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DOSAGE DES ÉLÉMENTS ANORMAUX

391 . Albumine. — On commencera par déterminer ce corps parce qu'il gênerait pour le dosage du sucre et que l'inverse n'a pas lieu.

L'albumine se trouve dans Turine pour une des trois causes suivantes.

i" Présence du pus.

L'albumine est accompagnée des leucocytes Caractéristiques du pus(/lg. H9).

2* Présence du sang. On recherchera les globules {jfig, HO).

Fig. 119.

Fig. 120.

3^ Maladies des reins. On recherchera les tubuli {fig. i20).

La proportion dans les deux premiers cas est faible. Dans le dernier elle peut s'élever à 15 ou 20 gr., mais 4 à 5 gr. représentent une quantité déjà forte. Ces urines sont mousseuses même si la réaction est acide. Elles sont pâles et peu denses dans la maladie de Bright.

Coagulation par la chaleur, mucine. Il faut d'abord s'assurer que l'urine est acide, car elle fermente très vite lorsqu'elle est albumineuse. Si elle est neutre ou alcaline on Tacidifie par Tacide acétique. Lorsque Turine contient du mucus^ la mucine est précipitée, et le précipité ne se redissout pas dans un excès de cet acide. Ce caractère distingue ce corps de l'albumine et permet au besoin de les doser; à cet effet on filtre Turine à l'état naturel^ on précipite par Tacide acétique la mucine qu*on peut peser, on filtre de nouveau et on a l'albumine intégralement dans la liqueur. La mucine se distingue encore de l'albumine en ce qu'elle n'est pas coagulée par la chaleur, et que le coagulum qu'elle donne avec les acides minéraux, chlo« hydrique, azotique se dissout dans un excès de ceux-ci.

Pour rechercher ou pour doser l'albumine on filtre avec soin l'urine faiblement acidulée par l'acide acétique, puis on en chauffe un volume connu (20 à \0Ù^^ suivant la richesse) dans une capsule de porcelaine ou mieux dans un vase de Bohème. On porte lentement à l'ébullition en agitant pour éviter l'adhérence aux parois, et on verse sur un petit filtre la liqueur qui n'a jeté que quelques bouillons. Si le liquide [n'est pas absolument clair on le rejette sur le filtre, on lave avec de l'eau bouillante le vase où s'est fait le précipité on détache l'albumine qui peut adhérer aux parois , et on lave le filtre à l'eau bouillante. S'il y avait beaucoup d'albumine, on aurait pu laver à l'alcool chaud après un certain nombre de lavages à l'eau chaude.

Pour les pesées, le mieux est d'avoir taré entre deux verres de montre un filtre séché à l'étuve, et de le repeser dans les mêmes conditions avec le précipité (1).

1 " remarque. Il faut toujours s'assurer que le coagulum est de l'albumine, en essayant s'il ne disparaît pas par l'addition de l'acide azotique ou acétique; dans ce cas le précipité serait dû à du phosphate terreux qui se sépare lorsque l'acide carbonique s'en va.

1l^remarqu£. Lorsqu'on n'obtient qu'un louche douteux et que cependant la présence des leucocytes fait supposer l'albumine, on saturera de sulfate de soude la liqueur acidulée, puis on chauffera : s'il ne se forme pas un louche sensible dans ces conditions, il n'y a pas d'albumine.

Coagulation par l'acide azotique, — L'urine acidulée d'acide

(1) On vend des pinces de serrage pour deqx verres de montre.

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acétique et claire «st additionnée peu à peu et à froid de un dixième au plus d'acide azotique ; le précipité se redissout d'abord puis reste permanent.

Bemarque, On s'assurera que ce précipité ne disparait pas par la chaleur : ce qui arriverait s'il était dû à de Tacide urique.

Coagulation par Vaeide phénique. — Ce procédé, donné par M. Méhn, sera employé pour de petites quantités.

On prépare une liqueur formée de

Acide acétique du commerce 10

— ' phénique cristallisé.. 10

Alcool à 90° 20

L'urine étant acidifiée et filtrée, on en mesure lOO^^' dans* un vase à précipiter, et on y ajoute 2~ d'acide azotique et ^0^^ de la solution précédente. On agite et on filtre. On lave avec de Teau chaude saturée de phénol et on sèche vers 105" pour chasser l'eau et le phénol.

