Urée. — Bien des modes de dosage ont été indiqués
Dans les essais rapides on ne se sert plus guère que d'un
procédé volumétrique qui repose sur la transformation de
Turée sous l'influence des oxydants et la mesure du gaz azote
formé ;
URËE.
Fig. 116.
Fig. 117.
C*U«Az202 + 3NaOBrO = 3NaCl + C^O* + Az» + 2H2o2.
Je me sers toujours de Tappareil à mercure de M. Yvon, et voici comment il décrit lui-même la manière d'opérer ;
Un tube de verre long de 40 centimètres porte vers son quart supérieur un robinet également en verre et çst gradué de chaque côté à partir de ce robinet en centimètres cubes et dixièmes de centimètre cube {fig. 118). Cet instrument, pour lequel on a proposé le nom d'uréométrey est plongé dans une longue éprouvette, évasée à sa partie supérieure et contenant du mercure. Le robinet ouvert, l'instrument se remplit; on ferme alors le robinet et on soulève le tube. On peut le laisser flotter sur le mercure ou le maintenir soulevé au moyen d'un support à collier fixé à Téprouvette. On a ainsi une sorte de baromètre tronqué dans la chambre duquel on pourra introduire successivement divers liquides sans laisser rentrer d'air. Cette manœuvre est facilitée par Timmer* sien plus ou moins grande du tube dans le mercure.
On commence par préparer une solution d'urée renfermant un centigramme de cette substance par 5 centimètres cubes^ et on en mesure cette quantité dans la partie supérieure du tube graduée à cet effet. En ouvrant le robinet^ on fait pénétrer peu à peu le liquide dans le tube^ et le mercure s'abaisse d'autant ; on lave ensuite le tube mesureur avec un peu de lessive de soude étendue d'eau^ et par la manœuvre du robinet on réunit ce liquide au premier. Puis on fait arriver de
la m^me manière 5 à R centimètres cubes d'hypobromite de soude. L& réaction (
aussitôt; mais aucune bulle de gaz ne peut s'écbapper, la pression étant plus faible à l'intérieur qu'à l'eiiérieur.
Pour faciliter le mélange des liquides, on retire l'instniiiienl du mercure en bouchant l'extrémité avec le doigt, et on l'agite. Puis on le remet dans la cuvette jusqu'à ce que tout le gaz soit rassemblé dans lii chambre, que le liquide s« soit éclairci; il doit y avoir un excès d'hjpobroniite, et le liquide est alors coloré tn jaune : c'est à quoi on le recnnnait.
L'opération terminée , on porte l'instrument dans une éprouvettepleine d'eau; l'hvpobromite, plus dense, s'écoule.
On égalise les niveaus, el on fait la lecture. On trouve alon un certain cbifTre, par exemple 40 divisions ou i centimètres cubes.
Cette détermination , que l'on vient de faire avec uae solution titrée, va nous dispeuser des corrections de température et de pression pour les opérations suivantes. Elle nou?
apprend en effet que dans li'< I conditions où l'on opère un centigramme d'urée donne pM *"'■■■'" exemple 40 divisions d'aiolf-
Si l'on décompose ensuite dans l'appareil un centimètre ("Ix d'urine et qu'on obtienne 88 divisions d'azote, un posera la proportion suivante.
40 di?ision8 représentent 1 centigr. d'urée , 88 — — rr,
d'où X = -— - = 2 centigr., 2,
et en passant au litre 22 gi*ammes.
Non seulement cette manière d'opérer évite de faire les corrections de température et de pression^ mais elle supprime la cause d'erreur provenant de ce que rhypobromite de soude ne dégage, pas plus que rhypochlorite, tout Tazote de l'urée (seulement les 92 centièmes).
