PAR MM. REGNAULT ET REISET
Diminution de pression. — Soit un animal que Ton expose àraction de l'air se renouvelant librement; il donne des signes de malaise lorsque cet air n'arrive plus que sous une pression de 25 c.m. Si on remplace Tair par un mélange plus riche en oxygène, l'animal n'éprouvera aucune souffrance à 25 c.m. de pression, et il faudra descendre à 20-15 ^'™' pour produire le même effet fâcheux. H. Berta pu, en forçant l'oxygène, arriver à G^'"* sans faire périr immédiatement un oiseau.
Donc la mort a lieu exclusivement parce que la pression de Toxygène du milieu respbrable n'est pas suffisante pour maintenir dans le sang la quantité d'oxygène qu'exige l'accomplissement des phénomènes vitaux : il périt ainsi, véritablement as* phyxié au milieu d*un air pur.
Gomme conclusions, un aréonaute pourrait sans danger s'é* lever à des hauteurs plus considérables que celles où on s'est élevé jusqu'à ce jour, à la condition d'inhaler de l'oxygène lorsqu'il souffrirait de la raréfaction de l'air.
Au contraire, les plongeurs pourraient travailler à de grandes profondeurs sans danger si, au lieu de leur envoyer de l'air pur, on leur lançait un mélange d'air et d'azote dans un rapport déterminé.
Comme la diminution dans la proportion d'oxygène devient manifeste dès que la pression diminue de 20^™, et que les hommes qui vivent sur les plateaux du Mexique, par exemple, et sur d'autres points très élevés du globe sont dans ces conditions de pression, il faut en conclure que les hommes qui vivent à ces altitudes sont dans des conditions d'oxygénation insuffisantes qui , si le nombre de leurs globules sanguins n'augmente pas, doit les faire ressembler à des anémiques. C'est ce que le docteur Jourdanet a constaté au Mexique, d'ailleurs.
Cette insuffisance de l'oxygène dans le sang serait aussi une des causes du mal des montagnes, et expliquerait la nécessité oii l'on est de s'arrêter souvent dans les ascensions, et Timpossbilité de dépasser une certaine hauteur, oii l'asphyxie menace.
L'oxygène à forte tension arrête les fermentations proprement dites en tuant les êtres ferments. M. Pasteur a montré qu'il ne tue pas les corpuscules-germes des vibrions et des bactéridies résistent à son action.
375. Résuma de la théorie de la respiration. -—Priestley avait entrevu ce double fait que l'àir et l'oxygène dont il venait d'opérer la découverte avaient U propriété dt rougir It
73t THÉORIE DE LK RESPIRATION.
sang veineax , et que le gaz carbonique possède la faculté de brunir le sang artériel. Mais, aveuglé par la théorie du pUogistique, il n'eut pas l'honneur de découvrir la théorie de la respiration et de la combustion , honneur qui revient en entier à Lavoisier.
Cette théorie lui permet d'expliquer la chaleur animale, et en i789 il écrivait ceci:
« La respiration n'est qu'une combustion lente de carbone et d'hydrogène qui est semblable en tout à ce qui s'opère dans une lampe ou dans une bougie allumée, et sous ce point de vue les animaux qui respirent sont de véritables corps combustibles qui brûlent et se consomment.
« Dans la respiration comme dans la combustion , c'est l'air de l'atmosphère qui fournit l'oxygène et le calorique; mais, dans la respiration, c'est la substance même de l'animal, c'est le sang qui fournit le combustible. Si les animaux ne réparaient pas habituellement par les aliments ce qu'ils perdent par la respiration, l'huile manquerait bientôt à la lampe et Tanimal périrait, comme une lampe s'éteint lorsqu'elle manque de nourriture. »
Quant au point du corps où avait lieu la combustion, il n'a pas assuré , comme on le répète sans cesse dans les cours et dans les livres , en faisant observer qu'il s'est trompé , il n'a pas assuré que cette combustion a lieu dans le poumon , car il a écrit :
a On peut conclure qu'il arrive de deux choses Tune, par l'effet de la respiration : ou la portion d'air éminemment respirable (oxygéné) contenue dans l'air de l'atmosphère est convertie en acide carbonique en passant par le poumon; ou bien il se fait un échange dans ce viscère : d'une part, l'air éminemment respirable (oxygène) est absorbé, et de l'autre le poumon restituée la place une portion d'acide carbonique presque égale en yolume. ))
C'est Lagrange qui le premier émit l'idée que la combustion s'opère dans les capillaires généraux, et depuis une foule d'expérimentateurs ont établi par l'expérience la vérité de cette opinion.
Pour démontrer que le changement de couleur du sang a bien lieu dans le poumon, on n'a qu'à observer cet organe chez la grenouille après l'avoir découvert. La transparence des membranes permet d'apercevoir parfaitement la différence de teinte du sang avant l'entrée et après la sortie.