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MIEL

Le miel est produit par Tabeille domestique {apis meUifica), insecte de Tordre des Hyménoptères. Pour le séparer de la cire, on expose les rayons au soleil sur des claies; il s'écoule du miel très pur {miel vierge). On presse le produit restant : ce qui fournit un miel plus coloré et moins agréable d'odeur et de saveur. On fait ensuite chaufifer les rayons avec de Teau pour enlever le reste du miel. La cire est alors isolée : on la fond et on la coule en moules.

Le miel doit sa saveur douce à plusieurs sucres. On y a trouvé du glucose (326) dextrogyre, cristallisable; quand on a retiré ce sucre il reste un liquide visqueux, incristallisable , qui renferme du lévulose (327) : c'est un mélange analogue au sucre interverti. On y a signalé l'existence de petites quantités de sucre ordinaire. Ordinairement le miel contient un peu de cire. Les miels de Narbonne et du Gâtinais sont les plus estimés dans notre pays. Le miel de Bretagne n'est pas blanc comme les précédents, et il n'en a pas Tarome suave, ce qui doit être attribué à ce que l'abeille butine beaucoup sur le blé noir, qui est la principale culture du pays ; ce dernier miel ne doit pas être employé en pharmacie , parce qu'il est coloré et surtout parce qu'il renferme une matière fermentescible {couvain) , qui rend très altérables les préparations faites avec ce miel.

On falsifie le miel avec de l'amidon, de la farine, de la gomme adragante, du sable, du sucre de fécule, et surtout avec ce dernier corps. On reconnaît la présence des quatre premières substances par l'addition de l'eau ou de l'alcool à 60» qui dissout le miel pur et qui laisse ces substances à l'état insoluble. Le miel fraudé par le sucre de fécule a un aspect mat, une odeur faible et peu agréable. Si on dissout le miel dans l'eau distillée et qu'on filtre la liqueur sur du papier Berzélius, ou sur du papier ordinaire, lavé préalablement avec de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique , la solution se trouble à peine par l'oxalate d'ammoniaque et par le chlorure de barium dissous, lors-

GLUCOSIDES. 641

que le miel est pur. Au contraire , elle précipite assez abondamment dans le cas où le miel aurait été mélangé de sirop de fécuie parce que cette matière contient toujours du sulfate de chaux en proportion notable. De plus^ ce miel au lieu de dévier à gauche dévierait à droite le plan de polarisation de la lumière. Si le miel était mélangé de mélasse on y trouverait à l'incinération beaucoup de sels et notamment beaucoup de chlorures qui n'existent pour ainsi dire pas dans le miel.

GLUOOSroES.

332. On donne ce nom à divers corps qui ont la propriété de se dédoubler, par fixation d'eau, en divers produits, parmi lesquels est le glucose ou une matière sucrée. Ce dédoublement s'opère, soit sous Tinfluence des acides ou des bases, soit par Taction de certains ferments connus. Nous citerons,

la salidne C^®H * • 0 * * retirée de l'écorce de saule ,

Vamygdaline . . . G^^H^'^ÂzO^^ » des amandes amères ,

Yorcine C*'*H^O'* » des lichens orselia, etc.,

le tannin C5*H22o34 „ ^^ Técorce de chêne ,

^aphlorizine.... C^^H^^O^® » de récorce de pommier,

poirier, cerisier,

la populine C^^H^'^O ** » des feuilles du tremble ,

Yarbutine C2«H««0** » des feuilles de busserolle ,

la eonvolvuline , c^^H^^O^^ .» des convoi vulus orizabensis

et schiedeanus, la jalappine, C^^H^^O^', jetirée des convoi vulus orizabensis et

scammonia , la saponine, poudre blanche amorphe dont la solution est très mousseuse, et dont la poudre est sternutatoire , la daphnine, C^'^H^^O'*, principe cristallisé du daphne mezereum

et du daphne alpina , la fraxine, C'^H^^O**, matière cristallisée retirée de l'écorce du

frêne {fraxinus excelsior), la cyelamine^ retirée des tubercules du cyclamen eurapasum , V acide caincique, retiré de la racine de cainca, qui cristallise en

petites aiguilles solubles dans l'alcool, peu solubles dans l'eau, la quinovinê, C^^H^^O**, matière résineuse, amère, soluble dans l'alcool, qui existe dans l'écorce de quina nova et des autres quinquinas, la <o/anine,CH7*AzO'^, matière étudiée antérieurement, Yesculine, 0*^**02», extrait de l'écorce du marronnier d'Inde, le quereUron, C^'H*®0'*, de l'écorce du chêne jaune {guerctu fine» toria),

642 SALIGINE ET DËRIVÉS.

Salioine. — Pour obtenir ceglucoside on épuise l'écorce du saule par l'eau bouillante, on concentre la Mqueur, et onl a met en digestion avec de la lithai^ ou de la chaux, qui précipitent diverses substances étrangères. La liqueur est alors filtrée^ traitée par l'acide sulfurique pour précipiter la chaux]ou l'oxyde de plomb, et évaporée à consistance de sirop. La salicine cristallise à la longue; on la purifie par l'action du noir et par une nouvelle cristallisation.

Ce corps cristallise en aiguilles blanches, fusibles à 120% insolubles dans l'éther, solubles dans l'alcool et dans l'eau; ces solutions sont lévogyres et très amères. On l'emploie comme fébrifuge, mais il est sans efficacité contre les fièvres intermittentes bien caractérisées. U a pour caractère distinctif de prendre une teinte rouge avec l'acide sulfurique.

