EXAMEN MICROSCOPIQUE
Cet essai doit être fait de suite parce qu'il éclairera beaucoup sur la nature de l'urine, et qu'il porte sur le dépôt de l'urine
qui peut se modifier. Il se forme généralement après le refroidissement de Furine un trouble qui flotte d'abord puis qui se réunit au fond du vase. Ce dépôt, improprement nommé mucus, est formé d'épithéiium et surtout d'urates et d'oxalate calcaire. Pour séparer ce dépôt on y plonge la pointe d'un tube effilé après avoir appuyé le doigt sur l'autre extrémité. On retire légèrement le doigt^ on Tappuie de nouveau, et on puise ainsi une certaine quantité du dépôt dont on laisse tomber une ou deux gouttes sur une lame de verre qu'on recouvre d'un verre très mince.
389 bis, a. Corps organisés. — Épitkélium. On y trouve toujours des débris d'épithéiium; le plus sou- ^/0, vent ils proviennent de la vessie. Ce sont des plaques ellipsoïdales, ou plus ou moins rectangulaires^ à angles arrondis ; leurs bords sont contouméSy à leur centre est un noyau {fig. 107).
Les cellules épithéliales du vagin sont d'espèce pavimenteuse, plus grandes , à noyau moins accentué. Celles de l'uretère, de l'urètre ont la forme de fuseaux, de massues ou sont cylindriques [fig. 108).
S'il y avait une grande quantité d'épithéiium cela signifierait une inflammation des organes, et alors il est fréquemment accompagné de pus.
Pus, Il faut alors chercher le pus. Celui-ci est caractérisé par les leucoq/teSf globules blancs de 5 à 10 millièmes de millimètre de diamètre, dont la figure suivante représente l'aspect (/Sgf. 109).
Us contiennent 1 à 4 noyaux, quelquefois plus. Si on touche le dépôt avec de l'acide acétique, les globules se distendent, les noyaux se montrent mieux; puis les globules grossis crèvent bientôt.
Alors on met l'urine dans un verre avec un quart d'ammo*
Fig. 107.
Fig. 108.
Iliaque et l'on agite : il se forme une matière gluante qui s'attache
au verre. On vérifiera encore ce résultat en cherchant Talbumine qui se trouve toujours dans le pus.
^^ Les urines purulentes
O ^ QP deviennent rapide-
ment ammoniacales^ et alors la viscosité
Fig. 109.
apparaît spontanément.
Le pus renferme des matières albuminoîdes (pyine^ etc.)^ coagulables par la chaleur. Donc Turine chargée de pus donne un trouble par la chaleur; elles précipitent aussi par Tacide acétique. La présence du pus dans l'urine est souvent l'indice d'un état grave; cependant il peut provenir de Tlrritation du canal de Turètre ou de la vessie par la présence de calculs, et alors sa présence ne dure pas.
Mucus. Il ne faut pas confondre le pus avec le mucus qui peut exister aussi dans le sédiment de l'urine.
Son principe essentiel est la mucine, matière albuminoïde qui a pour caractère d'être précipitée par l'acide acétique, de ne pas se redissoudre dans un excès de cet acide et de se dissoudre dans les acides minéraux; ces caractères la différencient de Talbumine. Elle se distingue aussi de Idi'pymey principe du pus, en ce que celle-ci^ une fois précipitée par l'acide acétique, peut se redissoudre dans Teau : ce que ne fait pas la mucine.
La mucine rend visqueux les liquides auxquels on mélange le mucus. Quoique la mucine soit insoluble^ on ne peut pas la voir parce qu'elle se gonfle dans l'eau en devenant transparente; mais il n'en est plus de même si on y ajoute de l'acide acétique; elle se précipite en flocons déliés.
Le mucus se distingue aussi du pus par l'action des alcalis caustiques comme l'ammoniaque ! le pUs devient gluant, tandis que la mucine se dissout et le mucus devient tout à fait liquide. Ajoutons que le pus se coagule par la chaleur, tandis que le mucus reste limpide^ Lorsqu'il n'y a dans une urine qu'une petite quantité de mucus, le fait est sans importance. Il devient abondant lorsque les muqueuses s'enflamment, dans la fièvre typhoïde, dans la pleurésie et la pneumonie, et l'urine en renferme une grande quantité dans la cystite et dans le catarrhe vésical.
Sang. Le passage du sang dans l'urine se reconnaît à l'adpect sanguinolent. On y trouvera des hématies (/Eg. ] 10).
Si l'urine est décomposée on y cherchera l'hémogtobiQe oxygénée ou réduite par le spectroscope (366 bis).
