‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutiqueChapitre 369 sur 527 · EMPOISONNEMENTS PAR LA STRYCHNINE · texte numérisé non relu

EMPOISONNEMENTS PAR LA STRYCHNINE

Lorsque la mort n'est pas soudaine, on observe de l'agitation, des yertiges, des contractions spasmodiques, des phénomènes d'agitation cérébrale interrompus par des périodes de calme, une activité respiratoire très grande. Les convulsions deviennent peu à peu plus fortes et plus violentes, le délire ne cesse bientôt plus, et la mort est la terminaison ordinaire. Dans le cas où elle est évitée, le système nerveux ne se remet qu'au bout d'un temps extrêmement long.

Dans le cas de la strychnine, les muscles se roidissent avec violence, le corps devient rigide et se renverse en arrière; puis survient une période de rémission bientôt suivie d*un second accès plus violent, qui est rarement le dernier. Ces accès durent trois à quatre minutes ; ils sont séparés par un temps de calme qui, de 7 à 15 minutes au début, se réduit à quelques instants. Les accès deviennent de plus en plus violents, et la mort a lieu brusquement.

Quelquefois la violence et la fréquence des accès décroissent et laguérison arrive à la longue.

L'absorption des sels de strychnine est très rapide. L'action de Tupas tieuté des flèches des Indiens se déclare au bout de 2 minutes quelquefois. L'absorption a lieu par l'estomac, par la peau et par les membranes muqueuses.

On ne connaît pas de contre-poison certain de la strychnine.

On administre du tannin, la teinture d'iode (275). Le mieux est de provoquer d'abondants vomissements.

Le cadavre des animaux qui ont succombé à l'action de la strychnine présente une rigidité très forte, qui persiste pendant un temps très long. Le cadavre des personnes empoisonnées a une teinte violacée.

La recherche de la strychnine peut s'opérer par la méthode générale indiquée plus haut (276). Le travail de l'expert est facilité par ce fait que l'alcaloïde n'éprouve pas d'altération au milieu d'organes et de liquides à l'état de putréfaction.

Pour reconnaître la strychnine dans la substance séparée des matières organiques, on en met quelques milligrammes sur une soucoupe et on les mouille avec une goutte ou deux d'acide sulfurique concentré; le mélange reste incolore si la strychnine est bien pure, il prend une teinte brune si l'alcaloïde n'est pas absolument pur. On y ajoute alors une très petite quantité de bichromate de potasse ou de bioxyde de plomb : il se produit aussitôt une teinte bleu violacé avec le premier réactif, bleue avec le second. Si l'on ajoute de l'eau, la liqueur passe au jaune

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peu coloré oq se décolore. Il est donc impoptaRt d'agir sur la strychnine solide et de ne pas se servir d'acide étendu. La réaction réussit bien avec un sel solide de strychnine autre que le chlorhydrate. Avec ce dernier sel il se dégage du chlore^ qui modifie la réaction ; la coloration bleue s'altère peu à peu, et devient successivement violette^ rouge^ puis jaune au boutd'une heure environ.

BRDGINE.

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296. Les liquides alcooliques desquels s'est séparée la strychnine sont saturés par l'acide oxalique, et évaporés. Les cristaux d'oxalate de brucine qui se forment sont lavés à Talcool àOo^ et redissous dans l'eau. Laliqueur est décomposée par la chaux; le précipité est recueilli^ séché^ et dissous dans l'alcool bouillant. La brucine se sépare de la liqueur en cristaux qu'on purifie par deux autres cristallisations.

La brucine forme des gros prismes du système klinorhombique^ solubles dans l'alcool, insolubles dans l'éther^ se dissolvant dans 850 p. d'eau froide et dans 500 p. d'eau bouillante.

L'acide sulfurique concentré colore la brucine en rose^ puis eu vert. L'acide nitrique la colore en rouge^ puis si Ton chauffe il se dégage de l'éther azoteux^ de l'esprit de bois et de Tacide carbonique.

La brucine est beaucoup moins toxique que la strychnine.

On l'en distingue surtout par l'acide azotique concentré, lise produit une teinte rouge^ qui passe au violet sous rinfiuence du protochlorure d'étain : cette dernière coloration ne se forme pas avec la morphine (283).

La brucine forme des sels cristallisables, qui prennent laméme coloration sous l'influence de l'acide azotique.

Gorarine. — On a retiré des flèches des Indiens habitant les bords de l'Amazone et de TOrénoque une matière brune et résineuse, de laquelle on a extrait des cristaux d'une substance dont l'action toxique est foudroyante. M. Preyer, à qui l'on doit cette découverte, lui attribue la formule C*^fl** Az et l'a nommée curarine. Les Indiens de la Guyane hollandaise enduisent leurs flèches de deuj^ autres matières non moins dangereuses Vurari et le tihunas. Ces trois substances paralysent l'action des muscles en tuant les nerfs moteurs (Jlf. CL Bernard).

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