ÉTHER ORDINAIRE
Synonymes : éther suif urique , éther hydrique.
CSfllOO» s= ^JJJg j 02 ou C*H4(C4H602) = 74 = a vol.
Densité de vapeur rapportée à l'air, 2,56.
Double densité de vapeur rapportée à Thydrogène, ou poids de la molécule, 74.
Formule moléculaire, €*H*®0.
Se solidifie à — 34», bout à 35® ,5. Densité à 0® = 0,736.
250. Pour préparer ce corps on fait agir Tacide sulfurique sur Talcool dans une cornue chauffée au bain de sable. L*éther distille, sa vapeur se condense dans un tube de verre, entouré d'un manchon en métal dans lequel circule un courant d'eau froide; réther condensé est recueilli dans un matras entouré d'eau froide, muni d'un long tube qui emmène les vapeurs non condensées dans une cheminée. Le bouchon qui ferme la tubulure de la cornue est percé de deux ouvertures; dans Tune est fixé un thermomètre, dans l'autre passe un tube qui amène de Talcool d'un vase supérieur. Tous les bouchons doivent fermer hermétiquement.
L'appareil étant ainsi disposé, versez dans la cornue 700 gr. d'alcool à 85*> ou 90«, et ajoulez-y, petit à petit, 100 gr. d'acide
ËTHER dit SULFURIQUE. 509
sulfurïque à 1^84, puis chauffez. Lorsque le thermomètre atteint 130*, faites couler Talcool du vase supérieur avec une lenteur telle que la température se maintienne entre 130** et 140^. Le poids d'alcool susceptible d'être éthéridé est de 13 à 15 fois le poids du mélange placé dans la cornue.
On distille jusqu'à ce que ce poids d'alcool ait été introduit dans l'appareil et que le volume restant occupe environ le volume du mélange primitif.
Le liquide distillé est mélangé avec 12 pour 100 de son poids d'une solution de soude pesant 1,32 , et agité de temps à autre, pendant quarante-huit heures, dans un flacon feriné.
On décante l'éther avec un siphon en verre, on le redistille avec soin dans un alambic sec, et on recueille les quatre cinquièmes du liquide. Le reste peut servir à une opération suivante.
On emploie souvent cet éther dans les pharmacies. Il renferme encore 3 à 4 pour 100 d'alcool. Il conviendrait de le laver avec de Teau, de le décanter et de le mettre en macération pendant deux jours avec des poids égaux de chaux vive et de chlorure de calcium fondu.
On avait admis que Tacide sulfurique agissait dans la préparation de l'éther en déshydratant l'alcool, parce que cet acide est très avide d'eau, et que la formule C*H'0, admise autrefois pour l'éther, dérive de celle de l'alcool, C*H*0*, par l'élimination d'un équivalent d'eau. Cette explication est inadmissible, parce qu'un poids donné d'acide sulfurique éthérifie une quantité très considérable d'alcool, et que l'eau séparée ne s'unit pas à l'acide sulfurique, mais distille avec l'éther formé.
Lorsque Ton compare la condensation de l'alcool et de l'éther, on voit qu'un litre de vapeur d' éther renferme deux fois plus de carbone qu'un litre de vapeur d'alcool; ce qui revient à dire que le volume de vapeur d'éther représenté par C*H*0 est la moitié du volume de vapeur d'alcool exprimé par €*H*0'. L'équivalent de l'éther, représenté par C*H'0, pèse 37, tandis que l'équivalent de l'alcool,. C*HW, pèse 46; or 37 gr. d'éther occupent le même volume que 1 gramme d'hydrogène, c'est-àdire occupent 2 volumes, tandis que 46 gr. d'alcool occupent le même volume que 2 grammes d'hydrogène , c'est-à-dire 4 volumes. En conséquence, il convient, pour comparer ces corps, de doubler l'équivalent de l'éther ainsi que sa formule , qui devient C*H*®0' et qui représente alors 4 volumes de vapeur, comme celle de l'alcool, des hydrocarbures et des autres composés étudiés précédemment (238 bis.)
SIO THËORIfi DE L'ÉTHÉRIFICATION.
La rormation de Téther avec l'alcool est comparable à celle des éthers, et ce corps est produit par l'union de deux molécules d'alcool avec élimination de deux équivalents d*eau. L'acide soirurique produit d'abord de l'acide éthylsulfurique, qui est décomposé par le deuxième équivalent d'alcool (M. Williamson) :
I c*H*oao.2 sa» -t- c*h»o* « 2(c*h5o) -t- 2 so*ho.
ou bien :
Cette manière de voir, qui explique comment une petite quantité d'acide sulfurique étbérifie beaucoup d'alcool^ puisque l'acide sulfurique se régénère, est confirmée par l'expérience suivante. Si l'on fait réagir i'iodure d'éthyle sur l'alcool sodé, c'est-à-dire deux radicaux d'alcool unis à des corps doués d'uo certain antagonisme, on obtient de l'éther,
C*H5i + C*H5ko2 = C«H*«02 + Kl.
Telle est bien la formule de l'étber; car si l'on remplace Hodure d'éthyle par I'iodure d'un autre radical, I'iodure de méthylo par exemple, il se forme le corps C*H'0* :
C*H'I -I- C^H^KO' = C«H«02 + Kl.
Or, si dans ce cas, et dans tous ceux oii l'on fait intervenir deux radicaux alcooliques différents, il ne se forme qu'un corps unique formé par la soudure de ces deux radicaux d'alcool, il est évident que la même soudure doit avpir lieu lorsque les deux radicaux alcooliques sont identiques.
M. Wurtz a obtenu Tétherpar une méthode qu'il a généralisée, et qui consiste à traiter I'iodure d'éthyle par l'oxyde d'argent à 100» :
2 C^H^I + 2 AgO = C*H<«02 + 2 Agi.
L'éther est un liquide mobile, incolore, doué d'une saveur brûlante et d'une odeur agréable et forte. Il est neutre. Quand on l'agite avec l'eau il flotte à sa surface, mais Tean en d^out environ le neuvième de son poids. 11 se dissout en toutes proportions dans l'esprit de bois et dans l'alcool. L'éther est souvent mélangé à ce dernier.
C'est, avec l'alcool, le dissolvant le plus généralement em-