TISSUS
4ii. Cellule* — La cellule est Télément le plus simple de Torganisme. Son volume est très petit, sa forme est variable (sphériqve ou discoïde dans les globtUes du sang, plane ou q/liri' drique, etc.). Il n'existe pas toujours d'enveloppe et sa nature varie. Elles contiennent un ou plusieurs noyaux; quand elles sont jeunes elles renferment un liquide ùlwai (protoplasma); si elles sont anciennes on y trouve diverses matières provenant, soit de modifications du protoplasma, soit de l'inti^oduction dô matières étrangères.
Le protoplasma se coagule après la moi^t; il pai'ait identique à la myosine* Il renfei^me diverses matières^ albuminoïdes gi'asses et salines ^
7 M TISSU CONJONCTIF.
Les cellules naissent, grandissent, se modifient^ créent d'autres cellules et meurent.
Tlasa co^Jonctif. — On donne ce nom au tissu le plus répandu dans l'organisme^ car il comprend le derme^ la piemère, les membranes séreuses^ fibreuses^ les ligaments^ les tendons^ les aponévroses, les plexus choroïdes de l'œil, la pulpe dentaire, les enveloppes des cellules nerveuses, des vaisseaux, les ligaments jaunes de la colonne vertébrale, les ligaments et les enveloppes des nombreux viscères.
Toutes ces matières, auxquelles il faut joindre la partie organique des os, sont nettement caractérisées parTaction que l'eau détermine sur leur constitution. Elles se dilatent d'abord, prennent l'aspect de gelée ensuite, et enfin elles se dissolvent en donnant de la gélatine qui se prend en matière de consistance tremblante par le refroidissement. Les acides minéraux étendus, les alcalis dilués activent cette transformation. On admet dans ce tissu l'existence d'une substance (collpgéne, glutine, gcîine) analogue si non identique à Tosséine qui, au contact de l'eau, fournirait la gélatine.
Le tannin, le bichlorure de mercure forment avec ces matières des combinaisons imputrescibles.
'Le tissu cellulaire se prend en gelée transparente et invisible sous l'influence de l'acide acétique concentré; mais la fibre n'est pas attaquée, car si l'on sature l'acide par de l'eau ammoniacale elle reparait avec son aspect ordinaire.
Les fibres élastiques se présentent sous forme de rubans roulés en spirales portant des noyaux. Elles sont abondantes dans les ligaments jaunes de la colonne vertébrale. Ces fibres ne se dissolvent pas, même après une ébuUitiou de soixante heures. Elles ne sont pas susceptibles de fournir de la gélatine. L'acide chlorhydrique les dissout en brunissant. Avec l'acide sulfurique elles donnent de la leucine, et non de la gélatine. Pour obtenir ces fibres on fait bouillir le tissu cellulaire avec de l'eau, puis avec de l'acide acétique, et on met le résidu en macération avec une solution alcaline étendue.
Le tissu des membranes muqueuses diffère du tissu conjonctif ordinaire, car par l'ébullition avec l'eau il ne donne pas de gélatine. Le plasma de ces tissus ne contient pas de lymphe, mais de la mucine.
Le tissu réticuîaire qui recouvre le derme est constitué par des
vaisseaux et des nerfs. Il contient le pigment, substance colo-
^.nte de la peau. Ce tissu ne se reproduit pas comme l'épiderme
TISSIÎS DIVERS. 79à
et le derme; aussi quand la peau a été détruite est-il remplacé par du tissu cellulaire, et la cicatrice provient de ce que ce dernier tissu est incolore.
L'épiderme, qui, réuni au tissu réticulaire et au derme, forme la peau, fournit de la gélatine par l'action de Teau bouillante. L'acide sulfurique le ramollit et le dissout, l'acide nitrique le colore en jaune, les alcalis le dissolvent, les sulfures le brunissent, les sels d'argent le noircissent.
L'épiderme est percé de petites ouvertures qui donnent passage à la sueur, à des corps gras, et à des poils (cheveux, cornes, plumes suivant les cas). Les glandes sudorifères et sébacées se trouvent dans la peau.