392. Glucose. — Le sucre existe dans l'urine de la femme pendant la gestation, des enfants pendant l'allaitement, de certains asthmatiques. On Ty trouve aussi dans les pleurésies, mais il existe surtout dans Turine des diabétiques. C'est une variété de glucose (324). La quantité d'urine sécrétée dans cette maladie s'accroît, et elle peut même devenir très considérable, car on a vu des malades émettre jusqu'à 20 litres d'urine par jour. Nous avons dit que cette urine peut renfermer de très fortes proportions de sucre ; elle est alors sucrée et plus dense que l'urine ordinaire. Elle est susceptible de fermenter, elle dévie à droite le plan de polarisation, elle est peu colorée.

Si l'on se proposait d'en retirer le sucre, on y verserait un excès d'acétate basique de plomb, on filtrerait, puis on précipiterait Texcès de plomb par un courant d'hydrogène sulfuré, on filtrerait de nouveau et on évaporerait jusqu'à cristallisation.

Pour constater sa présence, il suffit de faire bouillir l'urine dans un matras dressai ou dans un tube bouché avec quelques gouttes d'une solution de potasse ou de soude : s'il y a du glucose il se forme une coloration qui varie^ depuis une nuance rouge-brun jusqu'à la teinte noire, suivant la quantité de sucre.

M. Bœttger indique d'ajouter à l'urine un peu de sous-nitrate de bismuth, puis de la potasse ou de la soude ; i) se forme un précipité vert, puis noir.

772 GLUCOSE.

Enûo, la présence du sucre communique à rurioe la propriété de réduire, par uoe légère chaleur, les solutions des sels de cuivre au maximum : il se forme un précipité jaune d'abord (Cu'O HO), puis rouge (Cu* 0) si Ton fait bouillir quelques instants.

Ces réactions ne sont probantes que si les précipités se forment auboutd*une ou deux minutes d'ébuUition, parce qu'il peut se produire des réactions secondaires avec les autres principes de l'urine.

Dosage du sucre par la réduction des sels de cuivre. — Préparation de la liqueur. On pèse 200*' de sel de Seignette pur, et on les fait tomber dans un vase jaugé de 1 litre. On y ajoute 500«« de lessive de soude à 24° B (D= i,i99), ou 600<^« lessive à 22<» B (D = 1 ,180). On facilite la solution en agitant le ballon et en le chauffant légèrement au bain-marie.

D'autre part, on fait cristalliser une ou deux fois du sulfate de cuivre du commerce, on le sèche entre des papiers buvards, et on en pèse 3 6»% 46. On les fait dissoudre dans 140" d'eau distillée en chaufiant légèrement dans une capsule de porcelaine. On verse lentement cette solution dans la première, en agitant, pour dissoudre le précipité. On rince plusieurs fois la capsule, et on fait un litre de liquide après avoir refroidi la carafe d'un litre dans un seau d'eau de puits récemment tirée. Cette liqueur est excellente et se conserve des mois entiers à la lumière sans altération (M. Violette).

iO<^« correspondent à O^^'jOSO de sucre de canne pur ou à 0,0526 de glucose pur.

Titrage de cette liqueur. — 11 est souvent nécessaire de la vérifier. A cet effet on pèse bien exactement i^'^ de sucre pur et sec, on le fait tomber dans un matras d'essai dans lequel on verse environ 25*'*' d'eau et 2 à ^^'^ de liqueur alcali métrique (ou bien une quantité d'acide sulfurique correspondante, environ Ofi^"*, 2 à O^"", 3), et on chauffe ce vase au bain-marie pendant une demi-heure en ayant soin que le niveau de l'eau du bain-marie soit inférieur au niveau de la liqueur. On laisse refroidir, on transvase dans un vase jaugé de 200'''* et on complète ce volume avec de l'eau. On hâtera l'opération en mettant le vase dans un seau d'eau de puits.

Pour faire l'essai on met 20*^*^ de la liqueur cupro-alcaline dans une capsule de porcelaine de lOO'^'' environ de capacité, on la porte à l'ébullition et on y fait tomber, peu à peu, en agitant avec une baguette de verre, la solution sucrée qui est dans

GLUCOSE. 77S

une burette graduée en dixièmes de centimètre cube. Il se fait un précipité jaunâtre^ puis rouge. On verse presque sans discontinuer en tenant la liqueur à rébulUtion. Quand sa coloration paraît très faible, on retire du feu : la liqueur s'éclaircit; si elle paraît encore verdâtre, on chauffe de nouveau et on ajoute de la liqueur sucrée goutte à goutte. Il faut que le liquide ne soit plus verdâtre, mais ne soit pas jaune. Tant qu'il reste du cuivre dans la liqueur la goutte sucrée qui tombe produit une trace orangée au point où elle arrive. Au moment où le cuivre a totalement disparu, la liqueur s'éclaircit manifestement.

