SABINE. RUE
Ces deux plantes sont employées comme abortives^ à l'état de poudre, d'essence oud^inrusîon. Leur ingestion peut causer la mort. Pour reconnaître ces substances^ on distille les matières avec de l'eau : le liquide qui passe est trouble^ il a l'odeur de la Sabine ou de la rue. L'expert opérera toujours comparativement avec de la sabine et de la rue délayées dans des matières organiques analogues.
SEI(a«E ERGOTÉ.
Le seigle ergoté est employé comme abortif. Pour reconnaître la présence de cette matière dans la farine on en prend 10 gr. et on les traite à deux reprises par 30 gr. d'alcool bouillant. On exprime le résidu dans un linge, on l'introduit dans un tube^ on l'agite avec 10 gr. d'alcool et on ajoute au mélange 2 ou 3 gr. d'acide sulfurique un peu étendu. Quand la farine est pure, le liquide reste incolore ou à peine jaunâtre, tandis que, si elle est ergotée, on observe une teinte rouge qui se fonce avec le temps.
M. Tanret a retiré de l'ergot un alcaloïde cristallisé qu'il a nommé l'ergotinine. Il le prépare par la méthode (280.1'') en se servant de la chaux pour précipiter l'alcali, de l'éther pour l'enlever au mélange, de l'acide citrique, pour en faire un sel, et du carbonate de potasse en présence de Téther pour l'isoler pur.
Sa formule se rapproche de C™HWAz*0".
SANTONINE.
On fait bouillir pendant une demi-heure {0 litres d'eau avec 3 kilogr. de semen-contra et 300 gr. de chaux préalablement éteinte. On passe puis on fait bouillir de nouveau de l'eau avec le marc. On évapore les liqueurs réunies au tiers, et on y ajoute de l'acide chlorhydrique. Il se sépare d'abord une résine, que l'on enlève par filtration. La liqueur dépose ensuite de la santonine mêlée de résine qu'on sépare après
• SÂNTONINE. 691
5 jours de repos et qu'on fait macérer a^ec 20 gr. d'ammoniaque, qui dissout de la résine. Le résidu est la^é à Teau froide, puis dissous dans Talcool bouillant. On obtient la santonine en prismes incolores, jaunissant à la lumière, fusible à nO<>, non volatils, à peine solubles dans Teau froide, mais solubles dans Talcool, Tétber et le chloroforme.
La santonine se combine aux alcalis. L'acide nitrique l'attaque à chaud et donne de l'acide succinique. L'acide sulfurique produit avec elle une liqueur rouge.
Ce corps, quia pour formule C^H^^O', doit être classé parmi les phénols. L'hydrogène le réduit pour donner le santonol, C?«ffH)« [De Saint-Martin).
On connaît deux isomères de la santonine.
Un grand nombre de matières toxiques, dont il a été parlé dans ce chapitre, amènent la mort par paralysie. D'après M. Cl. Bernard, la paralysie peut provenir de trois causes ; de là trois sortes de poisons. Les uns, comme la strychnine, amènent la perte de la sensibilité. D'autres, comme le curare, l'aconitine, tuent les nerfs moteurs sans arrêter les battements du cœur. Les troisièmes enfin {poisons du cœur ou musculaires), comme la digitaline, l'upas antiar, le tanguin, le sulfocyanure de potassium, arrêtent les battemenls du cœur, détruisent rirritabilité musculaire.
COMPOSÉS POLYATOMIQUES<
ALCOOLS POLYATOMIQUES.
301 . Ces alcools sont aux alcools monoatoniiques ce que l'acide sulfurique et Tacide phosphorique sont à l'acide azotique.
Lesalcools monoatomiques renferment deux équivalents d'oxygène. Avec chaque acide monobasique ils dp donnent qu'un seul éther, de même qu*un acide monobasique ne fournit qu'un seul sel avec une ba>e donnée. En s'oxydant ils forment des acides monobasiques. Nous les avons considérés comme dérivaut de deux équivalents (une molécule) d'eau, H'O*.
Les alcools diatomiques contiennent quatre équivalents d'oxygène. Avec chaque acide monobasique, ils fournissent deux éthers, de même qu'un acide bibasique donne deux sels avec une base donnée, ils dérivent de quatre équivalents (2 mole-' odes) d'eau, 2 (H*0«).
Les alcools triatomiques renferment six équivalents d'oxygène. Ils donnent trois séries d'éthers avec les acides monobasiques. Us dérivent de six équivalents (3 molécuks) d'eau, 3 (H«0*).
Ces alcools donnent naissance à des dérivés par oxydation, par réduction, par hydratation, etc., analogues à ceux que produisent les alcools précédents.
On peut admettre qu'un alcool diatomique représente deux équivalents d'un alcool monoatomique soudés l'un à l'autre, qu*un alcool triatomique en représente trois, etc. Considérons un alcool triatomique, la glycérine. La glycérine peut réagir sur un seul équivalent d'acide chlorhydrique : il en résulte un éther analogue à Téther chlorhydrique. C'est comme si sur trois équivalents d'alcool monoatomique mis en présence un seul entrait en réaction et si les deux autres restaient unis à réther formé. La glycérine sera susceptible de fournir un second éther en réagissant sur deux équivalents d'acide chlornque; c'est comme si deux équivalents d'alcool monoato-
ALCOOLS P0LYAT0M1QUES. 593
mîque sur trois réagissaient sur l'acide et que le troisième restât uni à Téther. Enfin, elle donnera un troisième éther correspondant à celui qui résulterait de la réaction de trois équivalents d'alcool monoatomique sur trois équivalents d'acide chlorhydrique.
Il est vraisemblable qu'à chaque alcool monoatomique correspondent un alcool diatomique et un alcool triatomique^ etc.
ALCOOLS DIATOMIQUES.
C2»H2»+20*. Octylglycol C< «H* "G* .
Glycd ordinaire... C^H^O*. C2»H2--»0*.
Propylglycol C«H«0*. Saligénine C* *H«0*.
Balylglycol C«H*»0*. C^-H^- - «OV
Amylglycol C'^H^^O*. Oroséline C*^H«0*.
Hexylglycoi C<2h**0*.
ALCOOLS TRIATOMIQUES.
Glycérine. C8H«0«.
ALCOOLS TÉTRATOMIQDES.
Érythrite. C«H<®0«. Esculétine C*WO«?