Ce corps se prépare par Toxydation ménagée de Talcool
On traite l'alcool par un mélange de bioxyde de manganèse ou de bichromate de potasse et d'acide sulfurique^ et on distille en ayant soin de refroidir fortement le récipient. Il se forme, outre l'aldéhyde, de l'acétal, de Téther acétique, de l'acide acétique et de Teau. On redistille le produit en ayant soin de ne recueillir que la partie qui passe au-dessous de 60®; on mêle ce liquide à de Téther, et on dirige dans ce mélange refroidi un courant de gaz ammoniac sec. Il se sépare des cristaux d'aldéhydate d'ammoniaque, G^H'(AzH^)0*, qu'on décompose par de l'acide sulfurique étendu, et on distille. n
L'aldéhyde est un liquide incolore, très mobile. Il est soluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'éther, doué d'une odeur forte, un peu suffocante.
La propriété saillante de l'aldéhyde est son avidité pour Toxygène. Si l'on en verse quelques gouttes dans de l'eau, ce liquide devient acide : aussi est-ce un agent précieux de réduction. Lorsqu'on verse de l'aldéhyde ou de l'aldéhydate d'ammoniaque dans une solution ammoniacale de nitrate d'argent, il se sépare de l'argent métallique par une légère élévation de température. Cet argent adhère aux parois du tube et le revêt d'une couche miroitante, ce qui a fait employer dans l'origine l'aldéhyde pour argenter les ballons de verre.
L'aldéhyde est attaqué par le chlore et par le brome, et fournit par substitution divers produits et notamment
le chloral C^HCl^O^, et le broraal C*HBr»0*.
Ces corps se comportent avec l'ammoniaque et le bisulfite comme l'aldéhyde.
L'hydrate de chloral se prépare depuis quelques années en grande quantité pour les besoins de la médecine. A cet effet on sature de l'alcool absolu, à froid d'abord, puis à chaud, avec du chlore sec employé en très grand excès. Le liquide obtenu est mélangé alors avec son volume d'acide sulfurique concentré. On décante le liquide supérieur, et on le distille dans une cornue en grès avec le quart de son poids d'acide sulfurique. Le chloral anhydre obtenu est redistillé deux fois avec de la craie et 7 à 8 pour 100 d'eau. On obtient alors l'hydrate, C*HClW-t- 2 HO en beaux cristaux solubles dans l'eau.
On savait depuis longtemps que ce corps se décompose, en
524 ALDÉHYDE BENZOIQUE.
présence des alcalis caustiques ou des carbonates, en chloroforme et en acide formique :
C^Cl^O^H + KHO^ = C^HCl» + C^HKO*.
Il était naturel de se demander si une pareille transformation n'aurait pas lieu dans Téconomie, sous l'influence des liquides alcalins qui s'y trouvent, et notamment du sang, et si par ce moyen on ne pouvait pas faire naître le chloroforme dans les organes eux-mêmes. M. 0. Liebreich le premier administra du chloral et obtint les effets anesthésiques du chloroforme. Ses essais, répétés en divers pays, donnèrent entre les mains de certains expérimentateurs des résultats différents, et même on annonça que l'emploi de ce corps pouvait être dangereux. !i n'en est rien, et la cause de ces divergences réside dans l'impureté du produit. M. Personne, ayant fait prendre à un chien 8 gr. de ce corps, a extrait par la veine jugulaire une partie notable du sang de cet animal, et il a fait passer dans ce liquide maintenu à 40° un courant d'air qui était ensuite dirigé dans un tube chauffé au rouge. Les produits recueillis dans une solution de nitrate d'argent fournissent un précipité de chlorure d'argent dû au chlore du chloroforme détruit par la chaleur.
L'hydrate de chloral dissous dans l'eau, placé dans les mêmes conditions, ne fournit pas de chlorure d'argent.
L'amalgame de sodium le ramène à l'état d'alcool. M. Wurlz, en faisant réagir de l'acide chlorhydrique sur de l'aldéhyde en présence de l'eau à basse température, a obtenu un corps visqueux, C^H^O'*, qu'il a nommé l'aldol parce qu'il offre à la foi? les caractères d'un aldéhyde et d'un alcool.
Avec l'hydrogène sulfuré l'aldéhyde donne Thydrure de sulfacétyle, C*H^S-, et avec l'hydrogène sulfuré et l'ammoniaque une base, appelée la thialdine, C^*H*^AzS*..
ALDÉHYDE BENZOÏQUE.
Synonymes : Essence d'amandes amères, hydrure de benzoyie.
jj j z=. 106. Cet équivalent représente ft toI.
Densité de vapeur rapportée à l'air, 5,71.
