle la glairine, qui paraît n'être qu'un produit d'altération de la barégine. M. Bonis a trouvé dans cette matière de fortes quantités de silice , et un peu d'iode. Ce même chimiste a trouvé de l'acide borique dans une eau des Pyrénées, l'eau d'Olette. Les eaux dont la température n'atteint pas 50<» contiennent une conferve en filaments ténus, appelée sidfuraire par M. Fontan.

n est probable que les eaux précédentes doivent leur sulfure à l'action des matières organiques sur le sulfate de soude dans les profondeurs du sol. Quelquefois cette réduction des sulfates, et notamment celle du sulfate de chaux, s'opère auprès de la surface du sol ; témoin l'altération de l'eau de certaines sources qui coulent dans des marécages.

Beaucoup d'eaux minérales sulfureuses se forment ainsi dans

les terrains â^alluvion; ces eaux diffèrent des précédentes en ce qu'elles sont beaucoup plus riches en matières solides dissoutes.

L'eau d'Aix-la-Chapelle est une eau contenant du sulfure de sodium, du chlorure de sodium etdiverssels de soude, dechaux, de potasse. Elle laisse pour iOOO grammes 4 grammes environ de dépôt.

Il est enfin des eaux, s'échappànt des terrains secondaires, dont le sulfure a été décomposé dans Tintérieur de la terre par Tacide carbonique ou par un autre acide en présence de l'eau.

MS + C02 + HO = M0,C02 + HS.

Ce sulfure est celui de calcium ou de sodium. Telles sont les eaux d'Enghien, près Paris, d'Uriage (Isère), d*Aix (Haute-Savoie).

Ces eaux renferment divers sels. Celle d'Aix n'en fournit pas un demi-gramme, tandis que celle d'Uriage en donne plus de 10 grammes.

Pour doser Tacide sulfhydrîque dans^ une eau sulfureuse on a recours à Taction décomposante de l'iode sur l'acide sulfhydrique,

HS -1- I = HI -1- S, NaS + I = Nal + S.

et à la coloration bleue que l'iode libre donne à Tamidon, coloration que l'iode combiné à l'hydrogène ou à tout autre corps ne produit pas. C'est Dupasquier de Lyon qui a imaginé ce procédé perfectionné par divers expérimecitateurs et notamment par M. Filhol.

On commence par faire une liqueur titrée d'iode; M. Filhol la prépare en dissolvant 10 grammes d'iode pur et 12,5 grammes d'iodure de potassium pur et fondu dans une quantité d'eau convenable pour faire un litre de liqueur.

On place dans un vase en verre à fond plat 250,500, ou même 1000 centimètres cubes de l'eau si elle est peu riche en sulfures. On y ajoute une petite quantité de solution récente d'amidon et on y verse, au moyen d'une burette graduée, la solution d'iode, jusqu'au moment où la liqueur prend une teinte bleue persistante.

Supposons qu'il ait fallu 20 centimètres cubes de liquide iodé: comme l'équivalent du soufre est i 6 et que celui de l'iode est 127, il est clair qu'on aura la quantité de soufre contenue dans le volume d'eau sur lequel on a opéré par une simple propor-

lion quand on connaîtra la quantité d'iode qui est dans ces 20 centimètres cubes. Or,

, 1000*" contiennent 10 grammes 10 — 0»M

On posera alors

doù of = —

Le titre obtenu est erroné lorsque Teau renferme du carbonate ou du silicate alcalin; on évitera cette erreur en précipitant l'acide de ces sels par le chlorure de barium, et on fera l'essai même sans filtrer la liqueur.

Pour doser le soufre dans une eau on y verse du nitrate d'ai^ent ammoniacal. Il se produit du sulfure d'argent qui est lavé et traité par l'acide nitrique concentré. Il en résulte du nitrate d'argent où on dose l'argent à l'état de chlorure d'argent (77). Du poids d'argent on déduit celui du soufre.

Il est de lapins grande importance d'essayer Teau à la source même parce que l'action de l'air change les monosulfures en un mélange de polysulfure, d'hyposulfite et quelquefois de sulfite; or, ces sels attaquent la solution d'iode comme les monosulfures. Si l'on voulait transporter des eaux pour les analyser on les mettrait en bouteilles avec I à 2 gr. de nitrate d'argent. On recueille le précipité et on le traite par l'ammoniaque qui dis* sout tous les sels d'argent sauf le sulfure.

ST5iO!«tiie : Eau oxygénée.

Substance très facUenent décomposoble, singruUère dans ses réactions.

43. Ce corps, découvert parThenard en 1818, se produit dans un grand nombre de circonstances naturelles, lorsque l'eau est décomposée parla pile, lorsque le plomb, le zinc et divers mé- Uux s'oxydent dans l'eau acidulée, lorsque de l'éthermêlé d'eau est abandonné à l'air, etc.

Pour le préparer on se sert d'ordinaire du procédé de Thenard qui consiste à traiter lentement de l'acide chlorhydrique

dilué et refroidi , par du bioxyde de barium en bouillie très fine :

Ba02 + HCl == BaCl + HO^.

Il reste du cblorure de barium en dissolution qu'on ne peut enlever qu*à l'aide de traitements longs et délicats; mais, si l'on plonge le liquide dans un mélange réfrigérant, il se sépare une grande partie de l'eau et du chlorure de barium à Tétat solide^ et la liqueur décantée est formée de bioxyde d'hydrogène assez concentré et assez pur pour la plupart des expériences.

Il est préférable de traiter le bioxyde de barium par l'acide fluorhydrique étendu^ parce que le fluorure de barium est insoluble. Il faut opérer dans une capsule de platine parce que l'acide fluorhydrique attaque le verre.

Le bioxyde d'hydrogène au maximum de concentration est une liqueur incolore^ inodore^ d'une densité égale à i ,5. S'il est pur, il se détruit lentement à la température ordinaire; les acides étendus lui donnent de la stabilité; vers lOO^' il se décompose brusquement en oxygène et en eau. Cette réaction montre que ce corps est fort peu stable et qu'il doit être oxydant. Lorsqu'on en verse quelques gouttes dans de l'eau de baryte, de strontiane ou de chaux, il se forme des précipités nacrés de bioxydes de barium^ strontium et calcium. Il transforme le sulfure de plomb noir en sulfate de plomb blanc^ ce qui a fait proposer de l'employer pour blanchir les tableaux dont les couleurs au blanc de plomb ont noirci sous l'influence des émanations sulfhydriques. S'il est concentré, il oxyde l'arsenic avec flamme.

L'eau oxygénée se décompose au contact de diverses substances sans que celles-ci absorbent l'oxygène dégagé. Dans ce cas sont le charbon, le platine, l'or, l'argent, le bioxyde de manganèse divisés; une pincée de ces matières ramène le bioxyde d'hydrogène à l'état d'eau.

L'acide chromique et les bichromates acidulés bleuissent au contact de l'eau oxygénée en donnant de l'acide perchromique. La teinte bleue de ce corps apparaîtra plus intense et se conservera si l'on ajoute à la liqueur quelques gouttes d'éther qui dissout ce composé.

Le bioxyde d'hydrogène est susceptible de produire des phénomènes inverses des précédents, c'est-à-dire des réductions. ^'' '^n abandonne à elle-même la solution bleue d'acide pcr- ^ique en présence d'un excès d'eau oxygénée, la couleur

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