CELLULOSE
336. Lorsqu'on examine au microscope un végétal très jeune^ on voit quHl est formé de cellules et de vaisseaux minces et diaphanes^ remplis de sucs divers. La matière constitutrice de ces tissus est appelée cellulose. La moelle de sureau, le coton, le papier, les vieux linges en sont presque exclusivement formés.
C'est un hydrate de carbone; la formule C" H*° 0*° lui est attribuée d'ordinaire, mais toute autre formule multiple est aussi vraisemblable. Cette formule représente simplement le rapport entre les trois éléments.
Pour obtenir la cellulose pure on traite le coton, le linge, etc., par des solution-} alcalines étendues, on les lave, on les soumet à faction de Teau chlorée faible, enfin on épuise sur ces corps l'action des divers dissolvants, eau, alcool, éther, acide acétique.
Cette matière est solide, amorphe, insoluble. Elle se détruit au rouge en donnant du charbon et de nombreux gaz ou liquides qui distillent. Broyée avec de l'acide sulfurique monohydraté, elle donne sans se colorer un liquide visqueux, qui renferme d'abord une matière insoluble douée de la propriété caractéristique de l'amidon : elle se colore en bleu par l'iode. Si Ton continue l'action de l'acide, tout se dissout et on obtient les produits que donne l'amidon au contact de l'acide sulfurique, c'estrà-dire la dextrine et la glucose. Pour isoler ce dernier corps, il suffit de saturer l'acide par la craie et d'évaporer la liqueur.
L'acide chlorhydrique concentré agit de la même manière.
Si l'on trempe un instant du papier dans de l'acide sulfurique renfermant la moitié de son volume d*eau, et qu'on le lave avec soin, il acquiert la résistance du parchemin. Le papier ainsi préparé est fréquemment employé dans les expériences de dialyse.
337. Goton-pondre. — On immerge pendant deux à cinq minutes du coton dans l'acide azotique fumant, ou mieux dans un
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mélange de 1 volume d'acide azotique (1 ^ 6 de densité) et de 2 Tolumes d'acide sulfurique concentré, on lave le produit et on le dessèche à une basse température.
C'est M. Schœnbein qui a découvert le fulmicoton. Pelouze constata presque à la même époque que le papier se convertit sous rinfluence de l'acide nitrique en une substance explosive.
Le coton ne change pas d'aspect^ il est plus rugueux. Il brûle sans laisser de résidu lorsqu'il a été bien préparé. La température d'inflammation varie de iOO^ à ISO^', suivant le mode de préparation. Dans certains cas il s'altère à la longue. On donne au fulmicoton le nom de pyroxyle ; c'est de la cellulose nitrée ou plutôt un mélange de celluloses nitrées^ c'està-dire de divers corps dans lesquels l'hydrogène est remplacé par une quantité équivalente de vapeur nitreuse. Le pyroxyle régénère la ceUulose au contact du protochlorure de fer. Si Ton considère la cellulose comme une sorte d'alcool^ il serait un éther nitrique de cet alcool.
Le pyroxyle a sur la poudre l'avantage de se préparer plus facilement» de ne pas redouter l'humidité^ mais son prix est relativement plus élevée et son pouvoir brisant rend son emploi dangereux.
On donne le nom de collodion à une variété de coton-poudre préparée en plongeant le coton pendant une dizaine de mnutes dans un mélange de 4 p. de salpêtre, 3 p. d'acide sulfurique et 3 p. d'acide nitrique concentré, et en le lavant ensuite avec beaucoup de soin.
Cette variété de pyroxyle se dissout facilement dans un mélange de 4 p. d'éther et de i p. d'alcool, et cette solution abandonnée à l'air en couches minces forme une peUicule transparente et imperméable. Ce collodion est très employé en photographie.
La cellulose est attaquée par le chlorure de chaux et le chlore ; aussi l'emploi de l'eau de Javelle et du chlore à doses fortes estil une cause de détérioration rapide du linge.
M. Schweitzer a établi que le coton, le papier, etc., se dissolvent très facilement dans le réactif ammonio-cuprique^ c'est, à-dire dans la liqueur bleue obtenue par l'action de Tammoniaque et de l'air sur le cuivre (211).
M. Frémy a constaté d'autre part que la moeUe, que les fibres ligneuses, que le tissu des champignons ne se dissolvent dans ce réactif qu'après avoir subi l'action de l'eau bouillante pendant plusieurs heures, et, par suite, il a distingué plusieurs variétés de cellulose.