COMPOSÉS DU FLUOR
83. On connaît un minéral très beau, nommé le spath fluor. ChaufTé avec de l'acide sulfurique concentré, il dégage un gaz acide et fumant comme le fait un chlorure, un bromure ou un iodure. On admet en raison de ces coïncidences que ce minéraletcet acide renferment un corps simple, appelé ie^uor, uni au calcium dans le minéral , à l'hydrogène dans l'acide.
Aoide HnoFhjrdriqae. — On le prépare en décomposant le Duorure de calcium pulvérisé par l'acide sulfurique concentré,
j CaFl + SO^HO = CnOSO' 4- HFI.
I 2CaFl + 8»H=0' = 8'Ca"0' + ïHFl.
On opère dans une capsule en fonte ou en plomb sur laquelle on lute, avec de l'argile, un ddme en plomb qui s'emmanche dans un tube en tl en plomb qu'on refroidit par de la glace. On ne peut pas se servir de vases en verre parce que l'acide fluorhydrique corrode énergiquement ceUematiËre (fig.l6).
II se condense dans le récipient un liquide incolore, très avide d'eau , très fumant , d'une densité égale à 1,06 et d'un pouvoir corrosif et irritant tellement forts que quelques gouttes tombées sur la main produisent une inflammation ^ès forte, et peuvent amener la mort.
Emplois. Cet acide est employé pour la gravure sur verre. On fait avec un stylet un dessin sur une lame de verre recouverte de vernis , et on l'expose à la vapeur d'acide fluorhydrique produite 'ans un têt es plomb ou en terre, ou bien on passe une solution
éteodae de Tacide avec un pinceau sur le vernis de façon que le liquide pénètre dans les points où le verre a été mis à nu. Au bout de quelques minutes on lave la plaque et on enlève le vernis avec de l'alcool ou de Fessence. Les traits faits sur la cire sont reproduits sur le verre : ils sont opaques si 1^ gravure a été faite avec le gaz ou avec certains fluorhydrates , le fluorhydrate d'ammoniaque notamment, et ils sont transparents lorsque la gravure a été faite avec Tacide liquide.
L'encre de Ressler, qui permet d'écrire instantanément sur le verre ^ est du fluorhydrate d'ammoniaque acide mêlé d'une matière inerte^ le sulfate de baryte.
Un grand nombre d'essais ont été entrepris en vue d'isoler le fluor. M. Frémy a notamment obtenu un gaz qui paraît être le fluor. Mais il est si corrosif qu'il perce immédiatement le platine^ le charbon et la matière de tous les vases dans lesquels on opère.