Quelques personnes opèrent dans des matras d'essai^ mais ils sont généralement un peu petits et présentent un miroitement qui gène la vue. Les ballons offrent aussi ce dernier inconvénient.

II est bien important que la pesée du sucre soit très exacte. On diminuera Terreur possible en en prenant S*', et alors on les dissoudra dans un litre.

393. Dosage du glucose de l'urine. — Dans les observations cliniques on se contente d'ajouter à l'urine quelques gouttes de solution très concentrée d'acétate de plomb^ on sépare au moyen du filtre le précipité formé, et on opère sur ce liquide comme sur le sucre dans l'opération précédente.

Supposons que i6" d'urine aient été nécessaires, il résulte de la composition delà liqueur que ces 16" renferment 0*%U 5 de glucose ou que 1 litre d'urine en contient 7*^', 18, car on a :

16 Oï^llô

1000 X = 7sf,l8

Pour faire un dosage exact, on verse dans une fiole jaugée à ^^^ et à 55*^^ de Turine jusqu'au trait 50 et on complète les 55^' avec une solution de sous-acétate de plomb préparée en faisant dissoudre 300^' de ce sel dans un litre d'eau et filtrant. Ce sel n'a pas d'action sur le glucose, à moins que le liquide ne soit ammoniacal. On filtre. C'est ce liquide que l'on place dans la burette, et qu'on traite par la liqueur cupro-potassique comme il vient d'être dit. On rapporte les résultats à 50^« et non à 5o«.

Lorsque l'urine diabétique est très chargée de sucre, il faut rétendre de 5, 10, 20 fois même son volume d'eau, de façon que la liqueur ne contienne pas plus de 5 à 6^' de sucre par litre. Il est clair que dans ce cas on tient compte de cette quantité d'eau pour effectuer les calculs.

774 tWNE ICTÉRIQUK.

394. Dosnqe du gluœse des unne$ par le sacchaHmétre. - Pour doser ie glucose, on prend un certain volume d urine (330 bis), on V ajoute le dixième de son volume de sous-acetate de plomb de^ pharmacies, on filtre et on remplit le tube du saccharimètre. On note la déviation. Supposons que 1 on ait trouvé 26% on le multiplie par 2,25,

Soit 58,50

Oïl y ajoute • • ^-^^

Il y a donc 64,35.

On a ajouté 5,85, c'est-à-dire le dixième, parce qu'on avait additionné l'urine de ^ d'un liquide inactif. On multiplie par 2,25 parce que M. Clerget a constaté qu'un degré de 1 échelle correspond à 2«% 25 de glucose.

395. Urine ictérique. — La bile se rencontre dans quelques urines; elle leur donne une teinte brune, jaune ouverdàtre qu'il est facile d'apercevoir, de sorte que c'est un premier caractère bon à noter. Si elle est jaune ou brune, c'est la6./(rubine qui domine et alors l'urine est souvent alcaline; on pourra mettre en évidence la matière colorante en agitant avec ilu chloroforme l'urine acidifiée par l'acide chlorhydrique. Si elle est verte, c'est la biliverdine qui s'y trouve surtout et l'urine e>t ordinairement acide; lorsque ce pigment est très abondant, il peut se déposer en ajoutant de l'acide chlorhydrique; en tou^ cas on le dissoudra par agitation de l'urine acide avec 1 ether. On essayera ensuite les moyens suivants.

jo On verse dans une assiette de porcelaine quelques goutte. d'urine, et on laisse tomber au milieu une goutte d'acide nitrique nitreux. (11 faut mettre peu d'acide azotique et surtout ne pas employer d'acide trop nitreux, car l'urée s attaquerait et dégagerait des gaz qui troubleraient la réaction en mélangeant le liquide). Au fur et à mesure que l'acide se mêle a urine, on voit sur le pourtour apparaître des colorations vertcN bleues, jaunes, rouges ou violettes. (Gme/in.)

2« On ajoute à l'urine les deux tiers de son volume d acia sulfurique pur, en ayant soin que la température ne depa^' pas 50» (pour y arriver il suffit d'ajouter peu à peu 1 acide s;hfurique et de refroidir dans l'eau). On opère dans un tube ho i ché par un bout. Quand l'acide sulfurique est ajoute an verquelques gouttes d'une dissolution de 1 partie de sucre de caii' dans 4 parties d'eau, et on agite. Si l'urine conUent de la ^ il se forme une coloration \io]i^\i--Pettenhofer). On peut-l

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