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H ANALYSE DU SANG

2* Principes fixes du sérum. — - On en place une partie dans une capsule tarée, et on en prend le poids. On dessèche ce liquide à 410^ et on pèse de nouveau. La différence des deux poids représente Teau contenue dans la quantité du sérum soumise à 1 essai, et Texcès du second poids sur la tare (ait connaître la proportion des principes solides de ce sérum. On chauffe alors la capsule au rouge en présence de l'air; le résidu représente les matières minérales de ce poids de sérum.

Il est clair qu'il est resté du sérum interposé dans le caillot. Pour le déterminer, on pèse ce caillot ou un poids connu de ce caillot; on le dessèche' et on prend le poids du résidu. On admet (ce qui n*est pas exact] que toute Teau du caillot est due au sérum, et comme on sait combien le sérum contient d'eau on déduit de la perte que la dessication a fait éprouver a.u caillot la quantité de sérum qu'il renfermait. .

3<^ Albumine. — Le reste du sérum est porté à rébullition avec une petite quantité d'alcool. Le précipité d'albumine est jeté sur un filtre, lavé par de Teau alcoolisée, séparé du filtre avec soin et pesé après dessiccation à 110<^. On ajoute par le calcul au poids d'albumine ainsi trouvé celui qui existe dans le sérum interposé au milieu du caillot.

4<* Fibrine. — Nous venons de dire qu'on l'obtient en battant un volume connu de sang; on peut se servir de verges ou plus simplement des doigts : la fibrine forme une sorte de gant que l'on enlève sans perte. On lave la fibrine tant qu'elle est colorée, on la dessèche au bain-marie^ puis à il Dedans une capsule tarée jusqu'à ce que son poids ne varie plus, et on la pèse.

On peut aussi doser la fibrine dans le sang coagulé. A cet effet on place le caillot sur un linge à mailles serrées, on fait un nouet, on exprime et on malaxe sous un mince filet d'eau tant que le liquide coule coloré. La fibrine est alors détachée avec un couteau, puis séchée à iiO^ et pesée.

5<* Globules. — Le sang défibriné est divisé en deux parties que l'on pèse. On prend l'une d'elles, on y ajoute une petite quantité d'acide acétique, et l'on porte àTébullition; l'albumine et les globules se coagulent. On recueille ce dépôt sur un Ûltre, on le lave, on le détache avec soin, et on le pèse après une dessiccation à 110®. La différence entre ce poids et celui qu'a donné le troisième essai donne un aperçu de la proportion des globules.

6<> Principes solides du caillot, — La liqueur qui coule, dans

l'essai précédent, du filtre sur lequel on a recueilli les globules et ralbumine, évaporée à sec et desséchée à i iO^ dans une capsule, fournirait le poids des principes solides du sapg défibriné. L'incinération de ces principes donnerait un résida qui. représenterait les matières minérales du sang. Or, puisqu'on a dosé ces substances dans le sérum, on aurait par différence le poids de ces corps renfermé dans les globules.

7» Principes solubles dans l'eau. — La deuxième partie du sang défibriné est évaporée à sec, et le résidu est épuisé par l'eau à plusieurs reprises. Les liqueurs réunies abandonnent par l'évaporation les principes solubles dans l'eau (matières extractives, colorantes, salines, etc.), que Ton peut ensuite analyser.

9^ Principes solubles dans Vèther, — Le résidu précédent est alors épuisé par Téther. Les liqueurs éthérées évaporées dans une capsule tarée fournissent un résidu que Ton pèse et qui représente sensiblement les corps gras.

Bmplois du sans* — Le sang cuit sert d'aliment dans certains pays, en Suède, en Italie. La quantité notable d'albumine que le sang contient et la propriété dont jouit l'albumine de se coaguler par la chaleur font employer le sang dans les su« creries et dans les raffineries de sucre pour clarifier les jus.

370. Puisque le sang parcourt tout le corps et qu'il en enlève les principes nuisibles, il est clair que les troubles qui se manifestent dans un point quelconque de l'organisme doivent amener des modifications dans le sang, et Ton comprend que l'examen du sang puisse être une base solide de diagnostic. Cependant, comme on ne peut expérimenter d'ordinaire que sur le sang puisé dans une veine superficielle, et que le sang se mêle dans le corps, la petite quantité de principe anormal ou nuisible se trouve trop diluée pour qu'on puisse la doser ou même la discerner dans beaucoup de cas.