Il est bon de ne pas opérer sur l'urine pure, vu sa richesse en urée. J'en prends ordinairement iO centimètres cubes, que j'étends d'eau, de manière à obtenir en tout 50 centimètres cubes. On décompose alors dans l'appareil 2 à o centimètres cubes de ce mélange, suivant la richesse en urée. Gomme vérification, on opère sur des quantités doubles ou triples, et l'on doit obtenir des quantités d'azote doubles ou triples, de la première.
On prépare la solution d'hypobromite avec :
Brome , . h^-^-
Lessive des savonniers densité 1 ,33 50^^.
Eau distillée lOOs'.
On mélange l'eau et la solution de soude, puis on ajoute peu à peu le brome, et on agite bien. Cette solution ne dégage pas d'oxygène d'une façon appréciable. Pour préparer la solution titrée d'urée, on commence par bien dessécher de l'urée, par un séjour prolongé sur l'acide sulfurique et dans le vide ; puis on fait la dissolution au titre suivant :
Urée pure et desséchée is'.
Eau distillée, Q. S. pour r... BOO"»-
Si Ton n'avait pas de solution titrée d'urée, on pourrait faire subir au volume gazeux les corrections de température et de pression, afin de calculer directement le poids de l'urée d'après les équivalents (3"7. correspondent à 0^^01 d'urée); mais alors il faudrait faire une seconde correction : 'l'hypobromite de soude ne dégage pas tout l'azote de l'urée, mais seulement les 92 centièmes. Il faudrait donc augmenter de 8 centiè-
mes le volume d'azote dégagé avant de lai faire subir des corrections.
Dans l'exemple précité, nous avons trouvé 88 divisions;
ajoutons-y jr-r- on aura
c'est à ce dernier chiffre qu'on fera subir les corrections d'après la formule suivante :
dans laquelle Vo représente le volume corrigé à 0 et 760, V le volume lu sur l'appareil^ H la pression atmosphérique au moment de l'expérience, T la température, F la force élastique de la vapeur d'eau à cette température.
L*hypobromite décomposant aussi l'acide urique, les urates, la créatine, la créatinine, le chiffre obtenu représente en urée l'ensemble des matériaux azotés de l'urine.
On peut facilement éliminer les urates. Pour cela, on prend iO centimètres cubes d'urine, on y ajoute i centimètre cube de sous-acétate de plomb, puis assez d'eau pour obtenir un volume de 50 centimètres cubes, et on filtre. Les urates sont séparés à rétat d'urate de plomb, et l'excès de sel de plomb n'entrave point la décomposition de l'urée par l'hypobromite, Toxyde de plomb d'abord précipité se redissout dans la liqueur alcaline. On peut du reste éliminer l'excès de sous-acétate de plomb par le carbonate de soude. Pour cela, on verse 10 centimètres cubes d'urine dans une éprouvette graduée; on y ajoute i centimètre cube d'acétate, on agite, puis on verse une solution étendue de carbonate de soude, de manière à compléter le volume de 50 centimètres cubes ; on agite et l'on filtre; l'urine s'écoule débarrassée du sel de plomb.
On peut négliger l'azote provenant de la créatine.
Pour résumer, un dosage exact de l'urée se fait de la manière suivante, sans qu'on ait à tenir compte ni de l'action incomplète de l'hypobromite de soude sur l'urée, ni des corrections de température :
l'* On détermine le volume d'azote fourni par 1 centigramme d'urée.
2<»0n détermine de même le volume d'î^zote provenant de h
décomposition de i centimètre cube'd'ûrine déféquée par le sousacétate de plomb^ et on compare les résultats.
En opérant sur Turine brute^ puis sur la même urine déféquée par le sel de plomb^ et en multipliant ces essais avec des urines de toutes provenances^ j'ai vu que les matériaux azotés autres que l'urée augmentaient l'azote dans la proportion de 4, 5 O/o. Dans un essai clinique, on peut donc se contenter de ce rapport et diminuer de 4,5 0/0 1e chiffre d'urée obtenu en opérant sur l'urine naturelle.
