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PEPSINE

La pepsine s'obtient moins impure avec le sac gastrique. Quelquefois on se contente de verser dans le suc gastrique filtré iO à 12 fois son volume d'alcool à 90^. H se forme des flocons blancs qu'on peut purifier par une dissolution dans l'eau et par une précipitation au moyen de l'alcool.

La meilleure méthode est celle de Schimdt. On neutralise le suc gastrique par de ]*eau de chaux^ on filtre, on évapore à consistance de sirop^ et on précipite par l'alcool concentré. On redissout la pepsine dans Teau, on la précipite par le bichlorure de mercure, et on traite le dépôt comme' nous l'avons indiqué plus haut.

On remplace avec avantage le bichlorure de mercure par le sous-acétate de plomb, qui forme avec la pepsine une combinaison insoluble.

Brûcke a indiqué le procédé suivant : la muqueuse de l'estomac lavée est mise en digestion vers 38® avec de Tacide phosphorique> qui la dissout. On précipite la pepsine par Feau de chaux, on lave le dépôt, on le dissont dans l'acide chlorhydrique et on ajoute à la liqueur une solution concentrée de cholestérine dans un mélange de i p. d'éther et de 4 p. d'alcool : il se précipite un mélange de pepsine et de cholestérine, qu'on lave d'abord avec de l'eau, puis avec de l'éther pour enlever Tacide chlorhydrique et la cholestérine.

Il est clair que suivant qu'on emploiera dans la thérapeutique la pepsine préparée par l'une ou l'autre de ces méthodes on obtiendra des résultats fort difiërents, et c'est ce qui explique les faits contradictoires publiés sur cette matière dans ces temps derniers.

La pepsine bien préparé forme une substance gommeuse, jaunâtre, soluble dans l'eau. Dissoute dans 50 à 60, 000 parties d'eau acidulée, elle dissout en six à huit heures le blanc d'œuf coagulé par la chaleur. Seule elle est sans pouvoir dissolvant

La chaleur necoagule pas la pepsine, mais lui enlève sa fa* culte digestive. Le sous-acétate de plomb, le sublimé corrosif, l'alcool et le tannin la précipitent.

Le pepsine peut à elle seule coaguler le lait;

La réunion de la pepsine et de Tacide est nécessaire à la digestion stomacale. On a remplacé avec succès les acides de Tes* tomac par la plupart des autres acides. On peut très facilement produire des digestions artificielles avec de la pepsine et une dose convenable d'acide, ou mieux avec du suc gastrique luimême; si la proportion d'acide est trop forte, l'action s'arrête.

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dans d'autres cas on l'active en ajoutant un peu d'acide au mélange. La température la plus convenable est de 3^ à 40°^ le travail est très lent à 50« et à i'I'', il est nul à iOO^* et à 5».

L'albumine liquide ne se coagule pas dans l'estomac^ elle se dissout, et la dissolution n'est pas coagulable par la chaleur et par les acides. L'albumine cuite se change en une matière molle nacrée, puis en une sorte de pulpe qui se dissout peu à peu.

La fibrine est attaquée plus énergiquement que l'albumine ordinaire par ce suc, ce qui tient vraisemblalement à ce que la fibrine est neutre, tandis que l'alcali de l'albumine sature l'acidité du suc gastrique et arrête son action. La fibrine du sang est attaquée plus rapidement que la fibrine des muscles; elle se gonfle d'abord, puis elle se change en une poudre . grise qui se dissout. Le gluten se dissout très facilement. La caséine liquide se coagule, puis se dissout à la façon de l'albumine cuite.

On a retiré de certaines plantes, Nepenihes, Drosera, BarlingUmia, une matière qui se comporte comme la pepsine. Aucune n'a une puissance digestive aussi forte que le suc du Carioa papaya. Ce liquide évaporé, repris par l'alcool absolu, donne un précipité blanc, amorphe, soluble dans l'eau, contenant i0,6 p. 100 d'azote, ayant les réactions de la. pepsine animale, sauf qu'elle dissout la pepsine de grandes quantités de fibrine, non seulement en présence d'une petite quantité d'acide mais même dans un milieu neutre ou légèrement alcalin. MM. Bouchut et Wurtz l'ont nommée papaine. Elle dissout la fibrine en donnant une peptone qui a les caractères de la fibrine peptone.

On désigne sous le nom de peptones les produits de transformation des matières albuminoïdes sous l'influence du suc gastrique.

Les peptones dérivées de la fibrine, de l'albumine, de la caséine sont des poudres blanches, amorphes infusibles, très solublés dans l'eau et l'acide acétique cristallisable, coagulables par l'alcool, l'acétate de plomb, le sublimé, le tannin. Elles possèdent une légère réaction acide et se comportent comme des acides amidés faibles. Les solutions de peptone dans ce dernier acide donnent avec les acides minéraux des masses visqueuses qui se dissolvent dans l'eau et qu'il faut considérer comme de vrais sels, car l'acide y est fortement retenu.

Ces trois peptones ont les mêmes réactions; néanmoins elles

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se distinguent par le pouvoir rotatoire qui est le plus faible pour Talbumine-peptone^ et le plus élevé pour la caséine-peptone. £Ues sont lévogyres. La fibrine-peptone parait avoir pour caractère spécifique de donner avec Tacide picrique un précipité jaune soluble dans un excès de peptone, et d'acide picrique. Elles paraissent donc être des corps distincts au même degré que les matières albuminoides qui les forment sont distinctes entre elles. Les récentes expériences montrent qu'elles ont la composition des matières albuminoldes, et renversent l'opinion que ce sont des produits impropres ou du moins peu utiles à la nutrition, car elles contiennent 16 0/0 au moins d'azote. Elles diifèrent des matières albumi> noïdes par une tendance moindre à la coagulation et à la précipitation, et par la possibilité d'être assez facilement dialysées.

Cbimiquement elles s'en distinguent en ce qu'elles ne précipitent pas par l'acide azotique ni par le ferro-cyanure de potassium additionné d'acide acétique.

Assez semblables à la gélatine elles ne forment cependant pas de gelée par le refroidissement de leurs solutions chaudes*

Mulder et Meissner les a considérées comme des produits de dédoublement; Adam Kiewciz comme des matières albuminoïdes privées de toute structure ; Mialhe Lehmann^ Maly, Herth comme ces matières modifiées par isomérie ; Wurtz, Hoppe Seyler et Henninger comme des produits d'hydratation. Il est difficile de déterminer expérimentalement si elles se forment par hydratation par ce que le poids moléculaire des matières albuminoîdes est au moins 1612 et que la fixation d'I moléc. d'eau, 18, représente à peine 0^ 05 p. 100. Mais on est tenté d'admettre cette dernière hypothèse parce qu'elles se forment sous l'influence de l'eau bouillante, des acides étendus, c'est-à-dire des agents hydratants^ et d'autre part, M. Henninger a obtenu, sous l'influence des agents deshydratants, un corps voisin de la syntonine (346-347), coagulable par la chaleur et par les acides comme les matières albuminoîdes.

Le suc gastrique ne dissout pas toutes les matières azotées des aliments. Une partie échappe . à son action et ne se transforme que dans les intestins. On admet, en général, que le suc gastrique n'agit pas sur les matières grasses; d'après quelques physiologistes , il les émulsionnerait légèrement, ou même il saponifierait les corps gras neutres. < La fécule et l'amidon ne sont pas transformés par le suc gas-

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