‹ Manuel de chimie médicale et pharmaceutiqueChapitre 434 sur 527 · FOIE. BILE · texte numérisé non relu

FOIE. BILE

353. On sait depuis longtemps que le foie sécrète la bile. M. Cl. Bernard a démontré récemment que cet organe produit du sucre.

Le foie n'est pas une poche; c'est une glande formée de petites cellules de forme polyédrique irrégulière ^ dont le diamètre est voisin de i/40 de millimètre. Ces cellules se réunissent pour former des lobules sur lesquels viennent s*épanouir les derniers rameaux de la veine porte , et du centre desquels partent une foule de petits canaux^ appelés canaux biliaires, formés d'une membrane épithéliale. La bile paraît être sécrétée par cet épithélium; la matière génératrice du sucre {glycogêné) s'élabore dans les cellules. La bile se réunit dans le canal hépatique, qui se divise en deux branches : la première va directement au duodénum, la seconde appelée canal cystique, conduit la bile dans une poche membraneuse , qui est la vésicule biliaire ou la vésicule du fiel> où elle se modifie; de là elle passe dans le duodénum. Nous distinguerons donc la bile hépatique ordinaire et la bile cystique.

Le foie reçoit aussi Tartère hépatique et des faisceaux de nerfe. Il s'en échappe des canaux lymphatiques et un système de veines 5 les veines sushépatiques.

On a extrait du foie^ outre la bile, du glucose, une matière analogue à l'amidon , appelée le glycogène, des corps gras, et divers produits azotés, la leucine , la tyrosine et la xanthine. Enfin on y trouve des sels métalliques et les autres corps introduits accidentellement dans l'organisme; c'est pourquoi Ton doit toujours dans les recherches toxicologiques opérer sur le foie. plutôt que sur tout autre organe.

La quantité de bile sécrétée est considérable. Ainsi les cochons d'Inde sécrètent en vingt-quatre heures une quantité de bile pesant environ deux mille fois plus que leur foie. Pour

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l'extraire on vide la vésicule biliaire , ou bien on lie les yaisseaux biliaires et on pratique des fistules.

La bile avant son arrivée dans la vésicule n'a pas d'odeur. Elle prend une odeur forte^ une saveur amère et elle se concentre par son séjour dans cette vésicule , et elle forme alors un liquide visqueux^ verdâtre ou brun. La densité Tarie de i ,022 à i ,033.

Sa réaction normale est légèrement alcaline. £11& est coagulée par les acides; le coagulum est formé par deux acides^ l'acide taurocholique et l'acide cholique ou glycocholique.

La bile contient de 9 à 18 pour 100 de principes solides chez l!homme; on en rencontre un peu moins dans la bile du bœuf et du porc. La plus grande partie de ce résidu est formée par des combinaisons des deux acides que nous venons de nommer avec diverses bases , presque exclusivement là soude. La bile est donc en grande partie un véritable savon ^ elle mousse par l'agitation •

Les autres principes solides de la bile sont : un corps organique neutre, nommé IsLckolestérine^ de la mucine (351) qui lui communique sa viscosité ; aussi peut-on la filtrer commodément après en avoir précipité la mucine par 2 à 3 fois son volume d'alcool fort. Cette mucine n'existe pas dans les canaux^ hépathiques; ce qui prouve qu elle est sécrétée par les parois de la vésicule biliaire, une matière colorante^ des corps gras neutres et des sels. Le mucus^ le pigment, les acides sont précipités par le sulfate d'ammoniaque et il reste un liquide incolore qui .n'oflre plus la réaction de Pettenkofer.

M. Strecker en a extrait une base qu'il a nommée la eholine. Cette matière est identique à la névrine, que l'on a retirée du cerveau et du jaune d'oeuf. M. Wurtz a montré que le glycol chiorbydrique peut fixer de la triméthylamine, et que le produit obtenu est le chlorhydrate de eholine ou de névrine. Sa formule est C*»H"AzO*.

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