MANNITE
sieurs sortes de frênes (/Wuïinus ro^undt/o/ta, fr. omus), appelée la manne, et il en forme la majeure partie.
Les champignons^ les algues, le suc de la plupart des arbres fruitiers, de l'oignon, de l'asperge^ du céleri, etc., en contiennent aussi. Pour le préparer, on dissout de la maune dans la moitié de son poids d'eau, on y ajoute un peu de blanc d*œuf, on fait bouillir, et ou filtre. Il se dépose par le refroidissement des cristaux colorés, qu'on exprime et qu'on redissout dans l'eau chaude. On décolore la solution par le noir et an filtre bouillant. La liqueur cristallise par le refroidissement.
La mannite s'obtient artificiellement en faisant fermenter du glucose avec du lait et de la craie. Il se forme de la mannite soluble et du lactate de chaux qui se précipite.
M. Linnemann l'a préparée aussi en faisant agir l'amalgame de sodium en présence de l'eau sur le lévulose,
La mannite cristallise en prismes du système rhombique, sa saveur est douce. Elle se dissout dans 7 fois son poids d'eau froide, elle est très peu soluble dans l'alcool et elle ne se dissout pas dans l'éther. Les solutions sont optiquement inactives.
La mannite fond vers i 65^. Vers 200^ elle fournit une certaine quantité d'une matière nommée la mannitane, C" H** 0**. Elle s'oxyde en présence du noir de platine, et elle donne alors un acide incristallisable nommé Vacide mannitique. L'acide azotique bouillant la change en acide saccharique et en acide oxalique.
La mannite forme des combinaisons diverses avec les alcalis et d'autres oxydes. Elle s'unit aussi avec des sels, car si l'on verse un alcali dans du sulfate de cuivre mélangé de mannite? la liqueur bleuit et l'oxyde de cuivre n'est pas précipité.
La manmite ne fermente pas dans les conditions ordinaires. Elle fournit du glucose à la longue dans certaines circonstances, et par suite elle est susceptible d'éprouver la fermentation alcoolique.
La mannite triturée avec un peu d'acide azotique se change en un corps insoluble dans l'eau, appelée la nitromannite, que
(AzO*)»}" '
l'on peut considérer comme un éther de la mannite. Avec les
GLUCOSES. 629
acides organiques on obtient des éthers qui ne sont pas^ à proprement parler, des éthers de la mannite. Cette substance perd deux équivalents d'eau pour donner la mannitane, et c'est la manoitane qui réagit sur les acides,
Mannitane ^^*^g?}o*».
Elle se comporte comme un alcool pentatomique.
La mannitane se retire de ces éthers par la saponification au moyen d'une solution bouillante de baryte.
La dulcite est très analogue à la mannite. Elle eu diffère en ce point saillant qu'avec l'acide nitrique elle fournit de l'acide mucique(33i).
GLUCOSES.
C12HlS01i.
326. Ces composés peuvent être considérés comme des hydrates de carbone.
Le glucose ordinaire est une matière cristallisée qui se trouve dans le miel, dans les figues et dans les fruits sucrés^ mêlée à un autre glucose incristallisable. On l'a trouvé dans le foie, dans la plupart des liquides de l'économie; il constitue le principe sucré de l'urine des diabétiques.
On l'obtient par le dédoublement de la salicine^ du tannin et de diverses substances qu'on a nommées pour cette raison des ghuiosides,
La cellulose des végétaux, l'enveloppe des animaux inférieurs {ckUme et tunieme) , le principe glycogène du foie en fournissent par l'action de l'eau acidulée.
On le fabrique exclusivement par l'action de l'amidon ou de la fécule sur l'acide sulfurique étendu. On introduit dans des cuves en bois de l'eau ordinaire contenant 4 à 8 pour 100 d'acide sulfurique, et on porte ce liquide à l'ébullition au moyen d'un courant de vapeur d'eau surchauffée qui arrive dans le fond du vase par de petites ouvertures percées dans un tube en plomb. Avant que cette eau arrive à l'ébullition on y verse de l'amidon ou de la fécule délayée dans l'eau, et l'on continue l'ébullition tant qu'une petite quantité de ce liquide refroidi se colore en bleu ou en violet au contact de la solution d'iode.
L'acide sulfurique ne subit aucune altération pendant cette transformation. On le sature alors par la craie, on laisse éclaircir
610 GLUCOSE ORDINAIRE.
le liquide, on le décolore par un passage sur des filtres de noir animal, et on Tévapore jusqu'à 4i<* B« : le glucose cristallise en masses compactes. Souvent on se contente de Tévaporer à 3% et on a un sirop connu sous le nom de sirop de fécule.
Le miely traité par l'alcool concentré froid qui dissout le sucre incristallisable; fournit aussi du glucose.
Les cristaux de glucose sont petits, opaques, mal définis. Ils sont représentés par la formule,
mais on peut les obtenir avec la formule G^'H^O^* par leur précipitation dans l'acool concentré bouillant. Cette eau s'écbappe aussi lorsqu'on chauffe le glucose vers iOO**.
Il est soluble à froid dans un poids d'eau un peu plus fort que le sien. L'alcool faible le dissout assez bien; il est très peu soluble dans l'alcool concentré froid, il se dissout assez bien dans l'alcool bouillant. Sa solution dévie à droite le plan de polarisation de la lumière; ce pouvoir rotatoire diminue lentement à froid, et rapidement à la température d'ébullition.
