COMPOSITION DU SANG
Fer 0,566 • 0,W1
Pliospluteft 0,330 0,354
{MM. Becquerel et Rodier.)
Le sang au sortir du corps perd sa liquidité en quelques minutes, devient visqueux^ et se change en une masse gélatineuse, qui se contracte peu à peu et laisse suinter des gouttes liquides qui se réunissent autour du coagulum, appelé le oaillot ou le cruor. Ce caillot acquiert peu à peu de la consistance, et après dix à trente heures il cesse de se resserrer, et f<^me un pain assez compacte au milieu d'un liquide peu coloré, nommé le êérvm.
Le sang veineux de l'homme en santé contient :
Sérum 870
CaiUot ;..i. 130
Chacune de ces deux parties constitutives du sang présente la composition suivante :
Caillot.
Sérum.
{Fibrine 3
1 Globules 127
/Eau
Albumine
Oxygène
Azote
Acide carbonique
Ifatières extractives
Graisse phosphorée
Cholestérine
Sérolioe
Acide margarique
Chlorure de sodium
Cblornre de potassium
Chlorhydrate d'ammoniaque
Carbonate de sonde
Carbonate de chaux
Carbonate de magnésie
Phosphate de chaux
Phosphate de soude
Phosphate de magnésie
Sulfate de potasse
Lactate de soude
Sels à acides gras fixes
Sels à acides gras volatils
Matière colorante jaune
{M, Dumas.)
700 SKRDM BU SANG.
Bien d'autres matières existent encore dans le sang. Disons, d'une manière générale^ qu'il renferme la plupart des principes immédiats qui entrent dans les tissus et dans les liquides de lorganisme.
365. Coagulation du sang. Sémm.— Le sang, ayons-nous dit, se coagule lorsqu'il est enlevé de la circulation. Cette coagulation est due à la fibrine, car, si Ton bat le sang avec des baguettes, on voit la fibrine s*y attacher et le sang a perdu la faculté de se coaguler. Le sérum du caillot n'est donc pas identique avec le plasma : celui-ci renferme de la fibrine^ et le premier en est dépouillé. La fibrine emprisonne les globules du sang et cet ensemble forme le caillot.
La coagulation n'est pas due à ce que le sang sorti de l'animal est en repos, ou se trouve refroidi, car en maintenant le sang en mouvement, en le conservant à la température du corps, on n'en arrête pas la solidification. Elle n'est pas due à la présence de l'air, car on la voit se réaliser dans le vide et dans les autres gaz. Les acides coagulent le sang. La rapidité de la coagulation varie entre quelques minutes et quelques heures. Elle est plus lente dans le sang des individus vigoureux que des sujets affaiblis. Elle est activée par une élévation de 30^" à 40^
Elle est retardée pendant plusieurs heures par l'abaissement de la température à O^". L'addition de l'albumine, de la caséine, du sucre et des solutions de sels alcalins produit le même effet, et même la coagulation est arrêtée par les solutions concentrées de certains de ces sels, et notamment de sulfate de soude.
Lorsque l'on recueille le sang, au sortir de la veine de l'animal, dans une solution saturée de sulfate de soude, et qu'on jette sur un filtre, le liquide qui coule est incolore, tandis que si l'on filtre du sang défibriné, le liquide coule colore. Dans le premier cas les globules sont restés sur le filtre, tandis que dans le second ils ont passé dans le liquide ( M. Denis). Le liquide incolore est donc le sang débarrassé des globules, c'est-à-dire le plasma du sang dissous dans le sulfate de soude.
Si l'on additionne ce liquide de chlorure de sodium en poudre, il fournit des flocons d'une substance albuminoïde, qui, suivant M. Denis, est différente de l'albumine et de la ûbriae. Il lui donne le nom de plasmine; elle serait soluble dans l'eau, elle se dédoublerait en fibrine soluble et en fibrine insoluble avec la plus grande facilité, et telle serait, d'après ce savant, la cause de la coagulation.
SËRUM DU SANG. ' 701
De leur côté MM. Wirchow et Schmidt admettent que la fibrine provient de la combinaison de deux principes albuminoîdes du sang, la substance librinchplastiqite ou paraglobuline et le fibrinogène ou métaglobuline, au moment où le sang est enlevé du corps.
On obtient ces deux matières en faisant passer un courant d'acide carbonique dans le plasma du sang étendu de iO fois son volume d'eau refroidie à 0®. La substance fibrino-plastique se précipite immédiatement en flocons blancs, qu'on recueille sur un filtre et qu'on lave avec de l'eau chargée d'acide carbonique parce que l'eau aérée la dissout. Puis on continue le courant d'acide carbonique dans la liqueur pendant un temps très long. Il se forme d'abord une mousse abondante^ puis le fibrinogène se sépare sous forme d'une masse gluante.
Si on dissout isolément ces deux matières dans de Teau légèrement alcaline et qu'on les mélange, il se sépare une matière gélatineuse qui se prend bientôt en filaments analogues à la fibrine par leur aspect.
Suivant M. Schmidt, ces deux substances exigent pour réagir la présence d'un ferment qui ne se développe pas dans le sang en circulation, et qui se produit aussitôt qu'il est enlevé à l'organisme : ce ferment n'a pas été isolé; d'où vient-il?
D'après d'autres, la fibrine serait toute formée et solide dans le sang, et la coagulation résulterait simplement de l'agrégation de ces parcelles solides. On peut admettre comme prouvé que la fibrine est dissoute dans le sang.
Pour MM. Béchanp et Ester, la fibrine est formée par les microzymas (366) du sang associés par une substance qu'ils sécrètent à l'aide des éléments albuminoîdes de ce liquide.
Suivant MM. Urbain et Mathieu l'acide carbonique coagule la fibrine; et c'est le seul gaz qui provoque la coagulation immédiate du sang; si on enlève l'acide carbonique au sang on le rend coagulable; on retrouve dans la fibrine l'acide carbonique qui a déterminé sa coagulation : d'où ces auteurs concluent que la coagulation spontanée de la fibrine est une véritable précipitation chimique, déterminée par l'acide carbonique contenu normalement dans le sang.
S'il i^ a pas coagulation dans le corps pendant la vie , ce serait que la fibrine est en dissolution dans le plasma, tandis que l'acide carbonique est en combinaison avec les globules, et que l'affinité de l'hémoglobine pour ce gaz, en même temps que son exhalation continuelle s'opposent à son action.