SULFATE DE QUININE
cence, on arrive à reconnaître la quinine dans une solution qui n'en contient que l/oOOOOO
Ce moyen, qui est spécial à la quinine, remporte sur remploi de l'iodure de mercure et de potassium qui ne donne dans ces circonstances qu'une opalescence très légère, laquelle, d'ailleurs, pourrait être donnée par tout autre alcaloïde.
293. Salfotes de quinine. — On eïi cotiriaît deux; celui qui nous a servi à préparer la quinine, et dont nous avons fait connaître en déteil la préparation, est le sulfate basique, dit souvent neutre. Sa formule est.
C40h2*Az2O^HSO* + 7H0 = 436.
Ce sel contient 74,3 pour 100 de quinine.
Il se présente en aiguilles soyeuses très légères, du système klinorhombique, qui s'effleurissent dans l'air sec en perdant de l'eau.
Il se dissout dans 30 p. d'eau bouillante et dans 740 p. d'eau froide, dans 60 p. d'alcool .absolu froid. Il est à peu près insoluble dans Téther. Ses solutions sont très amères. Il devient phosphorescent par la chaleur, puis il fond. Chauffé à Tair, il brûle en laissant un résidu charbonneux, que l'air finit par brûler entièrement.
Lorsqu'on l'additionne d'eau acidulée par l'acide sulfurique, il se dissout rapidement en donnant un autre sulfate, qu'on appelle le sulfate acide et qui a pour formule,
C'est en raison de la faible solubilité du sel précédent et de la grande solubilité de celui-ci que nous avons insisté sur la nécessité de ne pas employer d'acide sulfurique en excès dans la préparation de la quinine.
Ce sel se dissout en effet dans 11 p. d'eau à 12'», et dans 9 p. d'eau à 18°. Il est en petites aiguilles fusibles vers 100». Le sulfate de quinine chauffé à 130o pendant quelques heures avec de l'eau acidulée se transforme en sulfate d'une base isomère dextrogyre, appelée la quinidne, qu'on dit fébrifuge.
Le sulfate de quinine médicinal contient toujours du sulfate de cinchonine, et on ne le considère pas comme fraudé lorsqu'il eu renferme moins de 3,5 pour ! 00, parce que ce sel provient de la préparation elle-même. La cinchonine n'ayant pas d'emploi on en ajoute souvent au sulfate de quinine. Pour reconnaître cette fraude on pèse 0«%5 du sel, on y ajoute ô gr. d'éther, om
5^6 IMPURETÉS DO SI3LFATB HK Qa!a!IK.
agile et on vene dans le mélange 1*VS àt acdotion concentrée d'ammoniaque.
S'il n'y a pas de dnchonine, on obtient deux liquides superposés, limpides. S*il y a de la cinchonine, elle se sépare au-dessus de la solution d'ammoniaque : le bon sulfate de quinine da commerce ne doit en donner qu'une couche très mince. On peut d'ailleurs évaluer la quinine directement en décantant la solution éthérée et en pesant le résidu après éTaporatioo. On Térifiera ce résultat en remplaçant l'éther dans un autre essai par du chloroforme, qui dissout les deux bases ; révaporation de ce liquide fournit le poids de la quinine et de la cinchonine réunies.
Quelquefois le sulfate de {quinine renferme du sulfate de quiaidine; cette base est précipitée, avec la cinchonine, par Téther. On démontrerait sa présence en dissolvant igr. de suifate dans 30 gr. d*eau bouillante et en y versant de Toxalate d'ammoniaque. L*oxalate de quinidine, qui est le seul oxalate soluble de ces bases, restera en dissolution, et alors en filtrant la liqueur on obtiendra une solution amère, de laquelle la quinîdine pourra être précipitée par l'ammoniaque.
Pour reconnaître le sulfate de quinine fraudé par du sulfate de chaux ou par une substance minérale on chauffera la matière au rouge sur une lame de platine ; on aura un résidu blanc.
Le sulfate de quinine doit se dissoudre dans Falcool à 88^. S'il se dissout dans l'eau, mais ne se dissout pas dans 00 p. d'alcool à 56% il pourra renfermer de la gomme.
S'il est falsifié par de la fécule, de l'amidon, des corps gras, il n'est pas entièrement soluble dans l'eau.
Quand il contient du sucre, il brûle en dégageant l'odeur du caramel, et il noircit au contact de l'acide sulfurique.
Le sulfate de quinine additionné de salicine est coloré en rouge par l'acide sulfurique.
Le sulfate de quinine est employé surtout dans les fièvres intermittentes, à la dose de 25 à 50 centigrammes. Si la fièvre est rebelle, la dose peut dépasser 1 à 2 grammes. On l'administre aussi dans les fièvres typhoïdes au début, dans la goutte et le rhumatisme articulaire.
On l'emploie soit en solution dans l'eau acidulée, soit à l'état de pilules, de tablettes^ etc.
On emploie quelquefois aujourd'hui les deux bromhydrates de quinine et le tannate de quinine.