Double densité rapportée à l'hydrogène, ou poids delà molécule, 10(J.€'H*'O.
Densité, 1,06; bout à 180°.
261 L'aldéhyde benzoïque peut s'obtenir, comme Taldéhyile ordinaire, par l'oxydation de l'alcool correspondant' C**H^O'. C'est ainsi que M. Cannizaro l'a obtenu il y a quelques années en traitant l'alcool benzoïque par l'acide nitrique.
ESSENCE D'âMâNDES AMÊRES. 525
C«*H802 + 02 = C**HW + H202.
Cette substance n'est pas toute formée dans les amandes^ car si l'on traite des . amandes sèches par Téther anhydre^ on n'en extrait qu'une huile grasse ; le concours de l'humidité est nécessaire. MM. Liebig et Vôhler, à qui l'on doit d'importantes recherches sur ces corps, attribuent la formation de l'essence à l'action sur Teau d'une substance nommée Vamygdaliney
C*<>H2Uz022 + 2(H202) = C^AzH + 2(C*2h*2o*2) + C'^H«02
amygdaline. acide glucose. essence.
cyanhydrique.
La réaction n'a lieu que par le concours d'une substance azotée, que l'on rencontre dans les amandes douces et dans les amandes amères: on Ta nommée synaptase ou émulsine; cette matière paraît agir sans se décomposer. Si l'on prépare de l'amygdaline et qu!on la mêle à des amandes douces, celles-ci deviennent propres à fournir de l'essence d'amandes amères en présence de l'eau.
L'amygdaline est une substance cristallisée ; on la désigne sous le nom de glucoside (332), parce que le glucose est un des produits dans lesquels elle se dédouble.
Pour fabriquer l'essence, on broie, on monde , et on exprime les amandes afin d'en extraire l'huile grasse. Le tourteau résultant est mis en macération dans l'eau, puis distillé dans un courant de vapeur d'eau après \ingt-quatre heures de contact. L'essence distillée est séparée de Teau, que Ton reverse dans l'aiambic ; elle redistille, entraînant une nouvelle quantité d'essence.
L'essence ainsi produite renferme de l'aldéhyde benzoïque, de l'acide benzoïque, de l'acide cyanhydrique. On enlève ces deux derniers produits en l'agitant avec de la chaux, puis avec du perchlorure de fer, et enfin en la distillant sur de la chaux ou mieux sur de l'oxyde de mercure, qui possède une grande affinité pour l'acide cyanhydrique.
Nous avons donné (241) un mode artificiel d'obtention de cette essence.
Cette essence est incolore, douée d'une odeur aromatique, mais elle répand d'ordinaire l'odeur de l'acide prussique, parce qu'elle en contient généralement. Cette essence est soluble dans raicool et l'éther; l'eau en dissout le trentième de son poids.
La chaleur rouge détruit ce composé en oxyde de carbone et en benzine :
&2d ËlàSENGE D'AMANDES AMÊRËS.
L'air humide la transforme en acide benzoïque :
C<*HW + 02 = C**U^O\
acide benzoïque*
Elle s'échauffe au contact du gaz chlore ou du brome et fournit des corps décomposables par Teau, qui sont le chlorure ou le bromure de benzoyle,
C^^H^O^Cl.... C**H502Br.
L'eau change ces corps en acides benzoïque et chlorhydrique ou bromhydrique.
Avec Tammoniaque ils forment de la benzamide^
C'^H^O^Cl + Az H = Az H + HCL
L'aldéhyde benzoïque est attaqué par la solution alcoolique de potasse, et se dédouble en acide benzoïque et en alcool beiizyiique, découvert par M. Cannizaro :
benzoàte de alcool
potasse. benzylique.
La potasse fondue ne fournit que du benzoàte et de l'hydrogène, C^H^O^ + KH02 =: C**H5K0* + H^.
• Action sur réconomie. — L'aldéhyde benzoïque pur exerce sur l'économie une action irritante légère à la façon des autres essences. L'essence ordinaire est toxique, propriété qu'elle doit à l'acide cyanhydrique.
L'eau distillée de laurier cerise et celle d'amandes amèros sont des antispasmodiques usités. Ce sont des médicaments d'un emploi difficile et même dangereux, car la proportion d'acide prussique y est variable; aussi doit-on les proscrire et les remplacer par l'acide cyanhydrique médical (1 i 4), ou, suivant les indications de MM. Liebig et Vôhler, par des solutions faites avec un poids connu d'amygdaline, traité par une émulsion d'amandedouces : ce qui fournit une quantité constante d'acide prussique
CAltPHRE ORDINAIRE. &2)