Voici comment on opère :
1 centigr. d'urée donne 39 divisions d'azote.
1 cent, cube d'arine donne... 68 -^
On pose :
39 représente 0,01 d'urée,
d'où X = -^5- = 0 gr., 01743 et par litre 17 gr., 43.
Il faut diminuer ce chiffre de 4^5 O/o ; on fait la multiplication:
17 gr., 43 X 4,5 = 0,78.
On retranche :
17 gr., 43 — 0,78 ==^ 16 gr., 56.
Ce dernier chiffre représente très approximativement la quantité d'urée contenue dans un litre.
390 bis. Acide urique. — Si Turine se colore notablement en rouge par l'action de quelques gouttes d'acide nitrique, et surtout s'il se produit un dépôt brun, l'urine contient une proportion exagérée d'acide urique (321).
Pour le recueillir, on évapore 100 ou 200 *^* d'urine jusqu'à la moitié de son volume et on la laisse reposer dans un verre où Ton a versé 5 à 6" d'acide chlorhydrique : au bout de quelques heures il se forme sur le liquide une croûte rougebrun composée de cristaux qui tombent au fond du vase par l'agitation. On les recueille au bout de 48 heures sur un Bltre sec taré, on lave ce filtre à l'eau froide tant que la liqueur précipite par le nitrate d'argent, on sèche et on pèse. Il serait
768 URATES, ACIDE HIPPURIQUE, GRÉATmiNE.
mieux d'évaporer ]'urine/de filtrer quand le liquide a bouilli^ d'évaporer presque à sec au bain marie, d'enlever par Talcool l'urée et les autres corps solubles et de traiter le résidu par l'acide. Dans une urine albumineuse on remplacerait l'acide chlorhydrique par Tacide acétique cristallisable ou par l'acide phospliorique ordinaire. Il n'est pas tout à fait insoluble dans] eau, et inversement il entraine de la matière colorante. On a l'habitude d'ajouter au poids trouvé 0^' 0045^ comme compensation pour iOO c. c. de liquide.
On essaiera cet acide par la réaction (321).
Urates. — Les urates de soude et d'ammoniaque entrent dans la constitution normale de Turine; ils se déposent fréquemment après l'émission^ par le refroidissement de l'urine^ et on observe alors dans le fond une sorte de boue qui disparaîtrait si l'on chauffait légèrement (321). (401). (403).
On pourrait reconnaître aussi ces urates aux caractères indiqués (402).
Acide hippnriqne. — Si on supposait que l'acide hippurique existât en quantité un peu notable dans une urine^ on l'Isolerait par la méthode d'extraction indiquée (321 bis). Il y en a environ 0^'30 à O^'oO dans l'urine normale par 24 heures.
Gréatlnine. — On reconnaîtrait et même on doserait la créatinine dans l'urine par la méthode suivante. On prend 300 à 500^^ d'urine ; on y ajoute un lait de chaux puis du chlorure de calcium tant qu'il se forme un précipité. On filtre après quelques heures de repos; on évapore le liquide au bain-marie jusqu'à consistance de sirop; on ajoute à l'extrait 40''° d'alcool à 95° et on laisse 24 heures en macération. On décante le liquide clair, et on y verse une solution de chlorure de zinc aussi neutre que possible. Il se forme une combinaison de chlorure de zinc et de créatinine qu'on recueille sur un filtre, où on la lave avec de l'eau bien froide et on la dessèche. On peut aussi en retirer la créatinine(413).
Sels. — Pour doser les sels de l'urine on en évapore 5 à 10 grammes dans une capsule. On grille le résidu dans une moufle ou sur une lampe à double courant à une température peu élevée, et on. pèse le résidu. Si l'on avait à doser les chlorures, les sulfates ou la chaux on emploierait les méthodes données (71), (77), (167).
Pour doser les phosphates on emploiera la méthode détaillée 166).
ALBUMmE.