Ce dernier se prépare en versant du tannin de la noix de galle
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dans de l'acétate de quinine jusqu'à redissolution du précipité de tannate de quinine.
On neutralise cette solution par le bicarbonate de soude qui précipite tout le tannate de quinine qu'on lave et qu'on sècbe.
Ce composé est blanc^ amorphe, il contient 20^6 p. 100 de quinine. 20^000 p. d'eau n'en dissolvent pas l.p.
CmCHONINE.
C40HS4AztOt.
294. La cinchonine ne difTère de la quinine qu'en ce qu'elle renferme 2 équiv. d'oiygène de moins. On n'est pas parvenu à la transformer en quinine M. Caventou ûls a obtenu l'oxycinchunine, isomère de la quinine.
On peut la préparer comme la quinine, mais il faut faire usage du quinquina gris Huanuco. La cinchonine se sépare en cristaux par Tévaporation de l'alcool avec lequel on lave le précipité calcaire, et même lorsqu'on préparé la quinine on aperçoit souvent des cristaux de cinchonine dans le résidu de la distillation de l'alcool. On recueille les cristaux de cinchonine, on les égoutte, et on évapore la liqueur qui en fournit encore. Cette deuxième eau mère est alors sursaturée par l'acide sulfurique et évaporée légèrement.
Les premiers cristaux sont du sulfate de quinine, qui est moins soluble que le sulfate de cinchonine. Lorsqu'on n'a plus qu'une eau mère très concentrée, on y précipite la cinchonine par l'ammoniaque, et pour la débarrasser de la quinine, on la lave avec de l'éther. La quinine se dissout, et la cinchonine reste insoluble.
La cinchonine a été découverte par Pelletier et Caventou. £Ue forme des prismes brillants, incolores, insolubles dans l'eau froide, l'éther, solubles dans 2500 p. d'eau bouillante; il faut 30 p. d'alcool à 90* bouillant et 40 p. de chloroforme pour la dissoudre. Ses solutions sont très amères et dextrogyres,
La cinchonine fond vers 165'*; elle est susceptible de distiller en grande partie lorsqu'on la chauffe plus fortement, et la sublimation est complète dans un courant d'azote ou d'hydrogène.
Elle fournit avec le chlore et le brome de la cinchonine bichlorée et bibromée. Avec l'iode on obtient un corps jaune cristallisé, C*«H«*AzWI.
Chauffée avec de la potasse fondue, elle produit de la qui*^
noléinc.
&78 ALCALOÏDES DES QDDiQUlNAS.
La ctnchonine a ane réaction alcaline, el elle s' unit aux acides en donnant des sels cristallisables correspondant aux sels de quinine. Ces sels sont généralement plos solnbles «jue ceui de quinine.
Le sulfate de cinchonine ehanfie yers 130* fournit le solfate d'un alcaloïde isomérique, la càicAonteôie.
La cinchonine est employée comme fébrifuge en Hollande et dans quelques autres pays; mais son action fébrifuge est beaacoup moindre que celle de la quinine.
Ofoinoldine. — La quinidine est une base qu'on extrait des dernières eaux mères du sulfate de quinine lorsqu'on les précipite par le carbonate de soude. Elle est souvent mélangée à un autre alcali, la cinchonidine, et c'est ce mélange renfermant surtout de la quinidine qu'on appelle qumotdme dans le commerce. La quinidine est isomère avec la quinine, elle fond à 160*. Elle est fort peu soluble dans l'eau, très soluble dans l'alcool bouillant, et peu soluble dans réther. Ses solutions sont dextrogyres. Elle est fébrifuge. Elle donne avec le chlore et l'ammoniaque les réactions de la quinine, et elle forme des sels correspondants.
La quinoîdine renferme, aTons-nous dit, un isomère de la cinchonine, la cinchonidine. Ce corps est cristallisé, fusible vers 150% à peu près insoluble dans Teau et peu soluble dans l'éther et le chloroforme; l'alcool bouillant est son meilleur dissolvant.
Aricine. — On a découvert un autre alcaloïde, Yaricine ou la cinchovatine, C^H'^\z^O^, dans le quinquina Jaên et dans un quinquina d'Arica. — L'aricine est cristallisable, soluble dans l'alcool, amère, fusible à 188% susceptible de former des sels cristallisables.
Essai de quinquina. — Nous conseillons ce procédé dû à M. Caries en insistant sur ce point qu'il doit être minutieusement suivi.
On réduit en poudre fine et on tamise sans résidu un échantillon. On en prélève 20 gr. que Ton mêle intimement dans un mortier avec 8 gr. de chaux éteinte délayée dans 35 gr. d'eau.
Ce mélange étendu sur une assiette, est desséché à l'air libre en été, ou sur un bain-marie. Dès qu'il a perdu rhumidité visible, on écrase les grumeaux, on le tasse dans une allonge sur du coton ou de la charpie, et on y verse du chloroforme de façon à bien imbiber. On laisse égoutter, et on rajoute une nouvelle dose de chloroforme : si on opère bien^ 150 gr. doivent suffire.