Le glucose chauffé vers 110^ se comporte comme la mannite, car M. Géiis a reconnu qu'il perd deux équivalents d'eau; le corps formé C^*H^<^0*^, appelé la glucosane, reproduit le glucose par ébullition avec l'eau acide. Le glucose chauffé plus fortement fournit des substances brunes. L'acide nitrique étendu bouilli avec du glucose fournit de l'acide saccharique et de Tacide oxalique. L'acide nitrique fumant produit un corps très explosiblé. L'acide cblorfaydrique le brunit. L'acide sulfurique étendu donne un acide double {suifoglucique ). L'acide sulfurique concentré le charbonne.
Le glucose oxydé avec ménagement fournit de l'acide saccharique. Soumis à l'action de l'amalgame de sodium il donne divers produits parmi lesquels se trouve la mannite {M. 6. Bouehardat).
Le glucose chauffe à 100<» avec de l'acide butyrique et d'autres acides perd de l'eau, et la glucosane formée réagit sur l'acide pour donner un éther,
Saccharide ou glucosane dibutyrique... )n8n7os)m { ^*^'
Ce corps et les autres scuxharides se dédoublent, sous l'influence de rébuilition avec de l'eau acide, en acide et en glucose.
GLUCOSE. LEVULOSE. 631
Le glucose s'unit au sel marin et donne plusieurs composés cristallisés.
Le glucose forme des combinaisons peu stables avec les bases alcalino-terreuses et métalliques :
C*2H*0CaO*2.
C*2H**BaO<>, etc.
M. Peligot a montré que les solutions de ces gluoosates se changent peu à peu en sels d'un acide spécial, Tacide glucique, dont la formule «serait C»*H»H)".
L'altération du glucose est beaucoup plus rapide si on chauffe ces solutions et surtout si Ton remplace ces bases par les alcalis. Lorsqu'on chauffe une solution de glucose avec une solution concentrée dépotasse^ la liqueur passe au jaune puis elle brunit fortement; suivant M. Peligot il se formerait de l'acide glucique et de l'acide mélassique. On tire parti de cette réaction pour reconnaître le glucose.
On utilise surtout à cet effet son pouvoir réducteur sur les sels de cuivre.
L*acétate de cuivre dissous est réduit à l'état de sous-oxyde par l'ébuUition avec ce sucre.
Cette action , fort lente avec les sels de cuivre à acides minérauxy devient rapide et complète en présence des alcalis. Lorsqu'on ajoute du glucose à une solution de sulfate de cuivre, ce sel n'est plus précipité par la potasse. Si Ton chauffe cette liqueur elle dépose du sous-oxyde de cuivre.
La réaction, est plus sensible avec les sels de cuivre à acides organiques, et l'on se sert, soit d'un mélange de sulfate de cuivre, de sel de Seignette et de soude (M. Fefding)^ soit d'une solution de tartrate de cuivre dans la potasse {M. Bar» retwU) (330).
On peut encore reconnaître le glucose en versant dans le liquide sucré de l'azotate de bismuth puis un excès de potasse ; si Ton chauffe on obtient un précipité noir de bismuth. Le glucose réduit aussi les sels de mercure, d'argent et d'or.
Nous verrons comment on opère le dosage du glucose (330 fris et 391).
327. IjéTUlose, C^'H^'O^'. — On donne ce nom à une variété de glucose incristallisable qui existe dans plusieurs fruits. On l'obtient par l'ébullition de l'inuline avec l'eau, ou mieux on la retire du sucre de canne, par l'action des acides étendus.
Lorsqu'on traite une solution de sucre ordinaire par de l'eau
632 GALACTOSE. INOSITE.
acidulée faiblement et qu'on porte le mélange à rébnllition on constate que la liqueur, de dextrogyre qu'elle était , est devenue lévogyre : on dit que le sucre est interverti. L'explication de cet intervertissement est simple : cette solution lévogyre n*est pas un produit simple, c'est un mélange à poids égaux de glucose dextrogyre et de glucose lévogyre [lévulose) ^ dont le pouvoir rotatoire est plus considérable que celui du glucose dextrogyre (M. Buignet),
Pour démontrer ce (kit, et pour extraire le lévulose du sucre interverti, on mélange la dissolution avec un excès de chaux éteinte : il se forme du lévulosate de chaux insoluble et du glucosate solubie. On sépare ce dernier par le filtre et on lave le lévulosate, puis on le décompose par Tacide oxalique. On sépare l'oxalate de chaux insoluble et on obtient une solution de lévulose. Ce corps est amorphe et fermentescible. Lorsqu'on le chauffe vers 180<> il perd EH}\ et se change en une substance amorphe, nommée lévulosane.
328. Galactose, C^'H^'O^*. — Ce corps se produit lorsqu'on fait bouillir pendant deux à trois heures du sucre de lait avec de l'eau acidulée par l'acide sulfurique. Le galactose est solubie diins l'eau, insoluble dans l'alcool; Tacide nitrique le transforme en acide mucique.
iNOsm.
CHHtîO" + 2HÎ0».
329. Cette substance existe dans plusieurs organes des animaux, dans certaines urines, et elle forme la partie constituante du liquide dont les muscles sont imprégnés.
Elle est inactive sur la lumière polarisée.