Sous l'influence de l'acide sulfurique ou de l'acide chlorhydrique étendus, ou encore de l'émulsine , la salicine se dédouble à froid :

glucose. saligénine.

Elle perd de l'hydrogène au contact de l'acide nitrique froid et donne une matière appelée ïhélicine, C*'ff'0*^

Lorsqu'on la traite par les réactifs oxydants elle donne naissance à une odeur qui est celle de l'essence de la reine des prés (spirœa iLlmaria). Ce corps se produit notamment lorsqu'on traite la salicine par un mélange d'acide sulfurique et de bichromate de potasse.

Cette essence est connue sous le nom d'hydrure de salicyk. Sa formule est celle de l'acide benzoïque, C^^H^^O^, mids elle n'en a pas les propriétés : c'est un liquide aromatique, bouillant à 196*^. Il a la propriété de s'oxyder pour donner naissance à un acide, nommé l'acide salicylique, C^^H^O*. Lalsalicine, traitée par la potasse en fusion, fournit de l'oxalate et du salicyiate alcalin.

M. Gahours, dans un remarquable travail, a montré que l'essence de Gaultheria procumbens, bruyère de la Nouvelle-Jersey, enferme, outre un isomère de l'essence de térébenthine, un liquide suave, bouillant à 222®, qui est Téther salicylique de l'esprit de bois, car il se dédouble au contact des alcalis en esprit de bois et en acide salicylique, et on peut le produire artificiellement en traitant l'esprit de bois par un mélange d'acide salicylique et d'acide sulfurique.

TANNINS. 643

TANNINS.

333. On connaît sous ce nom des principes divers existant dans les végétaux , caractérisés par les deux propriétés suivantes :

1*» Ils donnent avec les sels de peroxyde de fer une coloration noire tirant sur le bleu ou sur le vert {encre);

2® Ils précipitent les solutions des matières albuminoïdes et en particulier celles de gélatine.

Les principaux sont :

le tannin du chêne. CS^H^îo^*,

» cachou {catéchine ou acide catéchique),

» quinquina {acide quinotannique)^

» café {acide cafétannique),

» hois îdLime (acide morintannique).

Pour préparer le tannin du chêne on opère d'ordinaire sur les noix de galle^ qui en renferment beaucoup plus que Técorce. On les concasse, et on les soumet^ dans un appareil à déplacement, à l'action de l'éther sulfurique du commerce « qui est aqueux. On remplace avec avantage l'éther ordinaire par un mélange de : eOG^éther pur, 30k'- alcool à 90° et 40". eau distillée pour 100^ de noix de galle. Le lendemain la carafe renferme deux couches : celle qui est au-dessus est de Téther fort peu chargé de tannin, la couche inférieure est une solution aqueuse, très chargée de tannin.

On sépare cette dernière couche et on Tévapore à l'étuve dans des assiettes. Il reste une matière amorphe^ spongieuse^ très soluble dans l'eau, moins soluble dans l'alcool, à peine soluble dans l'éther. Ce liquide est très astringent, légèrement acide..

La solution du tannin précipite en blanc l'émétique.

Elle précipite les solutions des alcaloïdes.

Elle coagule le sang.

Elle donne avec la gélatine dissoute un précipité volumineux soluble à chaud dans un excès de gélatine.

Le tannin forme avec la peau fraîche une combinaison imputrescible qui constitue le cuir. L'art du tanneur consiste dans l'action de l'écorce de chêne sur les peaux épilées.

Le tannin dissous s'altère peu à peu en se recouvrant de moisissures. Il se dégage de Tacide carbonique^ et il se forme un acide^ nommé l'acide gallique. On a considéré jusqu'à ces temps derniers le tannin comme un glucoside, et on admettait que lorsqu'on fait bouillir du tannin avec de l'eau acidulée par l'a-

6«4 ACIDES GALLIQUE, PTROGALLIQUE.

cide chlorhydrique ou sulfurique, il se dédouble en glucose et en acide gallique d'après l'égalité suivante :

acide gallique, glucose.

Suivant M. Schiff le tannin ne serait pas un glucoside^ mais un acide dérivant de 2 mol. d*acide gallique avec élimination d'une mol. d'eau ; ce serait l'acide digallique

tannin.

L'acide gallique cristallise par le refroidissement de la liqueur. On le purifie par des dissolutions en présence du noir animal et par des cristallisations.

L'acide gallique, G^^H^O^^ cristallise en aiguilles soyeuses, solubles dans trois parties d'eau bouillante , peu solubles dans l'eau froide. Gette solution s'altère à la longue dans l'air : de l'acide carbonique se dégage , la liqueur brunit; les alcalis activent cette altération.

L'acide gallique produit une coloration bleue dans les sels de peroxyde de fer, et il précipite i'émétique, mais il ne précipite pas la gélatine et les alcaloïdes.

L'acide gallique^ mélangé de pierre ponce, chauffé lentement vers 210'', produit un beau sublimé d'acide pyrogallique :

acide pyrogallique.

Ce corps forme de belles aiguilles incolores, fusibles vers H5**, solubles dans 2,5 parties d'eau. Gette solution absorbe l'oxygène de l'air avec énergie en présence des alcalis, et brunit fortement.

Il réduit les sels d'or et d'argent. Il forme des combinaisons peu stables avec quelques acides. On pourrait le placer parmi les phénols.

Get acide est employé en photographie.

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