L'épidërme, les cheveux, les poils, les plumes, les ongles, les cornes, Tépithélium ont une composition presque identique :
Épidôrme. Bpithélium. CheTeux Ongles. Plumes. Corne.
et poils.
Carbone. 50,34 ôl,53 50,00 51,09 52,42 50,94
Hydrogène 6,81 7,03 6,40 6,82 7,21 6,65
Azote 17,22 16,64 17,00 17,00 17,89 16,28
Oxygène et soufre. . 25,63 24,80 26,60 25,18 22,48 26,13
Les tissus cornés sont formés par des cellules à noyaux qui se sont soudées, puis desséchées. En effet lorsqu'on traite ces divers tissus par des solutions alcalines, on aperçoit des cellules ovoïdes à noyaux. L'acide sulfurique met également cette structure en évidence.
L'acide acétique est à peu près sans action sur le tissu corné. Ce tissu fournit environ 1 à i,5 pour 100 de cendres.
La corne traitée par la potasse en fusion et par l'acide sulfurique étendu fournit de la tyrosine et de la leucine (345).
L'acide chlorhydrique la bleuit, l'acide nitrique la jaunit^ Teau régale l'attaque avec énergie.
Les plumes possèdent les mêmes propriétés générales. La couleur des plumes est due à divers pigments, solubles rarement dans Teau bouillante, quelquefois dans l'ammoniaque, ordinairement dans l'alcool. Elles renferment ordinairement moins d'oxygène et plus de silice que la corne et les tissus analogues.
Les cheveux ont aussi la même composition et les mêmes caractères chimiques. Ce sont des tubes cylindriques formés par une substance fibreuse recouverte d'écaillés imbriquées.
Leur coloration est due à des huiles de couleur variable. Avec
104 TISSU CAKTILAGINELX.
l'âge la sécrétioa huileuse colorée cesse de se produire, el les
ctiiivcux blanchissent; la teinte blanche parait due à ce que le
tube ne renferme aucune sécrétion et qu'il est rempli d'air.
Les corps gras des cheveux sont formés par des acides volatils
de la sueur et par de la margarine, de l'oléiae et de l'acide
Btéarjque.
Les cheveus renferment 0,3 à 2 pour 100 de matières minérales contenant une proportion notable de fer et de petites quantilés de silice.
Tissu corlUagineux. Ltft cartilages sont formés par on tis^u flexible, dont la composition moyenne s'éloigne peu de celle des substances précédentes :
Cj.lilije de. cJlt».
Carbone 50,91
hydrogène G,96
Aiote 14,90
Oxygène. 27,23
Ce tissu n'est pas homogène, on y observe au microscope une substance incolore el de,* cellules renfermant des noyaux avec des nucléoles. La matière de ces cellules est différenle de la substance gélatineuse enveloppante; ainsi elle ne se dissout pas dans l'eau bouillante même sous l'influence de la pression.
La substance cartilagineuse proprement dite fournit, par l'action de l'eau bouillante, une matière qui se rapproche de la gélatine par sa composition, mais qui en ditTère par divers caractères, et notamment en ce qu'elle précipite par les acides, par l'acétate de plomb et par l'alun, tandis que la gélatine (4it>; ne donne pas de dépôt en présence de ces réactifs. On la désigne BOUS le nom de chondrine. La chondriae dévie à gauche le plan de polarisation de la lumière. Traitée par l'acide chlorhydriq no. elle fournit une variété de glucose (chondroglucosé) et des substances azotées mal définies.
On a établi dans ces temps devuii^rs une dislinctiuu entre le; cartilagesdont nous venons déparier, et les libro-cartilages Ces derniers renferment en plus une matière fibreuse privée de noyaux. Ce corps diffère de la substance ordinaire des cartilages, car il produit sous l'inDuenre rie l'eau bouilianle \tav matière qui précipite à peine par le tannin. Le fibro-cartilage du genou doit encore être dislmgué des précédents, parti qu'il donne de la gélatine par l'action de l'eau ]tqiHlU*tlV