Sperme. On reconnaîtra les spermatozoïdes à leur forme, qui est assez semblable à j^ . n *
celle du têtard de la grenouille. La tète est triangulaire, le corps est filiforme, 10 ou 12 fois plus long que la tète; la queue est souvent brisée.
On y trouvera aussi A - n desfeucoq/(Met des corps W ^ à byalins lïiables, appelés ^^ ' tympexiom. ^^f
Tube» du rein. Loraquelesreinssontlesiège ^'K. "«■
d'une inflammation il s'en échappe dans l'urine des matières tubulaires qui ne sont pas les canaux urinifères, mais des produits, sécrétés par eux, qui eu conservent la forme tubulaire cylindrique, plus ou moins contournée {/I9. 111).
Fig. 111.
S'il n'y en a qu'un petit nombre et par intermittences , le fait
peut être sans importance, mais s'ils sont nombreux et si on les trouve d'une manière continue^ c'est un indice grave des maladies du rein qui amènent l'albumiaurie.
Ces tubes sont quelquefois formés par Tépithélium des canaux urinifères: on les trouve soit sans cellules, soit recouverts des cellules propres de ces canaux^ soit incrustés de granulations graisseuses, comme dans Tempoisonnement par le phosphore.
D'autres fois ces tubes sont ûbrineux^ pleins, chargés de leucocytes et d'hématies^ comme dans la maladie de Bright. Enfin on trouve dans les affections graves du rein qui se terminent par Talbuminerie des tubes transparents creux^ formés d'une matière albuminoïde^ dont on ne peut souvent distinguer que les bords. Pour les voir il convient de n'employer qu'un grossissement de 100 à 150 diamètres et de ne pas recouvrir la lame de verre d'un verre mince, parce que la pression pourrait chasser ces cylindres hors de la préparation.
Les infusoires et les bactéries apparaissent dans l'urine quand elle devient alcaline.
389 ter, b. Sédiments cristallisés. — Le dépôt de l'urine contient ordinairement des urates et de l'acide urique. Nous ne séparerons pas l'examen de l'urine au microscope de Taçtion des réactifs sur elle, parce qu'on peut souvent faire ces réactions sur la préparation au microscope.
L'urine contenant un excès d'acide urique est acide et limpide; le dépôt est cristallin, légèrement coloré; il est soluble dans la potasse ou la soude, insoluble dans l'ammoniaque et dans l'acide acétique.
L'acide urique se montre sous une foule d'aspects dans lesquels il est difficile de reconnaître sa forme primitive qui est le prisme droit à base rectangulaire. Les plus communs sont des losanges quelquefois isolés, souvent réunis en rosaces ou en étoiles (fig. 112). D'autres sont plus compliqués encore {fig, 113). Si on y ajoute de l'acide nitrique l'urine se fonce, et il peut s'y former un dépôt brun qui est soluble dans les alcalis fixes.
On contrôlera ce résultat par l'essai chimique. Les urates sont souvent amorphes. Tels sont le plus souvent l'urate de soude (fig, 114), et l'urate d'ammoniaque qui se montre fréquemment dans les urines en décomposition (/îg. 115).
Les dépôts se distinguent de ceux d'acide urique en ce qu'ils sont
Fiç. 112*
Fig. 113.
Fig. llû.
Fig. tl5.
solubles dans l'eau chaude et se reprécipitent par le refroidissement. Ils donnent comme les dépôts d'acide urique (403^ 321) avec l'acide azotique puis l'ammoniaque une coloration rouge caractéristique.
L'urine renfermant des phosphates terreux peut se troubler, mais le dépôt ne peut être confondu avec celui desurates, parce qu'il ne disparaît pas par la chaleur^ et qu'il se dissout ddns l'acide acétique^ tandis qu'il reste insoluble dans la potasse ou la soude.
Les dépôts urinaires formés par l'oxalate de chaux sont blancs; ils ne se dissolvent pas dans l'ammoniaque^ ni dansTacide acétique. La chaleur ne les dissout pas davantage, maisle> acides minéraux les dissolvent. Si le dépôt était formé par du carbonate de chaux, il se dissoudrait dans l'acide acétique avec dégagement d'acide carbonique. Les dépôts de phosphate ammoniaco-magnésien sont blancs, solubles dans Tacide acétique, insolubles dans l'ammoniaque.
Si l'on place sous un microscope^ grossissant de 250 diamètres, une goutte ou deux du dépôt formé dans l'urine, et qu'on essaye les réactions précédentes, elles apparaîtront beaucoup plus nettement. Ajoutons encore ceci :
Le phosphate de chaux est amorphe.
Le phosphate ammoniaco-magnésien présente des cristaux prismatiques i^g. 116).
L'oxalate de chaux offre de beaux octaèdi*es (/îg. 117).