Les notions que Ton possède sur les variations du sang dans les diverses maladies sont peu nombreuses ; on sait seulement que dans tel on tel état il y a diminution ou augmentation de tel ou tel principe, mais on n'est pas assez instruit sur la manière dont se forment ces matériaux dans le sang pour qu'on puisse en conclure souvent que l'état morbide appartient à un organe plutôt qu'à un autre, et que la maladie a telle cause plutôt que telle autre*

D'ailleurs les principes du sang pearent paraître augmenter sans que cet accroissement soit réel ou tout aussi grand qu'il parait; cela peut tenir à une variation dans la quantité totale dQ sang.

Pléthore. — La pléthore peut tenir, soit à un accroissement dans la proportion des globules, soit à une augmentation dans le Tolume du sang ; il y a donc une pléthore globulaire^ une pléthore sanguine.

Dans la première, les globules augmentent ; d'après MM. Andral et Gavarret, la proportion des ^obules, qui est en moyenne de 427 pour 4,000, peut s'éleyer à 144.

Ces nombres sont contestés à juste raison, car la moyenne des globules du sang est supérieure au chiffre précédent ; elle est de 443 à 437 ohez la femme, et de 131 à 452 chez l'homme. Le caillot est chargé de globules ; dès lors il est mou, il n'est pas accompagné de couenne.

Dans la pléthore sanguine c'est-à-dire dans l'augmentation de la masse du sang, l'inverse peut avoir lieu, car la quantité du sang pQut augmenter dans une plus forte proportion que les globules.

État anémique* — Les remarques sur la pléthore s'appliquent à l'anémie. Il peut y avoir diminution de la masse des globules, diminution du poids du sang, ou altération des globules; ces trois circonstances peuvent se trouver isolées ou réunies.

Dans le premier cas, on remarque une augmentation de l'eau et de la fibrine du sang, souvent aussi le nombre des globules incolores s'accroît. Le caillot est ferme et produit souvent une couenne.

D'après M. Hayem, le fer n'a pas pour effet d'augmenter le nombre des globules ; Tair et au besoin l'oxygène employé en inhalations est capable de produire ce résultat. En faisant respirer à des malades chaque jour en trois fuis 40 litres d'oxygène, l'appétit renaît, et l'urée s'accroît dans l'urine, mais les globules restent altérés, le malade continue à former des globules pathologiques. C'est alors qu'il faut faire intervenir les préparations martiales, et bientôt les hématies reprendront leurs qualités physiologiques. Le fer ne serait donc pas un remède spécifique de la chlorose; son rôle est de stimuler les organes hématopoiétiques et de réparer les globules affectés.

L'état anémique se déclare tous les fois que l'organisme ne répare pas les pertes qu'il éprouve. Il se développe pendant la

croissance, au moment delà puberté '^ on à la suite des maladies qui entravent les phénomènes de la digestion. Le fer et ses préparations ont la plus favorable influence sur le développe* ment des globules.

Nous venons de voir que certains états anémiques correspondaient à une augmentation des globules incolores. On observe alors que la rate se gonfle. On sait d'ailleurs que le sang qui a séjourné dans la rate est très riche en globules incolores^ il en contient quelquefois i sur 49 globules colorés. Le sang de la veine splénique est très chargé de ces globules. Le caillot du sang de cette veine est très peu compacte, le sérum qui [s'en sépare se coagule au bout d'un certain temps.

Il semble résulter de ces faits que la rate est un organe destructeur des globules colorés et qu'elle a la faculté de les changer en globules blancs, lesquels, entrsdnés dans la circulation, se transforment en globules rouges.

Ijeucocjrthèmie. — On donne ce nom à un état morbide caractérisé par Tabondance des globules blancs; il peut atteindre le quart du nombre total des globul es. Le sang est alors laiteux^ et devient souvent acide par la formation d'acide acétique ou diacide lactique.

Choléra, typhus. — > Les globules prennent des formes irrégulières et se soudent pendant le choléra et le typhus. Dans cette dernière maladie, et dans les affections tuberculeuses du poumon à leur dernière limite, le sang a perdu la propriété de rougir au contact de l'oxygène parce que ce gaz ne se fixe plus sur les globules. Le sang des personnes atteintes du typhus contient du carbonate d'ammoniaque produit par la transformation de l'urée, et c'est probablement ce composé qui amène l'altération des globules, car on observe le même phénomène en introduisant de l'ammoniaque dans le sang.

L'ammoniaque, diverses substances^ et plusieurs agents toxiques attaquent l'enveloppe des globules; on comprend dès lors que toutes les fois qu'un de ces corps sera dans le sang les globules se déchireront, et la mort en sera la conséquence rapide.

