DES QUINQUINAS
291. Le quinquina a été importé en Europe au commencement du dix-septième siècle, à la suite de la guérîson d'une fièvre opérée par la poudre de l'écorce du quinquina sur la comtesse del Cinchon, femme du vice-roi du Pérou: de là le nom de poudre de la comtesse, sous lequel on connut cette matière dans Torigine. La première description d'un quinquina a été donnée parla Condamine, en 1738; c'est le cinchona Condaminea. Les quinquinas sont des écorces de végétaux appartenant aux rubiacées; ils forment le genre cinchona.
Ces arbres sont originaires des Cordillères ; ils croissent sur an territoire très restreint comme largeur, mais ayant 750 à 800 lieues de longueur, depuis Potosi jusqu'à Caracas.
Le Codex admet seulement trois quinquinas officinaux obliga* toires pour les pharmaciens^ savoir :
Le quinquina gris ffuanuco;
Le quinquina calisaya;
Le quinquina rouge, verruqueux ou non verruquettic,
C40HS4AESO4 =3 S2ft.
292. Cet alcaloïde a été découvert en 1820 par Pelletier et Caventou.
On broie avec soin le quinquina, on le mêle avec 30 pour i 00 de son poids de chaux préalablement éteinte^ on humecte la masse et on la mélange sous des meules avec le plus grand soin en remplaçant Feau s'il en est besoin. Le produit obtenu est alors lessivé trois ou quatre fois avec du pétrole ou avec de l'alcool amylique, qui dissolvent les alcaloïdes. Les liqueurs réunies sont agitées avec de Teau acidulée par l'acide sulfurique^ de façon que la solution soit à peine acide. On Tagite à chaud avec du noir animal^ on la filtre bouillante, et on la laisse refroidir. Le sulfate de quinine neutre formée
C*OH'4Az20*HOSO',
étant très peu soluble^ se dépose par le refroidissement. Après vingt-quatre heures, on recueille le sulfate, on le comprime et on le redissout dans une quantité d'eau bouillante aussi faible que possible contenant quelques gouttes d'acide sulfurique. La liqueur abandonnée au refroidissement laisse déposer des cristaux qu'on dessèche vers 35<*. Les eaux mères sont traitées par de l'ammoniaque ou du carbonate de soude, qui précipite une certaine quantité d'alcaloïde. On lave le dépôt avec unpeu d'eau, on le redissout dans de l'acide sulfurique étendu, on fait bouillir la solution avec du noir animal lavé, et on laisse refroidir. Une nouvelle dose de sulfate de quinine cristallise. Les eaux mères contiennent du sulfate de cincbonine. On dissout ce sulfate dans trente fois son poids d'eau bouillante, on laisse refroidir, et on verse dans la solution un léger excès d'ammoniaque. La cincbonine précipitée est recueillie, sur un filtre et lavée avec de
Teau tiède tant que la liqueur qui coule donne a^ec les sels de baryte un précipité blanc ^ insoluble dans les acides, puis elle est desséchée vers 30^ à 40<»
La quinine est blanche, amorphe, très friable. On peut l'obtenir cristallisée en versant un excès d'ammoniaque dans une solution étendue de sulfate de quinine, et en abandonnant la liqueur au repos ; la quinine ainsi préparée renferme six équivalents d'eau.
Cette quinine cristallisée fond à 120<*, et perd cette eau; le liquide fondu abandonné au refiroidissement se solidifie sous forme d'une résine.
Regnauld a repris la solubilité de la quinine pour laquelle on avait des nombres très contradictoires.
Elle exige 20,24 parties d'eau à 15**
— 1,13 — d'alcool aohydre à 15*
— 1,93 — de chloroforme —
— 22,63 — d'élher —
Une solution [à ^^ est amëre et se colore. Ses solutions sont amères et lévogyres.
Chauffée sur une lame de platine, la quinine se boursoufle, et brûle en laissant un dépôt de charbon.
La quinine chauffée avec de la potasse produit de l'hydrogène et de la quinoléine. Elle fournit une combinaison brune lorsqu'on la triture avec de l'iode.
Elle est attaquée par les iodures d'alcool; ainsi elle fournit avec l'iodure d'éthyle le composé.
C*<>H24Az20*(C2h3)L
Pour la reconnaître on se sert des réactions suivantes. On la sature par de Tacide sulfurique très dilué, on ajoute à la liqueur de l'eau de chlore, puis on y mélange un excès d'ammoniaque : le produit se colore en vert. En remplaçant l'ammoniaque par du prussiate jaune de potasse en poudre on obtient une coloration rose, puis rouge foncé.
La quinine po3sède une réaction basique; elle forme avec les acides des sels cristallisables, desquels les alcalis précipitent la quinine. C'est une base qui sature dj^u^i^. éqijiivajeixts d'acide monobasique. Cette base et ses sels sont fluorescents. Son pouvoir fluorescent devient 25 fois plus énergique en présence de l'acide sulfurique en excès. Grâce à cette fluorés-