Choléra. — Le sang est épais, il ressemblée de la gelée de groseilles; les globules abondent ainsi que l'albumine et l'extractif. Le sérum est rare, plus dense, pauvre en sels; cependant la potasse et les phosphates augmentent. Comme la sécrétion urinaire est affaiblie ou supprimée, l'urée augmente dans le sang et y produit du carbonate d'ammoniaque. Soorlrat. -<- L'altération du sang est profonde dans cet éta

lit PATHOLOGIE DU SANG.

morbide. lU'extrsyase par suite de la dissolution de3 globules, et de la diminution de l'albumine et des sels.

Albnminarie. — La fibrine ne semble pas varier. La proportion des globules et de Talbumine diminue beaucoup.

(Voyei page 720 le tableau résumant les cas où la fibrine augmente.)

Hydropisies. — Les globules^ l'albumine diminuent, le sang est diffluent et s'extravase.

Maladies inflammatoires. —La fibrine croît dans ces maladies, dans les pleurésies, dans les pneumonies, dans les rhumatismes articulaires aigus. La proportion de, ce corps, qui est de2 à 2,3dans le sang normal, s'élève à 7,8 et même à 9 pour 1000.

Les matières grasses augmentent dans ces états, et l'albumine et les globules diminuent un peu.

Dans les phlegmasies, la coagulation est retardée, et le caillot se recouvre de couenne. Le sang est ahs^j^é d'acide carbonique; ce fait expliquerait le retard dans. la coagulation, car la présence d'une forte proportion de ce.gaz entrave la coagulation.

Maladies où la fibrine diminue. — Lorsque l'alioi^ntation est insuffisante, et dans divers états morbides, la syphilis, un état de suppuration longtemps'prolongé, le typhus, le scorbut, la fibrine diminue ou pçrd la faculté de se coaguler.

La coagulation du sang est lente, dans les maladies des voies respiratoires, lorsque l'hématose se fait mal, et à la suite de mort par syncope.

Elle n'a pas lieu dans le sang des personnes asphyxiées, foudroyées, de celles qui sont empoisonnées par l'acide prussique, les narcotiques, l'hydrogène sulfuré, l'ammoniaque. Le plus souvent cet effet est produit par la destruction des g^>buies. Dans ce cas, l'oxygène cesse de se fixer dans le sang et le sérum se colore. Le sang des personnes mprtes de la peste ou à la suite de la piqûre d'un serpent se coagule très rapidement.

Les globules diminuent généralement dans les maladies.

Variations de ralbumine. — Le sang s'appauvrit en albumine dans un grand nombre de circonstances, à la suite de pertes desang, desuppurations prolongées, dans l'albuminurie, dans l'hydropisie, dans les fièvres de marais, dans le typhus, chez les scorbutiques.

L'albumine parait diminuer proportionnellement à Taugmentation de la fibrine.

Variations dans l'alcalinité. — Le sang normal est alcalin. Cette alcalinité s'accroît dans les maladies typhoïdes et pu-

trides , ce qui tient vaisemblablement à une formation d'ammoniaque dans le sang aux dépens de l'urée.

On a TU quelquefois le sang devenir acide par suite d'une production anormale d'acide lactique. Les globules sont dissous par ce corps, et la mort est rapide.

L'alcalinité semble diminuer dans les maladies inflammatoires.

Variations dans les corps gras. — L'ingestion d'une grande quantité de liquide augmente la proportion des corps gras, et il paraît certain que les personnes qui boivent beaucoup maigrissent si elles diminuent ladose de liquide qu'elles ingèrent. Les corps gras augmentent pendant les affections du foie, dans les phiegmasies, dans là maladie de Bright, et dans la première période des maladies aiguës de la tuberculisation pulmonaire.

Antres variations. — Les matières extractives deviennent abondantes dans la fièvre puerpérale et dans le scorbut.

La dose de sucre augmente pendant le diabète. Voyez son do* sage urine.

Pour retirer le sucre du sang on le déûbrine par le battage. On ajoute au sérum le triple de son volume d'alcool, on sépare le coagulum et on le lave avec de l'eau contenant son volume d'alcool. On évapore à sec^ et on reprend le résidu par l'alcool qui dissout le sucre.

On voit quelquefois l'acide urique augmenter dans le sang. Le sang des ictériques contient la matière colorante et les autres éléments de la bile.

L'urée s'accumule dans le sang lorsque les reins fonctionnent mal; on connaît cet état sous le nom d*urémie. L'urée qui s'accumule dans le sang se décompose en partie, et donne du carbonate d'ammoniaque. Son existence dans le sang est postérieure à sa présence dans le tube digestif : ce qui montre qu'elle s'est formée dans l'intestin et non dans le sang, et qu'elle a été réabsorbée. Voyez son dosage urine.

ho COMPOSITION DU ÂANG DANS LES ÉTATS PATHOLOGIQUES.

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